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 Mémorial des Braspartiates dans la Grande Guerre : 1916

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Patrice Ciréfice
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MessageSujet: Mémorial des Braspartiates dans la Grande Guerre : 1916   Ven 4 Fév - 20:55



En guise d'introduction: 1916

L'année 1916 est restée dans nos mémoires comme l'année de Verdun. Les Allemands ont observé, en 1915, une attitude défensive. Ils ont résisté efficacement aux offensives des français qui, ayant obtenu de maigres résultats pour des pertes humaines considérables, ont besoin de souffler.

Le généralissime allemand, von Falkenheim, qui, en 1915, s'était surtout consacré au front de l'Est, décide de porter son effort sur le front Ouest. Il veut saigner l'armée française à Verdun.
Pourquoi choisir la vieille forteresse de Verdun ? Falkenheim veut fixer les forces ennemies, les saigner à blanc, user leurs réserves, atteindre le moral des Français en attaquant une ville symbole - « le cœur de la France ».

Fin décembre, début janvier, les indices se multiplient. Le 10, le ministre de France à Copenhague alerte l'état-major sur un projet d'attaque allemande sur Verdun. Le lendemain, le même renseignement arrive de Suisse. Chaque jour de nouveaux renseignements affluaient, concernant Verdun, mais aussi Belfort, la Champagne et l'Artois... Verdun... Une ruse de l'ennemi, pensa l'état-major. La vie à Verdun était si calme, si tranquille, loin des fureurs des champs de bataille... qui se trouvaient à une quinzaine de kilomètres... Les troupes qui venaient prendre les lignes à Verdun considéraient qu'elles échappaient à l'enfer du front. Verdun était la sentinelle de la France, réputée imprenable: 20 forts, 80 batteries, 16 ouvrages d'infanterie...

Mais depuis le 5 août 1915, l'état-major avait décrété que les places fortes n'avaient plus de rôle à jouer. Alors, on retira les 800 pièces d'artillerie pour les répartir dans les troupes du front, on remplace les soldats d'active par des territoriaux... On oublie même d'installer une garnison dans le fort de Douaumont...

Et puis, le général Hiver frappe très fort une fois de plus: il gèle, il neige, les Allemands n'attaqueront pas... Les officiers -comme le général Chrétien – qui se préparent à recevoir le choc, sont brocardés dans les états-majors... Galliéni alerte son chef de gouvernement. Mais Joffre s'entête: « Rien ne justifie vos craintes », affirme-t-il. A tout hasard, il envoie son adjoint, de Castelnau, en reconnaissance. Celui-ci décide de faire venir des renforts sans pour autant modifier le statut de la citadelle...

Il est inutile de vouloir refaire l'histoire: nous ne sommes plus en 1914, époque où Joffre avait décidé de retraiter pour gagner une position plus favorable -choix qui avait conduit à la Marne. Nous sommes en 1916, et les consignes du généralissime sont strictes: il faut défendre le terrain pied à pied, et reprendre immédiatement chaque motte de terre perdue.
L'abandon de la défense organisée de Verdun associée à la stratégie de Joffre et à la folie sanguinaire de Falkenheim vont conduire à l'une des plus terribles batailles de l'Histoire...

**
*

Mais l'année 1916 n'est pas seulement l'année de Verdun. Ce Mémorial des Braspartiates tombés au champ d'Honneur nous le rappelle : les premiers morts de notre commune sont des marins, car les allemands ont lancé leurs sous-marins dans une guerre sans merci en Méditerranée ...

L'année 1916 commence sous de mauvais auspices pour la flotte française: la guerre sous-marine bat son plein en Méditerranée. Les torpillages se multiplient : près de 300 000 tonnes ont été coulées dans le dernier trimestre de 1915.

La 3ème escadre, commandée par l'amiral Moreau, est chargée de surveiller la côte syro-libanaise. Elle est composée des croiseurs Jeanne d'Arc, Desaix, Pothuau, Jurien-de-la-Gravière, Amiral-Charner, D'entrecasteaux, de l'aviso D'Estrées, du remorqueur Laborieux et du patrouilleur Tunisien pris aux Turcs.

L'amiral est inquiet : il sait que le jour où les sous-marins allemands entreront dans sa zone, cela se traduira par un torpillage de l'un de ses navires...
« Chaque fois qu'un de nos navires prend la mer, on se demande s'il reviendra », écrit Paul Chack. Les jours passent ; aucune catastrophe... Qu'attendent donc les allemands ?
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Patrice Ciréfice
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MessageSujet: Yves Baron - Guillaume Breut   Mar 8 Fév - 8:07


Le 7 février 1916, lorsque l'Amiral Charner, croiseur cuirassé mis à flot le 18 mars 1893, prend la mer, son capitaine se prépare à quitter son commandement : son remplaçant est déjà nommé. A son bord, deux braspartiates, jeunes engagés volontaires : Yves Baron et Guillaume Breut.

Yves BARON, né le 13 juin 1895 à Saint Rivoal, est fils de Yves et de Perrine Golias. Il s'est engagé le 26 mars 1912 à la mairie de Brest au titre des équipages de la flotte. Sa fiche matriculaire nous le dépeint physiquement: Cheveux châtains, yeux gris, front moyen, nez cave, visage ovale. Taille: 1,61m. Apprenti marin le 26 mars 1913 puis matelot fusilier de 2ème classe embarqué à bord de “L'Amiral Charner” le 1er avril 1914,.

Guillaume BREUT, est né le 19 janvier 1896 au bourg de Brasparts, fils de Yves et de Marie Françoise Hourmant. Matricule 3707 au recrutement de Quimper, il s'est engagé pour 7 ans à la mairie de Brest le 10 novembre 1913 au titre des équipages de la flotte. "Cheveux châtains, yeux bleus, front moyen, nez rectiligne, visage ovale. Taille: 1,66m". Matelot de 3ème classe le 10 novembre 1913 puis matelot de 2ème classe, il est affecté comme chauffeur à bord de “L'Amiral Charner” à partir d'août 1914.

Lorsque Yves Baron et Guillaume Breut le rejoignent, l'Amiral Charner fait partie de la division navale du Maroc, dont la mission principale est l'escorte des navires entre France et Maroc.
En novembre 1914, il participe à la surveillance du canal de Suez, contre lequel Djamal pacha, gouverneur de la Syrie et de l'Arabie turque, poussé par les Allemands, a lancé une offensive après avoir déclaré la Guerre Sainte. L'attaque a échoué, mais les turcs se sont lancés dans une véritable chasse à l'homme, contre tous ceux – chrétiens, arabes musulmans, libanais, syriens – qui soutiennent la France. On fusille et on pend à Damas, sans pitié. La flotte française, - dont l'Amiral Charner – parvient à contenir la folie meurtrière alemano-turque, mais en mai 1915, les allemands se lancent dans la guerre sous-marine. Les patrouilles devient difficiles et le sort de chaque navire aléatoire.


En septembre 1915, l'Amiral Charner participe à l'évacuation des 3 000 Arméniens d'Antioche, menacés d'extermination par Djamal pacha.
En décembre de la même année, il s'empare avec le Jeanne d'Arc de l'île de Castellorizo, véritable poste avancé en Méditerranée, poste unique pour surveiller les sous-marins. La population, grecque orthodoxe, accueille nos marins en libérateurs. Pendant ce temps, Djamal pacha organise la famine dans tous les territoires qu'il occupe, brisant ainsi toute volonté de révolte des peuples soumis : 80000 libanais vont ainsi mourir de faim en mars 1916.
L'Amiral Charner est chargé de missions de surveillances, et navigue entre l'île de Rouad et les côtes syriennes; c'est un croiseur de vingt-trois ans d'âge, à la coque fatiguée, « rongée, cimentée dans tous les fonds, et surtout sous les chaudières, l'endroit des inévitables et profondes corrosions. Un torpille dans une chaufferie, c'est un coup de couteau en plein cœur... »

Lorsque, au soir du 7 février, le bâtiment quitte Rouad, il ne sait pas qu'un sous-marin, l'U 21, le guette...
La fin tragique de l'Amiral Charner est relatée dans l'ouvrage de Paul Chack, « Pavillon haut », paru aux Éditions de France en 1929:
Nous sommes le 8 février 1916...
« Six heures quarante. Changement de quart. Au coup de sifflet, les deux bordées montent sur le pont qu'elles peuplent d'une foule animée. Les tribordais vont gagner leurs postes de veille, tandis que les bâbordais, déjà presque tous demi-nus, vont se ruer, savons et serviettes en main, sur les grandes bailles pleines d'eau douce.
La terre vient d'apparaître, bande noire qui tranche sur le fond de nuages gris. Prévenu aussitôt, le commandant Causse monte sur la passerelle. L'officier de quart salue...
Deux minutes plus tard, il n'y a plus d'Amiral-Charner. »
« A l'instant que son commandant arrivait en haut de l'échelle, une explosion sourde a retenti. A tribord, contre la coque, la mer s'est gonflée en une intumescence qu'a crevée une gerbe basse atteignant à peine le niveau de la passerelle. Trois secondes durant, le croiseur a vibré, puis sursauté d'une secousse si peu violente qu'elle n'a renversée personne sur le pont.
Une minute après le choc, l'Amiral-Charner avait déjà piqué du nez d'un tel angle que ses hélices étaient hors de l'eau. Puis il a pris sur tribord une bande si forte qu'on ne pouvait dire si les hommes sautaient à l'eau ou tombaient à la mer.
Une minute encore, et le navire chavirait, assommant de tout le poids de sa muraille les gens qui grouillaient dans l'eau tout contre elle, les entraînant au fond dans un tourbillon gigantesque qu'aggravait la succion des hélices tournant toujours, les forçant à aspirer la gorgée d'eau qui noie les poumons et annule soudain la flottabilité humaine. Tous avaient leurs collets de sauvetage; nul n'a eu le temps de gonfler le sien. »
Trois cent quarante six hommes ont péri. Un seul homme s'en sortira miraculeusement, le quartier-maître Joseph Cariou.



Un jugement déclaratif du tribunal de Toulon du 29 août 1916 a officialisé la perte des hommes de l'Amiral-Charner. Yves Baron est inscrit sur le monument aux morts de Saint-Rivoal, et Guillaume Breut sur celui de Brasparts.

Le seul survivant, le QM Joseph Cariou, racontera: « Le bateau a piqué tout de suite du nez, puis chaviré. J'ai voulu retirer ma vareuse; je n'ai pas eu le temps; j'ai été projeté sur les rambardes et j'ai coulé avec.
Remonté à la surface, je me suis trouvé à côté d'une cage à poules démolie et suis resté dessus, une heure environ. J'ai vu passer un radeau pas trop éloigné. Il y avait déjà 5 ou 6 bonshommes là-dessus. Comme il y avait du monde qui s'approchait, on a été chercher des bouts de bois à la nage, pour renforcer le radeau... Nous étions au complet à 14; ni vivres, ni eau...
La première journée a été très calme. Le radeau étant trop chargé, nous étions complètement immergés.Dans la nuit, vers les 10 heures, un quartier-maître est devenu fou. Il voulait qu'on aille lui chercher à boire. Il allait d'un bout à l'autre du radeau, qu'il a fait chavirer. Nous nous sommes retrouvés à 9.
Le deuxième jour, il y a eu un orage, avec grand vent d'Est et de la pluie. On était obligé de se cramponner... Tout de même, je me sentais mieux que la veille. On avait été obligé de travailler dans l'eau, et puis j'avais bu beaucoup d'eau salée, en coulant; je l'avais rendue pendant la nuit.
A la fin du deuxième jour, 3 sont morts, presque en même temps: ils devenaient fous et ils partaient d'eux-mêmes à la mer... Dans la nuit, nous n'étions plus que 3: un infirmier, qui a souffert de grands maux de ventre, et un matelot, un jeune, qui ne pouvait plus parler....
Pendant le troisième jour, le temps a été assez beau. Vers les 10 heures, l'infirmier est devenu fou... vers 5 heures de l'après-midi, il s'est jeté à l'eau... In ne restait plus que le matelot. Vers les 11 heures, minuit, lui aussi est parti à l'eau. Je ne me suis pas rendu compte comment...
Je suis resté seul, deux jours et trois nuits... »
Ce miraculé fut recueilli par un chalutier et dira au journaliste de l'Illustration: Je serai heureux de me retrouver dans ma maison... A 500m de chez nous, il y avait un rescapé d
u Léon-Gambetta, embarqué avec moi sur le Charner: c'était sa destinée à celui-là de ne pas revenir. »
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Patrice Ciréfice
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MessageSujet: Yves Bilirit   Sam 26 Fév - 7:15

La guerre en Méditerranée se poursuit sans relâche...
En octobre 1915, la France met en place un corps expéditionnaire pour défendre le camp retranché de Salonique, un demi-cercle s'étendant sur 50 kilomètres, nécessitant 150 000 hommes. « Il s'agit de tenir devant 40 000 Allemands, 100 000 Autrichiens et 500 000 Bulgares ».



