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 Mémorial des Braspartiates dans la Grande Guerre: 1915

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Patrice Ciréfice
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MessageSujet: Yves Mével (1885-1915)   Jeu 29 Juil - 7:53

Dans ce mois de juillet 1915, Saint-Rivoal est durement touché...
Yves MEVEL , cultivateur, né le 13 mai 1885 à Bodenna en Saint-Rivoal, est fils de François et de Marie Louise Le Floch.
Il effectue son service national au 118ème Régiment d'Infanterie où il est nommé clairon le 1er octobre 1907. Libéré du service actif le 25 septembre 1908, il est versé dans la réserve le 1er octobre.
Marié et père de deux enfants, Emma et Louise, Yves Mével effectue deux périodes d'exercice du 18 août au 19 septembre 1911 et du 2 au 18 avril 1913, toujours au 118ème RI.

Mobilisé, il rejoint son régiment le 3 août 1914, et part au front avec lui dès le 8;. Il participe donc aux combats de Maissin, de Chaumont-Saint Quentin et de Lenharrée, avant d'être blessé et évacué.

Le 12 octobre, il est affecté au 348ème Régiment d'Infanterie, et le rejoint dans le secteur de Reims; c'est dans ce secteur que le 25 décembre, « après la tombée de la nuit, des Allemands se trouvèrent sur la route de Neuchâtel, ou dans les environs, avec des lanternes vénitiennes: on exécute sur eux des feux de salve (...). D 'après un compte-rendu parvenu ce jour à la division, trois soldats sortis des tranchées du Cavalier de Courcy (le secteur du 348), sont allés à 100m en avant converser avec les allemands qui ont fait de même, et qui leur donne une boîte contenant quelques cigares et journaux... ». Si le JMO ne rend pas compte de ce fait, il reste néanmoins l'un des cas de fraternisation entre soldats ennemis, en cette nuit de Noël 1914...


Le régiment restera dans le secteur de Reims jusqu'en octobre 1915. L'hiver est très rude, les journées pluvieuses, les nuits particulièrement froides. Les soldats s'astreignent à améliorer leurs positions, leurs défenses accessoires...Le calme relatif est parfois brisé par des tirs isolés, par des bombardements soudains qui ne durent pas ... En avril, les allemands bombardent la ville de Reims.

En mai, la compagnie de Yves Mével connait quelques pertes dans les tranchées ou lors de patrouilles... Les allemands procèdent en fait à la récupération de troupes et à leur transfert vers le front russe, et le secteur reste relativement calme pendant cette période. Le commandement en profite pour mettre en œuvre le plan Joffre de permissions et nombre de soldats du régiment peuvent ainsi en profiter. Ce sera le cas d'Yves Mével qui reverra sa famille à Saint-Rivoal avant de regagner le front......

Le 29 juillet 1915, Yves Mével (matricule 2332 au recrutement de Quimper) se trouve dans la coursive des chasseurs lorsqu'elle s'effondre sous le poids de minenverfer (obus de mortiers de 76 lesquels tiraient une vingtaine de coups à la minute) et fait partie des cinq tués de sa compagnie (la 22ème). Il y aura 7 autres blessés.

Yves Mével est inhumé au cimetière du Nord à Reims (N°1010). L'acte de décès a été transcrit à Saint Rivoal le 16 septembre 1915. Son nom est inscrit sur le Monument aux Morts de Saint-Rivoal.



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Patrice Ciréfice
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MessageSujet: Pierre Jean Labous (1886-1915)   Mar 7 Sep - 6:23

Pour les Braspartiates comme pour beaucoup de soldats, le front est « relativement » calme en août 1915. Les combats du printemps et ceux de juillet ont fortement éprouvé les combattants. Un temps de récupération est nécessaire avant de reprendre les offensives. Mais ce temps est très court, car l'état-major a déjà décidé des prochaines actions. Bienheureux sont ceux qui peuvent bénéficier d'une permission après 11 ou 12 mois de guerre pratiquement sans interruption...
En septembre, l'Ankou va reprendre ses droits, et les morts s'accumuler. Un saint-rivoalien, Pierre Jean Labous, va s'éteindre le premier, victime de maladie, suivi quelques temps après de Jean Paul Labous, Olivier Mignon et Jean Louis Guillou. Et l'offensive de Champagne décidée par Joffre se prépare...


Pierre Jean LABOUS, cultivateur, né le 17 mai 1886 à Saint Rivoal, est fils de François et de Marie Anne Guillerm.
Matricule 342 au recrutement de Quimper, il est incorporé au 18ème Bataillon d'Artillerie à pied le 7 septembre 1907 comme canonnier servant. Il est nommé brigadier le 25 septembre 1909. Envoyé en congé de disponibilité le 21 septembre 1909 avec son certificat de bonne conduite, il est nommé sergent le 15 mars 1910 après une période d'exercices avec le 10ème bataillon d'artillerie à pied. Il épouse Marie Françoise Broustal le 24 novembre 1912 à Saint Rivoal.

Il est mobilisé le 2 août 1914 comme maréchal des logis-fourrier au 4ème Régiment d'Artillerie et participe avec son régiment aux opérations d'Alsace et aux combats dans les Vosges.


Affecté à la 46ème batterie du 45ème Régiment d'Artillerie Lourde, il est évacué en août 1915 vers l'arrière, et décède le 7 septembre 1915 à l'ambulance H/22 de Vitry-le-François suite à maladie(s) contractée(s) en service. L'acte de décès a été transcrit le 8 février 1916 à Brasparts.
Pierre Jean Labous est inscrit sur le Monument aux Morts de Saint-Rivoal.
Il est inhumé dans la nécropole nationale « La targette » de Neuville-Saint-Vaast (Pas-de-Calais), tombe individuelle N°5116, carré 21, rang 5. Près de 12 000 soldats français reposent dans cette nécropole...


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Patrice Ciréfice
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MessageSujet: Jean Paul Labous (1895-1915)   Mer 8 Sep - 9:58

Jean Paul Marie LABOUS , cultivateur, né au Cosquer le 3 septembre 1895, est fils de François Louis et de Marie Anne Mignon.
Appelé sous les Drapeaux comme tous les jeunes de sa classe en décembre 1914, il est incorporé le 15 décembre au 71ème d'infanterie. Après avoir reçu une formation de base, Il est ensuite affecté le 16 mai 1915 comme soldat au 41ème Régiment d'Infanterie qu'il rejoint au front le 24 mai 1915.

Ce jour là, le régiment reçoit un renfort de plus de 600 hommes pour faire face aux terribles pertes consenties. L'incorporation est faite “en douceur”: Jean Paul Labous découvre l'horreur des premiers bombardements d'artillerie lourde, avant que le régiment ne soit relevé le 27 mai. Le régiment se reconstitue alors mais n'a guère le temps d'entraîner ses hommes. Une attaque est décidée pour le début du mois de juin. Mais à peine la relève opérée, les lignes françaises subissent un terrible bombardement: une escouade est complètement enterrée. Pendant 4 jours, les deux artilleries échangent les coups sans discontinuer. Le 11 juin, le 41 est relevé dans son secteur de Roclincourt-Sainte Catherine, près d'Arras.



Puis le 15, il regagne ses positions; l'attaque est confirmée pour le lendemain... “La journée se passe à règler les derniers préparatifs; constitution du magasin du génie dans les tranchées, du dépôt des cartouches, distibution aux hommes des pétards et grenades, construction des gradins de franchissement, etc.” Le 16 juin 1915, à 12h15, Jean Paul Labous monte pour la première fois à l'assaut des tranchées ennemies.



Le 41 perd au cours de cette attaque 24 officiers et 460 hommes...qui seront remplacés dès le 20 juin! Quelques jours de repos et d'entraînement et le 41 reprend position dans les tranchées de première ligne...et subit de nouveaux bombardements.

Le 4 juillet, le régiment reçoit l'ordre de rejoindre un nouveau secteur et s'installe à Brouilly. Il dispose alors de quelques jours de “repos”. Le 10 juillet, un évènement se produit: Théodore Botrel arrive pour passer deux jours avec le régiment; il organise un concert qui obtient “un grand succès. Tous nos soldats reprennent en choeur ses refrains, surtout celui de Rosalie.”
Le 12 juillet, second évènement: des permissions de 7 jours sont accordées aux officiers, sous-officiers et soldats présents depuis le début de la campagne: elles concernent 3 officiers, 1 médecin, 73 sous-officiers et 112 soldats... qui partent le soir même.Puis c'est de nouveau l'entraînement, les exercices, l'entretien...avant le départ vers le front le 22 juillet.

Le régiment est embarqué par train vers Noisy-le-Sec, Bar-le-Duc, Givry-en-Argonne, où il arrive le 30 juillet. Le 8 août, ses bataillons assurent les relèves au Four de Paris, et subissent des attaques allemandes quotidiennes...Ils sont relevés le 15 août avant de reprendre leurs postes le 22 et de subir bombardement sur bombardement...Puis nouvelle relève le 28 et retour dans les tranchées le 3 septembre...



Le 5 septembre, les tranchées sont bombardées par du 77 et du 105 et quelques mines. L'explosion de ces mines provoque la mort d'un sergent et blessent grièvement 3 soldats, parmi lesquels Jean Paul Labous, lequel est évacué vers l'hôpital militaire de Valmy où il décède le 8 septembre.
Son acte de décès a été transcrit le 9 février 1916 à Brasparts. Jean Paul Labous (Matricule 2667 au recrutement de Quimper) est inhumé dans la nécropole militaire de Sainte Ménéhoulde, dans la tombe individuelle 3526.

Le 41 va subir une nouvelle attaque le 8 septembre, précédée par un “bombardement intense, rien qu'avec des obus de gros calibre et de gaz suffocants...”. L'ennemi ne sera repoussé qu'au prix de très lourdes pertes...


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MessageSujet: Olivier Mignon (1894-1915)   Jeu 9 Sep - 6:45

Olivier MIGNON, cultivateur, né à Lopérec le 13 juin 1894, est fils de Henry et de Marie Anne Quéré, cultivateurs à Saint Rivoal puis à Brasparts.

Matricule 738 au recrutement de Quimper, il est incorporé le 5 septembre 1914 comme soldat au 48ème Régiment d'Infanterie. Après une période de formation, il rejoint le 29 novembre son régiment au front, en Artois.
Le 48 vient d'être relevé des premières lignes où il a lancé une offensive d'envergure sur les tranchées ennemies cinq jours durant; le général Gouraud est venu en personne féliciter les soldats pour leur courage au feu.

Dès le 3 décembre, Olivier Mignon est au contact des allemands: il apprend le dur labeur du poilu - travaux, boyaux de progression vers l'ennemi, patrouilles, feu des guetteurs, tirs de mortiers, attaques et contre-attaques...Quand le régiment est relevé le 10, il a perdu 9 morts et 33 blessés...
Le 20 décembre, le 48 fait face à une offensive puissante et perd une partie des tranchées qu'il tenait; la contre-attaque, malgré des pertes sérieuses (9 officiers, 300 hommes), ne lui permet pas de les reprendre...
En janvier, le 48 se trouve dans le secteur « Le labyrinthe, Ecurie, Roclincourt, Monchy au Bois. La journée du 7 janvier est tout à la fois dramatique et meurtrière: les allemands attaquent en force le Ravin des Meurissons; le 46 est sauvé grâce à l'appoint des garibaldiens; mais à la fin de la journée suivante, il ne reste plus que 136 hommes valides, aptes au combat...Le chef de corps, le médecin-chef, sont blessés; deux commandants de bataillon tués; trois capitaines portés disparus, 13 lieutenants blessés ou disparus...Le 9, le 4ème d'infanterie, venu en renfort et chargé de reprendre les positions perdues, est repoussé. Les survivants du 46, par leur défense héroïque, sauvent l'esssentiel...Quand le 46 est relevé au soir du 9 janvier, il a perdu 1600 hommes environ, tués, blessé ou disparus... Le régiment est stationné à Jubicourt, qu'il a rejoint en automobiles...
Les renforts arrivent bientôt et le régiment se reconstitue...Le 27 janvier, le général Joffre passe le 46 en revue.
Le 22 février, le 46 reçoit l'ordre de rejoindre le secteur de Vauquois et de s'emparer du village tenu par les allemands depuis le début de la guerre... Ce secteur sera le tombeau de nombreux régiments, dont le 46.
La butte de Vauquois est un mamelon situé à 4 kilomètres du massif de l'Argonne. Dominant toute la région, les états-majors la considèrent comme le point clé du terrain, l'observatoire idéal.. Les allemands en ont fait une véritable forteresse...



