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 Mémorial des Braspartiates dans la Grande Guerre: 1915

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Patrice Ciréfice
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MessageSujet: Mémorial des Braspartiates dans la Grande Guerre: 1915   Mar 23 Fév - 20:19

1915.

Lorsque s'ouvre cette nouvelle année, la guerre est rentrée dans une nouvelle phase: les Alliés ont résisté à l'offensive allemande sur l'Yser...Les fusiliers marins bretons du contre-amiral Ronarc'h se sont couverts de gloire à Dixmude: arrivés dans la ville le 16 octobre, ils devaient y tenir deux jours. Ils tiendront jusqu'au 16 novembre, perdant la moitié de leurs 6000 soldats et 80% de leurs officiers. Les fantassins belges et les tirailleurs sénégalais subiront des pertes du même niveau. Et si finalement Dixmude tombe, les Allemands ne parviendront pas à franchir l'Yser.
Aucun résultat décisif n'est donc intervenu... Le Front se stabilise, sur près de 800 km, de la mer à la Suisse.

La guerre de mouvement est terminée. Elle fait place à la guerre de position, à la guerre d'usure.



Maurice Genevoix, qui fut lieutenant au 106ème d'Infanterie avant d'être grièvement blessé en avril 1915 dans la tranchée de Calonnes, écrit: “Les soldats se font terrassiers, puis troglodytes. Ils creusent des centaines de kilomètres de tranchées où ils vont vivre et mourir. C'est le temps des assauts sanglants pour un trou, pour quelques mètres.”

*****


Le général Joffre, depuis la Marne, est devenu le héros français: la « guerre est gagnée » grâce au « Père de la Patrie », au « Sauveur du Monde »; des petites filles se verront même dénommées « Joffrette ».
Organisateur de talent – la mobilisation et la mise en place des troupes fut son chef d'oeuvre-, la victoire de la Marne l'a sauvé en ramenant l'espoir: s'il reste bien évidemment aux commandes des armées, sa science militaire reste celle qu'il a mis en oeuvre aux premiers jours de la guerre: combattre l'ennemi partout où on le rencontrera.
Il est en effet le doctrinaire de ces attaques incessantes qui échoueront toutes et qu'il justifiera après-guerre dans ses Mémoires: « A ce jeu, il était certain que nous nous userions: mais l'ennemi s'userait aussi, et toute la question était de mener nos affaires avec sagesse pour pouvoir durer plus que lui. A la guerre, ce sont les derniers bataillons qui emportent la victoire. »
Il explique une autre fois que c'est là une manière d'aider l'allié russe en maintenant sur le front occidental des troupes allemandes bloquées dans leurs tranchées, attendant l'offensive suivante...Il est avéré que l'état-major allemand, lors de l'offensive de Champagne, a retiré 15 divisions du front russe pour faire face à l'attaque française... Des généraux réagissent parfois, comme de Castelnau qui dira à Poincaré: « Actuellement, nous n'avons aucun plan... Nous nous conduisons comme un hanneton dans une cage de verre: nous donnons de la tête à droite et à gauche, au hasard. ».



1915 sera d'abord l'année des tranchées: il faut s'enterrer, se fortifier sur place; pendant plus de trois ans et demi le front ne changera pratiquement pas; les Allemands possèdent néanmoins un avantage considérable: ils ont conquis dix départements français où se trouvent 95 hauts fourneaux sur 123, 40% du charbon français, 90% du minerai de fer, 80% de l'acier, 80% de l'outillage...Seules les mers, grâce à l'Angleterre, restent libres, permettant à la France d'importer ce qui lui est nécessaire. S'enterrer, se fortifier: la guerre devient sournoise et les techniques de combat suivent le même chemin: il faut tromper l'ennemi, le surprendre, l'anéantir peu à peu. Les mines, les grenades réapparaissent



1915 sera aussi l'année des offensives au coûts humains énormes: offensive de Champagne (février), bataille de Woevre (avril), batailles de l'Artois (100 000 soldats français tués), nouvelle offensive de Champagne (septembre), nouvelle bataille d'Artois (octobre)... Joffre voulait percer à tout prix. Alors les offensives devinrent de plus en plus formidables: offensives de divisions, de corps d'armées, d'armées, de groupes d'armées...Mais à chaque fois, le résultat fut identique: si la première ligne tombait, l'offensive se brisait sur la seconde. Le feu était du côté allemand: le canon de 75, remarquable pour stopper l'infanterie en rase campagne, se révéla impuissant à briser les fortifications. Et lorsque notre infanterie montait à l'assaut, après de formidables préparations d'artillerie, elle trouvait les positions ennemies presque intactes, des abris souterrains bétonnés, cuirassés d'où sortaient des feux croisés des canons et des mitrailleuses. Et Joffre, après chaque nouvel échec, disait: « Je les grignote... »


1915: les Alliés lancent l'attaque contre le Détroit des Dardanelles dans des conditions d'amateurisme désolant (février-mars) , échec cuisant qui coûtera, là encore, de terribles pertes dues tant aux combats qu'à la maladie... C'est à cette époque également que notre Marine, qui garantit notre liberté d'action mais n'aura que peu l'occasion de combattre, va supporter ses premières pertes et Brasparts perdre ses premiers marins...

En cette année 1915, la France aura perdu plus de 500 000 hommes mis hors de combat pour un résultat limité au plan stratégique au bénéfice de la Russie. Et la libération du territoire n'est même pas entamée, l'échec de la « percée » étant total!
A l'instar des autres communes rurales françaises, le bilan sera lourd pour notre commune: 45 nouveaux Braspartiates et Saint-Rivoaliens tomberont en cette année noire...


*******
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Patrice Ciréfice
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MessageSujet: François Le Menn (1893-1915)   Mar 23 Fév - 20:31

Raconter l'histoire des braspartiates tombés en cette année 1915 revient à écrire des histoires individuelles, des aventures personnalisées: la mort est présente partout. Elle peut arriver par surprise – un tir ennemi de la tranchée adverse, un schrapnel qui éclate, la grenade d'une patrouille-, faire suite à un bombardement – nombreux seront les tués par éclats d'obus-, à une offensive - locale ou générale -, ou plus simplement à la misère du soldat – la maladie et la fatigue accumulée...
Ce sont ces histoires qui vous sont présentées à partir d'aujourd'hui...

Sources:
Fiches matriculaires des braspartiates tombés lors de la Grande Guerre
Journaux de Marche et des Opérations des Régiments
L'Album de la Guerre 1914-1919 de L'Illustration (dont sont extraites la plupart des photos ou dessins qui illustrent les biographies)
Forum de la Guerre 14-18
Revues diverses (Historia, Le Journal de la France, ...)
Historiques des Régiments

****

François Marie LE MENN, cultivateur à Bourgac'hoël, né le 2 novembre 1893 à Saint Eloi, fils de Hervé et de Françoise Hélène Guéguen, est le premier braspartiate mort en 1915.
Célibataire, initialement ajourné par la commission de réforme, il est finalement incorporé le 27 novembre 1913 au 116ème Régiment d'Infanterie pour y effectuer son service national.
C'est avec son régiment qu'il participe aux combats de Maissin (22 août), Chaumont-Saint Quentin (28 août), à la retraite sous le feu de l'artillerie allemande, jusqu'à la Marne, « traversant un pays dévasté où la ruine, le pillage, l'incendie, la charogne règnent en maître ». Le 19 septembre, il assiste avec son régiment à l'incendie de la cathédrale de Reims: « l'ennemi s'acharne à la destruction des principaux monuments et semble vouloir attaquer la France dans son Histoire » (JMO du 20 septembre).


Il est affecté à la 8ème Compagnie du 2ème Bataillon du 76ème Régiment d'Infanterie le 7 octobre 1914: cette affectation semble rentrer dans la reconstitution du régiment. François Le Menn fait partie des anciens et pourra participer à la formation des jeunes recrues..


Le 76 s'était battu en Argonne, s'était replié jusqu'à Chalons avant de participer à la bataille de la Marne, de reconquérir une grande partie du terrain perdu mais d'échouer sur la butte de Vauquois, excellent observatoire d'artillerie, transformée par les Allemands en une vraie forteresse.
“Des caves sont creusées dans la gaize et reliées par des boyaux souterrains, les rues sont excavées pour que les soupiraux des caves deviennent des meurtrières, à hauteur d’homme, les murs des maisons et des jardins sont crénelés, des tranchées sont établies en avant du village sur les pentes. La position est appuyée et flanquée par les feux des bois de Cheppy, de Montfaucon et de l’Argonne. L’accès en est difficile; de tous les côtés, des ravins et des glacis, offrant d’admirables champs de tir aux mitrailleuses et aux mortiers, l’entourent.” Le corps d'armée s'organise dans le but de reprendre cette butte...



Le régiment alterne les périodes d'entraînement, de montée en première ligne et de repos. Son journal de marche permet de suivre le parcours de François Le Menn, soldat à la 8ème Compagnie. Son quotidien est celui de tout fantassin: exercices de combats et de détails (1 au 8 novembre), montée au front (ravin des Meurissons) avec creusement de boyaux de communication entre les lignes, patrouilles entre les lignes et reconnaissance des tranchées allemandes, travaux de tranchées et installation de défenses accessoires (8 au 18 novembre), mise au repos, retour aux tranchées (25 novembre-3 décembre).

Et les obus peuvent frapper n'importe où, n'importe quand: le 1er novembre,  2 obus percutants tombent le premier à 15 m à l'est de la maison occupée par le colonel et tue 3 musiciens, le 2ème à 10 m du passage à niveau, blesse mortellement 7 hommes et 2 chevaux; le 15 novembre, obus et balles français tombent sur nos positions par suite d'une avance du CA sans faire de victimes; le 20 novembre, un obus percutant tombe sur le pont d'Aubreville (tenu par la 2ème Bataillon): un tué et deux blessés et une grange, occupée par des infirmiers est incendiée....

Le 2 décembre, le 76 doit faire face à un assaut d'un régiment allemand qu'il parvient à contenir, mais les pertes sont sévères (200 morts allemands et une vingtaine de français tués) et les allemands s'installent à proximité des lignes françaises. Les avant-postes se touchent...Le commandant de compagnie de François Le Menn prend le commandement de deux compagnies voisines. Le secteur se calme de nouveau, le régiment est relevé puis revient sur ses positions le 11 décembre: son action consiste alors à harceler l'ennemi par le creusement de mines...

Le Journal de Marche du Régiment est perdu pour le mois de janvier. Mais le quotidien est le même si ce n'est l'arrivée des étrennes aux armées, un bref moment de réconfort pour les soldats, avant la remontée au front, dans les tranchées...


C'est dans ce cadre que tombe, dans sa tranchée, François Le Menn, grièvement blessé. Il est évacué vers le poste de secours régimentaire puis vers l'arrière.  



Il décède suite à ses blessures de guerre le 17 janvier 1915 à l'hôpital temporaire n°46, rue du Parc, à Vichy. Il est cité à l'ordre de son régiment:
« Bon soldat, brave et dévoué, a été blessé mortellement à son poste de combat le 8 janvier 1915 près de Vauquois ».
Il recevra la Croix de Guerre avec étoile de bronze à titre posthume.
François Le Menn est inhumé dans l'un des deux carrés militaires du cimetière de Vichy.

(Note: Vichy disposait d'un hôpital militaire depuis 1847, hôpital aujourd'hui détruit et remplacé par un centre commercial. Devant les besoins pressants des armées en 1914, l'ensemble des ressources hôtelières et hospitalières de Vichy furent réquisitionnées par les autorités et 15 hôpitaux temporaires, 3 hôpitaux auxiliaires aménagés dans leurs bâtiments, fournissant  près de 8 000 lits. L'hôpital temporaire 46 était installé dans l'Hôtel de la Paix et disposait de 4 annexes: l'Hôtel des Princes, l'Hôtel de Cherbourg -sis rue du Parc -, l'Hôtel Lutecia et l'Hôtel du Havre.)

(à suivre)

et un site est à découvrir que l'on vient de me présenter :

www.lillustration.com


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MessageSujet: Yves Paugam (1893-1915)   Jeu 25 Fév - 15:24

Yves Marie PAUGAM, cultivateur, né à Kerluavel le 3 février 1893, est fils de Pierre Jean et de Marie Anne Riou.
Initialement ajourné, il est classé service armé par la commission spéciale de réforme de Quimper le 12 septembre 1913 et incorporé au 19ème Régiment d'Infanterie le 28 novembre. Il participe aux combats de son régiment en Belgique (bataille de Maissin 21-23 août 1914) puis en France (bataille de la Marne, Chaumont-Saint-Quentin, Lenharée, St Hilaire le Grand).
Il est nommé caporal au feu, après la bataille de Thiepval (Somme, 5-6 octobre 1914) lors de la « course à la mer ».


Le front se stabilise: le fantassin devient terrassier... et s'installe dans la durée.

Rappelons-nous les conditions de vie dans les tranchées lors de cet hiver particulièrement rude de 1914-1915: "Le front de la Somme n'était rien d'autre qu'une canalisation, un immense cloaque dans lequel les soldats souffraient de la maladie des tranchées, de rhume, d'influenza. Leurs cheveux et leurs vêtements étaient infestés de poux. Les rats avaient pris possession des lieux et répandaient toutes sortes de maladies".

Malade, Yves Marie Paugam (matricule 2198) est évacué et décède le 10 février 1915 à l'hôpital maritime de Brest de fièvre typhoïde contractée au front. Il est inhumé à Brest.

Note: le médecin général Rieux et le médecin colonel Hassenforder indiquent dans leur "Histoire du service de santé et du Val de Grace " publiée en 1950 les chiffres suivants: "L'épidémie de fièvre typhoïde qui débuta en septembre 1914 et qui se localisa sur certains secteurs du front, fit pendant les cinq premiers mois de la guerre 45 450 malades et 8170 décès. "  
Rappelons que la typhoïde est liée à la précarité des conditions d'hygiène. Mais d'autres maladies pouvaient amener la mise hors de combat voire le décès : dysenterie, tuberculose, broncho-pneumonie, fièvre des tranchées...
Il reste difficile d'établir avec certitude les chiffres de décès qui semblent avoir été embrouillés volontairement, mélangeant tués, prisonniers, blessés, malades...Joffre, au GQG, cachait les pertes à ses généraux ( Castelnau et Fayolle le confirment dans leur écrits ).
Cette épidémie de typhus provoqua des conséquences non négligeables pour les soldats: ainsi les régiments recevaient périodiquement (semaine, quinzaine, ...), la liste des localités interdites de permission en raison d'épidémies afin de bloquer certains départs. A l'inverse, la levée de l'interdiction était également communiquée.


(à suivre)


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MessageSujet: Jean Louis Gourtay (1891-1915)   Ven 5 Mar - 19:11

Jean Louis GOURTAY, né à Pleyben le 15 mars 1891, cultivateur à Kernévez, est fils de Yves et de Anne Derrien, cultivateurs à Lannédern. Classé dans le service auxiliaire par le conseil de révision, il est affecté au 6ème Régiment du Génie comme sapeur de 2ème classe. Il passe au 116ème Régiment d'Infanterie de Vannes le 5 novembre 1912. Classé dans le service armé le 23 octobre 1914, il est affecté comme soldat au 72ème Régiment d'Infanterie Il rejoint Morlaix (caserne Guichen) où stationne un service d'Etat Major du 72e 272e RI et 12e Territorial avant de gagner le front..

Le 28 janvier, il a gagné son unité et est intégré rapidement avec les 600 hommes venus en renforcement. 250 autres étaient arrivés le 24. Le colonel inspecte son régiment dès le 30 et les exercices se multiplient, alternant tirs, manœuvres, déplacements...Le 18 février, le régiment gagne son nouveau cantonnement dans la région de Suippes. Le 19, le chef de corps et ses chefs de bataillons reçoivent les ordres du général; le 21, le régiment gagne Mesnil les Hurlus et relève les unités du 8ème RI qui sont en première ligne. Le secteur attribué au régiment est compris entre les bois jumeaux exclus à l'ouest et au point situé environ à 200 mètres à l'est du "Bois accent circonflexe" la liaison est établit avec le 128e RI à l'ouest et le 51e RI à l'est. Le 3e bataillon auquel appartient Jean Louis Gourtay est placé en seconde ligne aux tranchées du calvaire où se situe le poste de commandement du colonel.

L'attaque est décidée pour 15h par vagues successives et à comme objectif le "Bois Jaune Brulé" .


22 février 1915: en exécution à l'ordre reçu, le 2e bataillon devra sortir des tranchées à 15h à l'instant même où l'artillerie allongera son tir, sauter dans les tranchées allemandes et s'y installer. Le 3e bataillon suivra de près et poussera le plus vigoureusement possible en avant afin de conquérir le plus de terrain possible. Le 1er bataillon qui est à la disposition du Général de brigade doit serrer sur le calvaire et suivre le 3e bataillon, le colonel marchera avec le 3e bataillon. La première tranchée allemande se situe à la lisière du "Bois Jaune Brulé" à une distance d'environ 600 mètres du point de départ de l'offensive.


« A 15h l'attaque a lieu, le 2e bataillon sauf une partie de la 8e Cie que l'ordre n'a pas touché à temps, sort de ses tranchées mais bientôt pris en enfilade par les mitrailleuses ennemies installées dans le "Bois Jaune Brulé". Les différentes compagnies sont arrêtées après s'être avancées sur des distances variables. La 7e Cie sur la droite a gagné près de 300 mètres, la 6e Cie au "Bois Bistre" une trentaine de mètres, la 5e Cie près de 100 mètres et 2 sections de la 8e Cie à gauche sous les ordres du Lt Regnault ont pu progresser de 150 mètres environ... Les pertes pour le bataillon sont sensibles, le Capitaine de Changy est tué, les Capitaines Daniault et Brenet sont blessés ainsi que les Lt et S/Lt Ramade, Roimarnier, De Saxée, Faussillon, Dautel et Regnault. »: il doit se replier après avoir tenu jusqu'à la nuit..