Tous les bâtiments civils sont réquisitionnés; les paquebots du temps de paix ont été transformés en croiseurs auxiliaires et acheminent les troupes. Parmi ces paquebots, la Provence II, lequel a déjà réalisé 6 voyages, transportant plus de 10 000 hommes, près de 1 700 chevaux et 227 voitures.



A la fin de février 1916, il reste à faire passer une division coloniale. Le 23 février 1916, la Provence II appareille de Toulon pour Salonique avec à son bord un contingent de 2000 militaires dont un important détachement du IIIe Régiment d’Infanterie Coloniale destiné au renfort des troupes, 400 hommes d’équipage et environ 200 chevaux et mulets de l’armée.

Un Braspartiate, soldat au 3ème RIC, est à bord .
Yves BILIRIT, cultivateur, né le 13 avril 1883 à Rungaou en Brasparts, est fils de Jacques et de Catherine Mével.
Matricule 2383 au recrutement de Quimper, ajourné en 1904, il est déclaré « bon pour le service » l'année suivante et incorporé au 6ème Régiment d'Infanterie Coloniale le 10 octobre 1905. Il est envoyé dans la disponibilité le 19 septembre 1906, étant devenu dispensé (article 21), certificat de bonne conduite accordé. Il passe dans la réserve le 1er octobre 1907 et effectue deux périodes d'exercices avec le 6ème RIC du 24 août au 20 septembre 1908 puis du 10 au 26 avril 1912.

Mobilisé le 12 août 1914, il part aux armées le 5 septembre avec le 2ème RIC. Il participe aux combat de Rossignol et à la bataille de la Marne. Blessé par balle et évacué le 20 septembre 1914, il rentre au dépôt le 20 octobre 1915.
Il part en détachement au 3ème Colonial aux armées le 14 décembre 1915 et embarque sur la Provence II pour rejoindre Salonique.

Le 26 février 1916, au large du Cap de Matapan (Grèce), la Provence II est touchée à tribord par une torpille du sous-marin allemand U 35 à 15 heures. Il coule 17 minutes après. L'organisation de l'évacuation par le Capitaine de Frégate Vesco, commandant le bâtiment et les SOS envoyés par les radios permettront de sauver 870 hommes. Le commandant et les radios seront engloutis avec le navire. Plus de la moitié du 3ème Colonial avait péri en mer.


Les rescapés sont recueillis par le navire hôpital français Canada, le torpilleur français Fantassin, l’aviso britannique Marguerite et le torpilleur français Cavalier.
Yves Bilirit n'a pas eu cette chance : il est porté “disparu en mer” et présumé décédé.
Un jugement déclaratif a été rendu par le tribunal de Cherbourg le 23 août 1917 et transcrit à Cherbourg.



La fin tragique de la Provence II est narrée dans un ouvrage, référence sur la Marine pendant la Grande Guerre :
Paul Chack et Jean-Jacques Antier, « Histoire maritime de la Première Guerre Mondiale », France Empire, 1992
On peut également en lire une version dans « L'illustration » du 18 mars 1916 et bien évidemment sur le site « Forum pages 14-18 »
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MessageSujet: Henri Tromeur   Sam 26 Fév - 21:04

Henri Tromeur


Le même jour, un autre soldat tombe sur le champ de bataille de Vauquois, nom revenu si souvent dans ce mémorial des Braspartiates. Si ce n'est plus depuis quelques jours l'un des lieux les plus sanglants du conflit, les soldats y meurent encore pour défendre le terrain si chèrement conquis ...

Henri TROMEUR, cultivateur, né le 10 août 1887 au Cloître Pleyben, est fils de Pierre Jean et de Marie Anne Guével.

Matricule 1167 au recrutement de Quimper, il est incorporé au 118ème Régiment d'Infanterie le 8 octobre 1908, nommé clairon le 25 septembre 1909 et première classe le 25 avril 1910. Il est envoyé dans la disponibilité le 25 septembre 1910, certificat de bonne conduite accordé.

Il épouse le 20 novembre 1910 une braspartiate, Marie Catherine Urien au Cloître Pleyben. Le couple réside successivement au Moustoir en Brasparts puis au Cloître Pleyben.

Henri Tromeur part en 1912 à Port Colborne, petite ville canadienne proche des chutes du Niagara. Il y travaille dans les fonderies avant de rentrer en Bretagne.

Mobilisé le 4 octobre 1914, il part aux armées avec son régiment, le 118. Blessé le 20 décembre 1914 par éclats d'obus à la jambe droite, il entre à l'hôpital d'Avignon dont il sort le 2 février 1915. Il est alors affecté comme soldat au 46ème Régiment d'Infanterie qui est engagé en Argonne depuis le mois de janvier et a subi de terribles pertes lors de l'offensive de février.



Toute l'année 1915 sera pour le 46ème une année terrible où les offensives et contre-offensives se succèdent avec des pertes énormes. En Argonne, la lutte est « terrifiante » pour reprendre les mots du général Sarrail : les combats sont continus pour atteindre un point culminant en juillet. Au total, près de 85 000 de nos hommes sont tombés en 7 mois de combats.
Puis le secteur devient purement défensif et l'ennemi semble moins actif.
En septembre néanmoins, une attaque ennemie nous a coûté près de 3 000 hommes et la perte de 3 km de front sur une profondeur de 3 à 500 mètres.
Mais les obus – explosifs ou à gaz – ne cessent de tomber sur nos lignes et les escarmouches se succèdent. C'est dans ces conditions que Henri Tromeur est tué à l'ennemi à Vauquois (Meuse) le 26 février 1916.


Son acte de décès a été transcrit le 17 avril 1916 au Cloître Pleyben.
Henri Tromeur est inhumé dans la nécropole nationale « Vauquois », dans la tombe individuelle 1699.
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MessageSujet: Sébastien Pierre Hélias   Mar 8 Mar - 8:40

Sébastien Pierre Hélias


Sébastien Pierre HELIAS, boulanger, né le 18 février 1879 à Brasparts, est fils de Jean et de Marie Le Borgne.
Matricule 3380 au recrutement de Quimper, il est ajourné pour faiblesse en 1900 et 1901 avant d'être versé dans le service auxiliaire en 1902.
Sébastien HELIAS est domicilié successivement à Daoulas (1905), Le Faou (1905), Hanvec (1908), Brasparts (Ty Nevez, 1910).

Maintenu service auxiliaire par la commission spéciale de réforme de Quimper le 9 juillet 1915, il est affecté comme soldat à la 11ème section de Commis de l'Administration.

Pendant la Grande Guerre, il existait 25 sections de commis et ouvriers militaires d'administration ; dans ces sections, l'on trouvait notamment des meuniers, des boulangers (cas de Sébastien Hélias), ..., chargés de la fabrication du pain et des farines destinées aux troupes tout en assurant la conservation des vivres dans les corps d'armée. Ces sections suivaient les armées en campagne. Leur tenue était celle de l'infanterie avec, sur les boutons de la vareuse une étoile à 5 branches entourée de l'inscription « Ouvriers militaires d'administration ».

Sébastien Hélias, quant à lui, n'est jamais parti au front : il est affecté à Nantes et travaille au Champ de Mars, immense marché couvert, transformé en station magasin avec la création de fours à pain. Il sera réadapté en avril 1916 et converti en un grand dépôt et une sacherie.

Malade, Sébastien Hélias est hospitalisé à l'hôpital n°54 de Vannes (Maison Sainte-Anne, 14 rue de Conleau - 63 lits - cet hôpital est ouvert à partir du 15 août 1914).
Il meurt « pour la France » le 8 mars 1916 des suites d'une double maladie contractée en service (pneumonie). Son acte de décès a été transcrit à Brasparts.
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MessageSujet: Re: Mémorial des Braspartiates dans la Grande Guerre : 1916   Mer 30 Mar - 7:47

Avant de poursuivre l'histoire de nos Braspartiates tombés en 1916, il me paraît important de rappeler les évènements dramatiques qui se sont déroulés depuis février 1916 à Verdun. Car c'est dans cette bataille que vont tomber, à partir du mois d'avril, de nombreux braspartiates et saint-rivoaliens


...Verdun, 21 février 1916

Verdun désarmé ; Verdun menacé ; l'état-major de Joffre a été alerté ...
Malgré la venue du général de Castelnau, rien ne se passe à Verdun. Pourtant le 16 janvier un déserteur ennemi alerte les français sur les préparatifs des troupes d'assaut allemandes. Le 6 février, deux soldats lorrains du 98ème d'infanterie désertent à leur tour et donnent des renseignements « impressionnants » sur les concentrations d'artillerie. Le 15 février, trois alsaciens passent côté français, affirmant que l'ordre d'attaque a été lu aux troupes et que le matériel en place est si lourd que les routes doivent être réparées nuit et jour. Le 18 février un nouveau déserteur confirme les dires de ses prédécesseurs...
A Verdun, le général Chrétien fait mettre à l'ordre du jour que « l'ennemi va incessamment passer à l'attaque. » Mais l'état-major n'y croit pas... Tout est tranquille à Verdun, et de surcroit, le temps est décourageant pour les attaquants: la neige est tombée toute la journée du 12 février, suivie de brouillards épaix qui ont empêché les avions de décollé et aveuglé les postes d'observation; la neige et la boue collent aux godillots des soldats; les artilleurs arrivés en renfort installent leurs pièces dans de véritables cloaques; les soldats tiennent à peine debout tant le terrain est glissant...
Le 19 février, Joffre arrive à Verdun. Visite éclair, inutile: aucune décision n'est prise, aucune tentative n'est faite pour prévenir une attaque ennemie...