L'attaque est déclenchée le 28 avec le 89ème d'infanterie.

"C'était le 28 février 1915, le 46e était dissimulé dans un chemin creux de X... (...) dans un silence impressionnant, une voix clama : "Le 46e en avant !" Alors, d'un même et splendide élan, les poilus du 46e s'élancèrent. Or, en même temps qu'eux, sortait du boyau un groupe d'une vingtaine d'hommes qui, le plus paisiblement du monde, formèrent le rond, sans souci des balles, des shrapnells, des obus ! C'étaient les musiciens du régiment ! Tout de suite le chef de musique, Claude Laty, leva sa baguette blanche et à son commandement s'éleva l'air de la Marseillaise. Cependant, tandis que l'orchestre faisait ainsi sa partie dans l'assaut, le baryton Magny avait le bras traversé par un éclat d'obus et une basse, Tillocher, tombait grièvement blessé. Le rond se resserra et les musiciens continuèrent à jouer sans la moindre fausse note. Ils en étaient à la mesure : l'étendard sanglant est levé... lorsque la flûte Delaitre et l'alto Eugels tombèrent, morts (...). Et l'orchestre tonitrua la charge aux accents terribles ! Mais presque coup sur coup, l'une des clarinettes, Laurent, tombait frappé au ventre, la grosse caisse, Blanchard, la joue traversée par une balle, culbutait avec son instrument et le flûtiste, Régnier, était blessé à la main."


Le 46 s'empare des tranchées de première ligne à la baïonnette, parvient à 25m de l'église mais est finalement repoussé.
L'assaut reprend le lendemain toute la journée, puis la nuit durant mais les allemands tiennent toujours; ils contre-attaquent le 3 mars dans la nuit mais sont à leur tour repoussés. Quand le 46 est relevé, il a perdu 26 officiers (dont 2 tués), et 1 700 hommes (dont 230 tués et 500 disparus); la situation est stabilisée auprès de l'église...Quand il remonte en ligne le 8 mars, rien n'a changé. Le 12, il reçoit de nouveau l'ordre d'attaque en appui du 76ème d'infanterie: nouvel échec, nouvelles pertes (23 tués et 96 blessés)... Il est relevé par le 89 et se reconstitue avec de nouveaux renforts: 800 hommes provenant du 224, du 129 et du 5ème d'infanterie....avant de remonter en ligne et tenir les positions conquises. « Grignoter l'ennemi » a ordonné Joffre.


La ligne de front se fige au sommet de la butte, de part et d'autre des ruines du village.
A chaque nouvelle relève, le régiment perd une centaine d'hommes. Survivre tient parfois du miracle: Olivier Mignon survit aux attaques et contre-attaques, aux bombardements, aux fusillades qui vont se succéder jusqu'à la fin juin: la grande offensive d'Artois ordonnée par le généralissime est un nouvel échec...
En juillet, la guerre des mines prend une nouvelle ampleur: les français essayent de détruire les positions allemandes l'une après l'autre; l'artillerie allemande répond par des bombardements de grande ampleur...et les attaques se succèdent pour quelques mètres de tranchées, de terrain... La Butte de Vauquois devient une termitière, parfois rompue par les explosions de mines. Ainsi en juillet, en août: le 46 ne cesse de recevoir des renforts avant de se jeter de nouveau dans l'enfer...

C'est lors de la montée en première ligne du 46 fin août début septembre que Olivier Mignon est grièvement blessé. Il est évacué sur le poste de secours du régiment puis par véhicule sur l'ambulance divisionnaire avant de rejoindre l'hôpital de Valmy à Sainte Ménéhoulde: il y décède le 10 septembre 1915 suite à ses blessures de guerre.

Il est cité à l'ordre du Régiment: « Jeune soldat d'un calme et d'un sang-froid exceptionnels au feu. Très grièvement blessé par un éclat d'obus. Mort des suites de ses blessures. »

L'acte de décès a été transcrit à Brasparts le 24 octobre 1915. Olivier Mignon est inhumé dans la nécropole nationale de Sainte Ménéhoulde, dans une tombe individuelle n°2188.
Les deux autres frères d'Olivier, Jacques et Henri ne survivront pas non plus à la guerre: Jacques tombera en 1916 et Henri en 1919.


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MessageSujet: Re: Mémorial des Braspartiates dans la Grande Guerre: 1915   Mer 15 Sep - 11:03

L'offensive de Champagne, dont la date est fixée au 25 septembre, va durer 12 jours, entre la vallée de la Suippe et la lisière ouest de la forêt d'Argonne. Joffre rêvait de revenir à une guerre de mouvement tout en gardant en mémoire son souci de “grapiller” les hommes et le terrain. Simultanément, il lance l'offensive d'Artois, mais aussi une offensive sur la rive droite de l'Aisne, espérant ainsi surprendre et bousculer l'ennemi... Le mois de septembre a conduit les soldats français à réaliser des travaux de creusement de tranchées pour se rapprocher au plus près des lignes allemandes. Le JMO du 118ème d'Infanterie rapporte: “Toutes les nuits, deux compagnies de chaque bataillon ont été travailler de 20 heures à 4 heures à l'amélioration du secteur: approfondissement des tranchées, boyaux, construction de ponceaux et abris, etc.”

Nous possédons un témoignage exceptionnel, celui de Jacques d'Arnoux, lieutenant au 116ème régiment d'infanterie, dont les notes ont été publiées en 1925 sous le titre “Paroles d'un revenant” (Plon éditeur). J'ai choisi de vous en donner quelques extraits qui permettent de mieux comprendre la vie du soldat dans la préparation de cette offensive avant de revenir à l'histoire de nos braspartiates et saint-rivoaliens tombés en ces terribles jours au cours des quels 17 d'entre eux tombèrent au champ d'honneur.


15 septembre 1915. Dans les tranchées situées au nord-est de Perthes les Hurlus.
L'aurore se lève sur les charniers de Perthes-les-Hurlus: tranchées légendaires aux parois humaines où les morts abritent les vivants, séjour de pestilence, hérissé de croix, submergé de fumée où l'écroulement des bombes est éternel. Ces croix déchiquetées, sans cesse arrachées, sans cesse replantées dans les mêmes parapets, racontent les carnages de février. Sous un morceau de képi rouge, je lis à voix basse: “Ici reposent 12 soldats du 10è régiment. Respectez cette place.” “Ici 3 officiers...”, illisible. Beaucoup d'autres épitaphes effacées...
Je m'avance lentement, et tout le long du fossé putride creusé à travers ces fosses communes, je vais récitant cette litanie héroïque. Des membres putréfiés, des lambeaux de capotes émergent de toux côtés: pas un pied de ce sol qui ne soit devenu sépulture. Et cette terre grasse et verdie qui cimente les cadavres est elle-même cadavérique....
Un avant-bras saille d'un pare-éclats. La main toute noire s'avance au milieu de la tranchée et les doigts crochus se crispent tout écartés... Plus loin une bombe, en défonçant le parados, vient d'exhumer une tête à demi scalpée qu s'écrase contre le clou d'un brodequin (...) J'appelle un des miens et le prie de voiler d'une pelletée de boue l'horrifique apparition.
Parvenu au bout de la galerie macabre, j'explore le terrain: nos “défenses accessoires” sont broyées. Plus de réseaux barbelés, plus de chevaux de frise comme dans la Somme. C'est la région des mines, des torpilles et des corps à corps. Combat de grenades, massacres au couteau, explosions de mines...
Je passe la matinée à reconnaître mon nouveau secteur et rentre dans une bauge où fourmillent des cloportes.”




17 septembre, 20h30 – Une fusillade grésille vers la gauche: on dirait des feux follets sur un cimetière. Mais la voilà qui se rapproche tout près de nous. Un barrage s'allume devant le 3ème bataillon: attaque.
Nous sommes de nouveau sous l'avalanche des torpilles. Elles s'engloutissent dans ces monceaux de putréfaction et leur explosion gigantesque fait sauter avec les croix des haillons fétides et des tronçons de cadavres. (...) Des coups de vent méphitiques nous brûlent le visage, des effondrements nous assomment. Je cours de pare-éclats en pare-éclats, frappé par de lourds débris, glissant sur des viscosités infectes, trébuchant sur des éboulements... Projeté au sol par un coup de foudre en me relevant, je tressaille, quelqu'un m'agrippe dans le dos: la main noire.
La nuit se passe à refaire les parapets (...) Enfin les bras rompus, les nerfs élimés, j'essuie mes mains gluantes, commande la relève des sentinelles et vais me reposer ... (...)


18 septembre. Brusque réveil sous l'écrasement d'un minen. (...) Mes sentinelles sont là embusquées dans la tranchée, les yeux en l'air, guettant l'apparition des bombes. Avant de courir au point propice, quelle placidité pour toiser la mort et calculer son point d'impact! Cependant, quand les rafales se précipitent dans tous les sens, j'en vois quelques uns dont l'agitation risque d'être mortelle (...).
Vers midi le ciel est vert (...)/ L'atmosphère est tellement chargée de déchiquetures putrides qu'elle semble devenue poussière de cadavre. Des hauts-le-cœur nous suffoquent pendant nos repas. Le pain, la viande, le café, tout sent le cadavre, tout en est saturé. Pour ne pas respirer ces bouffées nauséabondes, je fume jour et nuit du tabac anglais. (...)
Minuit. - Plus de bruits souterrains. Les pionniers allemands ont quitté leurs puits. Nous attendons l'explosion d'une mine. Le lieutenant Richard passe près de moi et me dit avec un sourire flegmatique: “Il paraît que nous allons sauter.”
(...) Où crèvera le mystérieux volcan? A quelle heure? A quelle minute la terre va-t-elle se soulever dans une tourmente de flammes? Heures d'agonie et de vertige...

A quelques kilomètres de là, un saint-rivoalien, Jean Louis Guillou, tombe au cours d'une relève...

19 septembre. Au bivouac. Camp des coloniaux. - Le jour n'est pas levé que nous avions quitté les premières lignes. Après une longue marche, nous tombons harassés sur la terre nue. Un cri répété traverse le camp: “A boire!” et un lourd sommeil me terrasse au bord des sapins...
Ce camp était plein de vermine. Nous nous réveillons la nuit le corps en feu et passons une grande heure à nous épouiller à la lueur d'une bougie. Mais ... fi de cette incommodité après tant de misère.

21 septembre. - Je vais chercher des vivres à Hurlus. A dix pas de moi un sous-officier d'artillerie est entraîné par une meute de fantassins. Cheveux roux, face cramoisie, les yeux égarés, il bave et gesticule comme un épileptique. Agriffés à ses vêtements débraillés, ses dompteurs trépignent d'allégresse en rugissant: “Nous aurons ta peau.” J'ai demandé qui était cet homme. On m'a répondu: “Un espion.”

23 septembre. Au bivouac. - (...) L'orbe du soleil venait de tomber dans une clairière. Les rayons rouges glissaient dans les branches de sapins, jetant ça et là des flaques pourpres. Le camp tout entier en était inondé. Au-dessus des rires et des chansons bachiques, des voix brûlantes hurlaient le choeur des Girondins:
Et le sang des fils de la France
Sert de rançon à l'univers.
Mourir pour la patrie! Mourir pour la patrie!
C'est le sort le plus beau, le plus digne d'envie.

Cet hymne, dans le décor sanglant, avait une telle grandeur que je restai fiché au sol...Des groupes d'hommes, pommettes allumées, gorge nue, discutaient rageusement sur l'attaque imminente. D'autes, plus pacifiques, écrivaient une dernière lettre, levant de temps en temps de longs regards nostalgiques vers quelque coin perdu au ras des vagues, dans leur Bretagne primitive (...)