Le 3ème bataillon prend sa place: une attaque est projetée et exécutée à 15h 55 ce 23 février. « A l'heure prescrite, le 3ème bataillon s'élance hors de ses tranchées malgré un feu violent, progresse sensiblement au cours de la soirée, et particulièrement pendant la nuit où la 12ème compagnie parvient à prendre pied dans la partie sud du Bois Brûlé où elle creuse une tranchée dans le réseau de fil de fer ennemi et s'y installe fortement. »

Jean Louis Gourtay (matricule 3516) ne connaîtra pas le résultat de l'attaque: il est tombé, mortellement blessé, ce 23 février 1915. L'acte de décès a été transcrit à Lannédern le 16 décembre 1915. Son frère Laurent Joseph sera tué à l'ennemi le 6 août 1916.


A Mesnil les Hurlus, attaques et contre-attaques vont se succéder, inlassablement, avec une intensité extrême: dans le secteur du général Dumas, celui où se trouve le 72, les attaques ne progressent pas, car elles sont brisées par les mitrailleuses allemandes et des barrages d'artil­lerie lourde. L'infanterie ennemie dispose d'abris à l'épreuve de nos obus. Le 26 février 1915, le 72 est relevé dans des conditions extrêmement difficiles du fait de la proximité de l'ennemi et du manque de boyaux de communication: commencée vers 13h, elle s'effectue par fractions et ne peut être achevée que la nuit. Les 1ere et 6e Cie sont quant à elles dans l'impossibilité de changer de positions.
Les diverses fractions relevées rejoignent Mesnil les Hurlus et s'acheminent vers Somme Tourbe où le régiment fait une grande halte avant de se diriger vers Felecourt et La Chapelle. Près de 900 soldats ont été tués, blessés ou portés disparus...

(à suivre)


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MessageSujet: Jean Louis Normand (1885-1915)   Sam 6 Mar - 15:36

Jean Louis NORMAND, cultivateur du bourg, né le 1er août 1885 à Plonévez du Faou, est fils de Pierre Jean et de Marguerite Kervoëlen, cultivatrice à Brasparts. Initialement classé soutien de famille, il est incorporé au 118ème Régiment d'Infanterie le 9 octobre 1906 pour deux ans.
Marié le 21 avril 1912 à Brasparts avec Marie Marguerite Le Coz, il est père d'un petit garçon, Jean Louis, né en 1913.
Rappelé à l'activité par le décret de mobilisation du 1er août 1914, il participe aux premiers combats du 118 puis est affecté comme soldat au 3ème bataillon du 87ème Régiment d'Infanterie qu'il rejoint le 31 octobre 1914 au soir après avoir été débarqué avec 200 autres hommes de renfort à Sainte Ménéhoulde.
Après avoir combattu dans les tranchées à proximité de Sainte Ménéhoulde, son régiment rejoint Mesnil les Hurlus, près de Suippes, où il est tué à l'ennemi le 4 mars 1915.
Le jugement déclaratif du tribunal de Châteaulin du 5 février 1918 a été transcrit à Brasparts le 11 septembre 1918.


Pour ceux qui le souhaitent, voici le récit des derniers mois de Jean Louis Normand, à partir du Journal de Marche de son Régiment. J'ai volontairement délaissé l'action des autres bataillons pour « cibler » celui de Jean Louis Normand.

Le 3ème bataillon auquel appartient Jean Louis Normand, est commandé par le commandant Humbel, et positionné au nord de Vienne la Ville (8km au nord de Sainte Ménéhoulde) et employé à à la construction d'abris sous bois.



Le 8 novembre, le bataillon subit dans l'après-midi un tir de schrapnels mais les pertes sont minimes (1 lieutenant blessé). La situation dans son secteur est calme, et le bataillon est relevé dans la nuit du 14 au 15 novembre.


Le 18, le régiment reçoit l'ordre d'attaque pour reprendre un mouvement de terrain qui sert d'observatoire à l'ennemi (cote 176): « le trajet à travers bois dans des sentiers glissants cause un allongement de la colonne et un ralentissement de la marche tels que les bataillons ne sont à leurs emplacements fixés qu'à 13h45 au lieu de 12h30 ».
Le 3ème bataillon prend position dans les tranchées du 128; la préparation d'artillerie commence alors mais est jugée insuffisante par le commandant du régiment qui n'envoie que « quelques patrouilles en avant du front, au total une quarantaine d'hommes ». Un feu de mitrailleuses les oblige à se replier. « La préparation par l'artillerie est recommencée. A 16 h, deux compagnies du bataillon marchent à l'attaque des tranchées allemandes tandis que les deux autres occupent les tranchées de 1ère ligne. »

Mais la violence des feux ennemis est telle que la progression est rapidement stoppée. « A 17h30, les commandants de compagnie rendent compte que le mouvement en avant est toujours impossible. Certaines patrouilles poussent toutefois jusqu'au réseau de fil de fer de la défense. L'emploi de nombreuses fusées lumineuses gêne considérablement notre mouvement. Le feu ennemi redouble d'intensité chaque fois qu'une fraction en mouvement est aperçue. » L'ordre de repli est donné à 18h30 par le général commandant la brigade. 2 officiers ont été tués, deux autres blessés; la troupe compte 10 tués, 79 blessés et 22 disparus.

Le 20 novembre, c'est l'ensemble du régiment qui occupe les premières lignes puis les relèves vont s'effectuer lentement jusqu'au 26 novembre. Le 1er décembre, nouvel ordre de mouvement: le 87 gagne le bois de la Gruerie et relève le 72 sur ses positions, une ligne de tranchées s'étendant du versant ouest du Ravin de la Fontaine aux Charmes aux pentes sud du ravin de la vallée Moreau, encadré par le 91 et le 51.
« Les tranchées sont en mauvais état et dépourvues de défenses accessoires... »; les positions ennemies sont situées entre 50 et 150m des françaises. » Les Allemands mieux préparés que les Français, à la guerre statique, disposaient d’un armement  approprié : obusiers, lances grenades, minenwerfers dont ils firent un large usage pour démolir tous les ouvrages, tranchées, abris, casemates …. Autant dire que les bois dont celui de la Gruerie, furent déchiquetés et toutes les constructions de la forêt, pouvant servir d’abris, furent systématiquement  démolies.


Une attaque allemande déclenchée dès 8 heures oblige le 51 et une compagnie du 87 à décrocher: trois sections du 3ème bataillon « entrent en ligne, ..., exécutent plusieurs charges à la baïonnette » et permettent de se maintenir sur une position intermédiaire entre 1ère et 2ème ligne tout en assurant les liaisons entre elles... ». A 16h, nouvelle attaque, repoussée une nouvelle fois. Le bilan est lourd: 20 tués (dont 1 lieutenant), 61 blessés (dont 1 sous-lieutenant), 203 disparus (dont 2 sous-lieutenants).

Le 2 décembre, nouvelle attaque, nouvelles pertes: 16 tués, 66 blessés, 88 disparus. Ces attaques vont se succéder les jours suivants, jusqu'à la relève, dans la nuit du 7 au 8 décembre. Le régiment y perdra 22 tués, 73 blessés, 17 disparus...
Du 14 au 19 décembre les bataillons reprennent les positions sur lesquelles ils avaient été relevés. A peine relevés, ils rejoignent les tranchées dès le 20. Ce n'est que le 29 que le bataillon de Jean Louis Normand gagnera un cantonnement de repos à La Neuville au Pont (5km ouest de Sainte Ménéhoulde) et recevra un renforcement en hommes.

Le 5 janvier, le bataillon remonte en première ligne: il sera relevé le 13. Le 14, ses trois compagnies « gagnent en automobile leur cantonnement de Laheycourt. Puis celui de Nettancourt (15 km de Bar-le Duc). Le 27, le général Joffre passe en revue « les unités dispersées à proximité des cantonnements et de la route suivie par le général. » Le 87ème va ensuite commencer le mouvement qui va lui permettre de gagner ses nouvelles positions et se retrouve dans la région de Somme Suippe.



Le 24 février 1915, le 87 reçoit l'ordre de rejoindre Mesnil les Hurlus (10 km nord-est de Suippes, 30 km nord-est de Châlons) où tant d'unités se sont cassées les dents sur les défenses allemandes. Une première attaque du 1er bataillon dans la direction du bois jaune brûlé permet de gagner un peu de terrain malgré des pertes sérieuses dues à la violence des feux de mitrailleuses. 17 hommes et 1 officier sont tués, le lieutenant Renaux grièvement blessé, ainsi que 49 soldats.
A 14 heures, les 9ème et 12ème compagnies, jusque là en réserve, reçoivent l'ordre de se porter dans les deux boyaux ouest du secteur avec mission de remplacer le 1er bataillon dès qu'il sera parti à l'attaque. Ces deux compagnies dont la marche est considérablement ralentie par l'encombrement des boyaux, n'ont pas à intervenir. Les 10ème et 11ème Cies restent dans les tranchées à l'ouest et à l'est du calvaire à la disposition du général commandant la 5ème Brigade.
Dans la nuit les 1er et 3ème Bataillons relèvent le 72 dans les tranchées de 1ère ligne... Jean Louis Normand prend ainsi, sans le savoir, la relève de Jean Louis Gourtay.

Le 26 ces deux bataillons reçoivent l'ordre d'attaquer de nouveau le bois jaune brûlé... mais « à peine sorties de leurs tranchées sont soumis à un feu violent d'infanterie et de mitrailleuses et ne peuvent progresser... Dans le 3ème Bataillon, à 15h, les 10ème et 12ème compagnies se portent en avant sous un feu intense: seul un peloton de la 12 parvient à gagner 30 mètres et creuse des trous de tirailleurs, mais il subit des pertes très sensibles presque tous les cadres sont mis hors de combat et vers 18h ce peloton doit regagner ses tranchées de départ. » Pour la journée, les pertes de ces deux bataillons s'élèvent à 1 lieutenant et 49 hommes tués, 5 officiers et 182 hommes blessés, 1 capitaine et 20 hommes disparus...
Le 2ème Bataillon s'est lancé à l'attaque avec mission de s'emparer de la cote 196 mais ne gagne lui aussi que peu de terrain: « Par suite des circonstances (feux violents et mort des commandants des 6ème et 8ème compagnies), seules 2 compagnies (les 7ème et 5ème) parviennent à progresser, s'empare des tranchées allemandes et d'une 2ème ligne à 80m au nord de la précédente sur une étendue de 150m. » Le Bataillon perd 4 officiers tués (dont le chef du bataillon), 3 officiers blessés et 223 hommes hors de combat.

Le 27 février, au matin, les 1er et 3ème bataillons repartent à l'assaut du bois jaune brûlé, gagnent une trentaine de mètres mais perdent chacun une cinquantaine d'hommes. Ils repartent à l'attaque le lendemain, parviennent à s'emparer de 150 m de tranchées allemandes, à faire 25 prisonniers, mais sont repoussés par des contre-attaques très violentes. Dans la nuit, les soldats parviennent à relier entre eux les différentes tranchées conquises et au matin du 28 février, le 3ème bataillon tient une tranchée de 150 m de long, à 40m en avant des tranchées de départ. Des tranchées sont alors creusées pour relier ces deux lignes. « La destruction des réseaux de fil de fer à la cisaille est rendue excessivement difficile à cause des feux violents des postes avancés ennemis qui semblent établis dans des tranchées enterrées au milieu de ces réseaux. » La journée a coûté au bataillon 1 capitaine et 18 hommes tués, 2 officiers et 52 hommes blessés, 89 disparus.

Le 1er mars, les 1er et 3ème bataillons, chargés d'appuyer une attaque d'un autre régiment qui ne vient pas, « restent dans leurs tranchées en attendant une occasion favorable pour progresser. ». Cette journée leur coûte respectivement 6 et 25 blessés. Le 1er bataillon est alors ramené dans les tranchées de 3ème ligne pour appuyer la nouvelle offensive qui se prépare. Le 3ème bataillon, installé au ravin des cuisines toute la journée du 2 mars est soumis à un violent bombardement et perd 9 tués et 9 blessés.

Le lendemain, il est chargé de reprendre une tranchée tombée au cours de la nuit: il y parvient avec ses 11ème et 12ème compagnies au prix de 9 nouveaux tués et de 14 blessés.Le 4 mars au matin, ces deux compagnies cherchent à compléter leur action de la veille, mais « elles subissent une violente contre-attaque et doivent se replier ». Elles relancent l'assaut à 14h, appuyées par une compagnie du 18ème Chasseurs, s'emparent à nouveau des ¾ de la tranchée, « y établissent un solide barrage pour se garer du tir d'enfilade d'une mitrailleuse. Jusqu'à la nuit les allemands renouvellent leurs contre-attaques qui toutes sont repoussées à coup de pétards et de bombes. ». Le bataillon perd ce jour-là 2 lieutenants (Violand et Mougin), 5 hommes tués (dont Jean Louis Normand) et 53 blessés.


Au cours de ces journées, le 87 a fini par prendre la cote 196 au prix de 190 tués (dont 11 officiers), 600 blessés, 400 disparus. Les 2/3 des sous-officiers ont été mis hors de combat.
Le régiment sera relevé le 7 mars par le 128ème RI, à 5h du matin et rejoint son cantonnement de la Somme-Tourbe où il reçoit un détachement de renforts de 2 officiers et 198 hommes...




(à suivre)


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MessageSujet: Jean Yves Golias (1886-1915)   Mar 9 Mar - 17:55

Jean Yves GOLIAS, cultivateur à Loqueffret, né à La Forêt en Brasparts le 19 avril 1886, est fils de Yves Barnabé et de Jeanne Françoise Lamare. Incorporé au 64ème Régiment d'Infanterie le 7 octobre 1907, il est versé dans la réserve le 25 septembre 1909.

Il est affecté à la mobilisation au 248ème Régiment d'Infanterie, régiment de réserve stationné à Guingamp, lequel gagne le front en train à partir du 9 août 1914 et débarque à Rethel (11 août).

Le régiment reçoit alors une ligne de défense sur la Meuse avec mission de conserver les ponts sur le fleuve. Les premières tranchées sont creusées et le régiment sera relevé le 19 août. Il reçoit son baptême du feu à Mogimont (22-23 août) avant d'être repositionné à Donchery-sur-Meuse. Après un échange de tirs avec une patrouille de uhlans, le 248 reçoit l'ordre de ses replier, franchit rapidement la Meuse et se dirige vers Villers-sur-Brar (25 août), avant de prendre position au nord du bois de Saint Aignan (26 août). « Le contact fut presque immédiat. Le combat dura jusqu'à la tombée de la nuit, moment où le 248 reçut l'ordre de ses replier vers Omicourt, où il arriva vers 21 heures. » Ce premier combat lui coûte 1 officier tué, 5 autres blessés. Dans la nuit, vers 2h30, le régiment « quitte Omicourt, formant l'arrière-garde de la division et emmenant avec lui par des moyens de fortune tous les blessés laissés par les divers régiments... » A 4h30, « en arrivant à 300m au nord de Malmy, le régiment fait halte dans un champ au bord de la route. Il y reçoit l'ordre d'offensive générale et reprend vers 9h sa marche vers Omicourt » où il va s'installer en réserve d'armée. Le 28 août, il se replie vers Chevenge; le 29 il « quitte le bivouac de la Marfée, traverse Chevenge, Saint Aignan, le bois de la Quene, passe Sapogne, Villiers le Tilleul, Jonval par une chaleur étouffante et arrive à Tourteron vers 18h30...
Le lendemain, à 5h30, le régiment est rassemblé au point indiqué (sortie nord-est de Tourteron). Vers 6h30 arrive l'ordre de se porter vers Guincourt et d'occcuper les hauteurs de manière à couvrir Tourteron et permettre la retraite du XIième Corps... »

Je n'ai pas retrouvé l'unité de Jean Yves Golias et je ne peux donc que reporter l'organisation du régiment sur le terrain: « Le 6ème Bon prend position au nord-est de Tourteron, la 21ème Cie à cheval sur la crête, la 22 à sa gauche face au nord, les 23 et 24 en réserve sur les pentes au nord du village des Perchets. Le 5ème Bon à l'ouest de la route Tourteron-Guincourt ».


« Le combat s'engage aussitôt et violent. Vers 11h, le colonel Poirrier est blessé à la cuisse par un éclat d'obus, remonte à cheval, refusant d'être évacué... Vers 12h, le régiment bat en retraite sous une pluie d'obus dans la direction d'Attigny. Dans ce mouvement, l'artillerie ennemie lance une telle quantité d'obus que la traversée de Tourteron est particulièrement difficile, que la retraite du XIième Corps s'effectue un peu en désordre, les unités se mélangeant au hasard des croisements de route. Le 248 mêlé au flot des derniers éléments se désagrège... ». Ce n'est que le 2 septembre que le 248 parviendra à regrouper ses éléments...


Jean Louis Golias est lui porté disparu le 30 août 1914 au combat de Tourteron. Fait prisonnier, il est emprisonné au camp de Kleinwittenberg , camp principal pour hommes de troupe, composé de baraques, entouré de plusieurs ceintures de fil de fer barbelé, occupé par des soldats Français, Belges, Anglais et Russes, uniquement des hommes, situé dans la province de Saxe, sur l'Elbe, au Sud de Schwerin.


Ce camp est traité de "dépôt-type par les délégués du Gouvernement Espagnol, et "camp modèle" par les Allemands.
En fait, "Le camp de Wittenberg a une sinistre réputation. Il fut aux premiers temps de la captivité un des plus mauvais camps d' Allemagne... Le général avait ordonné qu' un signal, dit d' alerte, tous les prisonniers devaient aussitôt rentrer dans leur baraque et les sentinelles tirer sur les retardataires. Plusieurs fois le signal d' alerte fut donné sans motif sérieux d' ailleurs et , avant qu' un temps convenable eût été laissé aux promeneurs pour rentrer dans leur baraque, les sentinelles abattirent plusieurs d' entre eux. C 'était le régime de la terreur. A la suite de ces faits , le général fut déplacé ". (« Entre les fils de fer: carnet d 'un prisonnier de guerre »).


Une épidémie de typhus exanthématique y sévit de janvier à mai 1915, y faisant de très nombreuses victimes, dont Jean Yves Golias (Matricule 318) qui décède le 10 mars 1915
L'acte de décès a été transcrit à Loqueffret le 29 janvier 1922.