(Pour retrouver les hauts lieux de la bataille sur ce plan extrait du Petit Journal Illustré : 1. Verdun – 2. Casernes – 3. Fort de Belrupt – 4. Batterie du Tunnel – 5. Fort de Tavannes – 6. Batterie de l'Hôpital – 7. Fort de Souville – 8. Fort Saint Michel – 9. Belleville – 10. Fort de Belleville – 11. Batterie de Montgrignon – 12. La Meuse – 13. Fort de Vacherauville – 14. Charny – 15. Batterie de Charny – 16. Poste de la Belle Epine – 17. Villers-les-Moines – 18. Fort de Marre – 19. Fort de Bois-Bourrus – 20. Fort de Choisel – 21. Ouvrage de Germonville – 22. Fromerville – 23. Ouvrage du bois des Sartelles – 24. Fort des Sartelles – 25. Poste de Chara – 26. Fort de la Chaume – 27. Voie ferrée – 28. Thierville – 29. Fort de Douaumont – 30. La Caillette – 31. Etang de Vaux – 32. Village de Vaux – 33. Fort de Vaux – 34. Le Chapitre – 35. Ouvrage de la Lauffée – 36. Fleury – 37. Côte de Froide-Terre – 38. Ferme de Thiaumont – 39. Bras – 40. Bois Navé – 41. Village de Douaumont – 42. Vacherauville – 43. Côte du Poivre – 44. Bois d'Haudromont – 45. La Vauche – 46. Bezonvaux – 47. Plaine de la Woevre – 48. Jumelles d'Ornes – 49. Ornes – 50. Les Caurières – 51. La Chaume – 52. Louvemont – 53. Herbebois – 54. Beaumont – 55. Bois des Caures – 56. Flabas – 57. Ferme d'Anglemont – 58. Samogneux – 59. Côte du Talou – 60. Bois des Consevoye – 61. Régnéville – 62. Champneuville – 63. Brabant-sur-Meuse – 64. Champ – 65. Marre – 66. Cumières – 67. Haut de la Côte-de-l'Oie – 68. Côte-de-l'Oie – 69. Forges – 70. Bois des Corbeaux – 71. Petit bois de Cumières – 72. Chattancourt – 73. Bois-Bourrus – 74. Germonville – 75. Béthelainville – 76. Sivry-la-Perche – 77. Bois de Forges – 78. Béthincourt – 79. Cote 265 – 80. Le Mort-Homme – 81. Cote 275 – 82. Vigneville – 83. Monzéville – 84. Esnes – 85. Cote 304 – 86. Consenvoye (rive froite) – 87. Petit bois de Cumières – 88. Malancourt – 89. Haucourt – 90. Bois d'Esnes – 91. Bois de Chattancourt – 92. Forêt de Hesse – 93. Avocourt – 94. et 95. Bois de Malancourt – 96. Bois de Cheppy – 97. Bois de Montfaucon – 98. Bois de Véry – 99. Bois Chéhémin – 100. Montfaucon (Quartier Général du Kronprinz) – 101. Septsarges – 102. Cuisy)

Dans la nuit du 20 au 21 février, le ciel se découvre et un froid vif solidifie la terre. Le soleil se lève sur des forêts scintillantes de givre. Les avions français décollent pour prendre des photos de la zone...
7 heures du matin...Deux officiers de la 72ème DI se dirigent à pied vers le bois des Caures pour constater l'avancement des travaux demandés . Ils déclareront plus tard : « nous entendîmes un grand frémissement soyeux qui ébranla le ciel... »
Quelques secondes .... Puis « la terre rugit, fume, tonne, s'ouvre, se fait elle-même projectile, retombe en fontaines comme si elle s'était liquéfiée. Les arbres titubent, se couchent les uns sur les autres, ou, hachés, s'arrachent en quelque sorte à eux-mêmes dans une éruption d'écorce et de pulpe. Les hommes, plus abasourdis qu'épouvantés, se jettent sur le sol, cherchant n'importe quel trou pour s'y enfouir... »
Le bombardement va durer dix heures . Les trains de munitions ont amené 2 500 000 obus servis par des canons de tous calibres – 90, 100, 120, 130, 150, mais aussi canons de marine de 305 et de 380, mortiers de 150, 210, 305 et 420....
A 16h45, le tir s'allonge. Les survivants saisissent leurs armes, s'attendent à une ruée de l'infanterie ennemie... Mais il n'y a pas de ruée... L'infanterie allemande progresse lentement, masquée par les fumées des explosions...Elle progresse par grappes de 50 hommes, suivies de formations du niveau du bataillon, puis du gros des troupes. Les hommes n'ont pas de sacs mais une couverture et une musette avec 3 ou 4 rations de campagne. L'échelon de tête dispose de lance flammes et de panneaux destinés à jalonner la progression. Leur objectif: occuper le terrain, s'arrêter devant tout obstacle difficile pour laisser reprendre le bombardement et conquérir par le canon...
L'état-major français n'est pas inquiet: l'attaque est considérée comme assez molle. Au soir du premier jour, le terrain conquis est modeste au regard des moyens mis en œuvre.
Et pourtant, l'une des plus grandes batailles d'extermination de l'histoire vient de commencer...

La résistance de notre armée va bouleverser les plans de Falkenheim. Au soir du 21 février, le général allemand estime que l'adversaire n'est pas mûr, et décide de reprendre le bombardement.Le lendemain, l'attaque d'infanterie reprend : malgré une défense opiniâtre, les premières défenses cèdent – le bois des Caures tombe. Les deux jours suivants sont catastrophiques : les renforts français, composés de troupes d'Afrique du Nord, non préparées, suffoquées par le froid et le feu, cèdent rapidement. Les allemands atteignent le fort de Souville (7), Charny (14), le Mort-Homme (80), la cote 304...
Mais l'acharnement des nids de résistance, la répétition des contre-attaques françaises ont brisé le bel ordonnancement allemand : les vagues d'infanterie sont dissociées, l'artillerie ne parvient plus à de positionner sur un terrain qu'elle a totalement bouleversé ... tout en continuant à couvrir les arrières de notre armée par des obus explosifs et des gaz asphyxiant. Verdun est en feu.
La 2ème armée est envoyée en renfort pour essayer de faire face.
Le 25 février, son chef, le général Pétain est nommé au commandement des troupes françaises, au moment où le fort de Douaumont, qui constituait une des pièces maîtresses du dispositif de défense de Verdun, tombe aux mains de l'ennemi.

Pétain ne s'affole pas : il dresse le point de la situation, et décide de renforcer l'artillerie française pour épauler les fantassins héroïques auxquels il donne l'ordre de tenir à tout prix une position qui passe par le Mort-Homme et la cote 304, et allant se raccorder au front de l'Argonne. Il est aidé à son tour par le général Hiver : un brusque dégel embourbe les arrières, l'offensive allemande marque un temps d'arrêt.
Les allemands ne le savent pas encore, mais leur chance est passée : ils ne bénéficieront plus de l'effet se surprise, et c'est pied à pied, au prix de pertes écrasantes qu'ils vont tenter de conquérir le terrain.



Cette offensive marque de fait le début d'une lutte qui va durer pendant dix mois, et au cours de laquelle les deux armées vont consentir des sacrifices inouïs. Les Français vont emporter à un prix terrifiant une bataille défensive qui allait montrer combien la guerre serait encore longue ... Ce serait près d'un million d'hommes – tant français qu'allemands – qui auraient été mis hors de combat : « si tous les hommes qui sont morts ici se levaient, dira un combattant, ils n'auraient pas la place de tenir debout. »




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MessageSujet: Jean Marie Rest   Mer 30 Mar - 7:56

6. Jean Marie Rest

Jean Marie REST, cultivateur, né le 11 avril 1888 à Runénez en Brasparts, est fils de Mathieu et de Marie Françoise Kerhoas.
Matricule 3653 au recrutement de Quimper, il est ajourné en 1909 puis versé dans le service auxiliaire par le conseil de révision du Finistère.

Mobilisé le 9 septembre 1914, il est incorporé au 118ème Régiment d'Infanterie le 16 février et classé service armé par la commission de réforme de Quimper du 16 mars 1915.

Parti au front le 9 août 1915, il rejoint son régiment qui vient de quitter le secteur de la Boisselle et s'est porté dans l'Oise (Sommereux, Réderie et Cempuis); du 7 au 18 août, le régiment perfectionne son entraînement en incorporant ses renforts.

Le 18 août, le 118 embarque à Crévecoeur, à destination de Vitry-la-Ville, pour participer à l'offensive de Champagne ; le 24 août, il rejoint le camp des Coloniaux avant de monter en ligne dans la région de Perthes et de Mesnil-les-Hurlus ; pendant un mois, il va effectuer les travaux d'approche qui précèdent l'offensive ; Jean Marie Rest, lui, est évacué malade le 8 septembre. Reparti au front le 24 octobre, il rejoint ses camarades au feu dans la région de Perthes (octobre à février) avec des périodes de repos du 24 au 30 décembre et du 25 janvier au 8 février à Croix-en-Champagne, du 29 février au 8 mars à Suippes où stationne le régiment.

Le 25 mars 1916, le 118 est envoyé en renfort dans le secteur de Verdun et transporté en autos à Baleycourt(sud du bois de Sartelles), à 8 km sud-ouest de Verdun. Le régiment est intégré dans le groupement du général Guillaumat, dont la mission est d'arrêter la progression allemande.


Le 30 mars, le régiment prend position dans le secteur de la Ferme de Thiaumont, surnommé « le ravin de la mort ». « Presque partout, l'eau est à fleur du sol, et les tranchées ne peuvent être approfondies ; continuellement, elles sont bouleversées par les gros obus allemands qui tombent jour et nuit sans arrêt.
Le courage des Bretons ne faiblira pas. Avec une énergie farouche, ils essaient de creuser le sol, remettant en état la nuit ce qui aura été détruit le jour précédent, toujours vigilant et prêt à la riposte. »



Jean Marie Rest est avec son bataillon (le 1er ou le 3ème ?) en première ligne ; il est porté disparu au combat le 30 mars 1916.



Son régiment va rester 20 jours en première ligne, perdant 60% de ses effectifs, jusqu'au jour de sa relève le 17 avril.
Le jugement déclaratif du tribunal de Châteaulin du 14 octobre 1927 a été transcrit à Brasparts.
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MessageSujet: Guillaume Bothorel   Ven 15 Avr - 6:53

Guillaume Bothorel, de Saint-Rivoal

Guillaume BOTHOREL, né le 18 avril 1882 à Saint Rivoal, est fils de François et de Marie Louise Mével.
Matricule 3059 au recrutement de Quimper, il est initialement classé dans le service auxiliaire pour raisons médicales.
Reclassé service armé par la commission de réforme de Quimper le 4 novembre 1914, il rejoint le dépôt du 118ème RI le 26 novembre 1914.
Après une période de formation au cours de laquelle il apprend les savoir-faire de base du métier de soldat, il monte au front en mai 1915.
Il participe aux combats de La Boisselle, à ceux de Champagne – notamment à l'offensive du 25 septembre à Mesnil-les-Hurlus – puis part avec son régiment vers le front de Verdun.
Après avoir combattu à la ferme de Thiaumont, son bataillon doit faire face à l'attaque allemande qui réussit à s'infiltrer dans les lignes françaises à partir du fort de Douaumont.



Le bombardement ennemi est toujours aussi intense mais le 118 tient bon. Son unité (le 1er bataillon) devra rester en éveil jusqu'à sa relève : un trou s'est creusé autour de lui, les unités voisines ayant du reculer de près de 250m qu'elles auront beaucoup de mal à combler.
Guillaume Bothorel ne verra pas la relève qui sera opérée le 16 avril. Il est tué à l'ennemi à le 15 avril 1916.
L'acte de décès a été transcrit le 8 août 1916 à Saint Rivoal.
Guillaume Bothorel est inscrit sur le Monument aux Morts de Saint-Rivoal.
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MessageSujet: Jean louis Quéau   Lun 18 Avr - 5:46

Jean Louis Quéau

Jean Louis QUEAU, cultivateur, né le 21 décembre 1894 à Brasparts, est fils de Yves et de Marie Le Guillou.
Matricule 767 au recrutement de Quimper, il est ajourné un an pour faiblesse. Classé dans le service armé par la commission spéciale de réforme de Quimper le 16 mai 1914, il est incorporé comme soldat au 116ème régiment d'Infanterie de Vannes le 7 septembre 1914.

Après avoir reçu une formation de base, il rejoint son régiment dans la Somme dans le secteur de Thiepval (janvier à juillet 1915) ; il est ensuite engagé en Champagne (août à octobre : Perthes-les-Hurlus, Tahure, puis en novembre et décembre dans le “secteur de Constantinople”, sud de Tahure, avant de retrouver Tahure en janvier-février 1916, et Saint-Jean-sur-Tourve en mars) avant d'être envoyé sur le front de Verdun (Bois Nawé, avril 1916).