24 septembre. - Toujours au bivouac.
(...) Messe de communion sous le grand ciel de Dieu: Domine non sum dignus. L'aumônier répète la parole rituelle devant la procession des nouveaux croisés et distribue inlassablement l'hostie sacrée: munificence toujours prête, viatique prodigieux des batailles.
Puis un cantique entonné par une multitude de poitrines éclate sur le camp. Un souffle surhumain nous emporte... Notre-Dame des Victoires, guides-nous!
Enfin, c'est demain le jour N? Nous partons cette nuit pour l'attaque, la dernière peut-être. Plusieurs divisions sont engagées. Le 116è doit prendre la butte de Tahure. L'offensive sera poursuivie sans interruption de jour et de nuit jusqu'à la conquête définitive des objectifs. Le 2è et le 3è bataillon marchent côte à côte sur trois vagues d'assaut. Dans le 1er bataillon, qui forme la quatrième vague, deux compagnies sont chargées du nettoyage des tranchées et les deux autres soutiendront l'attaque. Nous recevons d'autre part la garde du drapeau.
On nous a donné des grenades pour lacérer, des poignards pour égorger... Que sommes-nous devenus!"


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MessageSujet: Jean Louis Guillou (1886-1915)   Sam 18 Sep - 11:51

Dans le message précédent, j'ai évoqué très rapidement le souvenir de Jean Louis Guillou, saint-rivoalien tombé quelques jours avant l'offensive de Champagne. Voici les quelques éléments que j'ai pu regrouper sur lui:

Jean Louis GUILLOU , né le 4 décembre 1886 à Saint-Rivoal, est fils de René et de Marie Anne Yvinec.
Incorporé au 162ème Régiment d'Infanterie le 8 octobre 1907, il passe au 118 le 15 mars 1908 avant d'être versé dans la réserve le 25 septembre 1909. Affecté dans la réserve au 48ème d'infanterie à Guingamp, il y effectue une période d'exercices du 10 au 26 juin 1914.

Le 3 août 1914, il est rappelé à l'activité et affecté comme soldat au 248ème Régiment d'Infanterie, régiment issu du 48, qui est embarqué par train vers le front dès le 4 août. Initialement cantonné à Saint-Mihiel, ce régiment reçoit l'ordre d'organiser et de tenir les Hauts de Meuse. Rapidement, ses missions évoluent en fonction de l'avance ennemie: défense de Metz, Jaulny, où il reçoit le baptême du feu le 24 août. Il participe au combat du bois Saint-Aignan (26 août), à la bataille de la Marne puis se porte en Champagne dans le secteur de la ferme des Wacques et du moulin de Souain. Il va y rester jusqu'en septembre 1915...

Le 20 mars 1915, les troupes françaises occupent une ligne de terrain favorable, une ligne de hauteurs jalonnée par la lisière des bois au nord de Perthes, la route de Tahure et la route de Maisons-de-Champagne. Une ligne d'où Joffre entend lancer des offensives, empêchant ainsi les allemands de dégarnir cette partie du front pour envoyer des troupes de secours sur le front russe.


En mai, les allemands cherchent à s'emparer du village de Ville-sur-Tourbe qui domine leurs positions. Les coloniaux vont résister et repousser les attaques.
Nous avons déjà évoqué la vie du poilu, la rudesse de l'hiver, les pluies du printemps et les campagnes gelées du matin, les relèves entre régiments, les combats incessants menés pour conquérir quelques mètres de terrain...


C'est après l'une de ces relèves, le 18 septembre 1915, que Jean Louis Guillou (matricule 460 au recrutement de Quimper) est tué « à l'ennemi » entre Souain et Perthes, quelques jours avant le déclenchement de la grande offensive voulue par Joffre.


Inhumé initialement dans le cimetière militaire de Souain, son corps a été ensuite transféré dans celui de «de la maison forestière » puis dans la nécropole nationale « Suippes Ville » dans une tombe individuelle, N°569. Son acte de décès, qui indique le 15 septembre comme date de sa mort, a été transcrit le 22 avril 1916 à Brasparts.


Jean Louis Guillou est inscrit sur le Monument aux Morts de Saint-Rivoal.




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MessageSujet: Jean Louis Auffret (1894-1915), Louis Claude (1880-1915), Hervé Direur (1892-1915), Jean Louis Grall (1895-1915), Yves Tromeur (1880-1915), Guillaume Favennec (1880-1915)   Sam 25 Sep - 7:17



25 septembre 1915...
Depuis plus de deux jours, d'innombrables tonnes de projectiles s'écrasent sur les lignes allemandes: chaque portion de terrain de 100m de long et d'un kilomètre de profondeur aura reçu avant le déclenchement de l'assaut plus de 3 000 obus à l'heure.



Lorsque les “poilus” prennent leur dernier repas avant la grande offensive, leur moral reste fort malgré la présence des cercueils qui ont été livrés dans les heures précédentes. Ils savent cependant que nombre d'entre eux ne reviendront pas. Et il faut que les morts, aussitôt tombés, soient ensevelis le plus vite possible.
Tout est prêt.
Les soldats ont tous le casque Adrian qui a remplacé le képi.
Les secteurs d'attaque sont répartis entre les bataillons; les dépôts de munitions, de vivres, de matériels du Génie, ont été constitués dans les journées et les nuits du 23 et du 24 septembre. Chaque fois que cela a été possible, les lignes ont été rapprochées au maximum de l'ennemi.
A 9h15, le 25 septembre 1915, les trois vagues du 118 sortent de leurs tranchées de départ “dans un magnifique élan”.




“Malgré un feu violent d'infanterie et d'artillerie, malgré l'explosion de deux fougasses, la 1ère ligne allemande est enlevée sur tout le front. Conformément aux ordres reçus, les compagnies foncent droit devant elles, poursuivant les allemands qui fuient en désordre...”



Malheureusement, emportés par leur élan, les bataillons en oublient d'appliquer les ordres reçus; la coordination, nécessaire à l'offensive qui regroupent toute la division, est rapidement hors de portée; les ordres donnés pour rétablir le dispositif d'attaque n'arrivent pas à leurs destinataires. Le “nettoyage” des tranchées ennemies mené par la 9ème compagnie est difficile: les soldats allemands encore présents se battent jusqu'à l'extrême limite de leurs forces et de leurs munitions...



A 11h30, le 1er bataillon du 118 est en train de s'emparer des batteries allemandes à hauteur de Tahure; le 2ème bataillon se bat dans le bois des éperviers, seconde ligne allemande; le 3ème bataillon est en réserve, à l'exception de la 9ème compagnie; un accrochage sérieux se produit sur “La Brosse à dents” et le 118 renforcé d'un bataillon du 19ème d'infanterie manœuvre pour réduire la résistance. A 12h30, les survivants de 5 compagnies, soutenues par la 9ème, se lancent à l'assaut et s'emparent de la position. Le 1er bataillon, réduit à 3 compagnies, poursuit son élan vers Tahure, entre dans le village, “y jetant un désordre indescriptible dans un fort rassemblement de voitures allemandes.”



A partir de 14h, la contre-attaque allemande se profile, préparée par de l'artillerie. Les pertes “commencent à devenir sérieuse”; le 1er bataillon doit se replier puis l'ensemble du régiment, bientôt menacé d'encerclement. Il réussit à s'implanter sur une position dominante, “dans une tranchée allemande, au nord de 6774 et donne l'ordre de tenir à tout prix”. A 17h, le 2ème bataillon, appuyé par un bataillon du 19 et des éléments du 62, marche sur Tahure, dont la route est tenue par la 9ème compagnie.
La nuit permet aux troupes engagées de renforcer leurs positions, de mettre un peu d'ordre dans les unités, d'organiser la défense, de préparer la suite des opérations...




Mais cette première journée fut sanglante: parmi les tués, six braspartiates sont tombés au champ d'honneur
Jean Louis Auffret, Louis Claude, Hervé Direur, tous trois du 118;
Jean Louis Grall, du 65ème régiment d'infanterie, tombait un peu plus loin, sur l'un des mamelons de La Courtine...
Yves Tromeur, du 168ème d'infanterie,
Guillaume Favennec, du 154ème d'infanterie

Voici les informations que j'ai pu recueillir, les concernant...

Jean Louis AUFFRET, cultivateur, né le 9 novembre 1894 à Kerambelec, est fils de Pierre Louis et de Marie Anne Le Crenn. Incorporé au 118ème régiment d'Infanterie comme soldat le 8 septembre 1914. Part au front le 11 janvier 1915, il rejoint son régiment, durement éprouvé par les combats de La Boisselle et d'Orvillers, à Albert. Il y subit son premier bombardement le 14 janvier, bombardement qui va durer deux heures. Dès le lendemain, les jeunes sont répartis dans les bataillons et participent à la relève de la première ligne. Jean Louis Auffret est plongé à son tour dans la vie des Poilus...Le régiment reste dans le même secteur de La Boisselle jusqu'en juillet 1915, avant de rejoindre la Champagne pour participer à la grande offensive de septembre. Jean Louis Auffret (matricule 559) disparaît au combat à Tahure (Marne) le 25 septembre 1915. Le jugement déclaratif du tribunal de Châteaulin a été transcrit le 5 novembre 1920 à Brasparts.

Louis CLAUDE, instituteur à Brasparts, est né le 28 mars 1880 à Châteauneuf du Faou, fils de Joseph et de Marie Louise Plantec. Effectue son service national au 118ème Régiment d'Infanterie où il est incorporé le 14 septembre 1901. Caporal le 31 juillet 1902, il passe au 19ème Régiment d'Infanterie. Il est envoyé dans la disponibilité le 21 septembre 1902.
Bien que dispensé, il accomplit une période d'exercices au 116ème régiment d'Infanterie de Vannes du 22 août au 18 septembre 1904 et est nommé sergent.
Enseignant à Commana jusqu'à son mariage le 26 avril 1905 à Brasparts avec Marie Marguerite Pouliquen dont il a un fils, Louis Henri Yves, né en 1914 à Brasparts. Il enseigne ensuite à Botmeur puis Brasparts. En 1910, il effectue une nouvelle période d'exercices au 6ème Régiment d'Infanterie Coloniale du 1er au 17 septembre 1910. Il est mobilisé le 3 août 1914 et est nommé sergent-fourrier. Il participe avec le 118 au combat de Maissin, à la retraite puis à la bataille de la Marne, aux combats de la Somme. Sous-lieutenant de réserve le 26 mai 1915, affecté à la 9ème compagnie, commandée par le lieutenant Ollivier (3ème bataillon, chef de bataillon Hanquelle). Disparu lors des combats de Tahure (Marne) le 25 septembre 1915. Matricule 2649. le jugement déclaratif a été transcrit à Brasparts le 24 mars 1921.

Hervé Marie DIREUR, cultivateur, né le 26 novembre 1892 à Tuchennoù, est fils de Jean Marie et de Marie Jeanne Marc. Ajourné en 1913, il est classé dans le service auxiliaire, puis déclaré soutien indispensable de famille le 3 septembre 1914. Le 2 novembre, la commission de réforme le reclasse “service armé” et il est affecté au 118ème Régiment d'Infanterie qu'il rejoint le 24 novembre et reçoit le baptême du feu lors des combats de La Boisselle (décembre 1914-juillet 1915). Blessé au combat lors de l'offensive de Champagne à Tahure le 25 septembre 1915, il disparait peu après et déclaré “tué au combat”. Matricule 527. Jugement déclaratif du tribunal de Châteaulin transcrit le 15 janvier 1921 à Brasparts.