Source complémentaire:
« Prisonniers de guerre » de Jean Pierre Laurens, 1918, recueil de dessins et brève présentation du camp de Wittenberg, ouvrage dédié « à la mémoire des compagnons morts entre les mains ennemies »


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MessageSujet: Yves Le Page (1879-1915)   Sam 13 Mar - 8:32

Yves LE PAGE, né le 22 avril 1879 au Cloître Pleyben, fils de Corentin et de Marie Anne Pichon, est cultivateur domicilié au bourg de Brasparts. Classé soutien de famille, il ne fera qu'une année de service au 124ème Régiment d'Infanterie du 14 novembre 1900 au 22 septembre 1901.
Il demeure ensuite successivement à Pleyben (Grand Pont, 1910), Le Mans (1911), Versailles (1913), puis Brasparts.
Il est mobilisé le 3 août 1914, comme soldat au 86ème Régiment d'Infanterie Territoriale de Quimper; fort de 4 bataillons, le régiment est initialement chargé de la défense de Brest jusqu'au 24 août; Yves Le Page connait alors une vie monotone, routinière, sans grand intérêt...
C'est là la mission particulière des “pépères”, nés entre 1873 et 1879, et versés dans l'armée territoriale: assurer des missions de garde dans les villes, les forts, les gares, les ponts, mais aussi des travaux de terrassement, de fortification, de défense (creusement de tranchées, mise en place de défenses accessoires, ...) ...




Le régiment est ensuite affecté à la défense du camp retranché de Paris du 25 août jusqu'au 16 septembre. A son arrivée, l'état-major et 1 bataillon sont stationnés à Souran, 2 bataillons à Aulnay-sous-Bois et 1 bataillon à Villepinte. Le 86 est chargé avec les 85ème et 87ème territoriaux de la défense est de Paris.
La situation devient sérieuse le 1er septembre: l'ordre général n°1 précise que le “camp retranché doit former le point d'appui de gauche des forces françaises qui se replient vers le sud”. Le 86 est rattaché provisoirement à la 85ème DIT.
Le 3 septembre, un nouvel ordre confirme: “Chacun devra être à son poste de commandement ou de combat et toutes les dispositions de combat prises. Les troupes combattantes ne fourniront plus de travailleurs.”
Le 4 septembre, le général Joffre écrit au général Galliéni qu'il “n'a pas l'intention d'employer les divisions territoriales de la défense du camp retranché aux opérations des armées en campagne.” La victoire de la Marne va éloigner le danger de Paris.


Le régiment, utilisé initialement pour renforcer les défenses de sa zone, est mis à la disposition de la Vème Armée qui vient de lancer une offensive depuis Reims vers le Chemin des Dames. La situation devient critique lorsque les allemands contre-attaquent. Le général Franchet d'Esperay rend compte au GQG qu'il “ne peut progresser en face des travaux ennemis et d'une artillerie qui ne peut être contrebattue.” Le 19, il donne l'ordre “de durer et tenir, notamment au nord de l'Aisne, en vue de reprendre ultérieurement l'offensive.”
Le 86 va rester en réserve à Provins jusqu'au 7 octobre, puis recevoir des missions en Champagne et participer au “ratissage” derrière la Vème Armée: récupération du matériel abandonné sur le champ de bataille, escorte et garde des prisonniers, ramassage, identification et ensevelissement des corps des tués... Yves Le Page va donc participer à cette mission et contracter une bronchite aigüe. Evacué vers l'hôpital n°4 d'Epernay, il y décède le 13 mars 1915.


Cet hôpital était installé dans l'école communale de filles, rue E. Mercier et disposait de 110 lits; deux annexes le complétait: l'une, “Bayard”, était une maison particulière, 2 rue du Commerce, forte de 40 lits, et l'autre était le pensionnat des Soeurs Dominicaines, Notre-Dame, rue du Donjon, fort de 160 lits .

Yves Le Page (Matricule 3209) est inhumé dans la nécropole nationale “La ferme de Suippes”, dans une tombe individuelle n°1620 (carré 39/45). L'acte de décès a été transcrit à Pleyben le 10 mai 1915. Yves Le Page est inscrit sur les monuments aux morts de Pleyben et de Brasparts.

Les régiments territoriaux vont se trouver progressivement englobés dans l'action et intégrés peu à peu dans l'armée active. Les plus jeunes des “pèpères” seront versés dans les régiments d'active et de réserve et finalement les régiments territoriaux seront engagés en première ligne, où ils se comporteront brillamment, avant d'être officiellement dissous le 1er août 1918.


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MessageSujet: Joseph Le Bihan (1891-1915)   Jeu 18 Mar - 7:45

Joseph Pierre Marie LE BIHAN, terrassier, est né le 19 décembre 1891 au bourg de Brasparts, fils de Jean François et de Marie Jeanne Breut.
Initialement classé dans le service auxiliaire, il se révèle un soldat au caractère difficile; il est alors affecté au 6ème puis au 2ème Régiment d'Infanterie Coloniale.

Mobilisé le 2 août 1914 au 2ème RIC, il est de tous les combats de ce régiment:. Il fait partie des groupes qui réussissent à franchir les lignes allemandes après la bataille de Rossignol (22 août) et à se regrouper à Gérouville (23 août) avant de prendre part à tous les replis successifs jusqu'à la Marne. Le 16 septembre, il échappe au piège de Ville-sur-Tourbe où une nouvelle fois le régiment connait des pertes très lourdes et doit être reconstitué à deux bataillons.

Le 26 septembre, le régiment est engagé dans la bataille de Minaucourt avant d'être placé en réserve d'armée. Le 14 octobre, il relève le 4ème Régiment d'Infanterie Coloniale sur les positions qu'il occupe en face des Allemands à Virginy-Massiges. La nuit suivante, appuyé par l'artillerie de campagne, il repousse une violente attaque qui se brise sur une fusillade nourrie et les réseaux de barbelés installés au cours de la journée par nos soldats.


Se succèdent ensuite les périodes de première ligne et de mise au repos: du 3 au 9 novembre, le régiment est soumis en première ligne à un feu continu: “les hommes sont complètement privés de sommeil et mal nourris, leur fatigue est extrême... harcelés par le tir ennemi, épuisés par la fatigue, les soldats ont fait tous leurs efforts pour améliorer la situation en faisant de nombreux travaux d'aménagement”; du 14 au 21 novembre, il est engagé au “Four de Paris” et parvient à reprendre un élément de tranchée pris par l'ennemi lors de la relève: “les officiers et les hommes tombent de fatigue”; il s'illustre de nouveau dans les combats du bois de la Gruerie et les bataillons coloniaux reçoivent les félicitations du général Cordonnier pour avoir “apporté à la 3ème DI l'aide la plus efficace, du 21 novembre au 26 décembre 1914 , et servi d'exemple par leur tenue au feu, leur activité intelligente, leur mépris des fatigues et leur mordant”.


Le régiment passe ensuite en réserve du 2ème Corps d'Armée à Chaudefontaine. Il est engagé régulièrement en première ligne, et toujours sur la voie romaine appelée “l'épine dorsale de l'Argonne” qui traverse les bois de La Chalade, Bolante et La Gruerie... “Les crêtes, séparées par des ravins très encaissés”, rapporte un témoin, “ne sont abordables que par des sentiers forestiers; les arbres sont si rapprochés, les fourrés si touffus que, la plupart du temps, on ne voit pas à cinquante pas devant soi... Aujourd'hui, ces bois sont dévastés, hachés... C'est pourtant là, sur un front presque immuable, allant de Vienne-le-Château à Boureuille et Vauquois, que vivent et se battent sans relâche, depuis un an, beaucoup plus de 100.000 hommes. Véritable guerre d'embuscade où les partis adverses ayant, le plus souvent, leurs tranchées respectives à quelques mètres les unes des autres, se lancent réciproquement grenades, torpilles, mines, obus, ... voire des injures à la façon des héros d'Homère...” (extrait de L'Illustration du 4 septembre 1915)

C'est aux Trois Ravins, dans le bois est de La Chalade, sur la Biesme à 9km de Ste Ménéhoulde, que Joseph Pierre Marie Le Bihan (Matricule 3560) est tué à l'ennemi le 18 mars 1915..
Son acte de décès a été transcrit à Brasparts le 1er avril 1916.
Il est le frère de Corentin, “Mort pour la France” la même année.

Pendant ce temps, à Brasparts, se déroulait le Pardon de Saint Michel; nous étions le 25 mars 1915...



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MessageSujet: Yves Riou (1865-1915)   Mer 7 Avr - 16:13

Yves RIOU, né le 23 avril 1865 à Kerabras, est fils de Yves Jean et de Marie Catherine Le Bihan. Engagé dans les équipages de la Flotte, Yves Riou se marie le 4 mai 1896 à Brasparts avec Marie Anne Mével dont il eut trois enfants: Marie Catherine (1899), Alexandre Yves Marie (1901), Anne Marie (1904-1907). Son épouse décèdera le 28 avril 1908.

Marin à bord de la «Foudre », il effectue plusieurs campagnes dans l'escadre de la Méditerranée, (septembre 1896), participe au transport de troupes en Crète (septembre 1898). La « Foudre » est ensuite ramenée à Toulon et reconverti en transport de torpilleurs et navire atelier.


Après une mise en réserve (1902-1903), la « Foudre » transporte les sous-marins Protée et Esturgeon de Cherbourg à Saïgon (mars-mai 1904), puis participe à l'escorte de 6 torpilleurs de Toulon à Saïgon (août-octobre 1905).


Yves Riou est nommé second maître mécanicien de la Marine et poursuit sa carrière à bord du croiseur contre-torpilleur Foudre qui est reconverti successivement en transport d'aviation (1911), en porte-avions (1913-1914), avant de devenir bâtiment-base et ateliers des chalutiers armés aux Dardanelles (décembre 1914).


Je n'ai pas retrouvé les raisons de la présence à Brasparts de Yves Riou à son décès le 8 avril 1915: maladie? permission suite à une maladie contractée en service? Quoiqu'il en soit, Yves Riou ne rejoindra pas ses camarades repartis aux Dardanelles et qui participeront à l'embarquement de milliers d'Arméniens en septembre 1915...

(photos empruntées au forum de la Grande Guerre)

Yves Riou n'est pas répertorié dans les « morts pour la France » mais il est possible que sa famille n'en ait pas fait la demande (seule sa mère lui a survécu et est décédée en 1922).
J'ignore également ce que sont devenus ses enfants ...

Le nom de Yves Riou figure néanmoins sur notre Monument aux Morts, ce qui est pour moi l'occasion de rappeler que l'inscription sur les Monuments aux Morts n'a pas de rapport obligé avec l'attribution officielle du titre de "Mort pour la France", cette inscription dépendant des Municipalités en exercice à l'époque, qui en décidaient librement.

En 2006, le ministre délégué aux anciens combattants précisait que « la loi du 25 octobre 1919, relative à la commémoration et à la glorification des morts pour la France au cours de la Grande Guerre et qui prévoyait, outre la tenue d'un livre d'or portant les noms des morts pour la France et nés ou résidant dans la commune, la construction d'un monument national à Paris, ...., a invité les communes, aidées dans ce cas par l'Etat, à prendre toutes les mesures de nature à « glorifier les héros morts pour la patrie ». Les monuments élevés par la suite se sont substitués de façon plus apparente aux livres d'or, dans le respect de la volonté du législateur de glorifier ceux qui ont sacrifié leur vie pour la nation. »

.


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MessageSujet: François Auffret (1881-1915)   Sam 10 Avr - 6:56

Saint-Rivoal fit longtemps partie de la commune de Brasparts et les liens furent toujours étroits entre elles. Aussi me paraissait-il normal de faire également souvenir de ses habitants. Je les ai donc intégré dans ce mémorial...

François AUFFRET, cultivateur puis marin, né le 5 décembre 1881 à Botmeur, est fils de Henry et de Marie Jeanne Le Roy, cultivateurs à Saint-Rivoal.

Engagé volontaire pour 5 ans le 23 octobre 1901 pour les Equipages de la Flotte. Apprenti marin, puis successivement matelot de 2ème classe (1er décembre 1902), de 1ère classe et fusilier breveté (1 octobre 1904), il rengage pour 3 ans le 1er septembre 1906 puis de nouveau pour 3 ans le 23 octobre 1909. Il est nommé Quartier maître le 1er janvier 1908 puis passe 2ème maître fusilier au 2ème Régiment de Fusiliers Marins.

Le 7 août 1914, la Marine, qui dispose de fusiliers marins inemployés sur ses bâtiments, décide de créer une brigade forte de 6 000 hommes organisée en deux régiments, l'ensemble étant commandé par l'amiral Ronarc'h. La première mission de cette unité est la défense du camp retranché de Paris. L'extrême jeunesse des fusiliers marins leur vaut le surnom de “demoiselles au pompons rouges”. Après la bataille de la Marne, Paris étant hors de danger, la brigade est engagée au profit de l'armée belge (octobre 1914): transportée en train dans les Flandres, les “demoiselles” s'illustrent à Melle (9-11 octobre) puis se replient vers Dixmude, poursuivis par 30 000 Allemands.

Le général Foch, persuadé de ne pouvoir contenir la percée allemande, écrit à l'amiral Ronarc'h: “ la tactique ne comporte pas d'idée de manoeuvre, mais simplement et au plus haut point, l'idée de résister là où vous êtes. .. Vous ne devez songer à évacuer la position que sur un ordre formel de vos supérieurs ou à la suite de l'enlèvement de toute la position par l'ennemi...” ce que l'amiral Ronarc'h traduit par “le rôle que vous avez à remplir est de sauver notre aile gauche jusqu'à l'arrivée des renforts. Sacrifiez-vous. Tenez au moins quatre jours.”
Les fusiliers marins, les 2 000 tirailleurs sénégalais et les 5 000 belges, défenseurs de Dixmude, vont tenir trois semaines au prix de pertes énormes (50% de tués ou hors de combat, 75% pour les tirailleurs...), mais l'offensive allemande est brisée...


Le 11 janvier 1915, près de Dunkerque, François Auffret est présent à la cérémonie de remise du Drapeau par le président Poincaré.


Fin janvier 1915, la Brigade s'installe dans le secteur de Nieuport. François Auffret fait partie de la compagnie de mitrailleuses commandée par le lieutenant de vaisseau Cayrol.
“Dans ce terrain plat gorgé d'eau, coupé de rivières et de canaux, on ne pouvait creuser le sol qu'en de rares endroits. Les lignes de défense, à peine ébauchées encore, consistaient en remparts de sacs à terre impossibles à dissimuler.Le front se stabilisait, après les furieux coups de butoir de l'automne...
Les marins s'y sentirent vite à l'aise. Il s'agissait de s'organiser sur place et de tenir. La monotonie n'était d'ailleurs pas à craindre. Dans ce secteur agité, peu de journées se passaient sans pertes.
Les sections de mitrailleuses étaient réparties sur l'ensemble du front...”
Le lieutenant de vaisseau Cayrol est un chef hors pair, estimé de tous, qui connaissait “les particularités de chaque poste aussi bien que les occupants eux-mêmes... La confiance de ses marins le soutenait.” (témoignage du commandant de Carsalade du Pont)


François Auffret fut tué sur le champ de bataille de Nieuport, à Lombartzycke près de Coxyde (Belgique) le 10 avril 1915. quelques jours avant le début de la seconde bataille d'Ypres, où une nouvelle fois, les “demoiselles”allaient se couvrir de gloire.

L'acte de décès a été transcrit à Brasparts le 17 mai 1915 . François Auffret (Matricule 6443 Brest). est inscrit au Monument aux Morts de Saint-Rivoal.

François Auffret est inhumé dans la nécropole nationale “Notre-Dame-de-Lorette”, commune de Ablain-Saint-Nazaire (Pas-de-Calais), tombe individuelle 7669, carré 39, rang 2. François Auffret avait été initialement enterré près des tranchées de Lombartzycke où il était tombé, puis dans l'église de Coxyde. Son nom est inscrit sur une des plaques commémoratives dans la crypte de l'église de Nieupoort-village.


La Brigade sera dissoute en novembre 1915 à la demande de la Marine qui a besoin de ses hommes pour la lutte contre les sous-marins allemands. A cette date, elle aura perdu l'équivalent de son effectif initial, près de 6 000, presque essentiellement bretons.

En 1915, Albert Menguy, fusilier-marin du 2ème bataillon, écrivit à Théodore Botrel: "Faites-nous une marche en l'honneur des fusiliers-marins; elle nous manque et nul plus que vous n'est qualifié pour chanter les exploits de Jean Gouin. Car c'est là notre surnom préféré. En patrouille, pour nous faire reconnaître, au cri de "Qui vive?", on répond "Jean Gouin!"; avant de charger, nos officiers, eux-mêmes, ne nous disent-ils pas: "Allons-y les Jean Gouin"?
Théodore Botrel accèda à la demande. Voic cette marche, extraite des "Chansons de route", publiés par Payot en septembre 1915.







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MessageSujet: Jean Paul Omnès (1893-1915)   Mar 27 Avr - 6:41


Jean Paul Laurent Marie OMNES, marin, né le 9 août 1893 à Kersébéliet, est fils de Pierre Marie et de Marie Catherine Gourlay, cultivateurs à Porsclos. Incorporé le 27 novembre 1913, il rejoint les Équipages de la Flotte. Après deux périodes de formation, il est embarqué le 15 février 1914 comme fusilier sur le « Léon Gambetta », un croiseur-cuirassé de 12 400 t, 22 n, lancé en 1901, armé de 4 canons de 194 mm, 16 de 164 mm et 22 de 47 mm..


Le Gambetta faisait partie d'une flotte de quatre croiseurs, leVictor Hugo, le Jules Ferry, le Waldeck Rousseau et le Léon Gambetta, chargée de patrouiller à l'entrée de l'Adriatique pour conserver aux Alliés la liberté de manœuvre en Méditerranée. Leur ligne de surveillance courait de Cap Dukato (Iles Ioniennes) à Santa Maria di Leuca, située à l'extrémité du talon de la péninsule italienne. Le Gambetta, était le plus près des côtes italiennes.