Le 28 mars 1916, le régiment quitte Vaulécourt pour être embarqué à destination de Verdun où il est installé temporairement dans la caserne Miribel avant de partir relever le soir même le 151ème RI dans le secteur d'Haudromont. “La relève a été très difficile par suite du bombardement et des difficultés de marche à travers un pays très accidenté et coupé de fils de fer.” De nombreux travaux les attendent pour sécuriser la zone attribuée : tranchées, défenses accessoires, boyaux de communication, abris ... Le bombardement se poursuit et les pertes se succèdent.

Chaque jour, près de 2000 obus de tous calibres bouleversent le terrain, en particulier sur le Bois Nawé et le ravin de la dame. Les allemands commencent à regrouper leurs troupes au sud de Douaumont à partir du 3 avril et le bombardement redouble d'intensité : 5 à 6000 obus détruisent les travaux du 116. Le 4 avril, il doit faire face à une attaque d'infanterie, baïonnette au canon, mais parvient à la stopper grâce à ses mitrailleurs et à l'artillerie.

Les jours suivants voient la reprise du bombardement intensif. Le bois Nawé où se trouve le bataillon de Jean Louis Quéau est violemment pris à partie. Le 17 avril, après une canonnade d'une extrême violence, les allemands reprennent l'offensive: la 2ème compagnie n'a plus d'hommes, tous les officiers des 2ème et 3ème compagnies sont hors de combat. Les allemands s'infiltrent dans les tranchées françaises. Le chef de corps du 116 fait donner ses réserves pour reconquérir le terrain perdu. Les deux ennemis se livrent un combat au corps à corps dans les boyaux. C'est du bois Nawé que les renforts arrivent dans la nuit mais ils ne parviennent pas à retourner la situation.



A 15 heures, le 18 avril, la 5ème compagnie entreprend de progresser à la grenade dans la tranchée des Caurettes pour chercher à paralyser l'action des mitrailleuses ennemies. Un nouveau bombardement “d'une précision remarquable dirigé sur les tranchées” du ravin de la Dame et du bois Nawé tombe sur nos soldats. “Notre artillerie répond, mais tire trop court et quelques obus de 75 tombent sur les tranchées que nous occupons, faisant des tués et des blessés.” A la fin de cette journée, le 1er bataillon n'a plus que 3 officiers et 48 hommes disponibles.
C'est au cours de ces combats que tombe Jean Louis Quéau, tué à l'ennemi le 18 avril 1916 à Verdun.
Le 116 va alors s'organiser pour battre par ses feux de mitrailleuses les pentes de Douaumont et interdire ainsi à l'ennemi toute nouvelle offensive. Il va même contre-attaquer le 20 avril avec le 19ème RI et reprendre les tranchées de Moisson et des Caurettes, et libérer une cinquantaine de blessés du régiment ...Il sera relevé dans la nuit du 21 au 22 avril. Il aura perdu 13 officiers et 599 hommes au cours des combats.
L'acte de décès de Jean Louis Quéau a été transcrit à Brasparts le 13 juin 1916.

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MessageSujet: Re: Mémorial des Braspartiates dans la Grande Guerre : 1916   Mar 19 Avr - 6:41

Louis Patrom.

Louis PATROM (28 avril 1917, Vadélincourt), matricule 3141, cultivateur, né à Lopérec le 11 décembre 1878, est fils de Yves et de Marie Jeanne Baugé.
Il épouse Marie Anne Toullec le 8 octobre 1907 à Brasparts et demeure successivement à Sternéphars, Traonhuel (où naît son fils Yves en 1909), La Croix Saint Sébastien (où naît sa fille Marie Louise en 1911), puis au bourg.
Exempté de service en 1898 pour raisons médicales, il est classé service armé par le conseil de révision du Finistère le 9 décembre 1914. Incorporé au 86ème d'infanterie territorial de Quimper le 20 juin 1915. Après une formation de base de soldat, il rejoint son unité dans le secteur du Chemin des Dames. En avril 1916, son bataillon est envoyé en renfort dans le secteur de Verdun.
Je n'ai pas retrouvé le régiment que son bataillon avait rejoint. Ce que l'on sait , c'est que les troupes mises en place en début de mois a du faire face à une terrible offensive commencée le 9 avril : pendant quatre jours, jusqu'au 12, une lutte sans merci, précédée de bombardements inouïs, va se dérouler sur les deux rives pour la possession des sommets du Mort Homme (aux cotes 265 et 295, distants de 800m) et celle de points clés autour de Douaumont, Vaux ou Thiaumont. « Les lance-flammes et les minen ennemis interviendront par masses, avec tous les calibres d'artillerie ... ». Nos soldats parviennent à contenir l'attaque et même à contre-attaquer. Le général Pétain écrit alors son ordre du jour historique :



Les combats du Mort-Homme sont d'une violence extrême et les pertes extrêmement sévères. Le 79ème RI perdra ainsi plus de 1500 hommes dans la seule journée du 10 avril. Le général Berthelot, commandant le 32ème Corps d'Armée, au sein duquel se trouvait le bataillon de Louis Patrom avait donné la consigne de « tenir à tout prix en conservant une attitude agressive » le secteur du Mort-Homme. Nos soldats tombent sous les obus, puis sous le feu des mitrailleuses par rangs entiers, mais les survivants appliquent la consigne : ils se redressent pour repartir à l'assaut et reprendre les positions tenues par l'ennemi.



Louis Patrom est grièvement blessé à l'attaque du Mort-Homme le 14 avril 1916 et évacué. Il décède des suites de ses blessures de guerre le 18 avril 1916.
Il est inhumé au cimetière militaire de Vadelaincourt le 19 avril 1916.
Un secours de 150 francs a été versé à son épouse le 8 juin 1916.
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MessageSujet: Jacques Nicolas Quéré   Sam 30 Avr - 7:25

Jacques Nicolas Quéré
.

Jacques Nicolas QUERE, boulanger, né le 3 juin 1881 à Brasparts, est fils de Jacques et de Marie Jeanne Mével.
Matricule 3090 au recrutement de Quimper, il s'engage pour 5 ans à la mairie de Brest le 12 septembre 1901 pour les Equipages de la Flotte.
Apprenti marin (12 septembre 1901), il est affecté successivement sur le Courbet (5 janvier- 11 septembre 1902) puis à la défense mobile de Brest (12 septembre-30 octobre 1902) avant d'être embarqué sur le Suffren (5 novembre 1902-14 novembre 1904).



Matelot de 3ème classe (9 janvier 1903), matelot de 2ème classe (1er octobre 1903), matelot de 1ère classe (1er juillet 1905), il participe à bord du Suffren à la « défense mobile de la Corse » du 18 septembre 1904 au 7 juin 1906
Rengagé pour 5 ans le 5 novembre 1906, il passe au 11ème Colonial le 28 juillet 1908 et nommé soldat de 1ère classe le 4 décembre 1909. Il participe à la campagne de Cochinchine du 21 juillet 1908 au 12 août 1909 puis du Cambodge du 13 août 1909 au 6 octobre 1910.
Affecté au 5ème Colonial le 4 septembre 1911 et rengagé le 27 février 1911 pour 5 ans, il rejoint le 2ème Colonial le 1er mars 1911. Nommé caporal le 1er avril 1911. Il sert en Afrique Equatoriale Française du 25 décembre 1912 au 1er août 1914.
Nommé sergent le 1er février 1913, il participe à la campagne contre l'Allemagne au Cameroun du 2 août 1914 au 30 avril 1915 dont le but est de capturer la colonie allemande. En septembre, une force franco-belge prend successivement le contrôle de Limbé (sur la côte) puis de Douala, la capitale, le 27 septembre 1914.



Les forces alliées poursuivent leur avance en suivant la voie ferrée qui mène à Yaoundé par l'intérieur des terres. Yaoundé est la dernière ville tenue par les allemands : malgré les contre-attaques allemandes, elle tombe en novembre 1914. Quelques points forts subsistent mais vont tomber successivement entre nos mains : le dernier se rendra en février 1916.
Après un séjour d'un an au Cameroun, Jacques Quéré est débarqué à Bordeaux le 3 novembre 1915 et affecté au 7ème régiment d'Infanterie Coloniale. Il est atteint de paludisme et reste en poste au dépôt du régiment où il participe à la formation des recrues et à l'accueil des troupes d'outre-mer..
Il meurt « pour la France » le 30 avril 1916 à l'hôpital militaire de Bordeaux, suite d'une maladie contractée en service.
Son acte de décès a été transcrit à Brest le 1er mai 1916.
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MessageSujet: Jean Michel Favennec   Lun 16 Mai - 6:45

Jean Michel Favennec.

Jean Michel FAVENNEC, carrier à Trélazé (Maine-et-Loire), né le 14 juin 1884 à Brasparts, est fils de Germain et de Jeanne Marguierite Goasguen.
Matricule 2735 au recrutement de Quimper, il est incorporé au 2ème régiment du génie le 10 octobre 1905.

Après avoir fait ses classes à Metz, il sert en Algérie du 29 octobre 1905 au 29 septembre 1907 avant d'être envoyé dans la disponibilité, certificat de bonne conduite accordé.
Passé dans la réserve de l'armée d'active le 1er octobre 1908, il effectue deux périodes d'exercices au 6ème régiment du Génie à Angers du 30 août au 21 septembre 1910 puis du 4 au 20 juin 1914.

Mobilisé le 4 août 1914, il rejoint comme sapeur mineur le 6ème Régiment du Génie, compagnie 6/11.
Nous ne possédons pas l'historique de cette compagnie mais il est possible de résumer la mission des sapeurs : construction d'abris et amélioration des défenses accessoires, guerre des mines, ouverture de brèches dans les défenses adverses ...
L'action des sapeurs sera tout particulièrement remarquée lors de la reprise du fort de Douaumont et un monument sera érigé en leur honneur...



Jean Michel Favennec est tué à l'ennemi le 21 mai 1916 sur le champ de bataille de Mourmelon-le-Grand (Marne).
Il est inhumé dans la nécropole militaire de « Bois-du-Puits » (commune d'Auberive), tombe individuelle 3505.
L'acte de décès a été transcrit le 22 décembre 1916 à Pleyben.
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MessageSujet: Michel Ollivier Bicrell   Mer 25 Mai - 9:30

Michel Ollivier Bicrell.


Michel Ollivier BICRELL, menuisier, né le 13 octobre 1895 à Brasparts, est fils de Ollivier et de Jeanne Sinq. Matricule 2551 au recrutement de Quimper.  
Il est incorporé le 1er décembre 1914 au 82ème d'infanterie caserné à Montargis, où il fait ses classes avant de passer au 405ème d'infanterie le 15 mars 1915 .
Ce régiment nouvellement créé se constitue de 3 bataillons, essentiellement composés de recrues de la classe 1915,  dans la région de Bourron (Seine-et-Marne). C'est en mai qu'il connait le baptême du feu dans la région de Reims. En juin et juillet 1915, il est participe à l'appui de l'attaque qui se prépare dans le secteur d'Hébuterne : sa mission consiste à transporter du matériel et opérer des corvées assez dangereuses au profit des premières lignes. Envoyé en Artois, le régiment va participer aux combats de Neuville-Saint Vaast, de Souchez, du bois de la Folie, d'Ablain, avant d'être engagé dans la bataille de Verdun.



Souchez, surnommé par les Poilus « le secteur de la boue » : derrière les tranchées du front, « un lac immense, marécage plutôt que lac, d'où émergent quelques tas de briques ... , c'est là ce qui reste de Souchez. » Impossible de creuser de vrais boyaux ou des tranchées dignes de ce nom. Les soldats vivent dans les trous d'obus.
« D'Ablain à Souchez, écrit Marcel Arvisenet, du 407, la route commençait à devenir dure, mais quand on apercevait les premiers troncs d'arbres déchiquetés, on se rendait compte de la lutte qui avait eu lieu ; pas un mètre de terrain qui ne soit bouleversé ! La sucrerie rasée ! Les pierres réduites en une boue informe, avec des képis, des fusils brisés ! Et des croix, à droite et à gauche de la piste des relèves !
Ce qui reste de Souchez : un amas de débris, de pierrailles, des arbres déchiquetés ; les talus de la route éventrés ; des tranchées ; des trous d'obus et des fondrières. Des sacs à terre déchirés, des abris écoulés. Des fusils boueux, des casques rouillés et bosselés. Et, sur de petits monticules de terre boueuse... des croix de bois ! » (in carnets publiés sur le site des archives du 407ème RI).