Jean Louis GRALL, cultivateur, né au Favot le 18 juin 1895, est fils de Jean Louis et de Marie Anne Floch.
Incorporé à compter du 15 octobre 1914, il rejoint le 93ème d'Infanterie le 4 janvier 1915 et reçoit son baptême du feu à Thieval où le régiment est positionné jusqu'en mars. Il participe à l'attaque de la ferme de Touvent en Artois, attaque au cours de laquelle le régiment perdra 1100 hommes (7 juin 1915). Blessé et évacué, il passe au 65ème Régiment d'Infanterie le 11 juin 1915, dans le cadre de la reconstitution du régiment qui a été également décimé lors de l'attaque de la ferme de Touvent. Son régiment est transféré ensuite en Champagne, et Jean Louis Grall se distingue dans les combats de l'Argonne, notamment au ravin des « Courtes Chausses ». Il est tué à l'ennemi à Mesnil les Hurlus (La Courtine) le 25 septembre 1915 lors de l'offensive de Champagne. Est cité par son régiment: « Brave soldat le 13 juillet 1915 aux Courtes Chausses; est mort glorieusement pour la France en accomplissant son service ».
Jean Louis Grall a été inhumé initialement dans le cimetière de Mesnil-les-Hurlus avant que son corps ne soit transféré à la nécropole de Minaucourt. Un monument en hommage aux 64è et 65è régiment d'infanterie y a été érigé en 1919.
Jean Louis Grall (matricule 2636) recevra la Médaille Militaire à titre posthume le 11 avril 1920 puis la Croix de Guerre avec étoile d'argent le 12 septembre 1920. Jugement déclaratif du tribunal de Châteaulin transcrit à Brasparts le 15 janvier 1921.

Yves TROMEUR, menuisier puis facteur, né le 15 février 1880 au bourg de Brasparts, est fils de Jean François et de Marie Anne Cevaër.
Ajourné en 1901 par le conseil de révision, il est déclaré bon pour le service l'année suivante et affecté au 113ème Régiment d'Infanterie. Nommé caporal le 11 septembre 1903, puis sergent le 14 mai 1904, il est envoyé en congé de disponibilité le 18 septembre 1904. Facteur, il est classé « non affecté » en décembre 1905. Marié à Sainte Luce (Loire Inférieure) le 23 avril 1906 avec Joséphine Marie Peltier.
En octobre 1914, il est mis à la disposition de l'autorité militaire et affecté au 65ème Régiment d'Infanterie de Nantes. Il est rappelé à l'activité le 19 octobre 1914. Il part au front, rejoignant son régiment dans la Somme, dans le secteur de La Boisselle puis en Artois où il participe à l'attaque de la ferme du Touvent; blessé, évacué, il passe au 168ème Régiment d'Infanterie le 25 avril 1915 qui se bat en Argonne. Il y découvre la guerre des mines et des contre mines. Le 2 mai, il participe à une offensive qui engage tout le régiment dans le secteur de Bois-le-Prêtre; le rapport final indique que, « quoiqu'il en soit, l'attaque a été superbe. Les troupes ont montré une bravoure, un brio, un allant de premier ordre. Elles doivent être félicitées et récompensées. Beaucoup d'actions d'éclat sont à retenir et à exalter. Elles ont pris et conservé presque dans son entier une nouvelle ligne allemande, fait 150 prisonniers, conquis une mitrailleuse et beaucoup de matériels... » Le régiment a perdu 550 hommes (dont 350 blessés) quand il est relevé le 6 mai. Le 17, il est de nouveau en première ligne, et doit reconstituer l'ensemble des tranchées et défenses qui ont été détruites par les bombardements. Les attaques allemandes se succèdent... Et ainsi à chaque relève...
Les périodes de « repos » permettent aux soldats de se « refaire une santé » mais les exercices ne manquent pas pour autant... Le 8 juin, le Président de la République visite les tranchées de Bois-le-Prêtre et remet 3 légions d'honneur...Le 30 juin, le régiment, relevé le 24, quitte le secteur pour embarquer à Toul en chemin de fer pour Sainte Ménéhoulde.
Le 3 juillet, après reconstitution, le 168 est engagé à La Harazée et commence la préparation de l'attaque programmée pour le 14 juillet, qui va concerner 2 divisions. Munitions, moyens de franchissements, vivres, sacs à terre, grenades, etc., sont mis en place...Le 14 juillet à 8h30 l'infanterie se lance à l'assaut sur tout le front. Le 15 soir, le régiment est relevé sur ses nouvelles positions...qu'il regagne le 21 juillet.
Le 11 septembre 1915, le régiment reçoit son divisionnaire: prise d'armes, remise de décorations, exercices; il est embarqué le 16 pour gagner le secteur de Saint-Thomas. Situé à 5km à l'est de Ville-sur-Tourbe, au confluent de l'Aisne et de la Biesme. Le 18, au moment de la mise en place sur le front, le régiment est violemment pris à partie, et perd 22 tués, 63 blessés et 20 disparus... Chaque jour, de nouvelles pertes: les poilus travaillent aux défenses et aux réfections des tranchées sous les tirs et les bombardements ennemis... Le 25 septembre est le jour fixé pour l'offensive de Champagne: dès 3h30, les quatre vagues d'assaut du 168 sont prêtes; l'heure est fixée à 9h15; à l'heure dite, « le signal d'assaut est donné. L'attaque ne réussit pas et le régiment est obligé de se replier sur ses positions primitives ».
Le sergent Yves Tromeur (Matricule 2046 à Nantes) est tombé ce jour là, 25 septembre 1915 à Saint Thomas (Champagne) avec 72 de ses camarades de la 9ème compagnie, tués à l'ennemi dans cette attaque qui coûta au régiment la perte du tiers de ses effectifs dont 800 disparus.....
Son acte de décès a été transcrit à Basse Goulaine (Loire Inférieure) le 14 mai 1916.

Guillaume Marie FAVENNEC, cultivateur, né le 29 avril 1880 à Lannédern, est fils de Jean Alain et de Jeanne Guillou, domiciliés à Brasparts.
Ajourné en 1901, il est incorporé le 16 novembre 1902 au 124ème Régiment d'Infanterie. Il est envoyé en disponibilité le 19 septembre 1904, certificat de bonne conduite accordé. Il effectue deux périodes d'exercices au 118ème Régiment d'Infanterie du 13 mai au 9 juin 1907 et du 24 avril au 10 mai 1911. Il quitte Brasparts pour s'installer à Plonévez du Faou en 1911.
Mobilisé le 1er août 1914 au régiment d'infanterie de Guingamp, il passe au 154ème d'Infanterie le 14 juillet 1915. Il arrive à son nouveau régiment dans la nuit du 18 au 19 juillet avec 600 hommes destinés à renforcer le régiment qui a particulièrement souffert dans les combats d'Argonne. Le secteur régimentaire entoure “La Fontaine aux charmes”, qu'un poilu a décrit avec simplicité dans ses souvenirs: “Après avoir monté doucement en surplomb de la prairie, où, paisible, serpente et miroite la Fontaine-aux-Charmes, le chemin descend brusquement jusqu'à un ponceau, où il franchit le thalweg qui sépare l'éperon de Blanleuil du plateau de St-Hubert. Ce passage est repéré par les guetteurs ennemis postés au fond du val dans quelque arbre. Aussi passons-nous vite et, derrière nous, la balle claque comme un coup de fouet, d'où le surnom de « charretier » donné par les soldats au mystérieux guetteur.
“Devant nous se creuse le val de la Fontaine-aux-Charmes à son origine; l'ennemi en lient les crêtes, tandis que nos tranchées grimpent le long des flancs; sur l'éperon le plus proche, à droite, il domine celles-ci complètement et peut les bombarder avec des pierres; c'est une position vraiment paradoxale que les Allemands ont baptisée « le Nid de Cigogne ». C'est pour tourner le Nid de Cigogne qu'ils veulent se glisser dans la vallée par un travail de taupes. A travers les buissons déjà verts, voici l'objectif: le boyau couvert, chenille jaunâtre barrée ça et là de larges stries noires, embrasures de mitrailleuses ou de minenverfer ».
Les combats se sont quelque peu calmés depuis l'attaque en force du 14 juillet, mais les pertes, certe peu nombreuses, restent néanmoins régulières... Le « grignotage » de Joffre fonctionne dans les deux camps... Bien souvent, le journal de marche du régiment note: « rien à signaler; pertes: 1 tué, x blessés ».
Le 10 août, le 154 est embarqué pour Sainte Ménéhoulde, Epernay, La Veuve... puis le secteur de Saint Hilaire où il reçoit l'ordre d'attaque. Le 24 septembre, à 21h, les bataillons gagnent leur zones de départ. A 3 heures du matin, le dispositif est en place sur la première ligne. A 6 heures débute la préparation d'artillerie dont « les résultats sont à peu près nuls ». Pourtant, à 9h15, conformément aux ordres, l'assaut est donné. D'emblée, les pertes sont sensibles, la vague d'assaut « étant prise en enfilade par des tirs de mitrailleuses », mais les français s'emparent de la première ligne allemande et parviennent à repousser les contre-attaques. Le régiment a perdu 74 tués, 359 blessés et 241 disparus, parmi lesquels Guillaume Favennec. L'attaque reprend et va se poursuivre encore plusieurs jours, le régiment, du moins ce qu'il en reste, sera relevé le 7 octobre...
Officiellement, selon le jugement déclaratif du tribunal de Châteaulin rendu le 16 août 1917 et transcrit à Lannédern, Guillaume Favennec (matricule 2810) est décédé le 25 septembre 1915 près de Saint Hilaire le Grand (Marne). Un léger doute subsiste néanmoins:
Inhumé par le 14ème territorial à Mourmelon-le-Grand, Guillaume Favennec a été cité et décoré de la Médaille Militaire à titre posthume (JO du 6 mai 1922): “Brave soldat. Est tombé glorieusement pour la France le 14 octobre 1915 près de Saint Hilaire le Grand”. Croix de Guerre avec étoile de bronze.
Guillaume Favennec est inhumé dans la nécropole nationale de Mourmelon-le-Grand, dans la tombe individuelle n°477, et inscrit comme appartenant au 151ème d'Infanterie.

Au soir du 25 septembre 1915, les soldats français ont pris un avantage certain sur l'ennemi. Le front a évolué favorablement ainsi que le montre la carte ci-dessous, mais les combats sont loins d'être finis...



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MessageSujet: Pierre Kerguélen (1895-1915), Mathieu Yvinec (1895-1915)   Dim 26 Sep - 6:41

La journée du 26 septembre est dans la continuation de la veille: les troupes françaises continuent leur progression sous une pluie quasi-incessante. Sur ce front de Champagne où l'armée semblait enfermée dans un système gigantesque de tranchées, de redoutes, de réseaux de barbelés, les résultats sont étonnants: près de 16 000 allemands sont faits prisonniers... Dans le même temps, nos alliés anglais bousculent l'ennemi dans les mêmes conditions, et l'armée d'Arras enlève la position qui semblait inexpugnable de Souchez (sud-est de Lens)...
L'intensité de la canonnade est toujours aussi grande, et nos troupes avancent, déployant fanions et tissus de couleur, prévenant ainsi notre artillerie d'allonger les tirs au fur et à mesure de la progression. Les poilus s'emparent ainsi de la ferme de Navarin où tombe Pierre Kerguélen, mais sont stoppés au niveau d'une grande partie de la seconde ligne allemande. C'est au cours de ces combats que tombe à son tour Mathieu Yvinec, de Saint-Rivoal.