Cette mission de patrouille, située loin de son port d'attache, Malte, prêté par les Anglais, est une mission particulièrement pénible. Le romancier Paul Chack, membre du cuirassé-amiral Courbet, qui a vécu tout le blocus embarqué, donne son sentiment: “J'ai gardé le souvenir d'un ennui écrasant et d'une énervante lassitude. Nous attendions quelque chose qui jamais ne venait, qui jamais ne viendrait... Nous avions tous le sentiment de tourner une lourde meule pour moudre du vent.”

Imaginons nos marins participant au blocus depuis septembre 1914 ... Le rythme imposé est de patrouiller 7 à 8 semaines de rang puis de relâcher une dizaine de jours à Malte avant de reprendre la mer. Les réparations nécessaires sont parfois négligées si elles doivent trop durer... Quant à l'ennemi, il est par trop invisible: les sous-marins autrichiens, souvent de mauvaise qualité, restent dissimulés dans les flots, guettant leur proie...Quant à la flotte autrichienne, elle ne bouge pas de ses bases...

Pourtant, la mission est d'importance: permettre l'accès à la Méditerranée à la flotte autrichienne, bloquée dans son port, l'autoriserait à les prendre à revers les Alliés alors à l'offensive dans les Dardanelles. Alors, les marins veillent...Croiseurs et torpilleurs d’escadre assurent un strict blocus des ports autrichiens. Tâche surhumaine avec les opérations de patrouilles incessantes et les terribles corvées de charbonnage en pleine mer, à la merci de la première torpille.


Au début de mars, un plan de blocus est établi, précisant les points de ravitaillement et de rendez-vous pour la division d’Adriatique, ainsi que des routes de patrouille. Aux longs parcours nord-sud qui coûtent du charbon ,on substitue des routes en latitude à l’ouvert du canal d’Otrante. L’opération des Dardanelles a échoué et l’on prévoit qu’au lieu du rapide dénouement de la situation en Méditerranée, la guerre va être longue. Plus que jamais il faut aider l’armée serbe. Le canal d’Otrante grouille de sous-marins ennemis. Un entrefilet significatif d’un journal de mars 1915 nous apprend que « des difficultés s’élèvent pour le ravitaillement du Montenegro et de la Serbie par l’Adriatique. Les équipages des vapeurs refusent d’appareiller, par crainte des sous-marins, ou soudoyés par l’ennemi dont le service d’espionnage est des plus actifs ». Une ligne de croisière est établie entre le talon de la botte italienne (le cap Santa Maria di Leuca) et l’ile sainte-Maure à l’entrée nord du golfe de Patras. Quatre bâtiments font chacun un quart du trajet : Victor-Hugo, Jules-Ferry, Waldeck-Rousseau, Léon-Gambetta .

Le Gambetta, commandé par le capitaine de vaisseau André, avec à son bord le contre-amiral Sénès, commandant de la 2e division légère de l'Armée navale, poursuit inlassablement sa mission, veillant à ne pas trop consommer de charbon, réduisant sa vitesse, oubliant la nuit le danger sous-marin... et exécutant fidèlement l'ordre de patrouiller sur le même itinéraire...
C’est sur son secteur de surveillance de 25 miles que le Gambetta est torpillé dans la nuit du 27 avril 1915 à 0 h 20, par l’U. 5, Commandant von Trapp à 14 miles du Cap Santa Maria di Leuca . La relève vient d'être effectuée tant parmi les marins que les officiers. Personne à bord ne se doute du piège qui est en place...


Un U5, sous-marin de type Holland, commandé par le lieutenant Georg Ritter von Trapp, était parti de Cattaro le 24 avril. L’équipage était composé du commandant, d'un deuxième officier et de 14 sous-officiers et marins. Il n'était pas équipé de radio, sa mission était de longer les côtes du Monténégro et de l'Albanie, à la recherche de navires à couler. Sa route a déjà croisé la route d'autres navires français, mais pour diverses raisons -qualité des bâtiments (torpilleurs) jugés trop dangereux, ou problèmes techniques- son capitaine a choisi l'attente.... jusqu'à cette nuit d'avril...
Le bâtiment prend rapidement de la bande. Dans les entrailles du navire, c'est l'horreur et peu de marins au repos parviendront à s'en extraire...Paul Chack a décrit ces minutes fatales dans son livre “Patrouilles tragiques dans la nuit.” Les marins et leurs officiers, conscients du drame, crient “Vive la France” par trois fois avant de suivre l'ordre de leur chef qui leur demande d'abandonner le croiseur. Le capitaine d'armes entonne le chant des Girondins, “Mourir pour la Patrie ...”.


Un seul canot peut être mis à l’eau. Il est prévu pour 58 hommes, mais 108 marins parviennent à y prendre place, et comme le temps est beau, ils font route aussitôt vers la côte italienne. Il est 2 h. Le canot atteindra miraculeusement le village de Santa Maria vers 8h du matin. L’alerte aussitôt donnée, de Tarente et de Brindisi, des torpilleurs se portent sur les lieux du drame. Des 500 hommes qui se trouvaient à l’eau à minuit, ils ne retrouvent que 29 survivants épuisés.

108 survivants gagnèrent la côte dans un canot, 29 survivants furent repêchés sur les lieux du naufrage par la marine italienne. On ne retrouve aucun officier . Le Capitaine de Vaisseau André, commandant le Léon-Gambetta et l’Amiral Senes sont parmi les 684 morts ainsi que que 143 finistériens parmi lesquels:
le maître torpilleur  Jean Louis  MARTIN, 1874, de Brennilis
le second maître torpilleur  Pierre Jean  PERSON , 1884, de Pleyben
le quartier maître électricien  Marcel Jean Yves  CEVAËR, 1893, de Lopérec
le matelot de 1re classe breveté infirmier  Yves  LE MOAL,1889, de Pleyben
le matelot de 3e classe  Jean Paul Laurent  OMNES, 1893, de Brasparts

Le Léon Gambetta ne possédait pas de gilets de sauvetage, lesquels ne seront adoptés par la Marine que plus tard, au moment de la guerre sous-marine à outrance...

Le jugement déclaratif a été transcrit à Brasparts le 28 juin 1916.

Note: beaucoup de Braspartiates connaissent le capitaine von Trapp, sans le savoir ... Qui ne souvient du film « La mélodie du bonheur », de Robert Wise? Christopher Plummer tient le rôle du capitaine...



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MessageSujet: François Breut (1884-1915)   Mer 5 Mai - 19:00

François BREUT, cultivateur, est né le 29 mars 1884 à Quillivien, fils de Jean Michel et de Marie Françoise Le Dréau.

Ajourné en 1905 et 1906, il est classé dans le service auxiliaire en 1907. Mobilisé le 24 novembre 1914, il est déclaré bon pour le service armé par la commission de réforme de Quimper et incorporé comme soldat au 118ème Régiment d'Infanterie. Il rejoint son régiment au front en mars ou avril 1915. ( Je n'ai pas retrouvé la date exacte mais le JMO fait apparaître les renforts en hommes et leurs dates d'arrivée au front: 257 hommes venant du dépôt le10 mars 1915, 154 hommes le 16 avril. François Breut est vraisemblablement dans le premier de ces contingents...)

Le 118ème RI est positionné depuis le 23 novembre dans la région d'Ovillers-la-Boisselle, à 5 km au nord-est d'Albert (Somme). Les bataillons n'ont alors de cesse d 'améliorer leurs positions: tranchées et boyaux, réseaux de barbelés... Ils reçoivent également les premières vaccinations anti-typhoïdiques (15 décembre).

Le régiment va alterner la montée en tranchées de première ligne – ce qui signifie attaques et contre-attaques, patrouilles dans les lignes, travaux d'amélioration des défenses, mais aussi tirs plus ou moins violents, plus ou moins fréquents de l'artillerie ennemie ou des fantassins allemands (jets de grenades, de bombes, de pétards de cheddit), mais aussi tirs de mines (qui ravagent terrain et hommes comme le montre la photo ci-dessous)



– et retrait en 2ème ligne ou « au repos » (ce qui signifie exercices de tirs de perfectionnement, travaux d'améliorations des défenses secondaires, exercices « en terrains variés », mais aussi prises d'armes avec remises de décorations).
Voici un exemple de journée aux tranchées extrait du JMO du Régiment :



Les 2 et 3 mai, deux compagnies du 1er bataillon, munies d'un outil de terrassier par homme, sont mises à la disposition du génie pour le creusement de tranchées de 2ème ligne dans leur secteur. Avant la relève, le régiment reçoit les premières consignes concernant les risques d'attaque par gaz.

Dans la matinée du 6 mai 1915, le 1er bataillon auquel appartient François Breut assure la relève dans le secteur de Fricourt du 19ème RI dans les tranchées. Le JMO à cette date rapporte: « La relève s'opère régulièrement sans incident. » Mais les journées dans les tranchées sont souvent semblables: tirs isolés, tirs de chrapnels... Ce même jour, François Breut (matricule 2648 au recrutement de Quimper) est officiellement « tué à l'ennemi » dans sa tranchée à Bécourt (Somme, 3km à l'est d'Albert et 30 km au nord-est d'Amiens sur l'Ancre)

Le jugement déclaratif du tribunal de Châteaulin a été transcrit à Brasparts le 24 mars 1921. François Breut est inhumé dans le carré communal d'Ovillers-la-Boisselle (Somme) dans la tombe individuelle n°114.

Théodore Botrel s'est rendu dans le secteur de la Boisselle en mai 1915. De son bref passage, il a laissé un très beau poème, publié sur le site consacré au 19ème RI (un site remarquable pour la qualité des textes et des photos et dont voici le lien:
http://19emeri.canalblog.com/archives/c__octobre_1914_a_juillet_1915_la_somme_ovillers_la_boisselle/index.html )
Ce poème fait partie des "chants de route" publiés en 1915 par les éditions Payot.

AUX COMPATRIOTES DU 19e
UNE CROIX DANS LA TRANCHÉE

Nous suivions la tranchée à vingt mètres des Boches,
Silencieux, le dos voûté, le pied glissant,
Et les canons tapaient, là, près de nous, si proches
Que le vent des obus nous fouettait en passant;

Nous voyions, à travers les créneaux, la Boisselle,
Son petit cimetière et son îlot brumeux:
Paysage banal qu'un frôlis de ton aile
A fait sublime – ô Gloire! - et pour jamais fameux;

Nous bonjourions les gâs bretons du « 19ème »
A leurs postes d'écoute au bout des longs boyaux;
On se disait deux mots – Brezonnek, parfois, même -
Les « tiens bon! » se croisaient avec les « Kénavos! »;

Quand, tout à coup, je vis, au ras de la tranchée
Une petite croix faite avec deux roseaux,
Croix sans date et sans nom, timidement cachée:
Comme en font les enfants sur les tombes d'oiseaux.

Qui était donc ce mort? Quand tomba-t-il?... Mystère!
Il était de ceux là qu'on note « disparus »
Et qui devant les yeux des remueurs de terre
Sous un coup de leur pic, un soir, sont reparus;

On ne dérange pas le corps du camarade:
On salue, on se signe et le travail reprend
Si bien qu'il reste encor, là, sous la fusillade,
Soldat jusqu'au delà du tombeau: dans le rang!

Et devant l'humble croix saisi d'un trouble étrange,
Je me sentis jaloux de ce mort radieux
Qui, face à l'Ennemi, dans son linceul de fange,
Dormait le grand sommeil des Héros et des Dieux!

(La Boisselle, 13 mai 1915)


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MessageSujet: Jean Louis Prigent (1888-1915)   Sam 8 Mai - 7:15

Jean Louis PRIGENT, né le 22 février 1888 au bourg de Brasparts, est fils de Pierre Marie et de Marie Louise Millour.
Initialement manoeuvre, il signe un contrat comme engagé volontaire pour 5 ans à la mairie de Brest le 20 avril 1907 et est incorporé au 2ème Régiment d'Infanterie Coloniale.

Soldat de 1ère classe le 16 octobre 1908, il passe au 11ème Régiment d'Infanterie Coloniale et sert en Cochinchine (15 mars 1909-13 janvier 1910), au Cambodge (21 janvier 1910-3 août 1911). Rengagé pour 5 ans, il est nommé caporal le 1er avril 1912 puis caporal fourrier le 1er juillet. Il passe au 1er tirailleurs Annamite le 30 novembre 1912 et retourne en Cochinchine (30 novembre 1912-6 octobre 1914). Il est promu sergent le 1er octobre 1913.
Affecté à son retour de Cochinchine au dépôt des isolés à Marseille, il est nommé sergent major le 11 février 1915 et passe au 7ème Régiment d'Infanterie Coloniale Mixte de Marche, lequel fait partie de l'expédition de Gallipoli..


La première division coloniale débarque le 25 avril dans la presqu'île de Gallipoli sous le feu ennemi. Sa mission est de prendre le village de Koum Kalé et de sa forteresse et de tenir trois jours pour abriter de l'artillerie turque les troupes qui débarquent aux Dardanelles. Elle s'empare du village après deux jours de combats d'une violence extrême.
La mission remplie, elle doit se replier vers Gallipoli sur l'ordre du général anglais chargé des opérations.

Le 7ème RICMM (composé de troupes « blanches » mais aussi de tirailleurs sénégalais et marocains) qui fait partie de la deuxième division n'arrive sur le terrain que quelques jours plus tard. La progression fut excessivement lente et, lorsque la deuxième division fut engagée sur le plateau de Kérévès-Déré, et sur l'éperon au nord de Krithia, clé de toute la presqu'île de Gallipoli, ce furent de durs combats qui coûtèrent très cher en vies humaines.



De ce régiment, nous ne possédons que le journal de marche et des opérations de la compagnie de mitrailleuses. Mais ce journal de marche nous fournit des détails qui concernent toute l'unité: embarquement à Toulon le 2 mai, débarquement à Sihil-Bahr (ou Seddülbahir) le 5 mai à la pointe de Gallipoli, installation du bivouac. Le 8 mai à 16 heures, une attaque générale est lancée contre les positions turques avec pour objectif la prise du village et de la forteresse; elle va se poursuivre jusqu'à la nuit complète à 21 heures. Les pertes sont lourdes, très lourdes...
Parmi les disparus au cours des combats de Sedal Bahr du 8 mai 1915 figure Jean Louis Prigent, matricule 447 (Brest).


Le jugement déclaratif de décès a été transcrit à Brest le 24 septembre 1921.


Une chanson écrite par Eric BOGLE et interprétée par le groupe irlandais des Pogues, "Waltzing Matilda", raconte comment un combattant australien passe 7 semaines à Gallipoli avant d'être écrasé par un obus et de revenir au pays mutilé. Cette “gwerz” mérite d'être connue et entendue tant elle rappelle les souffrances de nos “anciens”. En voici les paroles :

"When I was a young man, I carried my pack
And I lived the free life of a rover
From the murrays green basin to the dusty outback
I waltzed my Matilda all over
Then in nineteen fifteen my country said "son,
It’s time to stop rambling ’cause there’s work to be done"
So they gave me a tin hat and they gave me a gun
And they sent me away to the war

And the band played Waltzing Matilda
As we sailed away from the quay
And amidst all the tears
And the shouts and the cheers
We sailed off to Gallipoli
 
How well I remember that terrible day
When the blood stained the sand and the water
And how in that hell that they called Suvla Bay
We were butchered like lambs at the slaughter
Johnny Turk he was ready, he primed himself well
He showered us with bullets, he rained us with shells
And in five minutes flat he’d blown us all to hell
Nearly blew us right back to Australia

But the band played Waltzing Matilda
As we stopped to bury our slain
And we buried ours and the Turks buried theirs
Then it started all over again

Now those who were living did their best to survive
In that mad world of blood, death and fire
And for seven long weeks I kept myself alive
While the corpses around me piled higher
Then a big Turkish shell knocked me arse over tit
And when I woke up in my hospital bed
And saw what it had done, Christ I wished I was dead
Never knew there were worse things than dying

And no more I’ll go Waltzing Matilda
To the green bushes so far and near
For to hump tent and pegs, a man needs two legs
No more Waltzing Matilda for me

 So they collected the cripples, the wounded, the maimed
And they shipped us back home to Australia
The legless, the armless, the blind and insane
Those proud wounded heroes of Suvla
And as our ship pulled into circular quay
I looked at the place where me legs used to be
And thanked Christ there was nobody waiting for me
To grieve and to mourn and to pity

And the band played Waltzing Matilda
As they carried us down the gangway
But nobody cheered, they just stood and stared
And they turned all their faces away

And now every April I sit on my porch
And I watch the parade pass before me
I see my old comrades, how proudly they march
Reliving their dreams of past glory
I see the old men, all twisted and torn,
The forgotten heroes of a forgotten war
And the young people ask me "what are they marching for?"
And I ask myself the same question

And the band plays Waltzing Matilda
And the old men still answer to the call
But year after year their numbers get fewer
Some day no one will march there at all

Waltzing Matilda, Waltzing Matilda
Who’s gonna Waltzing Matilda with me?..."


Cette chanson, vous pouvez l'écouter en cliquant sur le lien ci-après:
http://www.youtube.com/watch?v=0lE-YjjZhwc


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MessageSujet: Re: Mémorial des Braspartiates dans la Grande Guerre: 1915   Jeu 27 Mai - 7:24

Avant de poursuivre l'histoire des Braspartiates tombés au cours de l'année 1915 sur les champs de bataille de cette terrible guerre, il me semble particulièrement intéressant d'offrir aux lecteurs ce poème d'un braspartiate, poète célèbre, poème écrit le 12 janvier 1915 et lu en séance de la Société Archéologique du Finistère dont Frédéric Le Guyader était membre.

Ce poème correspond bien, me semble-t-il, au sentiment général de la population en ce début 1915. Il toucha tout particulièrement la Société, dans la mesure où nombre d'enfants de Bretagne ne reviendraient plus des combats engagés... Ainsi, parmi tant d'autres jeunes bretons, cinq petits-fils de l'ancien Président, de la Villemarqué, avaient déjà donné leur vie pour la Patrie.

L'abbé Abgrall, président de séance, notera que « cet éloquent morceau, dont l'inspiration très noble se traduit en vers sonores, fermes, frémissants d'une indignation généreuse, émeut vivement les assistants. » Tous s'associent « aux justes compliments adressés à l'auteur; tous forment le voeu de pouvoir relire bientôt le poème dans notre Bulletin ».
Ce sera chose faite en mai 1915: « ce morceau de si belle envolée fait le plus grand honneur au talent de notre confrère, dont plusieurs œuvres ont déjà été couronnées par l'Académie ».