Le régiment doit subir quotidiennement lancements de torpilles et bombardements. Les pertes sont lourdes. Michel Ollivier Bicrell est blessé au combat le 26 janvier 1916 par éclat de torpille au bras droit, et évacué ; rentré au dépôt du régiment, il passe au 36ème RI le 20 avril 1916 qu'il rejoint dans la région de Bar-le-Duc.

Le 19 mai, le 36 est positionné dans la région de Douaumont et se prépare à passer à l'offensive. L'attaque est déclenchée le 22 mai à 11h50. Mais la progression des vagues est fortement ralentie par les bombardements très violents et les feux nourris des mitrailleuses allemandes. Lorsque le 24 mai, le régiment atteint ses objectifs, ses pertes sont très lourdes : 33 officiers (dont  8 tués et 1 disparu) et 1271 soldats (dont 167 tués et 458 disparus) sont hors de combat.



Michel Ollivier Bicrell est tué à l'ennemi à Douaumont le 24 mai 1916, au cours de la relève par le 18ème RI, entre 2 et 4 heures du matin. Il est inhumé dans la tombe individuelle N° 626_ de la nécropole nationale de Douaumont.
L'avis officiel de décès est daté du 23 juin 1916. Le jugement a été transcrit le 3 mai 1920 à Pleyben.

Notes :
Dans l'argot des Poilus, une torpille désignait un projectile d'artillerie de tranchée (tiré par des mortiers de tranchée) souvent employé pour la destruction des abris et des tranchées. Les mortiers allemands étaient appelés « minenwerfer », et les français « crapouillots »..
La photo a été prise le 22 mai 1916, lors de la reprise du fort de Douaumont.
Les croquis de guerre de Ablain et Souchez sont de François Flameng et ont été publiés dans l'illustration en décembre 1915 et janvier 1916.
Vous pouvez également contacter ce site :
www.lillustration.com


Dernière édition par Patrice Ciréfice le Sam 7 Mar - 13:03, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Mémorial des Braspartiates dans la Grande Guerre : 1916   Ven 3 Juin - 6:36

René Le Bras
.

René BRAS (LE), cultivateur, né le 29 mars 1885 à Saint Rivoal, est fils de René et de Marie Kerdraon. Matricule 2305 , il est incorporé au 6ème Régiment d'Infanterie Coloniale le 7 octobre 1906.
Envoyé en congé le 21 septembre 1908, certificat de bonne conduite accordé, il passe dans la réserve active le 1er octobre 1908 et effectue une période d'exercices avec le 6ème RIC du 24 août au 15 septembre 1911.
Classé service auxiliaire le 16 avril 1913 par la proposition de la commission de réforme de Brest du 16 avril 1913 pour « fracture compliquée à l'humérus occasionnant une ankylose partielle de l'articulation de l'épaule »...
Domicilié à Lopérec à partir du 26 juillet 1913, il est mobilisé par décret du 1er août 1914. Affecté à la poudrerie nationale du Pont-de-Buis le 17 février 1915, il est classé service armé le 8 juillet 1915 sur avis de la commission médicale par la commission de réforme de Quimper.
Il rejoint le 118ème RI puis est affecté au 410ème RI le 27 novembre 1915. Ce régiment a été constitué en mars 1915 au camp de Coëtquidan à partir des dépôts bretons et normands. Engagé dans l'offensive de Champagne en septembre, il y a subi de très lourdes pertes. René Le Bras fait partie des renforts qui le recomplètent dans la région de La Courtine.
Le régiment tient les secteurs de la cote 193, du Champignon, de la Pomme-de-Terre et du Voussoir (région de Tahure) jusqu'au début du mois de mai. Il est relevé le 3 mai 1916, et part au repos à Fannières. Il y apprend sa mise en route pour le champ de bataille de Verdun.


C'est dans la nuit du 29 au 30 mai que le 410 prend contact avec l'ennemi au bois Nawé, à la cote 321, à l'ouest de la ferme de Thiaumont. Le 30, à 3h15, des éléments du 2ème bataillon attaquent et enlèvent une tranchée ennemie. Puis, « chaque jour, nous rapporte l'historique du régiment, c'est le même effort inouï, surhumain : attaques et contre-attaques dans un terrain chaotique, sans tranchées ni boyaux, sans eau potable. »
René Le Bras est tué à l'ennemi le 3 juin 1916 à Verdun, ouest de Douaumont (Meuse).
Il est inhumé dans la nécropole nationale de « Faubourg Pavé » (commune de Verdun), tombe individuelle 4541.
Son acte de décès a été transcrit le 20 août 1916 à Brasparts. René Le Bras est inscrit sur le Monument aux Morts de Saint Rivoal.
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MessageSujet: Yves Marie Guillaume Sizun   Mer 8 Juin - 9:07

Yves Marie Guillaume Sizun.

Yves Marie Guillaume SIZUN, cultivateur, né le 1er novembre 1881 à Pen Yun ar Poul en Brasparts, est fils de François Louis et de Marie Louise Le Borgne.
Matricule 3209 au recrutement de Quimper, il est affecté au 77ème Régiment d'Infanterie où il est incorporé le 16 novembre 1902.
Il est envoyé dans la disponibilité le 23 septembre 1905, certificat de bonne conduite accordé. Passé dans la réserve le 1er novembre 1905, il effectue deux périodes d'exercices au 118ème d'infanterie du 26 août au 17 septembre 1909 et du 24 avril au 10 mai 1911. Marié avec Marie Le Bras, sœur de René, le 31 mai 1908, il s'installe à Saint-Rivoal.
Mobilisé le 22 août 1914, il est affecté au 118ème d'infanterie à Quimper puis est transféré comme soldat au 348ème Régiment d'Infanterie le 12 octobre 1915 en renfort à ce régiment fortement éprouvé par les premiers combats. Il rejoint son régiment dans la région de Reims et est incorporé à la 22ème compagnie.
La vie des poilus dans ce secteur est rythmé par les tirs de mortiers, les tirs d'artillerie, les bombardements d'aéronefs (dirigeables et avions). L'acharnement allemand sur la ville de Reims marquera profondément les soldats.
Le régiment tiendra les tranchées du secteur de Reims jusqu'au 24 mai, date à laquelle il est engagé dans la bataille de Verdun (ferme de Thiaumont). La mise en place est exécutée le 4 juin avec la relève de la 6ème DI dans des conditions difficiles : la 6 a en effet perdu ses tranchées de 1ère et 2ème lignes ...



Le 7 juin, les secteur de Thiaumont et de Vaux Chapitre sont soumis à un bombardement « intense » d'obus de gros calibre. Les seules protections des soldats sont les trous d'obus reliés tant bien que mal les uns aux autres. « Les travaux entrepris sont gênés par le tir presque ininterrompu de l'artillerie ennemie ».Le 8 juin, l'infanterie allemande lance une attaque qui emporte le fort de Souville, tandis que son artillerie concentre ses feux sur Thiaumont et la région de Fleury. La brigade à laquelle appartient le 348 doit se replier et se porte en partie sur Fleury. Il sera relevé le 13 et les survivants cantonnés à Verdun (caserne Bevaux).



Nombreuses sont les pertes des régiments engagés ; Yves Marie Guillaume Sizun, initialement porté disparu et présumé prisonnier, a été reconnu tué à l'ennemi le 8 juin 1916, cinq jours après son beau-frère, René Le Bras.
Le jugement déclaratif du tribunal de Châteaulin du 21 novembre 1920 a été transcrit à Brasparts. Yves Sizun est inscrit au Monument aux Morts de Saint-Rivoal.
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MessageSujet: Yves Hélias   Dim 12 Juin - 6:49

Yves Hélias.

Yves HELIAS, cultivateur, né le 25 avril 1895 à Brasparts, est fils de Pierre et de Jeanne Urien. Matricule 2640 au recrutement de Quimper.

Incorporé comme soldat le 9 décembre 1914 au 57ème d'Infanterie qu'il rejoint le 15 décembre. Il est classé service auxiliaire par la commission de réforme de Amiens le 9 mars 1915, puis reclassé service armé par la même commission le 23 avril.
Il passe 70ème Régiment d'Infanterie, 12ème Cie, le 24 septembre 1915. Il rejoint son régiment en Argonne à La Harazée et son bataillon monte en première ligne le 3 octobre. Yves Hélias découvre la vie du poilu : relève le 24 octobre, prise des tranchées le 24 novembre, relève le 14 décembre, reprise des tranchées le 28 décembre ....
Malheureusement, le journal de marche de l'année 1916 a disparu. Mais nous savons que le 70 va rejoindre le champ de bataille de Verdun dès le 21 février. La division à laquelle appartient le 70, la 19ème DI, va y rester six mois, ce qui lui vaudra le titre de la « division record de Verdun ».



Le 14 mars, le bataillon de Yves Hélias défend la cote 264 pour interdire l'accès du Mort-Homme à l'ennemi. Puis, jusqu'au 5 avril, le régiment travaille à parachever les défenses entre Chattancourt et Charny. Le 4 mai, il repousse une violente attaque ennemie. Début juin, il se retrouve en première ligne à Chattancourt – le Mort-Homme et Cumières viennent de tomber. Il est relevé par le 154ème RI . La situation va devenir très difficile : à partir du 25 mai, les allemands bombardent tout le front, pendant 5 jours. Le 29 à 14 heures, l'offensive ennemie se déclenche sur Chattancourt et Cumières mais s'arrête sans explication. Le 70 remonte en ligne, relevant le 154 exangue.
Yves Hélias est tué à l'ennemi à Chattancourt le 12 juin 1916. Inhumé au cimetière de Frangéréville, il repose aujourd'hui dans une tombe individuelle (barré B, 7ème rang) de la nécropole nationale « Glorieux » de Verdun. L'acte de décès a été transcrit à Brasparts le 13 septembre 1916.



Nota : Pour cette notice concernant Yves Hélias, je me suis bien évidemment appuyé – comme pour toutes les notices réalisées - sur sa fiche matriculaire. Mais cette fiche est en opposition avec la mémoire familiale qui donne Yves Hélias pour tué devant Tahure en septembre 1915. Malheureusement, je ne dispose pas d'éléments tangibles qui permettent de confirmer cette version mais les recherches continuent pour chercher à comprendre ce qui s'est réellement passé.

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MessageSujet: Jean Guillaume Cutuil. Pierre Marie Thomin. Henry Marie Lancien.   Mar 21 Juin - 14:30

Jean Guillaume Cutuil.
Pierre Marie Thomin.
Henry Marie Lancien
.



Le 21 juin 1916 fut une nouvelle journée dramatique pour les braspartiates avec le décès de trois d'entre eux. Deux d'entre eux se trouvaient dans le même régiment – le 362ème d'infanterie – engagé devant Verdun. Le troisième, relevant de blessure, avait rejoint peu de temps avant sa mort au combat sa nouvelle unité – le 351ème d'infanterie.