Pierre Marie KERGUELEN , né au bourg de Brasparts le 3 juillet 1895, est fils de Yves et de Marie Cécile Corentine Collet.
Il s'engage à Brest le 28 août 1914 pour la durée de la guerre. Il est affecté au 26ème Bataillon de Chasseurs à pied qu'il rejoint le 30 août. Parti au front le 6 septembre, il est évacué blessé le 16, après avoir participé aux affaires de Joppécourt et Filières (20 août), Mery-le-Haut (22 août), et au prélude de la bataille de la Marne. Rentré au dépôt le 4 janvier 1915, il repart au front le 10 février. Le journal du 26 est malheureusement manquant et les seules informations dont on dispose sont la fiche matriculaire de Pierre Kerguélen et les JMO de la 15ème DI (à laquelle appartient le 26 jusqu'en juin 1915) et de la 127ème DI.
Au moment où Pierre Kerguélen rejoint le front, celui-ci est calme, et la division achève la préparation et les défenses accessoires de la seconde ligne, sous une pluie quasi-permanente. Début mars, la neige ensevelit les tranchées, et les allemands entament une guerre des mines entrecoupée de bombardements. La neige disparaîtra le 12 mars. Pour ces trois premiers mois de 1915, la 15 ne perd « que » 200 tués (dont 5 officiers), et 660 blessés... Après un radoucissement, c'est le gel au début du printemps. Le 5 avril, la division est engagée dans une attaque sur la Ligne d'Ailly: elle s'empare de la première ligne allemande et d'une partie de la seconde. Pendant plusieurs jours, les combats font rage - « nos troupes supportent les bombardements avec toujours le même tranquille courage »...
Pierre Kerguélen est nommé caporal le 11 juillet 1915 après les difficiles combats des Eparges puis sergent le 4 septembre. Les chasseurs à pied vont tout particulièrement se distinguer au cours d'assauts furieux contre la ferme de Navarin, au nord de St Hilaire le Grand. Pierre Kerguélen est tué à l'ennemi le 26 septembre 1915 au cours de ces combats.
Le jugement déclaratif a été transcrit le 1er juin 1921 à Brasparts.
Parmi les camarades de régiment de Pierre Kerguélen se trouvait l'écrivain Henri Massis. Quelques rares témoignages concernant le 26ème chasseurs subsistent comme celui du journaliste Pierre-Jan (« Par la plume et par l'épée »).



Mathieu YVINEC , cultivateur, né le 5 janvier 1895 à Saint Rivoal, est fils de François et de Marie Anne Floch.
Incorporé avec les jeunes de sa classe le 17 décembre 1914 au sein du 71ème Régiment d'Infanterie qu'il rejoint au front le 24 avril 1915, dans le secteur de Wanquetin. Le 10 mai, il participe à sa première offensive dans la région de Chantecler et du château de Saint Nicolas: « les officiers et les hommes bondissent hors de la parallèle avec un élan superbe.; mais, malgré l'action violente d'artillerie qui avait précédé l'attaque, l'organisation défensive de l'ennemi, ses parapets et ses réseaux de fil de fer n'avaient pas été suffisamment ébranlés. Dès les premiers pas faits par nos hommes, un feu violent de mitrailleuses et de mousqueterie s'abat sur eux, de droite, de gauche et de face. Devant une ligne de feu aussi active, nos sections fauchées ne peuvent maintenir leur élan. Un grand nombre d'hommes sont tués ou blessés devant les fils de fer et près du parapet de l'ennemi. Un groupe occupe un entonnoir où les Allemands l'accablent de pétards. Le feu de l'ennemi devient tel que tout homme qui bouge est immédiatement abattu. »
Terrible baptême du feu pour les jeunes soldats qui arrivent du dépôt comme Mathieu Yvinec. Un feu d'artillerie est maintenu jusqu'au soir pour soutenir les débris des unités sorties des tranchées et empêcher l'ennemi de tirer sur les blessés et les hommes encore vivants qui avaient pu se tapir dans les sillons ou les trous d'obus ». Les pertes sont lourdes: 252 tués, blessés ou disparus....
La fin du mois de mai va être essentiellement marquée par les bombardements allemands, jusqu'à la relève du régiment. Le 16 juin, le 71 se lance de nouveau à l'attaque des positions ennemies; les combats sont terribles, et des corps à corps furieux s'engagent; les français sont repoussés, les tirs d'artillerie ravagent le terrain. Toutes les communications sont détruites, les tranchées effondrées. Les troupes d'attaque françaises qui avaient réussi à s'emparer de la première ligne allemande sont considérées comme perdues...Le lendemain, l'ordre de reprendre l'attaque « par surprise » arrive mais les allemands réagissent immédiatement et interdisent tout mouvement aux troupes d'assaut du 71. Une fois encore, les pertes sont lourdes: 23 officiers tués ou blessés, 750 soldats tués, blessés ou disparus. Le régiment est alors retiré et mis au repos.
Le 27 juin, ce qui reste du régiment remonte en ligne et entreprend sous le feu allemand la réorganisation des défenses.
Mathieu Yvinec est alors affecté au 293ème d'Infanterie « pour convenances personnelles » le 11 juillet 1915. Son nouveau régiment est stationné en Champagne depuis le début du mois, dans la région de Ville-sur-Tourbe et va participer à la grande offensive lancée le 25 septembre et destinée à soulager nos alliés russes. Le régiment perdra 960 hommes au cours des combats. Mathieu Yvinec ( Matricule 2789 ) est porté disparu face à l'ennemi le 26 septembre 1915 à Ville/Tourbe (Marne), il est rayé des contrôles le 26 novembre 1915.
Le jugement déclaratif du tribunal de Châteaulin du 14 décembre 1921 a été transcrit à Brasparts. Mathieu Yvinec est inscrit sur le monument aux morts de Saint Rivoal.




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MessageSujet: Jean Yves Hascoët (1894-1915), Maxime Kerguélen (1891-1915)   Mar 28 Sep - 16:40

Les 27 et 28 septembre 1915, de nouveaux assauts sont lancés pour créer des brèches dans le dispositif allemand; les tirailleurs sénégalais vont s'illustrer dans ces combats et vont permettre un moment de croire à la percée. Mais le mauvais temps, les mauvais réglages des tirs d'artillerie, l'arrivée de renforts ennemis, la qualité des défenses rencontrées, ..., empêchent la progression. Et les pertes sont très lourdes: la déception des poilus est grande, ils espéraient tant en une victoire décisive...
Deux nouveaux braspartiates vont tomber au champ d'honneur: Jean Yves Hascoët et Maxime Kerguélen...

Jean Yves HASCOËT , cultivateur, né le 8 janvier 1894 à Dinéault, est fils de Etienne et de Marguerite Nicolas, cultivateurs, domiciliés à Brasparts.
Incorporé le 15 octobre 1914 comme soldat au 64ème Régiment d'Infanterie, il part au front le 15 décembre 1914, rejoignant son unité à Acheux le 16. Les 350 recrues sont aussitôt incorporées dans leurs compagnies.
Dès le lendemain, le régiment connait 3 heures de marche (entre 3 et 6 heures du matin) pour se rendre dans son nouveau secteur à Bouzincourt. La pression est forte, le régiment devant participer à l'attaque de La Boisselle, mais l'ordre est finalement annulé. Les journées qui suivent sont identiques: mises en alerte, mise en place sur les positions d'attaque, puis annulation de l'ordre. Puis le 21, la décision est prise, définitivement: Jean Yves Hascoët et ses camarades de classe vont connaître leur baptême du feu. Les bataillons réalisent deux bonds successifs le 22 pour se rapprocher au mieux des tranchées ennemies de La Boisselle, creusent aussitôt des tranchées, sous le feu.
Le jeudi 24 décembre, après une préparation d'artillerie, le 64 s'élance « à la baïonnette » mais ne peut parvenir jusqu'aux tranchées allemandes, les réseaux de fil de fer n'ayant pas été détruit. Le 118 a réussit à conquérir une première maison... Cela n'empêche pas le général Cdt la Brigade d'adresser « ses félicitations au 64° pour sa belle conduite à l'attaque de La Boisselle. Il est heureux de lui confier à nouveau la garde de son drapeau ». Ne parvenant pas à détruire les protections de tranchées allemandes, les poilus confortent leurs positions, creusent en se rapprochant au plus près de l'ennemi. Les relèves sont assurées avec le 19. Le 10 juillet, un nouvel assaut est donné, mais n'aboutit pas. Les assaillants restent encore à une trentaine de mètres de l'ennemi... Les positions, malgré les attaques et les contre-attaques, semblent figées. Le 19, la neige se met à tomber: il est « impossible de rien faire ».
Le régiment est relevé et reconstitue ses forces...Puis il est utilisé en renforcement du génie, lui fournissant des hommes pour réaliser des travaux de protection dans différents points du secteur de la Brigade, en particulier sur la deuxième ligne. Son action reste centrée sur la région de Acheux-Mailly. A la neige succède la pluie, puis le gel... En mai, le temps s'améliore et le régiment pousuit son travail de fourmi, puis est relevé par les territoriaux.
Le 6 juin, il est engagé dans une nouvelle affaire: les bataillons gagnent leurs positions d'attaque sous un bombardement particulièrement violent; ils vont se battre pendant 10 longs jours, perdant près de 1000 hommes (61 tués, 879 blessés, 71 disparus). Le régiment est relevé le 18 juin et peut se reconstituer une nouvelle fois. Le calme revient peu à peu sur le front, jusqu'au déclenchement de la grande offensive de Champagne du samedi 25 septembre 1915.



L'assaut est particulièrement meurtrier: les unités sont décimées La 6ème compagnie est réduite à un adjudant et une vingtaine d'hommes, la 7 à un lieutenant et 70 hommes, la 8 à quelques hommes... ». Tous les hommes qui reviennent témoignent que les allemands ont criblé en grenades ceux de nos blessés qui donnaient le moindre signe de vie... » Pendant deux nuits, les brancardiers vont chercher à ramener les blessés malgré « le feu violent des mitrailleuses ennemies et les fusées éclairantes qui se succèdent sans interruption. »
Le 26 et le 27, le régiment se lance de nouveau à l'assaut « d'une manière enragée et les efforts faits par les premières vagues pour franchir le réseau de fil de fer ont été poussés jusqu'à l'extrème limite du sacrifice ». Le bombardement allemand s'intensifie, les pertes sont très lourdes. C'est dans ces conditions que tombe Jean Yves Hascoët (matricule 646), tué à l'ennemi le 28 septembre 1915 à Mesnil les Hurlus (Champagne). Le 64 ne sera relevé que le 8 octobre...
Le jugement déclaratif du tribunal de Châteaulin a été transcrit à Brasparts le 25 septembre 1917.
Frère de Jean Célestin, tué en 1914, et de Jean Marie, tué en 1916.

Maxime Pierre François KERGUELEN , étudiant écclésiastique (séminariste à Saint Brieuc), né le 9 octobre 1891 à Châteauneuf du Faou, est fils de Jacques Nicolas et de Marie Rolland.
Incorporé au 19ème Régiment d'Infanterie comme soldat de 2ème classe le 10 octobre 1912, il est nommé caporal le 17 mars 1913 puis sergent le 18 novembre. Entré en campagne le 2 août 1914, il participe à tous les combats de son régiment – Maissin, Lenharée, Saint Hilaire-le-Grand, Thieval, Orvilliers, Champagne - et sera nommé adjudant le 11 février 1915.
Le 29 août 1915, le 19 a rejoint la Champagne et monte en ligne dans la région de Tahure avec sa division, la 22ème. Toutes les tranchées du régiment sont vues des observatires ennemis et les soldats doivent améliorer tranchées et boyaux sans « connaître rien des défenses ennemies ».
« Les minenwerfers y sont aussi nombreux qu'à La Boisselle et la guerre de mines y est encore ici plus acharnée et menée avec des moyens matériels plus perfectionnés. »
Les allemands répondent aux travaux des poilus par des bombardements quotidiens. Le 12 septembre, une mine allemande explose, ensevelissant une dizaine d'hommes de la 12ème compagnie. Relevé par les territoriaux du 22ème d'infanterie, le 19 est mis au repos et apprend l'annonce officielle de l'attaque du 25. Les casques sont distribués et les exercices se multiplient pour préparer l'attaque par vagues d'assaut. Les magasins d'approvisionnement sont aménagés pendant les nuits qui précèdent l'offensive.
Le message de Joffre a enthousiasmé les troupes: « Votre élan sera irrésistible, il vous portera d'un premier effort jusqu'aux batteries de l'adversaire, au delà des lignes fortifiées qu'il vous oppose. Vous ne lui laisserez ni trêve, ni repos, jusqu'à l'achèvement de la Victoire. »



Le 24 septembre, vers 21h, le régiment monte en ligne, après avoir suivi un office religieux en plein air. La pluie ne cesse de tomber. Le 25 septembre, à 9h15, c'est l'attaque: les hommes s'élancent vers l'ennemi pendant que l'artillerie exécute un barrage roulant.
Les objectifs sont atteints mais le 19 doit reculer sous la poussée d'une contre-attaque allemande de troupes fraîches. Ce n'est qu'à la nuit qu'il parviendra à stabiliser le front. Le 19 repart à l'assaut, mais par trois fois, il est refoulé avec de terribles pertes. Une 4ème vague parvient à s'emparer de la ligne allemande, mais la résistance de l'ennemi est très vive, et la vague est à son tour rejetée vers sa base de départ. L'ensemble manque maintenant de coordination, et la bravoure des poilus l'emporte sur toute autre considération.
Pendant quatre jours, les tranchées du 19, à peine ébauchées, vont être soumises à un bombardement de plus en plus violent... Les pertes journalières sont lourdes. Le 28 septembre, à Tahure, vers 15 heures, un obus tue le capitaine Lafaille, blesse mortellement le lieutenant Bourgeois et grièvement le sous-lieutenant Calvez. L'adjudant Kerguelen qui vient de panser le sous-lieutenant, est tué par un autre obus quelques minutes après.
« L'abbé Maxime Kerguélen n'a survécu que quelques minutes à ses blessures... Un confrère a pris soin de sa tombe, qui sera reconnaissable et permettra de retrouver les restes du vaillant adjudant qui fut en même temps un bon séminariste jusqu'à la dernière minute ».
Maxime Kerguélen (matricule 4007) a été cité à l'ordre du Corps d'Armée le 16 octobre 1915: «A fait preuve depuis le début de la campagne des plus grandes qualités militaires, passé caporal a obtenu tous ses grades grâce à sa bravoure et son entrain et à sa brillante conduite au feu. Tué glorieusement le 28 septembre 1915 alors qu'il pansait un officier grièvement blessé à Tahure. »  L'acte de décès a été transcrit à Brasparts le 8 décembre 1915.
Le 30 septembre, le 19 sera dégagé par l'attaque de la brigade « vendéenne »; le 4 octobre, il reprend l'offensive et enlève ses objectifs...