« L'Allemagne au-dessus de tout! »


O Barbares! Vous dont le crime sert de thème
Aux pires malédictions,
Vous que l'Histoire jette en proie à l'anathème
Des Penseurs et des Nations,
Vous dont les Dieux d'alors n'ont pas tiré vengeance,
O Barbares, dès aujourd'hui,
Nous nous sentons, pour vous, le cœur plein d'indulgence.
C'est qu'une Ère nouvelle a lui!
Vous étiez mal connus, mal compris par les hommes,
Quand vous inspiriez la terreur.
On se trompait sur vous; mais à l'heure où nous sommes,
L'Histoire a compris son erreur.
O grands calomniés, vos crimes sont bien ternes,
Et soulèvent moins de dégoût
Comparés aux forfaits des Barbares modernes.
« L'Allemagne au-dessus de tout! »
Non! Qu'on agite plus l'effroyable fantôme
De vos longues atrocités!
Grâce aux lâches Teutons, aux Teutons de Guillaume,
Vous êtes réhabilités!

2.
Ah! certes, ils n'étaient point tendres à la besogne
Les bourreaux du temps d'Alaric!
C'étaient des égorgeurs, des pillards sans vergogne,
Les Vandales de Genséric!
Ils se jetaient, avec des hurlements de joie,
La torche et le fer à la main,
Sur tout un univers, qui devenait leur proie.
Et c'était l'univers romain!
Rome, durant mille ans avait pillé le monde;
Rome, dan sa rapacité,
Rome avait déchaîné sa course furibonde
Au travers de l'Humanité.

Et voici que pareils aux souffles des tempêtes,
Les Barbares par millions,
Les Vandales, les Huns, vêtus de peaux de bêtes,
Peaux de tigres et de lions,
Sauvages, sur le dos de leurs chevaux sauvages,
Ont précipité leurs fureurs
Sur ce Pays unique, aux illustres rivages,
Sur la Rome des Empereurs!

Pour ces brutes, les lois divines et humaines
Étaient des mots vides de sens.
Et quand ils étreignaient les princesses romaines,
Dans leurs bras velus et puissants,
Quand les Goths d'Alaric, harassés de pillages,
Et soûls de carnages honteux,
Abandonnaient les champs, les villes, les villages,
Sans laisser une âme après eux;
Quand l'affreux Genséric, qui servira d'exemple
A l'affreux Kaiser de Berlin,
Durant quatorze jours, s'acharnait sur le Temple
De Jupiter Capitolin;
Ayant mis tout à sac dans la ville d'Auguste,
Noyée dans le sang de leurs forfaits,
Ils croyaient n'avoir fait qu'une œuvre pie et juste.
Inconscients et satisfaits,
Ils faisaient comme vous, Teutons, Teutons infâmes,
Ingénieux dans leurs plaisirs,
Ils tuaient les enfants, coupaient les seins des femmes,
Ayant assouvi leurs désirs.

Mais, du moins, ils avaient une excuse peut-être:
C'étaient des Barbares, ceux-là!
Ces bandits n'avaient pas Guillaume Deux pour maître,
Ils avaient pour maître Attila!
Eux, dans les bois, avaient vécu comme des brutes;
Vous, vos berceaux sont des Cités.
Eux, pour aller piller, sortaient de leurs cahutes,
Et vous des Universités!
Eux, naissaient, grandissaient à l'état de nature,
Parmi les tigres et les loups,
Vous, vous avez reçu l'admirable Culture,
Dont les Deux Mondes sont jaloux!

Eux ne mettaient pas Dieu de moitié dans leurs crimes,
Comme votre Guillaume-Deux.
Le Lohengrin, marqué pour les rôles sublimes,
Lohengrin funèbre et hideux,
Qui chevauche avec son cortège de Furies,
Et qui, les mains pleines de sang,
A chaque lendemain d'effroyables tueries,
Ose invoquer le Tout-Puissant!

Oui, ce louche imposteur, c'est à Dieu qu'il s'adresse!
Oui, ce Tartuffe impérial
Ment à son peuple, ment à Dieu dans sa détresse,
Quand, solennel et trivial,
Saisi par le Destin, comme un Bonnot vulgaire,
Ce tueur de femmes, d'enfants,
Crie à Dieu: “Sois témoin, je ne veux pas la guerre,
On m'attaque, je me défends!
C'est la France, c'est la Belgique les coupables!
Je les dénonce au monde entier.
Leur crime est évident, les preuves sont palpables:
Il m'a fallu les châtier!

Voilà comment ce monstre argumente, et s'excuse!
Il croit qu'il suffit de mentir.

3.
Ce Peuple et son Kaiser aux desseins grandioses
S'avançaient, pourtant, radieux,
Vers un vaste avenir, tout plein d'apothéoses,
Très sûrs de l'amitié des Dieux.
Tout souriait à ces gâtés de la Victoire.
Assis sur son char triomphal,
Leur cynique Empereur s'installait dans l'Histoire,
Maître désormais sans rival.
« L'Allemagne au-dessus de tout! » - Rêve superbe,
Tout près de se réaliser.
Leur puissance égalait l'impudence du verbe;
Ils semblaient pouvoir tout oser...

Leur Progrès était tel, leur Œuvre si féconde,
En pleine paix, en plein soleil,
Qu'ils n'avaient nul besoin pour éblouir le monde,
De tout ce sinistre appareil.

L'Allemagne, en restant sereine et pacifique,
Sans craindre de rivalité,
Pouvait continuer son œuvre magnifique,
rayonnant sur l'Humanité.
Au lieu d'inquiéter le monde par ses haines,
Et d'être son épouvantail,
Sa gloire était d'aller aux victoires prochaines,
Par les conquêtes du travail.
Ces Vainqueurs, décidés à la paix, pouvaient être
Les conducteurs du genre humain.
Ils ont voulu grandir par la Guerre, - et, peut-être,
La honte les attend demain...

Leur Science était belle, et leur philosophie,
Glorieuse de ses succès,
S'imposait au respect, sans exciter l'envie
Du génial esprit français.
Ils étaient grands, sans doute aussi, par le génie,
Dans le passé, dans le présent;
Leur Art, sans égaler le nôtre en harmonie,,
Plus vigoureux que séduisant,
Leur Art, s'il était lourd, parfois, d'un grand coup d'aile,
Se relevait avec Mozart;
Et Goethe, en évoquant Marguerite immortelle,
Atteignait le divin dans l'Art.

Leurs poètes chantaient la Nature et la Vie.
Leurs amours planaient dans l'azur;
Ils nos semblaient avoir une façon ravie
De s'enivrer d'air chaste et pur.
Si beaucoup, s'exerçant aux foudres vengeresses,
Embouchaient un clairon brutal,
D'autres, pleins de soupirs, et de chaudes tendresses,
Versaient dans le sentimental.
Ils étaient vertueux, d'une vertu sereine,
Dénonçant les Français pervers,
Exaltant l'Allemagne, impératrice et reine,
Dans leur musique et dans leurs vers.

Coups d'ailes en plein ciel, purs accents de la lyre!
Et dans quel but? Pour quels desseins?
Voici que, pour finir, tout ce peuple en délire
N'est qu'un ramassis d'assassins!
Des Barbares, hélas, près de qui les Barbares
Nous semblent des civilisés;
Devant qui les Mongols, les Huns et les Tartares
Reculeraient, scandalisés...

Tous ces bandits, menés par leur Kaiser auguste,
Tous ces professeurs d'idéal,
Qui prétendent aimer le Beau, le Bien, le Juste,
Rêvant l'Empire mondial,
Eux, si fiers de leur Œuvre, et si grands dans leurs livres,
Eux, « les premiers dans tous les Arts »,
Ne nous paraissent plus que des Vandales ivres,
Des brutes, des sots, des soudards!

Colossale Jungfrau, dominant toutes cimes,
« L 'Allemagne au-dessus de tout! »-
Certes, au-dessus de tout, elle l'est... par ses crimes,
Par sa Culture et son bon goût!
L'Allemagne, c'est par ses crimes qu'elle est grande!
Impérissable Monument:
Rien n'égale, en effet, la Culture allemande,
Si ce n'est le Crime allemand!

4.
Belgique! O doux pays, qui n'est plus que ruines,
Toi qu'un seul mot pouvait sauver,
Qui vis brûler Namur, Dinant, Louvain, Malines,
Impossibles à relever;
Toi, si belle, au milieu des œuvres ancestrales,
Tu ne verras plus, désormais,
Refleurir tes beffrois, tes vieilles cathédrales,
Merveilles mortes à jamais!

Et toi, France, par eux salie et saccagée,
O Mère de loyaux soldats,
Tu n'as jamais sentie, sur ta face outragée,
De tels soufflets, de tels crachats.
Ils ont fait un désert de tes vieilles Provinces
Notre rempart, et notre orgueil;
Le Kaiser, le Kronprinz, avec leurs yeux de princes,
Ont mis toute notre âme en deuil.

Un territoire immense en proie à leurs ravages,
Maubeuge, Arras, brûlés, souillés;
Lille, cité superbe, aux mains de ces sauvages,
Roubaix et Tourcoing dépouillés.

Et Reims! Silencieux chef d'œuvre d'un autre âge,
Qui, tout en relevant de nous,
Appartenait au Monde, et défiait l'outrage,
Tout le Monde en était jaloux!

Qoi! Le Monde est privé de cette auguste enceinte,
Où Jeanne d'Arc a pénétré;
Où Jeanne d'Arc la vierge, où Jeanne d'Arc la Sainte,
A genoux sur ce sol sacré,
Humble Victrice, après avoir sauvé la France,
Et sûre bientôt de mourir,
Priait Dieu d'empêcher, au prix de sa souffrance,
Son pauvre Peuple de souffrir!

O Jeanne d'Arc, ô toi qui n'usais pas du glaive,
Ayant horreur du sang versé,
Que de Reims effondré ta grande Ombre se lève,
Pour bénir ton Peuple oppressé!
Répands sur nous ta chaste et lumineuse flamme;
Entre plus avant dans nos cœurs;
O Vierge, mets un peu de ton âme en notre âme,
Fais de nos soldats des Vainqueurs!

5.
Or, le drame actuel ne ressemble à nul autre:
Aveugle qui ne veut pas voir!
Dans ce Duel, où le sort de tous se lie au nôtre,
Il ne s'agit plus de savoir
Si demain la défaite, ou demain la victoire,
Fera d'un royaume un duché;
Si l'Europe, demain, verra son territoire
Débattu, comme en plein marché,
Les Guerres, jusqu'ici, toutes, même les pires,
Avec plus ou moins de rigueur,
Se bornaient à changer la carte des Empires,
Au gré du Conquérant vainqueur.-

Non, non! La question est ici bien plus haute!
Et tant pis si, tombé trop bas,
Le Monde, inconscient, ne comprend pas sa faute,
Tant pis s'il ne comprend pas!
Car, ici, nous vivons une heure solennelle
Qu'il faudra maudire ou bénir,
Heure unique, qui porte et qui résume en elle
Le sort des siècles à venir.

- Ce dont s'inquiétait Lucain, dans sa « Pharsale »,
C'était de voir l'Humanité
Devenir, peu à peu, l'esclave, la vassale
De cet Empire illimité,
Qui, non content de mettre aux fers les Rois eux-mêmes,
Frappait l'Homme dans sa fierté,
Le privant, pour toujours, de ces deux biens suprêmes,
La Justice et la Liberté.
Lucain, en dénonçant la Culture romaine,
Élevait plus haut ses regards:
Ce qu'il pleurait, c'était la Conscience humaine
Foulée aux pieds par les Césars.

Eh bien, si Dieu voulait que, demain, l'Allemagne
Régissant le Monde à son gré,
Réalisât, bien mieux qu'au temps de Charlemagne,
Son rêve aussi fou qu'exécré,
Elle ferait ployer, plus lourdement que Rome,
Mais aussi plus brutalement,
L'âme des nations, et la fierté de l'homme,
Sous l'ignoble joug allemand.
C'est alors que, témoin de ce trafic immonde,
Lucain, tiré de son sommeil,
S'écrierait: « Voilà donc ce que devient le monde?
Le monde est privé de soleil! »

6.
Et c'est là que, pour nous, le Devoir se révèle,
Comme à Jeanne écoutant ses Voix;
Il faut donc qu'aujourd'hui la France renouvelle
Les sacrifices d'autrefois.
Il faut qu'obéissante à la Voix qui l'entraîne,
La pauvre et grande Nation,
La France de toujours se dévoue et reprenne
Son éternelle fonction.

Il faut, surtout, qu'auprès des soldats magnanimes,
Dont le sang coule encore à flots,
Les Peuples opprimés se dressent unanimes,
Et nous rejoignent en champ clos,
Ne formant, avec nous, qu'une seule patrie,
Qu'une immense fraternité,
Pour faire triompher, contre la Barbarie,
La Cause de l'Humanité.

(12 janvier 1915)

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MessageSujet: Yves Nédélec (1888-1915), Germain Kerdévez (1888-1915)   Ven 4 Juin - 11:38

Yves NEDELEC , cultivateur de Kerlaguen, né le 20 novembre 1888 au Moënnec, est fils de Jean Michel et de Barbe Le Roux. Il effectue son service militaire au 62ème Régiment d'Infanterie de Lorient (1909-1911) qu'il rejoint à la mobilisation. Parti au front, il est renvoyé par le médecin régimentaire devant la commission de réforme de Lorient qui décide de le renvoyer dans ses foyers, pour atrophie de l'oeil droit, le 7 octobre 1914.
Hospitalisé, Yves Nédélec (Matricule 781 au recrutement de Quimper).décède à Morlaix le 1er juin 1915.
Bien que non déclaré “Mort pour la France”, Yves Nédélec est inscrit sur le Monument aux Morts de Brasparts.

****

Germain François KERDEVEZ, Marin, est né le 7 juin 1888 au bourg de Brasparts, fils de Jean Louis et de Marie Anne Le Page.

Engagé volontaire le 10 juin 1904 pour les Équipages de la Flotte, il est mousse depuis le 15 juin 1903. Nommé matelot de 3ème classe le 7 juin 1906, de 2ème classe le 20 juin 1906 et de 1ère classe le 1er juillet 1909. Quartier maître électricien le 1er avril 1910, il rengage pour 3 ans le 9 août 1911 puis de nouveau pour 3 ans le 26 septembre 1914. Se marie entre-temps le 19 août 1912 à Brasparts avec Rose Françoise Sizun.

La même année, Germain Kerdévez est affecté sur le mouilleur de mines « Casabianca », capable de transporter jusqu'à 97 mines. A l'entrée en guerre, le bâtiment fait partie de la 1ère Armée Navale.



En juin 1915, La Casabianca participe avec l'HMS Euralyus au moullage de mines devant le port turc de Smyrne (Izmir) que les Alliés tentent de bloquer en fermant le golfe par des champs de mines; au cours de l'opération, dans la nuit du 3 au 4 juin, l'explosion prématurée d'une de ses propres mines, au sud de l'île Longue, entre Mitylène et le golfe de Smyrne, entraîne l'explosion de toutes les autres et de l'arrière du bâtiment.



Le navire est commandé par le capitaine de frégate de la Fournière, qui sera cité à l'ordre de l'Armée Navale: « Officier à tous égards remarquables: a fait preuve du plus grand sang-froid lorsque le CASABIANCA qu'il commandait a sauté sur une mine, faisant acclamer la France par son équipage au moment où le navire sombrait, et donnant ainsi le plus bel exemple d'énergie et de courage ». Il sera lui-même sauvé par le maître-fourrier Bos de Brest « au péril de sa vie ».

Germain Kerdevez (matricule 82677) fait partie des 86 tués (soit les deux tiers de l'équipage) qui disparaitront lors du naufrage.

Le jugement déclaratif a été transcrit à Clichy le 21 novembre 1917.


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MessageSujet: Yves Favennec (1884-1915)   Sam 12 Juin - 11:45

Yves FAVENNEC, né le 25 février 1884 au Favot, est fils de Yves et de Marie Catherine Martin, cultivateurs à Lannédern.
Initialement classé dans le service auxiliaire pour raisons de santé, il est classé service armé le 2 novembre 1914 et mobilisé le 24 novembre.
Affecté comme soldat au 118ème Régiment d'Infanterie de Quimper, il reçoit une formation de base avant de rejoindre le front, dans le secteur de la Boisselle qu'occupe son unité depuis le mois de décembre. Les attaques et contre-attaques s'y succèdent depuis le 6 janvier: les pertes sont sévères de deux côtés.

Yves Favennec fait partie du contingent de renfort qui arrive le 28 janvier 1915 à Bresles près d'Albert (2 officiers, 60 sous-officiers, 398 soldats). Le 118 complète l'instruction des nouveaux qui reçoivent leur baptême du feu avec un bombardement de la ville dès le lendemain.

Le rythme d'engagement et de relève est régulier: montée en 1ère ligne, amélioration des tranchées sous le feu, relève interne au régiment, poursuite des travaux, participations aux combats (offensifs et défensifs) en subissant les bombardements, les explosions de mines (fourneaux et camouflets), les tirs , puis relève, instruction, repos et revue (ainsi le 19 février le général commandant le Corps d'Armée accorde une ration de vin aux hommes ayant assisté à la revue du 18)..., cérémonie qui est l'occasion de mettre en valeur les héros du Régiment, cités, décorés, qui se sont distingués dans les très durs combats de La Boisselle en décembre, mais aussi de mettre en condition les jeunes recrues lesquelles peuvent admirer le courage de leurs camarades ou de leurs chefs au feu.

Cet hiver 1915 fut un hiver particulièrement rude: la neige et le gel sont de la partie. Les soldats souffrent du froid, du manque de sommeil: « une drôle de vie que la guerre », écrira un poilu, « il faudrai bien que ce serai la dernière car ses affreux de voir des choses pareilles, enfin on espère que dici quelques moi sa sera fini... ».