Jean Guillaume CUTUIL, cultivateur, né le 21 mars 1895 à Brasparts, est fils de Jean Louis et de Marie Olive Guillerm. Matricule 2250 au recrutement de Quimper, il est incorporé le 15 décembre 1914 au 137ème régiment d'infanterie où il reçoit sa formation de soldat ; il passe au 23ème d'Infanterie le 27 avril 1915 puis au 64ème d'Infanterie le 11 juin positionné devant Tahure.
Nommé caporal le 16 juin, il est blessé le 13 octobre, lors d'un bombardement des tranchées par l'artillerie allemande. Évacué vers l'arrière, il rejoint son dépôt et est affecté au 351ème Régiment d'Infanterie le 11 mars 1916. Ce régiment a été pratiquement anéanti pendant les combats de Brabant-sur-Meuse et de Samogneux, pendant l'offensive allemande sur Verdun (21-24 février 1916). Quelques rescapés furent faits prisonniers et internés à Mannheim. Reconstitué en mars, le régiment est envoyé en avril sur le front de Nieuport (Belgique) où il restera jusqu'en octobre. Le front y est définitivement bloqué depuis le mois d'avril avec la construction de la Redoute du Cavalier à l'entrée du Boyau de la Mort qui surplombe de plusieurs mètres la plaine environnante. La situation reste cependant très dangereuse du fait des bombardements au cours desquels les allemands utilisent de manière systématique des obus chargés de gaz moutarde. Jean Guillaume Cutuil y est tué à l'ennemi le 21 juin 1916.
Son acte de décès a été transcrit le 9 novembre 1916 à Lopérec.
Jean Cutuil est inhumé dans une tombe individuelle (carré 38, rang 1, n°7440) dans la Nécropole nationale « Notre-Dame-de-Lorette », commune d'Ablain-Saint-Nazaire (Pas-de-Calais).


Pierre Marie THOMIN, cultivateur, né le 31 janvier 1882 à Brasparts, est fils de Jean et de Marie Louise Le Corre. Matricule 2950, incorporé au 62ème Régiment d'Infanterie le 16 novembre 1903, il est nommé caporal le 21 septembre 1904. Rengagé pour 2 ans le 17 septembre 1906, puis pour 1 an le 23 juillet 1908, il passe sergent le 9 mars 1907. Rengagé pour 3 ans le 14 septembre 1909 et commissionné le 1er octobre 1912, il quitte le service actif, certificat de bonne conduite accordé. Passé dans la réserve active le 31 mars 1913, il est nommé garde domanial des Eaux et Forêts de Bar-le-Duc le 10 octobre 1913.
Affecté à la mobilisation au 6ème Chasseurs forestiers, il passe au 132ème d'Infanterie en campagne le 26 décembre 1914. Il se bat notamment aux Eparges (janvier-février 1915) et est cité à l'ordre de la division le 3 mars 1915: « A pris d'assaut une tranchée allemande le 17 février 1915 et a fait preuve d'une grande énergie en s'y maintenant malgré une vigoureuse contre-attaque. » (Croix de Guerre avec étoile d'argent). Blessé aux Eparges le 22 mars 1915 par éclat d'obus, il reprend sa place au sein de son régiment. Nommé adjudant le 3 avril 1916, il est décoré de la Médaille Militaire le 12 mai 1916.
Le 11 juin, le régiment quitte la Champagne pour Verdun où il relève la brigade coloniale du Maroc. Tué à l'ennemi devant Verdun, il est cité à l'ordre du 6ème Corps d'Armée le 20 juillet 1916: « Au front depuis le début de la campagne, a pris part à toutes les actions du régiment. Sous-officier d'une rare énergie, a été tué le 21 juin 1916 par une balle au moment où il se levait pour recommander le calme à sa section, une attaque ennemie venant de se déclarer. » Croix de Guerre, étoile vermeil.


Henry Marie LANCIEN, cultivateur, né le 20 novembre 1895 à Loqueffret, est fils de Henri et de Marie Saliou, domiciliés à Brasparts. Matricule 2671 au recrutement de Quimper, il est incorporé le 15 décembre 1914 comme soldat au 71ème d'infanterie. Après sa période d'instruction, il est affecté au 132ème Régiment d'Infanterie et part aux armées le 19 avril 1916.
Le jeune soldat découvre l'horreur du champ de bataille : son régiment est chargé d'enterrer les victimes des combats des semaines précédentes dans la région de Suippes...
Le 15 juin, le régiment rejoint le fort de Tavannes au plus fort des combats pour s'emparer de Verdun. Le fort de Vaux est tombé aux mains des allemands le 7 juin ... Les liaisons sont très difficiles et le commandement doit utiliser des coureurs pour transmettre les ordres. Le 17 juin, le régiment participe aux contre-attaques françaises pour reprendre le fort mais échoue face à un ennemi bien installé ...
Le 132 est relevé par le 54 le 21 juin dans des conditions extrêmement difficiles : A partir de 4 heures du matin, toute la première ligne subit un bombardement particulièrement violent qui redouble de violence à partir de 14 heures. Alors que la relève est terminée, le 1er bataillon reçoit l'ordre de remonter en ligne entre le fort de Tavannes et celui de Vaux ; le 54 est en grande difficulté ; vers 20h25, “des renseignements font connaître que des groupes ennemis sortent du fort de Vaux ; des cris, des fusillades et des feux violents de mitrailleuses venant de la direction du fort de Vaux ont été entendus.” Ce n'est que vers 23 heures que la situation est stabilisée grâce à une contre-attaque française qui permet de dégager les bataillons engagés. Les pertes sont nombreuses : parmi elles, Henry Lancien et Pierre Marie Thomin ont été tués à l'ennemi près du fort de Vaux, le 21 juin 1916.

L'acte de décès de Pierre Thomin a été transcrit le 19 novembre 1916 à Meulan (Meuse), celui de Henry Lancien à Brasparts le 10 octobre 1916. Comme pour tant de leurs camarades tombés à Verdun, les corps n'ont jamais été retrouvés.


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MessageSujet: Jean Bourel   Jeu 23 Juin - 8:49

Jean BOUREL, né le 5 septembre 1884 à Crozon, est fils de Joseph Marie et de Rose Sénéchal, domiciliés à Brest.
Marin de commerce, matricule 930 au recrutement de Quimper, il s'engage pour 5 ans à la mairie de Brest le 10 septembre 1902.
Matelot de 2ème classe le 1er décembre 1903 puis de 1ère classe le 1er juillet 1906.
Il rengage pour 3 ans le 24 août 1907, est nommé quartier maître mousqueterie le 1er août 1909.



Matricule 5611 (Brest), maître fusilier à bord du torpilleur d'escadre “Fourche”, Jean Bourel meurt pour la France le 23 juin 1916 à Brindisi (Tunisie) des suites des blessures reçues lors de la perte de son bâtiment, torpillé par le sous-marin autrichien U 15 à l'est d'Otrante. Il y aura 1 mort et 17 disparus. Son acte de décès a été transcrit le 10 juin 1917 à Brasparts où il est inscrit sur le monument aux morts comme domicilié au bourg. Il avait en effet épousé Marie Jeanne Pennec le 25 octobre 1910 à Brasparts et le couple avait eu une petite fille, Germaine, née en 1912.



Le sous-marin U 15 de la marine impériale austro-hongroise était un sous-marin de la classe "Okarina", type UB I allemand. Acheminé en tronçons par voie ferrée, il était arrivé à l'Arsenal de Pola le 21.8.1915 pour y être assemblé.
Lors du torpillage du CT Fourche, il était commandé par le Linienschiffleutnant (LSL)  Friedrich Fändrich né à Budapest le 1.8.1887. Au cours de cet engagement, il coulait également le croiseur auxilliaire italien Citta di Messina 3495 grt.


Pour en savoir plus :
http://pages14-18.mesdiscussions.net/pages1418/Forum-Pages-d-Histoire-aviation-marine/marine-1914-1918/torpilleur-fourche-contre-sujet_511_1.htm


Dernière édition par Patrice Ciréfice le Mar 5 Juil - 6:30, édité 1 fois
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MessageSujet: Pierre Jean Morvan   Mar 28 Juin - 18:58

Pierre Jean Marie Morvan
.

Pierre Jean Marie MORVAN, cultivateur, né à Lennon le 20 janvier 1884, est fils de Alain et de Marie Anne Le Page.
Il s'engage pour cinq ans à la mairie de Brest le 31 janvier 1905 pour les équipages de la flotte mais il est réformé le 22 juin suivant pour tuberculose.
Ouvrier agricole, il épouse en 1909 Jeanne Jord et s'installe à Kerlaguen où il aura deux enfants: Emmanuelle (1911-1944) et Jean Mathieu (1914-1917).

Le 28 septembre 1914, il est classé service armé par le Conseil de Révision du Finistère. Mobilisé le 24 février 1915 au 45ème régiment d'infanterie de Lorient, il passe au 17ème d'infanterie le 18 juin puis au 21ème bataillon de chasseurs à pied le 24 novembre.

Après une évacuation pour maladie, il est affecté au 20ème bataillon de chasseurs à pied le 19 avril 1916. Il participe aux exercices « de détails » de son unité et dès le surlendemain le régiment est embarqué en voiture pour la région de Tahure. Les compagnies arrivent dans leurs cantonnements en pleine nuit, à l'exception des compagnies de mitrailleuses, dans l'une desquelles a été affecté Pierre-Jean Morvan, qui ne rejoignent leurs emplacements que le 23 avril. Le 24, un nouveau chef de corps prend le commandement : le commandant Richier, qui arrive du 2ème régiment de tirailleurs. L'entraînement continue pendant plusieurs jours, puis les officiers partent reconnaître leurs secteurs avant que les compagnies ne montent en ligne le 30 avril.

Les premiers jours sont relativement calmes et les pertes minimes. Le bataillon s'efforce d'améliorer les défenses du secteur et organise la rotation des ses unités, alternant montée en ligne, repos à Somme-Suippes et mise en réserve en seconde ligne ...Le 11 juin, le secteur s'enflamme subitement : un bombardement « d'une violence inouïe » qui dure toute la journée , « supérieur au bombardement de Verdun ». Le terrain est « martelé d'une façon méthodique et l'après-midi, il ne restait plus de défenses accessoires, les tranchées et boyaux étaient entièrement comblés, les abris de guetteurs et de mitrailleurs étaient démolis ». A 17h30, « le bombardement devient d'une violence extrême » ; à 18h10, les allemands attaquent au milieu des obus et capturent de nombreux chasseurs. Lorsque le bataillon réagit, il est déjà trop tard : l'attaque ne fut en fait qu'une « incursion » pour faire des prisonniers. L'ennemi s'est déjà replié laissant le bataillon abasourdi par la violence de l'attaque : 16 gradés et chasseurs tués, 20 blessés, 94 disparus ...

Le 20 se réorganise, remonte ses troupes restantes en ligne ; le calme revient. Pour peu de temps, car le 28 juin est une nouvelle journée terrible : après avoir subi un bombardement intense, le 20 repousse une première attaque ennemie, lance un coup de main sur les tranchées adverses avec 60 chasseurs du 20 et 30 du 1er BCP mais ne parvient pas à faire de prisonniers. Mais au cours de l'attaque a péri Pierre jean Morvan, tué à l'ennemi le 28 juin 1916 à 20 heures aux tranchées devant Tahure.
Il sera cité à l'ordre de son régiment : « Le 28 juin 1916, est resté volontairement à son poste malgré un violent bombardement; a été tué à sa place au combat. ».



Pierre Jean Marie Morvan repose dans la nécropole nationale de Somme-Suippe, dans la tombe individuelle 1159.
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MessageSujet: Jean Marie Meudec   Mar 5 Juil - 6:22

Jean Marie Meudec.

Jean Marie MEUDEC, cultivateur, né à Sizun le 30 décembre 1891, est fils de Yves et de Marie Pouliquen, cultivateurs à Brasparts.
Matricule 3590 au recrutement de Brest, il est affecté au 19ème régiment d'infanterie le 1er octobre 1912.
Soldat conducteur le 8 novembre 1913, il entre en campagne le 2 août 1914; évacué pour maladie le 5 juillet 1915, il passe à la 4ème compagnie le 11 décembre 1915.
Le 19ème RI a participé à toutes les grandes batailles de la Grande Guerre: Maissin, la Marne, la Champagne, Verdun, l'Aisne où il se bat de mai à septembre 1916. C'est dans la région de Berry-au-Bac que Jean Marie Meudec est évacué vers l'ambulance 7/11 de Vaux-Varenne (Marne) où il meurt « pour la France » le 5 juillet 1916 à d'une maladie contractée en service.
Ainsi que tous ceux qui décèdent dans les ambulances, des soldats en armes lui rendent les honneurs ; initialement enterré dans le cimetière du village, Jean Marie Meudec repose aujourd'hui dans la tombe individuelle n°1135 de la nécropole nationale « La Maison Bleue » de Cormicy.