Note: le JMO du 19 est perdu. Par chance, le régiment a publié régulièrement avant-guerre "les Cahiers du 19" dans lesquels les témoignages abondent. C'est l'un d'entre eux qui a permis de reconstituer la mort héroïque de Maxime Kerguélen...


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MessageSujet: Mathieu Kerhoas (1889-1915), Jean François Rannou (1889-1915)   Jeu 30 Sep - 7:32

L'offensive se poursuit sans relâche. Les troupes françaises montent à l'assaut, vague après vague, cherchant à déstabiliser l'ennemi. Tahure tombe et le front se déplace près des hauteurs nord du village. Mais les pertes sont très lourdes, de part et d'autre. Et les positions allemandes ont été soigneusement préparées derrière des réseaux de fil de fer soigneusement dissimulés.
La 22ème DI du général Bouyssou dont fait partie le 19, le 62, le 116 et le 118ème RI fait preuve d'une bravoure au feu exceptionnelle. Sur le sac des soldats, un carré de toile blanche, pour permettre à l'artillerie de repérer les positions françaises...
Les combats sont acharnés.
Deux nouveaux braspartiates tombent face à l'ennemi ce jeudi 30 septembre 1915:


- Mathieu KERHOAS, cultivateur, né le 2 décembre 1889 au Moustoir, est fils de Pierre Louis et de Marie Catherine Quéinnec.
Soldat au 62ème Régiment d'Infanterie au sein duquel il accomplit son service militaire du 5 octobre 1910 au 21 septembre 1912, à l'île de Groix. Rappelé à l'activité le 1er août 1914, il part au front le 3 août et participe à tous les combats du régiment d'Infanterie de Lorient: Messin, la Marne, la Somme, Thiepval, Mesnil-les-Hurlus... Il est tué à l'ennemi au combat de Champagne dans l'attaque de Tahure le 30 septembre 1915. Son acte de décès a été transcrit à Brasparts le 25 mars 1916.



- Jean François RANNOU, cultivateur à Coat Compès puis engagé volontaire, né le 2 mai 1889 à Saint Rivoal, est fils de René et de Marie Le Bras, domiciliés à Kerzabic.
Il s'engage pour 5 ans le 21 octobre 1907 au titre des équipages de la flotte où il sert comme apprenti-marin distributeur (21 octobre 1907), puis matelot de 2ème classe (1 juillet 1908). Il sert en Indochine (1er mai-20 octobre 1909, à Saïgon (24 octobre- 28 novembre 1909), au Maroc, sur le Surcouf (11 mars-2 mai 1910), à Terre Neuve, toujours sur le Surcouf (2 mai-23 novembre 1910). Il sert ensuite sur le Charlemagne du 2 août au 20 octobre 1912.
Versé dans la réserve de la marine le 21 octobre 1912, avec un certificat de bonne conduite, il rengage pour 3 ans le 18 novembre 1913 au titre du 2ème Régiment d'Infanterie Coloniale. Il participe aux combats de Rossignol où il est porté disparu.
En fait blessé, il parvient à rejoindre les lignes françaises. Évacué, il revient au dépôt le 21 février 1915 puis retourne au front. Soldat de 1ère classe le 11 mai 1915, il est tué à l'ennemi dans un des abris de la tranchée allemande NO de Souain (Champagne) le 30 septembre 1915. Le jugement déclaratif a été transcrit à Brasparts le 25 avril 1921.



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MessageSujet: Yves Mignon (1869-1915)   Sam 2 Oct - 7:08

Alors que le front s'est embrasé en Artois et en Champagne, les territoriaux poursuivent leurs missions en retrait des unités combattantes. Ce qui n'empêche pas les pertes comme ce fut le cas pour Yves Mignon, tombé en service le 2 octobre 1915. Voici que nous savons de lui...

Yves Mignon, cultivateur, né le 23 décembre en 1869 à Brasparts, est fils de Paul et de Marie Jeanne Glévarec.
Ayant quitté Brasparts pour Brest, il est incorporé au 72ème d'infanterie le 13 novembre 1890. Il est envoyé dans la disponibilité le 26 septembre 1893, certificat de bonne conduite accordé. Il effectue une période d'exercices avec le 11ème d'infanterie du 30 septembre au 28 octobre 1895.
Domicilié à Lambézellec, puis à Cléden Poher (1899) il est classé non disponible des Télégraphes de la 11ème Région comme facteur rural à Carhaix du 28 mars 1899 au 28 août 1904 puis à Plomodiern du 29 août 1904 au 3 juin 1913. Mobilisé le 16 avril 1915, il passe comme GVC (garde des voies de communication) au 86ème Régiment d'Infanterie Territoriale (régiment de Nantes) à Abbeville le 15 mai 1915.
La mission particulière de ces soldats est de garder les ponts et les passages à niveau. Ils vont jouer un rôle essentiel dans le transport des troupes, les relèves, etc...
Yves Mignon décède accidentellement, en service commandé, à Quend (Somme) sur l'itinéraire d'Abbeville à Boulogne le 2 octobre 1915. Il est inhumé allée 002, tombe 077 du cimetière d'Abbeville.



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MessageSujet: Jean Louis Guyomarch (1891-1915)   Mar 5 Oct - 7:45

Les attaques se succèdent en Champagne, sans trêve ni relâche. Les pertes quotidiennes sont terribles. Le 5 octobre tombe au Champ d'Honneur un nouveau braspartiate, du Paradis des Chats: Jean Louis Guyomarc'h...

Jean Louis GUYOMARCH (GUIOMAR), né le 13 avril 1891 à Kerabloc'h, domicilié à Baradoz ar c'has, est fils de Yves et de Marie Anne Famer.
Exempté en 1911, il est déclaré bon pour le service armé le 28 octobre 1914. Incorporé le 16 décembre, il est affecté au 64ème Régiment d'Infanterie, au sein duquel il reçoit une formation de soldat. Ses classes accomplies, il passe au 402ème Régiment d'Infanterie à la création de ce régiment, en avril 1915, au camp de La Valbonne. Le régiment est constitué essentiellement de Bretons mais aussi de Picards et de Parisiens. Un tiers de ses soldats sont de jeunes recrues comme Jean Louis Guiomar, un autre tiers d 'anciens auxiliaires, le troisième tiers de blessés de guerre.
Entre mai et août 1915, tous ces hommes reçoivent un entraînement intensif, avant d'être embarqués le 2 septembre pour la zone des armées. Il est initialement cantonné à Liancourt-Rantigny (Oise).
Le 25 septembre, dans la soirée, « le bruit se répand comme une trainée de poudre que le front allemand est percé en Champagne et en Artois. Dans la nuit, le régiment – avec sa division – est embarqué en train pour rejoindre Saint-Hilaire-au-Temple dans la soirée du 26. Il se concentre près de la ferme de Cuperly.


Le 27, après une fausse alerte, il rejoint les tranchées situées au nord de St Hilaire-le-Grand où il passe la nuit. Le 28, il se porte en avant et reçoit son baptême du feu sous un bombardement particulièrement violent, « sur un terrain désolé et couvert de cadavres... »


Il pleut sans discontinuer depuis le 25. Le sol n'est plus qu'un lac de boue...Après deux jours de marches et de contre-marches, sans ravitaillement, le régiment se met en garde, baïonnette au canon: l'ordre est donné de ne pas tirer un coup de fusil jusqu'à la tranchée des Fentes. Puis le régiment se déploie en vagues d'assaut et entre dans la mêlée. Le chef de corps du régiment tombe l'un des premiers, la cuisse fracassée par une balle. Pire: l'artillerie française, trompée par la pluie et le brouillard, se trompe d'objectifs et couvre de projectiles la crête tenue par le régiment ! Les pertes sont terribles, d'autant que l'artillerie allemande s'est jointe à la partie...


« Pleins de rage et de colère de voir l'erreur de leurs camarades et de sentir près d'eux, terré dans les fourrés, un ennemi invisible, les petits bleus de Bretagne et de Picardie, méprisant le danger, se dressent de leur lit de boue et se haussant de toute leur taille tentent de découvrir ceux qui les fusillent impunément... » Le carnage est terrible et le 402 repoussé : il doit se replier sur la ferme des Vacques dans la nuit pour se reconstituer...Plus de 1 600 hommes sont tombés en moins de 3 jours...
Le 2 octobre, le régiment reçoit 500 hommes de renfort, et remonte dans les tranchées près de Souains. Il y restera jusqu'au 8 octobre, perdant encore 54 hommes. Parmi eux, Jean Louis Guiomar, lequel meurt le 5 octobre 1915 à Souains (Champagne) des suites des blessures reçues sur le champ de bataille.
Son acte de décès a été transcrit à Quimerch où ses parents s'étaient installés.



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MessageSujet: François Louis Ruelland (1878-1915)   Mer 6 Oct - 7:30

6 octobre 1915: l'offensive commencée le 25 septembre se poursuit... les Pertes sont énormes mais l'espoir est toujours là de rompre le front ennemi... Les vagues d'assaut se succèdent, de nouvelles troupes sont amenées en renfort et aussitôt lancées dans l'enfer... Les réformés, les exemptés, voient leurs cas reconsidérés, et nombre d'entre eux sont affectés en unités combattantes. Ce fut le cas de François Louis Ruelland, tombé en cette journée du 6 octobre...

François Louis RUELLAND, cultivateur, né le 8 mars 1878 à Brasparts, est fils de Yves et de Marie Le Baut.
Matricule 2652 au recrutement de Quimper. Ajourné en 1899 et 1900 (défaut de taille), il est classé dans le service auxiliaire en 1901.
Domicilié à Quimerch le 15 novembre 1902 puis à Aubervilliers le 11 août 1914, il est reclassé service armé (bon absent) par la commission de réforme de Quimper le 4 novembre 1914.
Mobilisé le 29 mars 1915 au 151ème régiment d'infanterie, il y reçoit une formation de base de soldat avant de rejoindre son régiment aux armées en septembre 1915.
Il est immédiatement affecté en unité et participe à la préparation de l'offensive dans la région de Saint-Hilaire-le-Grand. Il découvre les tranchées, le bombardements, les tirs de mines, les patrouilles de nuit...Relevé, le régiment reçoit l'ordre d'attaque pour le 25, et remonte en ligne. « La préparation d'artillerie continue, très violente », rapporte le JMO du régiment. La pluie tombe, rendant le sol glissant. A 9h30, c'est l'assaut : François Louis Ruelland rentre pour la première fois dans le combat: sa compagnie est dans la première vague mais est vite stoppée par les défenses ennemies.