Yves Favennec faisait partie de la 9ème compagnie. Nous n'avons pas d'éléments qui nous permettent de savoir avec certitude les circonstances de sa blessure:
- a-t-il été un « simple » poilu accomplissant sa tâche quotidienne et subissant le feu et les bombardements? Les journées du 31 mai au 2 juin furent particulièrement difficiles et les Allemands ne cessèrent pas de lancer bombes et grenades sur les tranchées françaises;
- Fit-il partie de ces éclaireurs volontaires « choisis parmi les hommes les plus braves et les plus aptes à remplir des missions spéciales et désignés dans chaque compagnie, avec comme insigne une étoile de drap rouge sur la manche gauche (JMO du 118, à la date du 2 mars 1915)?
- Fut-il blessé par un tir d'artillerie?



Quoiqu'il en soit, Yves Favennec (matricule 2578) fut blessé mortellement lors d'une de ces journées et fut évacué vers l'ambulance régimentaire puis vers l'ambulance n°8 du 11ème Corps d'Armée d'Acheux (Acheux se trouve dans la Somme, à 30km au nord-est d'Amiens, à 11km au nord-ouest d'Albert, sur la route de Doullens) .



Il meurt «  pour la France » le 12 juin 1915 à l'ambulance « des suites de blessures contractées en service ».

Il est inhumé dans la nécropole nationale « La targette » de Neuville-Saint Vaast (Pas-de-Calais), tombe individuelle 6036, carré 25, rang 2.

L'acte de décès a été transcrit le 13 septembre 1915 à Lannédern.


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MessageSujet: Jean François Favennec (1891-1915)   Mer 16 Juin - 9:56


Jean François FAVENNEC, cultivateur, né à Porzclos le 31 juillet 1891, est fils de Pierre et de Marguerite Favennec.

Soldat au 71ème Régiment d'Infanterie de Saint Brieuc depuis son incorporation le 10 octobre 1912, il participe à la bataille de Charleroi (Arsimont, août 1914), à la bataille de Guise (Le Sourd, août 1914), à la bataille de la Marne (Damery Prunay, septembre 1914), aux batailles d'Artois (octobre-décembre 1914 puis janvier à juin 1915).

Dans la nuit du 12 au 13 juin 1915, le 71 quitte Duisans pour relever le 48 dans le secteur de Chantecler. Le 1er bataillon (auquel appartient Jean François Favennec), aux ordres du chef de bataillons de Gouvello, est positionné sur Saint Nicolas et Sainte Catherine. Le régiment prépare une attaque et l'ennemi l'a bien compris, qui multiplie les bombardements, notamment le 15 juin. Le lendemain, dès 2 heures, les troupes sont prêtes et en position; à midi un quart, elles se portent en avant et occupent les premières tranchées ennemies “sans difficulté; les fils de fer sont complètement coupés... leur mouvement a surpris complètement l'ennemi...”. Mais celui-ci se reprend rapidement et nos soldats débouchent dans la plaine “au moment où se déclenchent à la fois un tir de barrage d'artillerie des plus violents et des feux de mitrailleuses serrés... Leur progression est ralentie, leur élan brisé, et elles sont contraintes de rentrer dans la parallèle de départ...”
“Aussitôt la tranchée occupée, s'institue un violent combat corps à corps avec l'ennemi qui occupait les tranchées de 2ème ligne et qui cherche à les accabler par les boyaux et du haut des parapets, à l'aide d'explosifs de toute nature...”. Les poilus résistent, s'organisent défensivement. Le combat est d'une extrême violence; les allemands contre-attaquent, prennent pied sur le parapet qui domine les tranchées prises par nos soldats et ouvre un feu violent “qui inflige immédiatement de fortes pertes à nos unités prises en outre à partie par les mitrailleuses allemandes...” A 13h15, la situation devient intenable, toutes les communications sont rompues et ce sont les estafettes qui transmettent les ordres dans des conditions terribles... Jean François Favennec tombe lors de ce combat du 16 juin 1915. Les allemands réinvesstissent les tranchées initialement perdues et engagent “une action par le feu avec nos mitrailleuses et les défenseurs de nos tranchées, s'efforçant de tirer sur nos blessés tombés entre nos deux camps”.

Le lendemain, une nouvelle attaque du 71 sur les positions ennemies est repoussée. Les pertes au cours de ces deux journées fut de 23 officiers (dont 6 capitaines, 6 lieutenants et 13 sous-lieutenants), et 755 hommes de troupe (51 tués, 272 blessés, 422 disparus). Le régiment fut relevé le 17 juin au soir par le 48ème d'Infanterie.

Le bataillon sera cité à l'ordre du Corps d'Armée: “S'est porté avec un entrain admirable à l'assaut des tranchées allemandes de 2ère ligne, s'en est emparé, les a organisées sous la direction calme et froide de ses officiers, dont plusieurs étaient blessés grièvement. A soutenu pendant une heure une luttre très rude et corps à corps contre un ennemi nombreux qui l'attaquait de face et de flanc. A fait preuve d'une ténacité et d'un esprit militaire remarquables”.

Jean François Favennec ( matricule 3499) recevra la Médaille Militaire à titre posthume, avec la citation suivante: “Bon soldat, courageux et dévoué. Tombé glorieusement au champ d'honneur le 16 juin 1915 à St Nicolas (Artois), en se portant vaillamment à l'assaut des positions ennemies fortement organisées.”

Le jugement déclaratif du tribunal de Châteaulin a été transcrit à Brasparts le 21 janvier 1927.


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MessageSujet: Nicolas Guillerm (1892-1915)   Dim 20 Juin - 7:18

Nicolas GUILLERM, cultivateur à Tronuel, né à Tromarc'h le 26 mai 1892, est fils de Yves et de Marie Anne Broustal.

Incorporé le 8 octobre 1913 au 71ème Régiment d'Infanterie, il participe à tous les combats de ce régiment ; bataille de Charleroi, bataille de Guise, bataille de la Marne, bataille d'Artois... Blessé au cours des combats, il est évacué.
Il est ensuite affecté au 155ème Régiment d'Infanterie (initialement stationné à Commercy) le 10 février 1915 et rejoint le 3ème bataillon di commandant Heuzey, cantonné à Vienne-le-Château. Le régiment se trouve alors en Argonne depuis le mois de janvier et va s'illustrer à Vauquois, La Gruerie, Bagatelle .. Le 29 janvier, les allemands avaient rompu la première ligne du 155 après une puissante attaque. Le régiment ne parvint pas à la reprendre.


Les attaques et contre-attaques se succèdent; dans l'intervalle, le régiment travaille “à l'amélioration matérielle du secteur: création de pare-éclats, d'abris, ...”. Chaque bataillon envoie des patrouilles au contact des tranchées allemandes qui les reçoivent avec un feu nourri.Chaque jour amène son lot de tués et de blessés. Le 8 mars, la section de Nicolas Guillerm participe à un coup de main sur les lignes allemandes au “nord du Ravin des Mitrailleuses”; la tranchée allemande est en partie “bouleversée” et prendra le nom de l'adjudant qui commandait la section. Et les relèves se succèdent. Les bataillons alternent les cantonnements entre Vienne-le-Château, Pavillon et Martin, mais subissent toujours les tirs de l'artillerie ennemie. Les pertes restent constantes lorsque le régiment est en première ligne; une moyenne d'un tué et de cinq blessés par jour.
Ainsi se passent le printemps; quelques journées plus dures marquent les esprits et les corps -combats du 26 avril, du 1er mai... Le journal de marche note le 6 mai: “bombardement habituel. Pertes: 4 tués, 18 blessés.” La guerre de mines s'intensifie; le 155 essaie de se dégager de la pression ennemie, mais ses attaques échouent...


20 juin 1915: l'ennemi bombarde violemment le secteur de Vienne-le-Château et lance une offensive violente sur la première ligne française tenue par le 154ème d'Infanterie, le régiment, alerté à 10 heures, est immédiatement engagé et parvient à reprendre les tranchées perdues le matin. Mais devant la puissance de feu allemande les poilus ne peuvent se maintenir et une contre-attaque suit qui provoque de nouvelles pertes françaises. Le chef de corps lui-même est blessé alors qu'il dirige personnellement une contre-attaque qui n'aboutira pas. La journée est sombre pour le 155: 9 officiers et 268 hommes de troupe hors de combat : 51 tués, 165 blessés et 52 disparus parmi lesquels Nicolas Guillerm (matricule 556) qui sera reconnu tué à l'ennemi le 20 juin 1915 dans le bois de la Gruerie (4 km ouest de Varennes, Marne).

La mort de Nicolas Guillerm a fait l'objet d'un jugement déclaratif du tribunal de Châteaulin transcrit à Brasparts le 24 mai 1921.

Pour mieux comprendre le contexte de la bataille:

La forêt d'Argonne!


Une grande et belle forêt de 60km sur 12 que cette forêt, située aux confins de la Lorraine et de la Champagne, et composée de hauts arbres isolés, des chênes pour la plupart, puis de sous-bois épais, hêtres, bouleaux, aulnes, mais aussi en maints endroits de fourrés quasi-impénétrables. : mûres sauvages, arbustes épineux, fougères, genêts, plantes grimpantes lesquels constituent un réseau naturel de barbelés.
Mais aussi une forêt pleine de sources qui en inondent le sol... comme l'ont découvert les soldats engagés dans cette terrible guerre. Un sol détrempé, inondé, et la pluie n'a pas cessé de l'hiver, du printemps... La vallée de la Besme, de surcroît, coupe cette forêt en son centre.
Une forêt donc quasi-infranchissable, si ce n'est en passant par l'un des cinq défilés qui la traversent: le Chêne, la Croix-aux-Bois, Grandpré, La Chalade.


Pour un assaillant, franchir cette forêt c'est s'ouvrir la France en s'emparant de la route Sainte Ménéhoulde-Verdun, en coupant la voie ferrée qui permet les mises en place des unités françaises, en désorganisant le ravitaillement français, en encerclant la place de Verdun......Les allemands l'ont parfaitement compris et ne vont cesser au cours de l'année 1915 de lancer offensive sur offensive... « Émouvante forêt, qu'avons-nous fait de toi? Un funèbre charnier, hanté par des fantômes... » écrira un poilu...

Depuis le mois d'octobre, les deux ennemis ont renforcé leurs positions. Et au-delà de l'obstacle naturel qu'elle représente, la forêt est devenu le théâtre de l'horreur: « Sur la droite, se tiennent les hauteurs. Elles sont nues, dégagées ! Pas un tronc, pas une feuille. Les arbres sont écrasés, carbonisés, déchiquetés, le sous-bois a totalement disparu. La terre est retournée, mille fois minée et déchirée, pleine de débris et de poussière. Les volcans sont comme des volcans éteints. Ici se trouvent des tranchées et des sapes, et au cours des longs mois de combat, tout ce qui verdoyait a disparu. Une mitrailleuse crépite, les projectiles explosent. Sans un moment de répit, les hauteurs sont conquises. Un canon lourd fait feu. Il détonne comme un coup de tonnerre et l'écho propage le vacarme dans les ravins. Respire l'air, ne sens tu rien ? Cela sent comme dans les couloirs d'un hôpital. Cela sent le chlore et d'autres choses. Cette odeur, on la sent si on se rapproche de la Forêt d'Argonne. La Forêt entière, pleine d'humidité, s'est imprégnée de cette odeur. Elle provient des obus à gaz et des tranchées remplies de chlorate de chaux. Terrifiant... »

Le 1er mai une offensive allemande de grande ampleur a échoué. Et encore celles du 20 juin, du 25 juin, du 30 juin. Les Allemands racontent:
« Jamais la Forêt d'Argonne n'avait connu un tel feu. Les tranchées françaises furent réduites en ruines et en morceaux. Le feu se répandait avec une précision effroyable. Les mines et les obus grêlaient. Ils frappaient dans les abris et les blockhaus et étouffaient des centaines d'hommes, ils éboulaient des casemates souterraines et des galeries de mines et tuaient tout ce qu'il y avait à l'intérieur. Les grenades et les dépôts de mines volaient dans les airs. Les morts gisaient comme les blés sous la grêle. C'est trop effroyable ! (...) A l'attaque ! Les diables de l'Argonne font irruption des tranchées. Là la colline est désolée, des torrents de glaise, des entonnoirs et des entonnoirs, parmi des souches d'arbres déracinés dépérissant. Les boucliers d'acier tenaient, grenades à la ceinture, grenade à la main, le fusil dans le dos et le masque à gaz sur la figure, ils se ruaient ainsi en trombe vers l'avant ! Les Pionniers sont parmi les premiers, avec des cisailles à barbelés, des haches, des passerelles en rondins de bois, ils luttent à l'avant. Les fils de fer barbelés déchiraient leurs uniformes, ils tombaient, se relevaient, en avant ! Le combat battait son plein. Les grenades claquaient, les crosses volaient en éclats. On devait lutter furieusement pour chaque parcelle de tranchée, pour chaque entonnoir... »

Nombreux sont les Bretons engagés dans cette bataille... nombreux aussi ceux qui vont donner leur vie pour préserver l'essentiel et réussir à tenir... Nicolas Guillerm fut le premier à tomber dans ces offensives successives...
Les combats ne cessent plus... de plus en plus durs, de plus en plus acharnés, jusqu'au 13 et 14 juillet 1915.


Dernière édition par Patrice Ciréfice le Ven 12 Nov - 12:29, édité 2 fois (Raison : Ajout d'un commentaire sur la forêt d'Argonne)
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MessageSujet: Pierre Vaillant (1877-1915)   Ven 25 Juin - 9:32

Pierre VAILLANT, aide-cultivateur au Croissant du Moustoir puis à Botquest, né le 4 juillet 1877 à Pleyben, est fils de Mathieu et de Marie Jeanne Le Floch.

Ajourné en 1899, il est déclaré bon pour le service l'année suivante et incorporé au 118ème Régiment d'Infanterie. Il est envoyé en disponibilité le 14 septembre 1901, avec son certificat de bonne conduite.
Il accomplit deux périodes d'exercice, toujours au 118, du 22 août au 18 septembre 1904, puis du 19 août au 15 septembre 1907. Il est affecté dans la Territoriale le 1er octobre 1911 et effectue une nouvelle période du 22 au 30 avril 1912 au sein du 86ème Régiment Territorial d'Infanterie.

Après la mobilisation, il est affecté comme soldat au 128ème Régiment d'Infanterie de Landerneau, qu'il rejoint le 11 novembre, alors qu'il est engagé dans la bataille de l'Argonne, dont les noms résonnent si tragiquement dans nos mémoires: Four de Paris, Mesnil-lès-Hurlus, ravin des Cuisines, les Eparges... Je ne reviendrai pas sur les terribles conditions climatiques de cet hiver, peut-être le plus rude de la décennie, ni sur les conditions de vie des soldats: le Journal de Marche du 128 nous en donne un triste résumé - « ces abris sont insuffisants et surtout inhabitables » (28 novembre 1914)
.
Pierre Vaillant n'aura pas l'occasion de rencontrer son voisin braspartiate Nicolas Guillerm à Vienne-le-Château: son régiment quitte la place le 16 janvier pour rejoindre le secteur de Mesnil-lès-Hurlus et participer à l'attaque générale du 22 février. Journée terrible: « Les 5ème et 7ème Cies tentent de sortir des bois et des tranchées avoisinantes... et sont immédiatement fauchées par les mitrailleuses. Elles perdent en un instant le 1/3 de leur effectif et leurs commandants de compagnie. » Le régiment est relevé mais un Bataillon reste bloqué par le feu ennemi et ne pourra se dégager que la nuit suivante. Le régiment ne pourra se regrouper que le 26...


Le 4 mars, il est de nouveau engagé dans le Ravin des Cuisines: « A 5 heures, deux compagnies sortent des tranchées mais sont accueillies par un feu très violent et ne peuvent progresser... » A 13 heures, nouvelle attaque qui n'atteint pas ses objectifs... De même le lendemain: les préparations d'artillerie se révèlent insuffisantes et l'ennemi est peu entamé: « les troupes qui débouchent pour se lancer à l'assaut sont accueillies par un feu très violent de l'infanterie allemande ». Le froid -il gèle chaque matin -, la pluie, la fatigue – la nuit, il faut creuser des tranchées dans le peu de terrain gagné -, accroissent encore la difficulté de l'attaque.Le 12 mars, le régiment est relevé. Il a perdu 7 officiers (dont 4 tués) et 582 hommes de troupe (dont 173 tués)...

Le 7 avril, le 128 est de nouveau engagé en appui du 72 qu'il relève le lendemain à l'issue de l'échec de l'attaque. Relève de nuit dans des conditions particulièrement difficiles: l'ennemi éclaire les lignes avec fusées et projecteurs, mène une fusillade continue et canonne les troupes...Le 128 doit, sous le feu, réaménager les tranchées, reconnaître les lignes ennemies, colmater les brèches...Une compagnie du génie vient en renfort; les tranchées sont remplies d'eau stagnante et les hommes sont contraints de travailler à genoux dans ces bains de boue. « Les parapets des tranchées allemandes sont établis avec des madriers et des sacs de ciment. Ils présentent l'aspect de véritables murs crénelés, ils ne paraissent pas avoir beaucoup souffert des bombardements. » Le 128 est relevé à son tour le 11 avril...Il a perdu cette fois 320 hommes (dont 57 tués et 16 disparus).


Le 17 nouvelle relève, cette fois aux Eparges, où le 128 succède au 173. Il faut effectuer de nouvelles reconnaissances, réaliser de nouvelles tranchées, améliorer l'existant, toujours sous le feu des mitrailleuses et des canons allemands...Le 24, après une semaine dans ces conditions, le 128 doit colmater une brèche réalisée par l'ennemi dans la tranchée de Calonne. Il y perd une vingtaine d'hommes... Sur son flanc droit, le 301ème d'Infanterie est enfoncé le 29: le 128 colmate une nouvelle fois la brèche...Les journées suivantes sont marquées par un bombardement d' « une intensité invraisemblable », vraisemblablement pour permettre aux allemands de se fortifier dans leurs positions...Le 3 mai, le régiment est envoyé au repos à Verdun (caserne Marceau): le combat des Eparges lui a coûté 88 tués (dont 3 officiers), 346 blessés, 59 disparus...