L'acte de décès a été transcrit le 23 août 1916 à Brasparts. Jean Marie Meudec est inscrit sur le Monument aux Morts de Saint-Rivoal.
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MessageSujet: Re: Mémorial des Braspartiates dans la Grande Guerre : 1916   Mar 12 Juil - 6:59

Pierre François Marie Le Corre
.

Pierre François Marie CORRE (LE), clerc de notaire à Châteaulin, né le 30 décembre 1885 à Brasparts, est fils de Pierre, boucher du bourg de Brasparts, et de Suzanne Le Goff.

Matricule 3252 au recrutement de Quimper, il est affecté au 118ème d'infanterie le 6 octobre 1906.
Nommé caporal le 2 juin 1907 puis sergent le 25 décembre 1907, il est envoyé dans la disponibilité le 25 septembre 1908, certificat de bonne conduite accordé. Il effectue deux périodes de réserve du 28 août au 19 septembre 1911 au 118, puis du 8 au 24 septembre 1913 au conseil de Guerre de Nantes.
Il est ensuite employé chez Manchec au bourg de Sizun à partir du 17 janvier 1913.

Mobilisé le 3 août 1914, il participe aux combats du 118 – Maissin, la Marne, Lenharrée, la Somme, la Champagne, ...- jusqu'à son transfert au 318 le 8 février 1916. Il combat alors dans la région de Quennevières où son régiment connaît de terribles pertes. En juin 1916, le 318 est dissous, et ses soldats sont affectés au 219ème et au 262ème pour constituer un nouveau bataillon.
Pierre Le Corre passe quant à lui au 262ème d'infanterie le 15 juin 1916, et est affecté comme sergent à la 15ème Cie, 4ème bataillon. Son nouveau régiment vient d'être positionné dans la Somme dans la région de Soyécourt.


Dès le 25 juin, son bataillon reçoit pour mission de tenir les tranchées de Foucaucourt et terminer la mise au point du secteur d'attaque du régiment : « achèvement des abris de bombardement, construction de la parallèle de départ et des places d'armes destinées aux bataillons d'assaut ».
Toute la nuit, puis toute la journée suivante, les travaux se poursuivent, tandis que l'artillerie poursuit un intense feu de préparation.


Des reconnaissances sont faites dans les lignes allemandes dans la nuit du 28 au 29 juin : les « tranchées sont complètement bouleversées, les réseaux détruits ». Mais ces reconnaissances sont repérées par l'ennemi qui riposte par un violent tir de barrage lequel, par chance, ne fait qu'un blessé grave. Le lendemain, l'attaque est remise « à une date ultérieure. »: elle est de fait déclenchée le 1er juillet.
A 7h30, le 4ème bataillon se groupe dans la parallèle de départ et les places d'armes de l'avant. La section de Pierre Le Corre termine la mise en place de munitions dans un abri lorsque un soldat provoque accidentellement un éclatement prématuré de grenades : le sous-lieutenant Duquoc est blessé mortellement ainsi « qu'un grand nombre d'hommes de la section ».


A 9h30, l'attaque est lancée : les deux premières vagues atteignent la 3ème ligne allemande : la 15ème Cie se porte alors dans les tranchées conquises puis poursuit sa marche en avant. Les objectifs fixés sont atteints. Quand la nuit arrive, le 262ème a perdu 50 tués -dont 9 à la 15ème Cie), 17 disparus (dont 10 à la 15) et 247 blessés (dont 50 à la 15). Pierre Le Corre est lui blessé à la main droite, se fait soigner et reprend son poste ...
Il faut ensuite organiser le terrain conquis. Les combats se poursuivent mais avec moins de violence. Le 2 une cinquantaine d'hommes sont mis hors de combat (dont 6 tués). Parmi eux, Pierre Le Corre, dont le corps ne sera pas retrouvé. Sa fiche matriculaire indique qu'il a été tué à l'ennemi le 12 juillet 1916 à Foucaucourt (Somme), mais cette date est vraisemblablement erronée, le régiment ayant été relevé le 4, sauf s'il est mort des suites de ses blessures ...
L'acte de décès a été transcrit à Sizun le 18 janvier 1917.

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MessageSujet: Jean Marie Hascoët - Yves Le Coz   Mar 26 Juil - 16:12

Jean Marie Hascoët.


Jean Marie HASCOËT, né le 4 mai 1883 à Plonévez Porzay, est fils de Etienne et de Marguerite Nicolas, cultivateurs à Brasparts.
Il s'engage pour 5 ans à la mairie de Brest le 30 novembre 1903 au titre du 2ème Régiment d'Infanterie Coloniale.
Il participe à la campagne du Tonkin (en guerre) du 23 novembre 1904 au 11 février 1907 puis du 15 juillet 1909 au 3 août 1913. De retour en métropole, il est ensuite affecté au 6ème Régiment d'Infanterie Coloniale de marche de campagne le 2 août 1914.
Parti de Lyon en détachement par voie ferrée le 7 août 1914 pour se rendre à destination de la frontière de l'Est, il est débarqué à Epinal où il rejoint son régiment qui va être engagé dans les Vosges le jour même de son arrivée. Il participe à la bataille du col de la Chipotte, position clé sur la route menant vers Charmes et Epinal.

Cette bataille (25 août-6 septembre 1914), engagée simultanément avec celles de la Haute-Meurthe, de la trouée de Charmes et du Grand-Couronné, va permettre d'arrêter définitivement, de Nancy à Saint-Dié, l'offensive de l'aile gauche allemande. Cette victoire capitale, associée avec celle de la Marne, permettra l'échec du plan d'invasion allemand et transformera la guerre de mouvement en guerre de position.



Le 6ème RIC sera ensuite engagé en Argonne, dans le bois de la Gruerie et à La Fontaine aux Charmes de janvier à juin 1915. Nommé caporal le 9 mars 1915, Jean Marie Hascoët rejoint le dépôt du régiment le 18 mars et participe à l'accueil et à la formation des nouvelles recrues.
Passé au 36ème Régiment d'Infanterie Coloniale le 29 septembre 1915, il rejoint son nouveau régiment dans la Marne, avec des renforts qui permettent au régiment de poursuivre son action dans la grande offensive de Champagne. Ce seront les combats de Perthes, Somme-Py, du Bois d'Hauzy, de la Main de Massiges ...
En février 1916, après avoir été retiré de Champagne fin décembre, le 36ème RIC est engagé dans la Somme où il tient le secteur d'Herleville et de Faucancourt.
Les armées alliées ont préparé depuis décembre 1915 une vaste offensive : le formidable effort qu'il fallut fournir à Verdun l'a reporté à une date ultérieure. Mais l'objectif reste le même : « porter une masse de manoeuvre sur le faisceau des lignes de communication de l'ennemi, qui jalonnent Cambrai, le Cateau, Maubeuge. La route Bapaume-Cambrai devra donc être l'axe de progression initiale... »
Pendant plus de six mois, les unités mises en place vont préparer cette offensive ; les alliés conservent une artillerie lourde considérable avec 900 pièces lourdes, 1 100 canons de tranchée et 6 millions et demi de projectiles. La préparation d'artillerie est déclenchée le 24 juin. La pluie tombe sans discontinuer les 28 et 29, faisant une nouvelle fois retarder l'attaque. Le 1er juillet, dès l'aube, « un véritable ouragan de feu s'abat sur les positions ennemies. Toutes nos batteries sont en activité, tirant les unes sur les tranchées, les autres sur l'artillerie, les communications, les cantonnements. » Le temps est beau. A 7h30, l'attaque est déclenchée : 4 armées -deux françaises et deux anglaises – jaillissent des tranchées. Le corps colonial enlève les premières lignes ennemies de son secteur dès le 2 juillet mais aussi de Frise, du bois de Méréaucourt, d'Herbécourt ; le 3 juillet, c'est au tour de la seconde ligne ennemie de tomber ; l'offensive a déjà fait près de 8 000 prisonniers.



Le 9 juillet, la situation se stabilise quelque peu : l'artillerie a du mal à suivre le mouvement et manque d'efficacité. Le 6ème RIC échoue dans son attaque sur Barleux. Or, il faut maintenir les liaisons constantes entre toutes les unités sur toute la largeur du front. Jean Marie Hascoët se distingue et est nommé sergent au feu le 12 juillet 1916. Le 14, Barleux tombe enfin entre nos mains, mais il faut faire face aux contre-attaques allemandes, renforcées par des troupes retirées de Verdun. Les combats pour Barleux et la Maisonnette (près de Biaches) sont d'une extrême violence. Ce n'est que le 25 que le 6ème RIC parviendra à s'organiser défensivement et à interdire Barleux.
Mais les pertes ont été sévères : parmi elles, Jean Marie Hascoët, tué à l'ennemi au combat de Barleux (Somme) entre les 17 et 25 juillet 1916. « Mort pour la France ».
L'acte de décès a été transcrit à Brasparts, où résident ses parents, le 22 novembre 1916. Lui-même était domicilié à Saint Rivoal mais décision a été prise de l'associer sur le monument de Brasparts à ses deux frères tombés également sous le feu de l'ennemi.

***


Yves Marie Coz
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Yves Marie COZ , cultivateur, né le 8 octobre 1889 à Brasparts, est fils de Jacques et de Catherine Le Moal, cultivateurs à Kerluavel (Kernavaël).
Matricule 3140 au recrutement de Quimper, il est incorporé le 4 octobre 1910 au 116ème régiment d'infanterie à Vannes.

Classé dans le service auxiliaire le 29 décembre 1910 pour “pieds plats et déformés”, il est maintenu à son corps et envoyé dans la disponibilité le 25 septembre 1912, certificat de bonne conduite accordé.
Mobilisé le 11 août 1914, il est maintenu service auxiliaire par la commission de réforme de Quimper du 26 octobre 1914 et affecté à la 11ème section d'infirmiers de Nantes. Il participe à la formation des infirmiers appelés à rejoindre le front mais aussi aux soins des soldats hospitalisés à Nantes. Il décède à Châteaulin le 26 juillet 1916 alors qu'il regagnait son corps..


Note : La 11ème section d'infirmiers militaires est stationnée à Nantes avec l'ensemble des sections d'ouvriers militaires de la région. Plus de 18 000 infirmiers y seront formés avant de rejoindre leurs unités combattantes. Dès la mobilisation, la municipalité charge le service d’hygiène d’aménager des ambulances dans des écoles publiques de la ville. Parallèlement, elle lance un appel à sa population en vue d’acquérir le matériel de couchage nécessaire indispensable à la dispense de bons soins. Très vite, 200 lits sont installés dans 6 écoles, mais la municipalité poursuit son effort : Nantes compte en août 1916 18 hôpitaux (87 si l’on ajoute les filiales) dont 5 dépendent des Sociétés de la Croix Rouge.
D’autres hôpitaux permanents ou temporaires sont aussi crées par l’autorité militaire dans des bâtiments municipaux comme au Grand lycée, à l’ancien séminaire de philosophie…
Les soldats blessés, au même titre que le personnel médical, sont soumis à un règlement intérieur.

De façon à soigner des personnes de tous pays et de toutes confessions, toutes les équipes soignantes sont laïques. Elles se composent à la fois de bénévoles et de salariés : en effet, en vue de limiter le chômage, des femmes de mobilisés ou privées de leurs salaires ont trouvé ici un emploi.
(source : archives municipales de Nantes)



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MessageSujet: Jean Louis Riou   Lun 1 Aoû - 18:42

Jean Louis Riou.