Dans la nuit, les unités se réorganisent après les pertes sévères de la journée. Le lendemain, à midi, après une nouvelle préparation d'artillerie, « l'attaque part sans aucune hésitation » et parvient à s'emparer de la première tranchée allemande. Les pertes sont encore très lourdes. Pendant la nuit, cette tranchée prise est reliée à la tranchée de départ. Mais le lendemain, l'offensive est stoppée dans le secteur du régiment par le feu des mitrailleuses. Un coup de main est tenté à la tombée de la nuit, mais échoue. La situation n'évolue pas les jours suivants. Le 151 est relevé le 30 septembre mais le secteur est « violemment bombardé par des obus de tous calibres de 15 heures à 19 heures » puis pendant la nuit. Le régiment reçoit un renfort de 430 soldats directement incorporés dans les tranchées... Pendant la journée, les soldats vont nettoyer les tranchées et la nuit creuser les boyaux d'accès, réparer les parapets... A minuit le 1er octobre, le régiment, relevé par le 103ème territorial, quitte ses positions pour Mourmelon, mouvement qui s'effectue sous le bombardement ennemi... Après s'être réorganiser, il remonte en ligne le 4 octobre... Il subit un bombardement d'obus asphyxiants; les tranchées sont rendues intenables: tout est remis en état dans la nuit...
Le 6 octobre, dans un brouillard assez épais, le 151 reprend l'offensive mais est cloué sur place par le feu des mitrailleuses...François Louis Ruelland, soldat à la 4ème compagnie, est tué lors de ces combats avec tant d'autres de ses camarades...



Officiellement porté disparu le 6 octobre 1915 à Auberive (Marne), son acte de décès est fixé à cette date qui correspond à celle inscrite dans le journal du régiment. L'acte est transcrit à Brasparts le 7 janvier 1916.
Le 151 sera de nouveau relevé le 11 octobre et cantonné à Mourmelon avant de revenir au front la semaine suivante...



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MessageSujet: François Salaün (1895-1915), Yves Gourvest (1882-1915)   Ven 8 Oct - 7:18

L'offensive du 25 septembre va ainsi se poursuivre jusqu'au 12 octobre. L'attaque, comme toutes celles de 1915, va échouer une nouvelle fois. Le général de Castelnau dit à Poincaré: “Nous n'avons aucun plan. Nous nous conduisons comme un hanneton dans une cage de verre: nous donnons de la tête à droite et à gauche, au hasard”. Et Joffre répond: “A ce jeu, il était certain que nous nous userions; mais l'ennemi s'userait aussi, et toute la question était de mener nos affaires avec sagesse pour pouvoir durer plus que lui. A la guerre ce sont les derniers bataillons qui emportent la victoire.”
Les journaux de tous les régiments engagés montrent le courage et l'abnégation de nos soldats, officiers, sous-officiers et hommes de troupe. Tous se sont élancés dans un élan sublime qu'ils pensaient victorieux.
Sur le champ de bataille, il ne reste que des morts et des blessés appelant au secours. Le lieutenant d'Harcourt, blessé, raconte:
“Les brancardiers sont trop peu nombreux et le poste de secours trop loin. Debout! Debout! ... Il faut que je marche, sans quoi jamais je n'arriverai. Mais seulement pour me mettre à genoux, que d'élancements dans cette plaie... comme elle me brûle... tous ces soubresauts doivent l'élargir encore. Affaibli par des hémorragies successives, je vois le sol tourner en cirque... Pendant vingt minutes, je m'acharne sur ce terrain visqueux, me relève, retombe, me relève encore.
Enfin, deux blessés français plus valides, deux cyrénéens émus de mon impuissance m'entraînent et me soutiennent. ..
Je reconnais le lieutenant Jehanno grelottant, l'air égaré, la capote défaite; il chancelle au bord d'un trou. Je le salue de la tête: il ne me reconnait pas. Je lui parle, il ne me répond pas: touché à mort...”
Deux braspartiates sont encore tombés ce 8 octobre 1915, dans la boue de Champagne; tous deux ont rejoint leur unité au front, François Salaün en février, Yves Gourvest au début de l'été; tous deux sont morts au champ d'honneur devant ce village de Tahure où périrent tant de soldats... pour ce terrible “jeu” du général Joffre...


François SALAÜN, cultivateur à Rungaou, né le 7 mai 1895 à Plonévez du Faou, est fils de Jean et de Marguerite Favennec, domiciliés à Loqueffret.
Appelé sous les Drapeaux le 15 décembre 1914 comme soldat au 62ème Régiment d'Infanterie. Il passe successivement au 45ème d'Infanterie qu'il rejoint à Domart, au cours d'une période d'exercices le 1er février 1915; il est légèrement blessé par balle le 20 avril dans la région de Chauffour (Marne); il revient au dépôt du 62ème le 1er mai, avant d'être affecté au 137ème le 13 juin. Ce régiment a été particulièrement éprouvé dans les combats du début du mois, combats au cours desquels il aperdu près de 1 000 hommes. Relevé le 14 juin, il alterne les montées en première ligne et les temps de « repos ». Le 19 août, l'ensemble du régiment est regroupé au « Camp des Coloniaux », et est affecté au secteur de Mesnil-les-Hurlus si souvent évoqués dans ce forum.



Le 25 septembre, il fait partie des troupes d'assaut qui se lancent à l'assaut de Tahure; le chef de corps est tué dans les premiers combats; la progression est faible, les combats terribles; le 2 octobre, il s'empare du sommet des Mamelles, et s'y organise, et s'y maintient malgré les contre-attaques allemandes; c'est sous un feu terrible que François Salaün y est tué à l'ennemi le 8 octobre 1915. Le jugement déclaratif du tribunal de Châteaulin transcrit à Loqueffret le 25 juin 1923 fixe le lieu de décès à Tahure.
François Salaün est inhumé dans la nécropole nationale « Suippes-Ville » (Marne), tombe individuelle n°1288.

Yves GOURVEST, cultivateur, né le 28 octobre 1882 à Brasparts et domicilié à Lopérec, est fils de Jacques et de Jeanne Marie Martin.
Il effectue son service militaire dans le service auxiliaire, subdivision de Quimper. Classé service armé par la Commission de Réforme de Quimper le 4 novembre 1914, il est mobilisé le 29 novembre.
Après une période de formation de soldat à Quimper, il rejoint son régiment, le 118ème d'infanterie, “aux armées” Il est affecté à la 10ème Cie du 3ème bataillon commandée par le chef de bataillon Hanquelle. Le régiment s'est réorganisé début mars dans la région d'Albert, avec notamment la création d'une compagnie de mitrailleuses.
Yves Gourvest arrive le 8 juin avec 200 autres hommes. Ces renforts sont attendus et participent à des exercices “en terrain varié”. Leur première relève s'effectue le 18 juin. Le bataillon d'Yves Gourvest est en réserve. Il découvre la guerre des mines, la réalisation des travaux défensifs, les attaques soudaines, les tirs d'artillerie, les travaux de nuit, les patrouilles, les retours au cantonnement de Millencourt, les exercices de toutes sortes, les travaux en seconde ligne, les relèves avec les unités bretonnes du 19ème d'infanterie où les braspartiates ne manquent pas...
Le 19 août, après plusieurs mois “relativement” calmes, le 118 est embarqué avec sa division dans des trains qui les déposent à Vitry-la-Ville. Une longue marche le conduit à Somme-Suippe et Somme-Tourbe le 23 août.



Il procède à la relève des unités des tranchées de Mesnil-les-Hurlus. Les bombardements sont intenses (plus de 1 000 obus par jour) et les pertes régulières. A chaque relève, le 118 rejoint le “Camp des Coloniaux”. Toutes les nuits deux compagnies de chaque bataillon sont envoyées pour travailler à l'amélioration du secteur (approfondissement des tranchées, des boyaux, etc.) de 20 heures à 4 heures du matin.
A l'approche de l'offensive, le 3ème bataillon reste en soutien et fournit les corvées nécessaires à la constitution des dépôts de munitions, de vivres et de matériels du génie. La pluie, le froid, le brouillard sont de la partie, presque sans discontinuer. Le 25 septembre, au moment de l'attaque, la 10ème compagnie est en réserve de la Brigade. Les pertes du régiment sont énormes. Mais la 10 ne sera engagée que le 28 septembre, pour essayer de s'emparer de la Brosse à Dents devant Tahure, position conquise initialement mais perdue lors d'une contre-attaque allemande.



Après l'échec des premiers assauts, deux bataillons du 118 s'emparent le 2 octobre de tranchées adverses et le bataillon d'Yves Gourvest effectue les travaux pour relier les nouvelles positions, sous le feu ennemi. Le bombardement se fait de plus en plus intense les 3 et 4 octobre. Il devient impossible de travailler le jour. Une nouvelle attaque est préparée pour le 5 octobre: la 10 fait partie de la première vague d'assaut. Mais la position de la Brosse à dents est solidement organisée: “des hommes dégourdis furent envoyés avec une cisaille pour couper les fils de fer. Ils partirent en rampant, n'ayant rien sur eux qui put faire du bruit, et, tout en restant couchés, purent couper les fils de fer et faire de nombreuses brèches en élevant seulement leurs bras armés de cisailles”. A 4h du matin, les fils de fer étaient coupés en grande partie. L'assaut est donné le 6 au matin, le 3ème bataillon franchit les lignes adverses et prennent position en face de Tahure. A 9h30, les objectifs régimentaires sont atteints. Mais les défenses des secteurs conquis sont très difficiles: les allemands se servent d'obus à gaz asphyxiants. Les tranchées sont insuffisantes à la protection.
A 4 heures du matin, le 8 octobre 1915, le 3ème bataillon relance une attaque, dans le brouillard: “les hommes, dans un magnifique élan, traversent la tranchée de Constantinople, descendent le ravin, prennent à revers les allemands, et, n'écoutant que leur courage, dépassent l'objectif qui leur était assigné.

Dès 9h du matin, toute la Brosse à Dents était entre nos mains. Toutefois, quelques allemands restaient encore dans les tranchées franchies. La 10ème compagnie, commandée par le sous-lieutenant Simon, avait dépassé ses objectifs sans faire un “nettoyage suffisant” d'un petit boqueteau, renfermant des abris”. Une contre-attaque se produit de ce lieu: le sous-lieutenant est tué ainsi qu'une partie de ses hommes, dont Yves Gourvest.
Le régiment sera relevé le lendemain.
Matricule 3034. L'acte de décès de Yves Gourvest a été transcrit le 21 février 1916 à Lopérec.

Avec l'échec de l'offensive, les combats vont faiblir un peu d'intensité; les unités doivent se réorganiser , et ce, dans les deux camps. Temps de répit, mais aussi temps de dépit après un si grand espoir... Moralement, l'impact est destructeur, et la confiance en la victoire commence à s'étioler...


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MessageSujet: Re: Mémorial des Braspartiates dans la Grande Guerre: 1915   Mar 12 Oct - 18:43

Pour compléter ces recherches, voici un document édité à l'occasion de la Journée du Finistère du 10 octobre 1915; ce document a été mis en vente à l'époque pour participer à l'effort de guerre, à un moment crucial pour notre pays: l'offensive de Champagne commençait à s'essouffler sérieusement, les pertes de l"année avaient été considérables, le traumatisme particulièrement fort dans la population... Brasparts- Saint Rivoal avaient déjà perdu en 15 mois de guerre une centaine des leurs, qu'ils soient natifs ou résidents de la commune. Voici ce document qui rassemble tant de signatures célèbres, dont celle d'un enfant de Brasparts: Frédéric Le Guyader.

