Le 9 mai, retour aux Eparges; lorsque le régiment est relevé le 31 mai, il a encore perdu 69 tués, 196 blessés: le secteur « est couvert de cadavres qui séjournent sur le sol depuis des semaines.La puanteur est atroce. La terre est mêlée de débris humains en déliquescence. »»

Le 9 juin, nouveau retour aux Eparges: bombardements, destructions de tranchées qu'il faut refaire, lancers de bombes et de grenades, mines, sapes et contre-sapes – les hommes meurent parfois asphyxiés, enterrés dans les décombres et la terre -: le ravin de la mort, la crête des Eparges, la tranchée de Calonne, deviennent des lieux sinistres... Lorsque le régiment est mis au repos le 17 juin, il a de nouveau perdu une trentaine de tués et le triple de blessés...Les jeunes recrues qui arrivent du dépôt régimentaire sont immédiatement intégrés dans les compagnies...


Le 23 juin, le régiment prépare une offensive: à 16h, après une préparation d'artillerie, les bataillons s'élancent; le 1er est rapidement stoppé par les mitrailleuses; le troisième parvient à s'emparer de la première ligne allemande: « sur un front de cent mètres, il a progressé, portant la ligne au milieu des ouvrages allemands cent mètres plus avant. ». Dans la nuit du 24 au 25 juin, les allemands contre-attaquent: « aspergeant nos lignes de pétrole enflammé, ils nous refoulent jusqu'à la première ligne conquise. » Mais le 128 regagne une nouvelle fois le terrain perdu. Le bataillon auquel appartient Pierre Vaillant est chargé de tenir le flanc droit du régiment, dans la tranchée de Calonne, sur laquelle un autre régiment, le 87ème d'Infanterie, va s'appuyer pour déclencher une nouvelle attaque, qui échoue.
Pierre Vaillant (matricule 3472) disparaît au cours de ces combats du 25 juin 1915. Son corps, comme celui de beaucoup de ses camarades ne sera jamais retrouvé: les attaques, contre-attaques, bombardements, ... vont se poursuivre inlassablement, bouleversant le terrain, le retournant et retournant encore... De nouvelles troupes sont engagées chaque jour. Le « père Joffre » poursuit sa tactique sans sourciller: le vainqueur sera celui qui disposer des derniers bataillons...
Le jugement déclaratif du tribunal de Châteaulin a été transcrit à Brasparts le 29 juillet 1921.

Pour ceux qui souhaitent en savoir plus:
- le « chtimiste » a mis en ligne un vieil album photos de soa grand-mère, dont le mari fut le chef de corps du 128 lors de cette période évoquée à travers le destin de Pierre Vaillant. Il suffit de cliquer sur le lien (les deux dernières rangées du bas concernent la tranchée de calonne)
http://chtimiste.com/album%20photos/perso/Chardoillet128eRI/128eRI.htm

- un poème composé par un polu: La crête des Eparges
Vous vous plaignez, bandits : croyez vous donc, vous autres, /Que votre sort était plus mauvais que le nôtre ; / Et si pendant six mois, dans la boue, sous le froid, / Nous avons résisté ayant l’onglée aux doigts, / C’est que dans notre cœur nous avons l’Espérance / De vous chasser du sol de notre douce France. / Vous repousser chez vous, désireux qu’à la fin / Redeviennent français la Lorraine et le Rhin. / Imitant nos aïeux chantant la marseillaise , / Comme eux nous nous battons, crâneurs, « à la française » / Dédaignant malgré tout vos façons d’assassins, / De la « Hauteur de Combres » et du bois de sapins / Nous vous avons chassés, ajoutant dans l’Histoire / Au prix de notre sang, une page de gloire. / C’était l’Enfer !…Vraiment… Ce n’était pas assez / Pour les crimes sans nom que nous devons venger : / Car pour vous tout est bon, le vol et l’incendie / Cruels vous commettez toutes les infamies ; / Mais bientôt d’expier, l’heure enfin sonnera, / Et devant l’Univers on vous condamnera.
10 mai 1915 (
(poème cité par Joël Guyonneau sur son site:
http://pagesperso-orange.fr/liddes [...] parges.htm


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MessageSujet: Jean Pichon (1881-1915)   Ven 2 Juil - 13:00

Jean PICHON, cultivateur puis commerçant, né le 10 juillet 1881 à Kerabras, est fils de Jean et de Marie Perrine Crenn.

Incorporé pour son service national au 118ème Régiment d'Infanterie le 14 novembre 1902, il est dispensé de service du fait que son frère est également sous les Drapeaux, et envoyé dans la disponibilité le 19 septembre 1903 avec son certificat de bonne conduite. Il se marie le 18 juin 1905 à Brasparts avec Marie Anne Le Baut.
Passé dans la réserve, il accomplit deux périodes de réserve au 118ème régiment d'Infanterie (24 août-20 septembre 1908 et 24 avril-10 mai 1911).

Mobilisé le 11 août 1914, il est affecté au 48ème Régiment d'Infanterie (33ème brigade); après sa mise en place sur la base de concentration de Vouziers, le régiment est engagé dans la région de Sedan, passe en Belgique le 17 août, et reçoit l'ordre de se porter sur Arsimont. (22 août). L'attaque est repoussée par l'ennemi, dont les positions sont solidement défendues par des retranchements garnis de mitrailleuses et de tirailleurs. Le colonel de Flosse est grièvement blessé par des éclats d'obus puis mortellement touchés par plusieurs balles. Ne parvenant pas à déboucher sur la Sambre, il reçoit l'ordre de se replier.Il a perdu plus de 600 hommes et 17 officiers (tués, blessés ou disparus).
Jean Pichon, blessé lors des combats, est évacué.

Le 1er septembre, il est affecté au 1er Régiment d'Infanterie Coloniale, qu'il rejoint le 9 septembre, lors de la reconstitution du régiment fortement éprouvé par les combats du mois d'août. Il participe à la bataille de la Marne, au combat de Ville sur Tourbe où le régiment perd près de la moitié de ses effectifs. Lorsque la Brigade coloniale est reconstituée le 18 septembre, chaque régiment ne dispose plus que de deux bataillons...Le 2 octobre le régiment reçoit de nouveaux renforts: il est maintenant formé de deux bataillons à 4 compagnies de 230 hommes de troupe chacune. Il sera engagé successivement à Massiges (octobre), Suippes , La Harazée, Le Four de Paris (novembre)... L'hiver est revenu, très dur: entre le 11 et le 15 novembre, 50 hommes doivent être évacués pour gelure des pieds... Les contre-attaques succèdent aux attaques, dans des terrains toujours plus difficiles, « boueux et glissants, semés d'abattis, très accidentés... »

Au 5 décembre 1914, le régiment est fort de 3 bataillons à 4 compagnies (environ 1900 hommes). Il occupe le secteur de Servon sur l'Aisne, puis de Vienne-le-Château. Le quotidien du soldat devient « routinier »: relèves, creusement de tranchées -de préférence la nuit-, amélioration des défenses, canonnades, bombardements, fusillades, coups de main, attaques, relèves....mais aussi arrivées de nouveaux détachements de renfort pour pallier les pertes. Le rédacteur du journal de marche précise le 9 janvier: « les hommes ont de l'eau jusqu'à la ceinture ce qui a amené de nombreuses évacuations de malades. » Est-il nécessaire de rappeler combien les soldats sont éprouvés par ces journées sans fin, attendant la prochaine relève avec impatience, remontant en premières lignes quelques jours après.
Jean Pichon est-il blessé au cours de cette période? Ou évacué malade?
Sa fiche matriculaire n'en dit rien.



Quoiqu'il en soit il est affecté au 7ème Régiment Mixte de Marche le 19 mai 1915. Son régiment débarque dans la presqu'île de Gallipoli, et rejoignent les tranchées françaises en dessous de Sedul Bahr (« La barrière de la mer » en turc), position turque fortement armée et parfaitement défendue par les troupes turques. Après le massacre des troupes australiennes et néo-zélandaises fin avril 1915 – elles furent débarquées au pied de falaises abruptes et anéanties pendant leur débarquement -, une guerre de tranchées commença et nos soldats, acculés à la mer, mouraient sous les balles et les obus, mais aussi du typhus, de la gangrène....
Le 14 mai 1915, le général Gouraud prend le commandement du corps expéditionnaire français, réorganise les positions et fait reprendre l'offensive le 1er juin. Sans succès, les assauts successifs ne parviennent pas à percer les lignes turques. La nuit, les soldats alliés subissent même les contre-attaques de commandos turcs qui les attaquent silencieusement pour égorger les guetteurs dans les tranchées.
Les côtes de la péninsule de Gallipoli sont un gigantesque cimetière où des milliers de corps pourrissent sous un soleil torride.




Le 30 juin, les forces anglaises, néo-zélandaises, australiennes et françaises – dont le 7ème RMM - enlèvent l’important ouvrage turc dit du « quadrilatère » . Le général Gouraud est grièvement blessé; Jean Pichon ( Matricule 3262 au recrutement de Quimper) disparaît au cours de ce combat.


Pendant les jours suivants, attaques et contre-­attaques meurtrières se succèdent, sans autre succès pour les alliés. « Sous un soleil torride, on s’enterre. Chaque camp opère des coups de main aussi sporadiques qu’inefficaces. Les cadavres pourrissent au soleil. Les nuits sont glaciales et hantées par la terreur des assauts de commandos turcs auxquels répond la sauvagerie des troupes sénégalaises. Aux Dardanelles, c’est finalement comme au Chemin des Dames. La boue en moins. »
Le général Ganeval qui succèda au général Gouraud fut tué quelques jours plus tard alors qu'il inspectait des positions de première ligne, voulant contrôler par lui-même le résultat des tirs de l'artillerie alliée avant de lancer ses troupes dans une nouvelle offensive.
.
Rappelons que cette campagne des Dardanelles fit plus de 10 000 tués et 20 000 blessés parmi les troupes françaises, 50 000 tués parmi les troupes alliées, et 70 000 tués turcs entre avril et octobre 1915.

Le jugement déclaratif a été transcrit à Brasparts le 3 novembre 1920.


Une chanson irlandaise nous rappelle ces combats: nombreux sont ceux d'entre nous qui ont eu l'occasion de l'entendre ou de l'écouter sans en connaître l'histoire. La voici:

The Foggy Dew

As down the glen one Easter morn to a city fair rode I
There Armed lines of marching men in squadrons passed me by
No fife did hum nor battle drum did sound it's dread tatoo
But the Angelus bell o'er the Liffey swell rang out through the foggy dew

Right proudly high over Dublin Town they hung out the flag of war
'Twas better to die 'neath an Irish sky than at Sulva or Sud El Bar
And from the plains of Royal Meath strong men came hurrying through
While Britannia's Huns, with their long range guns sailed in through the foggy dew

'Twas Britannia bade our Wild Geese go that small nations might be free
But their lonely graves are by Sulva's waves or the shore of the Great North Sea
Oh, had they died by Pearse's side or fought with Cathal Brugha
Their names we will keep where the fenians sleep 'neath the shroud of the foggy dew

But the bravest fell, and the requiem bell rang mournfully and clear
For those who died that Eastertide in the springing of the year
And the world did gaze, in deep amaze, at those fearless men, but few
Who bore the fight that freedom's light might shine through the foggy dew

Ah, back through the glen I rode again and my heart with grief was sore
For I parted then with valiant men whom I never shall see more
But to and fro in my dreams I go and I'd kneel and pray for you,
For slavery fled, O glorious dead, when you fell in the foggy dew.


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MessageSujet: Re: Mémorial des Braspartiates dans la Grande Guerre: 1915   Lun 12 Juil - 13:32

Les premières permissions

Depuis quelques mois, « Mémoire des Braspartiates » s'est attaché à suivre le parcours des Braspartiates tombés entre août 1914 et juin 1915 au Champ d'honneur de la Grande Guerre.
Une question s'est posée aux lecteurs: les soldats avaient-ils des permissions? Comment cela se passait-il?
La réponse n'est pas si simple.

Dans un premier temps, à la déclaration de guerre, les permissions furent bien évidemment annulées. Les classes présentes sous les Drapeaux, les engagés, furent toutes concernées par la Guerre: il fallait en finir au plus tôt avec l'envahisseur, et donc utiliser toutes les forces du pays. La guerre devait être courte: la question ne se posa pas.
Cette volonté se ressent à travers la correspondance des soldats: vaincre l'ennemi, puis le rejeter hors des frontières...

Car la guerre a changé de forme. Après 5 mois, à la guerre de mouvement a succédé la guerre de position: les tranchées ont stoppé le mouvement des armées, le front s'est stabilisé.
De ce fait, certains ont pu bénéficier de quelques avantages: les Territoriaux non engagés, les affectés spéciaux des usines (les poudreries du Finistère par exemple), les hommes des dépôts, bref, les « chanceux » de l'arrière commencent à recevoir quelques permissions lors de jours fériés, ou bien lors d'activités particulières (permissions agricoles)...

Les premiers soldats du front à être particulièrement touchés par ce souci sont les unités alliées..; les généraux commencent à aborder le problème à partir de décembre 1914-janvier 1915; Joffre, dont la tactique d'usure de l'ennemi nécessite la présence d'hommes volontaires au moral non affecté, mais qui doit également prendre en compte les réactions des politiques (soutenir le moral des familles mais aussi la natalité...) donne ses ordres pour organiser une rotation. Les premiers permissionnaires « organisés » commencent à rentrer au printemps 1915. Mais sur le front, cela n'est pas si simple: les attaques se succèdent, les relèves ne cessent pas dans le cadre de la guerre d'usure.

Joffre décide fin juin que chaque combattant français aura droit à huit jours de permission qu'il pourra passer dans sa famille, selon un tour qui sera déterminé par les états-majors, puis dès le mois d'août, réduit ce droit à six jours... Bien évidemment, ce droit n'est applicable que lorsque la situation le permet... Et son application n'est pas toujours si facile pour le soldat, comme nous le rappelle cette chanson de Botrel:

.....................

Les six jours

(Sur l'air des “Cinq sous” de la grâce de Dieu)

On vient d'nous apprendre à tous
Que notre bon “Papa joffre”
Six jours de congés nous offre
Parce qu'il est content d'nous:
Six jours! Six jours!
Moi qui demeure à Roscoff...
Six jours! Six jours!
Ça S'ra p't'être un p'tit peu court!

D'autant que pour faire honneur
A la belle Armée de France
Va-z-en falloir un' séance,
Préliminair' chez l'coiffeur!
Six jours! Six jours!
Pour s'”dépoiler” en conscience,
Six jours! Six jours!
Ça S'ra p't'être un p'tit peu court!

Dame, oui, j's'rais heureux comm'tout
- ça, je l'avoue sans ment'rie-
De revoir ma p'tit' marie
Que j'ai pas vue d'puis l'mois d'août:
Six jours! Six jours!
Pour embrasser ma chérie,
Six jours! Six jours!
Ça S'ra p't'être un p'tit peu court!

Mais son billet de log'ment
Est, à présent, chez sa mère,
Avec qui que j'suis en guerre
Presqu'autant qu'avec l'All'mand!
Six jours! Six jours!
Pour “grignoter” ma bell'-mère,
Six jours! Six jours!
Ça S'ra p't'être un p'tit peu court!


Et pour pas fair' de jaloux,
Faudra voir la parentée!
J'en ai toute une tripotée:
Somm's-nous pas cousins tertous?
Six jours! Six jours!
Pour licher trois cent bolées
Six jours! Six jours!
Ça S'ra p't'être un p'tit peu court!


Ah! n'faudra pas, sur le zinc,
Oublier d'mettre à l'étude
(Tâche à la fois douce et rude)
La future Class' 35;
Six jours! Six jours!
Quand on n'a plus l'habitude,
Six jours! Six jours!
Ça S'ra p't'être un p'tit peu court!


Puis, nous quitt'rons nos pat'lins
Pressés – soit dit sans reproches -
De r'voir les tranchées, les Boches,
Rosalie et les copains
Six jours! Six jours!
- Ne le dit's pas à mes proches! -
Six jours! Six jours!
Ça n'm'a pas paru trop court!

Joffre avait excellé dans l'organisation du transport des troupes; en bon polytechnicien, il va faire plancher ses états-majors sur le meilleur rendement des soldats du front et le maintien du moral par l'octroi des permissions, lesquelles doivent être bien évidemment organisées, planifiées: et il faut également prendre en compte les rappels successifs des classes, les mobilisations des réformés, que l'on doit transporter vers leurs unités d'affectation... tout en transportant les permissionnaires du front vers l'arrière (et retour vers le front). Cela représente 5% des effectifs des troupes « aux armées » et 10% des soldats de l'arrière en simultané!
Concernant Brasparts, excepté les affectés spéciaux et les hommes des dépôts, seuls quelques blessés bénéficieront dès le printemps 1915 de permissions. Il faudra attendre fin septembre pour que les soldats du front commencent à rentrer...
Ce régime n'est valable bien évidemment que pour les troupes métropolitaines... et sera difficilement applicable pour le front d'Orient... Quant aux cultivateurs du front, il faudra attendre fin 1916 pour bénéficier comme leurs camarades de l'arrière, de permissions « agricoles ».
Dans le même temps, l'Italie est entrée en guerre, soulageant de ce fait le front occidental, et la classe 1916 appelée sous les Drapeaux...
En ce qui concerne les soldats anglais, ils bénéficieront d'une permission leur permettant de rentrer entre trois et dix jours dans leurs familles...

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MessageSujet: Paul Dilvit (1888-1915)   Mar 13 Juil - 18:34

Le 13 juillet 1915 a lieu la plus dure offensive allemande de l’Argonne.. Son bilan est très lourd : du côté français, les pertes s’élèvent à 8.460 hommes. Du côté allemand, 3.420 hommes. Quant à l’avancée allemande, le terrain pris a été repris quelques heures plus tard par les Français. Face à cet échec, et voyant que les combats de surface n’aboutissent guère et s’avèrent très lourds en pertes de part les tirs d’artillerie des deux côtés, les soldats s’enterrent (percement de 11 tunnels de liaison côté français et 13 côté allemand) et se livrent à une guerre des mines acharnée.

Parmi les Bretons tombés dans cette journée, Paul Marie DILVIT, aide-cultivateur puis domestique, domicilié à Maner ar Park, né le 7 novembre 1888 au bourg de Brasparts, et fils de Yves et de Marguerite Broustal.