Jean Louis RIOU, cultivateur, né le 21 juin 1880 à Brasparts, est fils de Hervé et de Marie Anne Salaün.

Matricule 2706 au recrutement de Quimper, initialement versé dans le service auxiliaire, il est reclassé dans le service armé le 5 novembre 1914. Mobilisé il passe au dépôt du 118ème Régiment d'Infanterie de Quimper le 1er février 1915. Il va faire ses classes de soldat pendant cinq mois avant d'être affecté au 65ème d'Infanterie (de Nantes) le 19 juin 1915 puis au 93ème d'Infanterie ( de La Roche sur Yon) le 25 juin 1915.
Le régiment, qu'il rejoint au front, vient de perdre plus de 1100 hommes dans l'attaque de la ferme du Touvent en Artois (7 au10 juin 1915) et doit être reconstitué après avoir supporté avec héroïsme la contre-attaque allemande du 12 juin. Il y gagna la Croix de Guerre avec palme...
Après un temps d'acclimatation, il est affecté en unité combattante et participe à sa première relève de tranchées le 12 juillet 1915 : il y restera jusqu'au 22 juillet, date à laquelle son bataillon est relevé par une unité anglaise.


Le régiment est alors désengagé de l'Artois et déplacé vers la Champagne (23 juillet – 14 août). Le 20 août, le bataillon de Jean Louis Riou bivouaque à Somme-Tourbe que l'état-major du 93 rejoint le lendemain.
Dans la nuit du 27 au 28 août, le bataillon de Jean Louis Riou relève une unité du 64ème RI dans les tranchées de Mesnil-les-Hurlus et Beauséjour (côte 196). La période est « calme », les tranchées ne subissant que des bombardements sporadiques. C'est lors de l'un de ces bombardements, le 10 septembre 1915, que Jean Louis Riou est blessé par éboulement avec commotion cérébrale à Beauséjour.


Il est évacué sur le poste de secours puis vers l'hôpital de campagne, lui évitant de participer à la terrible offensive du 25 septembre. Il revient dans son unité début octobre et participe aux combats du régiment visant à stabilisier le front et sauvegarder les quelques centaines de mètres gagnés sur l'ennemi lors de l'offensive.Son bataillon (2ème bataillon, capitaine Coignard) est relevé le 3 novembre après avoir subi de terribles pertes, laissant sur le terrain près de 50% de ses effectifs.

Le régiment est enlevé de la zone en automobiles et mis au « grand » repos à Soulanges.Il y restera jusqu'à 3 décembre pour se porter ensuite à Courtisols puis Somme-Suippe (7 décembre). Le 8, le bataillon de Jean Louis Riou remonte en ligne et relève un bataillon du 10ème d'infanterie. Il est relevé à son tour le 16 décembre par un bataillon du 65ème et retourne cantonner à Somme-Suippe. Le bataillon est engagé de nouveau entre le 26 décembre et le 1er janvier, puis entre le 10 et le 19 janvier.


Le 30 janvier, le bataillon relève un bataillon du 65 à l'ouest de Tahure : un secteur toujours dangereux, où l'activité de l'artillerie allemande est régulière. Le 5 février 1916, Jean Louis Riou est de nouveau blessé par éclat d'obus à Tahure et évacué vers l'arrière.
Remis de sa blessure, il est affecté au 251ème d'Infanterie le 15 mai 1916. Ce régiment est le régiment de réserve du 51, initialement caserné à Beauvais. Lorsque Jean Louis Riou le rejoint, il combat dans le secteur de Verdun où il a été amené en renfort après la terrible attaque allemande : Chattancourt, Cumières, le bois des Caures ... Le régiment vient d'être réorganisé à Jubécourt.
Le 20 mai, à midi, il gagne Germonville en vue d'aller occuper le secteur de Cumières. A 21h15, les bataillons gagnent leurs positions sous le feu ennemi : le capitaine Cordoliani, commandant la compagnie de Jean Louis Riou est blessé; 6 soldats sont tués, 18 blessés. Parmi eux, Jean Louis Riou.
Grièvement blessé par éclat d'obus, il est évacué le 23 vers l'arrière.


Jean Louis Riou ne survivra pas à ses blessures: il meurt « pour la France » le 1er août 1916 à l'hôpital auxiliaire n°101 de Clermond Ferrand, suite blessures de guerre. L'acte de décès a été transcrit à Brasparts le 1er août 1916.

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MessageSujet: Laurent Joseph Gourtay   Sam 6 Aoû - 10:56

Laurent Joseph Gourtay
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Laurent Joseph GOURTAY, cultivateur à Pleyben puis à Kernévez en Brasparts, né le 14 avril 1895 à Pleyben, est fils de Yves et de Anne Derrien.
Matricule 2631 au recrutement de Quimper, il est incorporé comme soldat au 93ème régiment d'infanterie de La Roche sur Yon le 15 décembre 1914.

Le 11 juin 1915, ses classes terminées, Laurent Joseph Gourtay est affecté au 65ème Régiment d'Infanterie qu'il rejoint en Champagne. Le régiment occupe le secteur de Mesnil-les-Hurlus, qu'il organise en vue de l'attaque de la IIème Armée. Secteur difficile où l'adversaire gêne les travaux par des bombardements incessants au cours desquels Laurent Joseph Gourtay est blessé le 13 septembre 1915 (plaie à la main droite et au visage).

Laurent Gourtay est donc évacué blessé. Il rentre au dépôt le 10 octobre 1915, et est cité à l'ordre du régiment : « Très bon soldat courageux et dévoué. Blessé en exécutant un travail qui lui avait été commandé malgré un violent bombardement à la date du 14 septembre 1915 ».

Le 11 juillet 1916, il repart au front, rejoignant son régiment dans le secteur de Verdun où il est stationné depuis la fin mai.
« Verdun ! Le royaume de la mort, ..., le tombeau sacré des héros anonymes, héros dont on ne connaîtra jamais toute l'histoire comme on n'en connaîtra jamais les tombes. »


Le 5 août, les 1er et 2ème bataillons, dont fait partie Laurent Joseph Gourtay, vont prendre position dans le bois Fumin, à l'est du ravin des fontaines, dans le secteur de Vaux-Chapitre. « C'est l'époque des offensives sur Souville et l'ennemi, qui a échoué le 5, reprend dès le 6, au petit jour, son formidable bombardement. Pendant dix heures, il écrase sans arrêt, du feu de ses canons lourds, la ligne de trous d'obus où se terre notre infanterie. A 15h30, l'attaque se déclenche. Mais tous ceux des nôtres qui sont, par miracle, encore vivants se dressent, toutes les mitrailleuses qui ne sont pas ensevelies ouvrent le feu et les vagues d'assaut sont fauchées par deux fois... L'ennemi renonce, cette fois encore, à prendre Souville. Penadant neuf jopurs, le régiment, décimé, resistera, sous un feu écrasant, à toute poussée de l'adversaire, et cela dans des trous d'obus, sans abri, sous un soleil de plomb, presque sans ravitaillement et sans eau... »


Le 65 laisse à Vaux Chapitre la moitié de ses effectifs. Laurent Joseph Gourtay est lui porté disparu le 6 août 1916, après avoir été de nouveau blessé..
L'avis officiel de décès a été signifié le 1er avril 1917. La date de décès du 6 août 1916 a été fixé par le jugement déclaratif du tribunal de Châteaulin du 11 août 1921 transcrit à Lannédern où étaient domiciliés ses parents.

Un site américain possède un film pris pendant cette période sur le Bois Fumin et Vaux-Chapitre. Vous pouvez le visionner en cliquant sur le lien ci-après :

http://www.criticalpast.com/video/65675045732_French-soldiers_wrecked-area_firing-from-pillboxes_smoke-from-firing

Un grand merci aux passionnés (“albert et clemens”, “pascal”) du FORUM pages 14-18 qui ont permis de nous faire découvrir ce film et transmis carte et image du secteur. Vous pouvez lire leurs messages en cliquant sur le lien :

http://pages14-18.mesdiscussions.net/pages1418/forum-pages-histoire/fumin-vaux-chapitre-sujet_10679_1.htm
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MessageSujet: Yves jean marie Caugant   Dim 7 Aoû - 9:37

Yves Jean Marie Caugant.


Yves Jean Marie CAUGANT, cultivateur, né à Brasparts le 1er février 1884, est fils de Yves et de Marie Catherine Gourlay, domiciliés à Brasparts.
Matricule 2699 au recrutement de Quimper, il est incorporé au 118ème d'infanterie le 10 octobre 1905. Il est envoyé dans la disponibilité le 28 septembre 1907, certificat de bonne conduite accordé. Passé dans la réserve le 1er octobre 1908, il effectue deux périodes de réserve, toujours au 118, du 29 août au 20 septembre 1910, puis du 2 au 18 avril 1913. Il est domicilié depuis le 24 mai 1909 au village de Clemguen au Cloître Pleyben où il a épousé le 23 juillet 1909 Marie Jeanne Kerdévez.

Mobilisé le 3 août 1914, il rejoint le 118 avec lequel il participe à tous les combats, en particulier à ceux de Maissin, de la Marne, de Lenharrée, de la Somme, de Bazentin-la-Boisselle. Le 10 janvier 1915, Yves Caugant participe à sa dernière offensive dans ce secteur de La Boisselle : le régiment s'empare d'une tranchée qui explose le lendemain, l'ensemble ayant été creusé et piégé par l'ennemi.
(Note : la photo ci-dessous représente les effets d'un cratère de mines à La Boisselle en juillet 1916. Il faut imaginer que le secteur fut saturé de sapes et de contre-sapes, de galeries de mines et de contre-galeries, et que les soldats vivaient dans l'angoisse d'une explosion... Photos extraites des “Chemins de Mémoire. La Boisselle”)



Le 118 va occuper le secteur jusqu'en juillet, alternant les périodes de première ligne, à proximité des Allemands (parfois à une dizaine de mètres) et les périodes de repos où il parfait son instruction. Chaque période dure six jours. Mais les maladies sont fréquentes, en raison des conditions de vie des poilus. Yves Caugant est évacué le 3 avril 1915, atteint du typhus mais aussi d'épuisement. Il ne s'en remettra pas et décède à l'hôpital mixte de Quimper le 7 août 1916.

Note :
Quimper a disposé pendant la Grande Guerre de 9 hôpitaux : l'hôpital mixte, 2 HA (Grand Séminaire et Ecole Normale d'instituteurs), 7 HC :
- l'HA 4, installé au Grand Séminaire, a fonctionné du 11 août 1914 au 9 janvier 1919;
- l'HA 202, école normale d'instituteurs, 90 lits, a fonctionné du 18 août 1914 au 6 janvier 1918 ; 1 annexe à Rosporden ;
- l'HDC 7 a fonctionné du 1er février 1915 au 10 février 1920 (avant de devenir centre de réforme) ;
- l'HC 20, installé au lycée La Tour d'Auvergne, 201 lits, a fonctionné du 10 août 1914 au 4 septembre 1917 ; 1 annexe à Châteaulin ; 1 annexe à Concarneau ;
L'HC 23, école normale d'institutrices, 140 lits, du 15 août 1914 au 16 août 1916 ; 1 annexe à Carhaix ;
- l'HC 28, maison de retraite religieuse, 71 lits, du 17 août 1914 au 14 août 1916 ;
- l'HC 29, école libre, 100 lits, du 11 août 1914 au 20 janvier 1919 ; 1 annexe à Concarneau ; 1 annexe à Châteaulin ;
- l'HC 30, collège libre saint-Yves, 190 lits, du 17 août 1914 au 21 février 1919 ; 1 annexe à Bénodet ; 1 annexe à Châteauneuf du Faou ;
- l'HC 63, au Likès, 300 lits, du 16 juillet 1915 au 29 mars 1916...
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