Affecté le 6 octobre 1909 au 62ème Régiment d'Infanterie de Lorient. Rendu à la vie civile en septembre 1911, il épouse Marie Françoise Riou le 21 avril 1912 à Brasparts et en a deux enfants, Yves Paul Marie (né en 1913) et Marie Jeanne (née en 1915).
Il rejoint le 62ème RI de Lorient à la mobilisation et participe aux combats de ce régiment à Sedan le 15 août, Maissin le 22 août, Tourteron le 2 septembre, à la bataille de la Marne, au combat d'Hamel (octobre 1914). Puis le régiment est « cantonné » dans les tranchées de Aveluy, Anthuille, Martinsart (canton d'Albert, dans la Somme)... Il y restera jusqu'à l'été 1915, date à laquelle il sera relevé par les troupes alliées (notamment écossaises).

Pour une raison ignorée, Paul Dilvit est affecté comme caporal clairon au 4ème Régiment d'Infanterie le 16 mars 1915; ce régiment combat en Argonne (Vauquois, Haute Chevauchée, Ravin des Maurissons – le Ravin des Cuisines dont nous avons déjà parlé), dans les conditions décrites dans un message précédent.

Le 4ème RI, qui appartient à la 14ème Brigade d'Infanterie, laquelle dépend de la 9ème Division d'Infanterie, a gagné ses positions le 7 juillet et le secteur semble relativement calme après les échecs allemands précédents. Le 13, « les allemands attaquent notre ligne sur le front 263-Haute Chevauchée ainsi que sur le front de la 125ème DI après un violent bombardement. Toutes les dispositions sont prises immédiatement pour faire face à cette attaque. » Les régiments « au repos » (le 89ème RI, le 66ème Bataillon de Chasseurs) sont mis en place sur les sites les plus vulnérables. Les allemands progressent mais sont repoussés grâce à la contre-attaque des chasseurs. Mais le choc initial fut particulièrement rude: le bombardement fut d'une violence inouïe, et les allemands attaquent en employant des gazs et des lance-flammes. Paul DILVIT (matricule 774) disparait lors de cette attaque sur la cote 263 le 13 juillet 1915.


Initialement porté disparu et présumé prisonnier, il sera finalement reconnu “Mort pour la France”. Le jugement déclaratif a été transcrit le 16 avril 1921 à Brasparts.


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MessageSujet: Michel Breut (1884-1915), François Herry (1892-1915), Paul Mazé (1889-1915)   Mer 14 Juil - 15:34

Le 17 juin 1915 a été créée la 15ème division d'infanterie coloniale, commandée par le général Bro. Sous ses ordres, 2 brigades dont la 1ère est composée du 1er et 2ème Régiment d'infanterie Coloniale. Les brigades ont été retirées du front le 16 juin pour permettre la concentration de cette nouvelle unité qui est regroupée dans la région de Chalons sur Marne (20 juin) en vue de préparer une nouvelle ligne de défense dans la région de Valmy. Le 1er juillet, la division est mise en alerteet déplacée en autos vers l'Argonne, dans la région de Vienne-la-Ville selon un dispositif que reprend le croquis ci-après, extrait du JMO de la 15ème DIC:


La brigade coloniale est centrée sur la région de Vienne-la-Ville quand elle reçoit l'ordre, le 4 juillet, d'organiser une attaque vers le Bois Beaurain. Le 2 est désigné régiment d'attaque. Sa mission: « s'emparer des ouvrages ennemis du Bois Baurain, attaquer de front et par l'ouest les positions ennemies... ». Deux cent hommes du régiment sous les ordres d'un sous-lieutenant sont placés en réserve...

A partir du 8 juillet, l'artillerie française entre en action dans le secteur; dès le 12, la préparation de l'attaque continue « par des tirs de règlage d'artillerie, par des patrouilles faites pour reconnaître l'état des défenses accessoires de l'ennemi, par des travaux divers: confection de moyens de franchissement, de boyaux de communication pour le mouvement vers l'avant et vers l'arrière... ». Les régiments ont gagné leurs lignes de départ...

Le 13 a lieu l'attaque allemande, laquelle est accompagnée de tirs d'obus à gaz asphyxiant sur l'ensemble du front de l'Argonne. Mais cette attaque n'a pas annihilé les volontés d'offensive du quartier général. Tandis qu'à l'est de la forêt, l'ennemi était parvenu à pénétrer les lignes françaises, mais sans pouvoir exploiter son succès devant la vigueur de la résistance des poilus, l'état-major maintient son plan d'attaque sans lui apporter de modification.

Le 14 juillet, la division passe à l'offensive avec en troupes d'attaque le 2ème RIC, 1 bataillon du 1er RIC, 1 bataillon et demi du 173ème d'infanterie: l'ordre est de « dépasser les premières lignes, de s'organiser solidement sur les positions conquises, de créer immédiatement des communications vers l'arrière pour s'assurer contre toute riposte ou contre-attaque de l'ennemi. »


L'attaque est déclenchée à 8h30, après une préparation d'artillerie de plus de deux heures qui « ne parut pas suffisante. », ce qui sera confirmé peu de temps après le début de l'attaque.


« Au centre et à gauche, les deux premières vagues franchissent nos tranchées, et, entraînées par leurs Chefs, se portent impétueusement à l'attaque de la 1ère ligne allemande qu »elles ne tardent pas à dépasser... » rapporte le colonel Guérin commandant la 1ère Brigade. De fait, « la première vague d'assaut du 2ème RIC arrive en quelques minutes sur la première ligne allemande, la dépasse et arrive sur la 2ème ligne. ». Mais le bataillon Lorizit, à gauche du dispositif, est « arrêté net par une fusillade violente et un feu intense des mitrailleuses allemandes de 3ème ligne, complètement intacte... ». Une deuxième vague d'assaut parvient à rejoindre la première au centre du dispositif (le Bois Baurain).
Le colonel Guérin renforce l'attaque en envoyant un bataillon du 1er RIC qui ne parvient pas à déboucher... Une contre-attaque allemande repousse l'aile gauche du régiment. A 10h15, nouvel envoi de troupes « fraîches » pour rétablir la situation. Malheureusement, alors que le 2 prend pied dans le bois Beaurain, son régiment voisin ne parvient pas à déboucher de ses tranchées et « permet aux Allemands de se ressaisir et de battre d'un feu violent... les abords du Bois Baurin où nos compagnies se trouvent bloquées. »

A 11h50, nouvel effort pour s'emparer du bois mais les « défenses accessoires sont encore intactes, les mitrailleuses n'ayant pas été détruites » et une nouvelle préparation d'artillerie « absolument nécessaire », est « rendue difficile autant qu'incomplète, du fait de la présence de nos troupes dans le Bois... »
Le Bois Baurain où le groupement Petitjean formé de compagnies du 2ème RIC est soumis aux feus d'infanterie et d'artillerie ennemis et recule peu à peu pour se reporter vers la lisière sud où il s'arrêtera vers 19h, moment où l'attaque est relancée. Les hommes de la première vague atteignent le bois, mais les 2ème et 3ème vagues sont « complètement fauchées par les mitrailleuses ennemies su saillant du Chêne. »

Lorsque la nuit tombe, au soir de ce 14 juillet, le bataillon de gauche s'est installé défensivement sur la route de Servon, deux groupements se cramponnent à la lisière sud du Bois Baurain. Seul le 173 à droite n'a pu déboucher. Les groupements du Bois Baurain vont résister encore à une nouvelle contre-attaque allemande lancée à 2h30, « la lutte s'engageant à coups de baïonnettes, de pétards et même de pioches... ».

Le 2 va réussir à s'implanter défensivement. Grâce à sa combativité, il a repris plusieurs lignes de tranchées mais se retrouve isolé au milieu du dispositif ennemi, les régiments de ligne n'ayant pu déboucher. Le Régiment perd 1350 hommes dont 28 officiers au cours de ces combats. Le 1er RIC, de son côté, a perdu 670 hommes dont 16 officiers.
Trois Braspartiates sont tombés dans les combats du Bois Baurain en ce 14 juillet 1915:

Le caporal Michel Jean Marie BREUT, est né le 12 mai 1884 au bourg de Brasparts, fils de Jean Michel et de Marie Angélique Lucas. Après avoir quitté Brasparts en 1903 pour Paris, il s'engage pour 4 ans au titre du 103ème Régiment d'Infanterie qu'il rejoint le 11 décembre. Il passe au 104ème d'Infanterie le 1er juin 1906. Rengagé pour 5 ans (à termes résiliables) le 30 mars 1908 au titre du 2ème Régiment d'Infanterie Coloniale. Il est versé dans la dsiponibilité le 18 avril 1909 et sert comme garçon de magazin à Paris (1911-1914). Mobilisé le 3 août 1914 au 2ème RIC, il est nommé caporal le 3 octobre puis sergent le 23 novembre. Il est tué à l'ennemi le 14 juillet 1915 au Bois Baurin, secteur de Servon (Marne), au sein du bataillon Lozivit. (Matricule 2648. Le jugement déclaratif du tribunal de Châteaulin transcrit à Brasparts le 24 mars 1921).

Le soldat François Marie HERRY , cultivateur, est né le 25 mai 1892 à Saint-Rivoal, fils de Jérôme et de Marguerite Martin. Mobilisé le 2 août 1914, il est affecté comme soldat au 2ème Régiment d'Infanterie Coloniale et participe à tous les combats de ce régiment. Il est tué à l'ennemi le 14 juillet 1915 au Bois Baurain, dans le bataillon Stieglitz . François Héméry est inhumé dans la nécropole nationale « Saint-Thomas-en-Argonne » (Marne) dans une tombe collective n°4375. (Matricule 572. L'acte de décès a été transcrit le 12 septembre 1915 à Brasparts.) Il est inscrit au Monument aux Morts de Saint-Rivoal.

Le lieutenant Paul MAZE, cultivateur, est né le 13 juin 1889 à Poul ar Groas, fils de Jean Louis et de Marie Françoise Cariou. Elève certainement doué, il a vraisemblablement suivi les cours de l'école d'agriculture du Lézardeau de Quimperlé.
Incorporé le 5 octobre 1910 au 77ème Régiment d'Infanterie à Cholet, il est nommé caporal le 6 avril 1911, puis sergent le 4 octobre, avant d'être versé dans la disponibilité le 25 septembre 1912.



Mobilisé le 2 août 1914 au 2ème Régiment d'Infanterie Coloniale, et nommé sous-lieutenant de réserve le 7 septembre, il participe à tous les combats de ce régiment au sein du bataillon Lozivit (9ème compagnie); il est promu sous-lieutenant de réserve à titre définitif le 10 mai 1915, puis lieutenant de réserve le 12 juin 1915.
Paul Mazé a peut-être bénéficié d'une permission en mai ou juin 1915; sa demande a été faite, ainsi que le rapporte son frère Jean, mais aucune certitude ne peut être donnée à ce sujet, sinon que sa famille conserve pieusement ses médailles reçues lors des combats précédents (Croix de Guerre, Médaille Militaire).


Il est tué à l'ennemi le 14 juillet 1915 au Bois Baurain, dans le secteur de Servon. Il sera nommé lieutenant à titre posthume le 10 mai 1917. (Matricule 3077. Le jugement déclaratif du tribunal de Châteaulin a été transcrit à Pleyben où demeure sa mère le 13 avril 1921.)
Le lieutenant Paul Mazé a été promu chevalier de la Légion d'Honneur, vraisemblablement à titre posthume, mais aucune archive n'a permis de le confirmer.


A noter la disparition le même jour au Bois Baurain de Pierre Marie LE BAUT, de Pleyben.

Nota: les lecteurs qui le souhaitent peuvent retrouver le récit de l'attaque du Bois Baurain en cliquant sur le lien: http://www.troupesdemarine.org/traditions/histoire/hist018.htm
Iles peuvent également consulter le récit du JMO de la 15ème DIC en cliquant sur le lien:
http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/jmo/img-viewer/26_N_476_001/viewer.html
ou encore consulter le rapport du colonel commandant la 1ère brigade en cliquant sur le lien:
http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/jmo/img-viewer/26_N_552_003/viewer.html



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MessageSujet: Charles Broustal (1885-1915)   Jeu 15 Juil - 9:49

Si les combats d'Argonne ou ceux de Gallipoli ont été particulièrement meurtriers, la vie du "Poilu" n'est guère meilleure quelque soit son secteur de combat... Le 15 juillet 1915, décède un autre "braspartiate", cette fois de Saint-Rivoal.
Charles Broustal avait 29 ans. Son histoire est celle de nombre de nos soldats.

Charles BROUSTAL, né le 25 décembre 1885 à Saint-Rivoal, est fils de Pierre et de Anne Guillerm.
Incorporé au 106ème Régiment d'Infanterie le 8 octobre 1906, il est versé dans la réserve le 25 septembre 1908. Il effectue deux périodes d'exercice en 1911 et 1913.
Il épouse Marie Picart le 24 novembre 1913 à Saint Rivoal.

Mobilisé le 3 août 1914 au régiment de Quimper, il est ensuite affecté comme soldat au 318me Régiment d'Infanterie. Le régiment participe à la défense de Paris (stationné à Aulnay-sous-Bois début août) puis à la retraite des 3ème et 4ème Armées, à la bataille de la Marne, et s'illustre en particulier aux combats du bois de Montrolles et de Moulins-sous-Touvent.

Toute l'année 1915, le régiment est positionné dans l'Oise et se bat en particulier pour la ferme d'Ecafaut (commune de Tracy-le-Mont,5-16 juin 1915). Ces combats d'une violence extrème sont associés au nom du général Nivelle lequel s'acharnera à conquérir quelques arpents de terre non loin de Compiègne. Dans son ouvrage, « La Bataille de Quennevières », Rémi Hébert concluera qu' « en beaucoup de points, le management stratégique de cette bataille préfigure la tragédie qui deux ans plus tard aura le Chemin des Dames pour cadre ». C'est vraisemblablement au cours de ces combats (le régiment ayant été ensuite retiré et mis au "repos") que Charles Broustal est grièvement blessé – plaies pénétrantes des cuisses, des jambes, et broiement des deux pieds.

Charles Broustal (Matricule 2450 au recrutement de Quimper) est mort pour la France le 15 juillet 1915 à l'ambulance 2/61 d'Offémont (Oise, 3km au sud de Tracy-le-Mont. L'ambulance était installée dans le château) des suites des blessures de guerre. Initialement enterré dans le cimetière provisoire de l'enceinte du château d'Offémont, il fut ensuite inhumé dans la nécropole nationale « Royallieu » de Compiègne, dans la tombe individuelle n°69, carré M. L'acte de décès a été transcrit le 24 juin 1916 à Saint-Rivoal. Son nom est inscrit sur le Monument aux Morts de Saint-Rivoal.




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MessageSujet: Pierre Cariou (1878-1915)   Dim 25 Juil - 12:06

Un autre saint-rivoalien, Pierre CARIOU, cultivateur, né le 16 mai 1878 à Saint-Rivoal, fils de Pierre et de Marie Anne Chulou, tombe lors de ces terribles combats de Quennevières.

Initialement dispensé de service national, car soutien de famille, il est affecté le 14 septembre 1899 au 3ème Bataillon de Chasseurs à pied pour son service national.
Versé dans la disponibilité le 22 septembre 1900, il effectue deux périodes d'entraînement avec le 118ème Régiment d'Infanterie en 1908 et 1909.

Mobilisé le 15 août 1914, toujours au 118, il passe au 151ème Régiment d'Infanterie le 4 juin 1915 puis au 265ème Régiment d'Infanterie le 19 juin 1915. Ce régiment perd 400 hommes dans l'attaque de Quennevières er de la ferme d'Ecafaut. Après l'échec de l'offensive, il s'installe défensivement dans le même secteur de Tracy-le-Mont.


Dans l'historique de ce régiment, le commandant du Plessis écrit: « Les repos en ce temps là ne mènent pas loin vers l'arrière: Bitry, la ferme Gamet, la ferme Navet, qui nous abritent, reçoivent presque tous les jours, ici ou là, quelques obus. On y passe, à intervalles irréguliers, une ou deux semaines. Se nettoyer, faire l'exercice, creuser des tranchées au revers des crêtes, fabriquer des gabions, des claies, des fascines, des piquets de bois pour l'avant, tel est l'emploi de nos journées. Après quoi, l'on remonte vers le secteur. »

Pierre Cariou ne connaîtra pas ce moment avec le 265. Il a rejoint son régiment avec les renforts, et le secteur s'étend entre Ribecourt et Tracy-le-Mont. « Là, sauf en un point ou deux, l'ennemi est loin: quelques balles, un obus de 77 de temps à autre, le bruissement de castagnettes que font le pas de nos corvées sur les caillebotis sonores, troublent seuls la tranquillité de l'espace. Hors du village, presque partout, c'est la forêt ou le marécage: observateurs et mitrailleurs perchent sur les branches fourchues; les tranchées, les boyaux, les abris, se clayonnent en relief; l'eau court entre les pilotis et les moustiques se régalent...
Après un repos de dix jours près de Pierrefonds, le régiment revient à ses anciennes tranchées. Elles n'ont pas changé de régime. Les « minen » y grondent toujours; les rats y pullulent de plus belle...


C'est le type du secteur d'usure. Tout est battu par le canon avec méthode et persistance. Il ne se passe guère de jours que plusieurs centaines de grosses bombes ne bouleversent de fond en comble telle ou telle zone du front... Dominés par les positions de l'ennemi qui nous surveille sans relâche, nous ne pouvons faire un mouvement, entreprendre un nouveau travail, restaurer un ouvrage démoli, sans être harcelé par toutes sortes de projectiles... »

Le jour même de ce retour du régiment dans ses positions de l'avant, le 25 juillet 1915, Pierre Cariou (matricule 2679) est blessé mortellement dans une tranchée sur le plateau de Quennevières, dans la commune de Tracy-le-Mont (Oise) vers 1h30 du matin. “Par suite de la proximité des lignes ennemies, nous n'avons pas pu nous porter auprès de la personne décédée”, dira son acte de décès, transcrit à Brasparts le 28 décembre.
Pierre Cariou est inscrit au Monument aux Morts de Saint-Rivoal.


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