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MessageSujet: Jean Marie Cozic (1880-1915)   Sam 23 Oct - 12:13

Le 23 octobre 1915, les régiments coloniaux cherchent une nouvelle fois à s'emparer d'un haut lieu occupé par les allemands: la main de Massiges. L'attaque échoue et marque la fin de l'offensive. Un dernier braspartiate tombe à l'ennemi ce jour-là:

Jean Marie COZIC, cultivateur puis marin (1900), né le 21 février 1880 au bourg de Brasparts, est fils de Jean Louis et de Françoise Madec.
Jean Marie Cozic s'inscrit comme marin à Quimper le 21 mars 1900. Il est "levé" le lendemain.
Sous la troisième République, la « levée permanente » permet à la Marine d'appeler à son service tous les marins de 20 à 40 ans qui n'ont pas encore effectué de campagne sur un bâtiment militaire. Ainsi, à peine inscrit maritime au quartier de Quimper, il est levé le 22 mars 1900 en vertu de cette loi de la levée permanente. Jean Marie Cozic arrive à Brest le lendemain.
Matelot de 2ème classe sur la frégate à voiles la Melpomène par suite de brevet du 14 mars 1902, puis matelot de 1ère classe sur le Sauvéguibon le 1er avril 1902, il est placé en congé illimité le 22 novembre 1903, réunissant comme inscrit maritime 44 mois de service.
Il se marie au Havre le 19 décembre 1911 avec Marie Charbé.
Inscrit maritime, il est mis à la disposition de la Guerre pendant les hostilités et affecté comme soldat au 3ème Régiment Colonial d'Infanterie qu'il rejoint le 28 décembre 1914. Après avoir reçu une formation de base, il part aux armées au début de l'été 1915 et rejoint son régiment en Champagne.





Il fait partie des vagues d'assaut du 25 septembre qui vont combattre à Main-de- Massiges, forteresse naturelle dominant la vallée de l'Aisne, qui se situe à la limite entre le front de Champagne et la forêt d'Argonne.



Les attaques incessantes des français – et notamment des troupes coloniales – ne parviendont jamais à faire tomber ce haut lieu occupé par les allemands depuis septembre 1914. C'est lors de l'une d'elles que tombe, face à l'ennemi, Jean Marie Cozic (matricule 2754) le 23 octobre 1915.



Le jugement déclaratif a été transcrit le 9 mars 1916 au Havre. Jean Marie Cozic est inhumé dans une tombe individuelle (N°4620) de la nécropole nationale “Pont-de-Marson”.
La revue L'Illustration a publié dans son numéro du 20 novembre 1915 plusieurs croquis de guerre de François Flameng représentant les combats de Main-de-Massiges de septembre 1915, croquis qui illustrent ce message.


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Berthion
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MessageSujet: Août 1914   Dim 24 Oct - 10:20

Bonjour,
félicitation pour vos pages d'Histoire et les recits de 14-18 avec la vie et/ou la mort des soldats de Brasparts .
Juste une petite correction, étant Champardennais, : Affret JM passe à Chaumont saint Quentin ( Ardennes 27-28 août 1914 ) et non ( Somme 27-28 août 1914 ) .
Je travaille sur les combats retardataires de fin août 1914 lors de la retraite au passage de l'Aisne . Brasparts a eu plusieurs soldats tués en ces lieux et à ce moment .
Cordialement BB

bbberthion@evhr.net
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MessageSujet: Corentin Le Bihan (1893-1915)   Jeu 11 Nov - 8:43

Le dernier braspartiate "Mort pour la France" en 1915 n'est pas mort au combat, mais au service de son pays, loin de sa terre natale...

Corentin François Marie LE BIHAN, cultivateur, né le 22 mars 1893 au bourg de Brasparts, est fils de Jean François et de Marie Jeanne Breut. Souhaitant trouver une autre voie, et encouragé par d'autres camarades braspartiates qui ont décidé de faire carrière, il s'engage pour 5 ans le 28 janvier 1913 au titre du 2ème Régiment d'Infanterie Coloniale.
Après trois de classe, il est affecté le 15 avril 1914 à la compagnie de la Martinique, chargée de la protection de l'île.
Malheureusement, il est atteint de dysenterie, et décède le 11 novembre 1915 à l'hôpital de Fort de France.

Corentin Le Bihan était le frère de Joseph, également “Mort pour la France”, tué à l'ennemi en Champagne le 18 mars 1915.

A noter qu'un autre soldat, Artidor Marceau Kléber Patient, né en 1886 à Saint-Rivoal, domicilié à Marans (17), mais dont je n'ai retrouvé aucune trace, était tombé le 5 novembre 1915 à Tahure

PS. Merci à M. Berthion pour la correction apportée.
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MessageSujet: Re: Mémorial des Braspartiates dans la Grande Guerre: 1915   Ven 15 Avr - 13:28


MÉMORIAL DES BRASPARTIATES TOMBES AU CHAMP D'HONNEUR


1915

Pour clore ce chapitre de l'histoire braspartiate, et à la demande de plusieurs inernautes, voici un "dictionnaire" de tous les braspartiates (ou enfants de Brasparts) tombés en 1915.

AUFFRET François, cultivateur, né le 5 décembre 1881 à Botmeur, est fils de Henry et de Marie Jeanne Le Roy, cultivateurs à Saint-Rivoal.
Engagé volontaire pour 5 ans le 23 octobre 1901 pour les Équipages de la Flotte. Apprenti marin, puis successivement matelot de 2ème classe (1er décembre 1902), de 1ère classe et fusilier breveté (1 octobre 1904), il rengage pour 3 ans le 1er septembre 1906 puis de nouveau pour 3 ans le 23 octobre 1909. Il est nommé Quartier maître le 1er janvier 1908 puis passe 2ème maître fusilier au 2ème Régiment de Fusiliers Marins.
Sous les ordres de l'amiral Ronarc'h, il participe à la défense du camp retranché de Paris, à la campagne de Flandre, aux combats de Dixmude, puis de Nieuport où il est tué, à Lombartzycke près de Coxyde (Belgique) le 10 avril 1915. quelques jours avant le début de la seconde bataille d'Ypres, où une nouvelle fois, les “demoiselles”allaient se couvrir de gloire.
L'acte de décès a été transcrit à Brasparts le 17 mai 1915 . François Auffret (Matricule 6443 Brest). est inscrit au Monument aux Morts de Saint-Rivoal.
Inhumé dans la nécropole nationale “Notre-Dame-de-Lorette”, commune de Ablain-Saint-Nazaire (Pas-de-Calais), tombe individuelle 7669, carré 39, rang 2. François Auffret avait été initialement inhumé près des tranchées de Lombartzycke où il était tombé. Son nom est inscrit sur une des plaques commémoratives dans la crypte de l'église de Nieupoort-village.

AUFFRET Jean Louis, cultivateur, né le 9 novembre 1894 à Kerambelec, est fils de Pierre Louis et de Marie Anne Le Crenn. Incorporé au 118ème régiment d'Infanterie comme soldat le 8 septembre 1914, il part au front le 11 janvier 1915, et rejoint son régiment à Albert. Il y subit son premier bombardement le 14 janvier, bombardement qui va durer deux heures. Dès le lendemain, les jeunes sont répartis dans les bataillons et participent à la relève de la première ligne. Le régiment reste dans le même secteur de La Boisselle jusqu'en juillet 1915, avant de rejoindre la Champagne pour participer à la grande offensive de septembre. Jean Louis Auffret disparaît au combat à Tahure (Marne) le 25 septembre 1915. Le jugement déclaratif du tribunal de Châteaulin a été transcrit le 5 novembre 1920 à Brasparts.

BIHAN (LE) Corentin François Marie, cultivateur, né le 22 mars 1893 au bourg de Brasparts, est fils de Jean François et de Marie Jeanne Breut.
Engagé volontaire pour 5 ans le 28 janvier 1913 au titre du 2ème Régiment d'Infanterie Coloniale, il est affecté le 15 avril 1914 à la compagnie de la Martinique. Atteint de dysenterie, il décède le 11 novembre 1915 à l'hôpital de Fort de France. Frère de Joseph, également “Mort pour la France” la même année.

BIHAN (LE) Joseph Pierre Marie, terrassier, est né le 19 décembre 1891 au bourg de Brasparts, fils de Jean François et de Marie Jeanne Breut. Initialement classé dans le service auxiliaire, ilest ensuite affecté au 6ème puis au 2ème Régiment d'Infanterie Coloniale. Mobilisé le 2 août 1914 au 2ème RIC, il est de tous les combats de ce régiment:. Il fait partie des groupes qui réussissent à franchir les lignes allemandes après la bataille de Rossignol (22 août) et à se regrouper à Gérouville (23 août) avant de prendre part à tous les replis successifs jusqu'à la Marne. Il se bat en Champagne, en Argonne. Joseph Le Bihan (Matricule 3560) est tué à l'ennemi le 18 mars 1915 aux Trois Ravins, dans le bois est de La Chalade, sur la Biesme à 9km de Ste Ménéhoulde, .
Son acte de décès a été transcrit à Brasparts le 1er avril 1916.
Il est le frère de Corentin, “Mort pour la France” la même année.

LE BORGNE Jean François, cultivateur, est né le 25 mai 1895 à Saint Rivoal, fils de François et de Anne Le Bras, cultivateurs à Saint-Rivoal. Incorporé le15 décembre 1914 au 71ème Régiment d'Infanterie de Saint Brieuc, il y apprend son métier de soldat avant de partir au front en mars 1915 avec son camarade Charles Le Belch. Son régiment est alors stationné dans la région d'Arras, à Roclincourt où les bataillons se relèvent à tour de rôle. Il y retrouve entre autre Jean François Favennec qui sera tué le même jour que lui, le 16 juin 1915, lors des combats de Saint-Nicolas. Son acte de décès a été transcrit à Saint-Rivoal le 2 novembre 1916. Jean François Le Borgne est inscrit sur le monument aux morts de Saint-Rivoal.

LE BORGNE Jean Louis Marie, est né le 19 juillet 1877 au bourg de Brasparts (matricule 931/2624 Brest). Domicilié à Brest, soldat au 2ème régiment d'infanterie coloniale, il tombe à l'ennemi le 20 mai 1915 à La Harazée.

BREUT François, cultivateur, est né le 29 mars 1884 à Quillivien, fils de Jean Michel et de Marie Françoise Le Dréau. Matricule 2648 au recrutement de Quimper, ajourné en 1905 et 1906, il est classé dans le service auxiliaire en 1907. Mobilisé le 24 novembre 1914, il est déclaré bon pour le service armé par la commission de réforme de Quimper et incorporé comme soldat au 118ème Régiment d'Infanterie. Il rejoint son régiment au front dans la Somme en mars ou avril 1915. Il est « tué à l'ennemi » dans sa tranchée à Bécourt (Somme, 3km à l'est d'Albert et 30 km au nord-est d'Amiens sur l'Ancre). Le jugement déclaratif du tribunal de Châteaulin a été transcrit à Brasparts le 24 mars 1921. François Breut est inhumé dans le carré communal d'Ovillers-la-Boisselle (Somme) dans la tombe individuelle n°114.

BREUT Michel Jean Marie, est né le 12 mai 1884 au bourg de Brasparts, fils de Jean Michel et de Marie Angélique Lucas. Après avoir quitté Brasparts en 1903 pour Paris, il s'engage pour 4 ans au titre du 103ème Régiment d'Infanterie qu'il rejoint le 11 décembre. Il passe au 104ème d'Infanterie le 1er juin 1906. Rengagé pour 5 ans (à termes résiliables) le 30 mars 1908 au titre du 2ème Régiment d'Infanterie Coloniale. Il est versé dans la disponibilité le 18 avril 1909 et sert comme garçon de magasin à Paris (1911-1914). Mobilisé le 3 août 1914 au 2ème RIC, il est nommé caporal le 3 octobre puis sergent le 23 novembre. Il est tué à l'ennemi le 14 juillet 1915 au Bois Baurin, secteur de Servon (Marne), au sein du bataillon Lozivit. (Matricule 2648. Le jugement déclaratif du tribunal de Châteaulin transcrit à Brasparts le 24 mars 1921).

BROUSTAL Charles, né le 25 décembre 1885 à Saint-Rivoal, est fils de Pierre et de Anne Guillerm.
Incorporé au 106ème Régiment d'Infanterie le 8 octobre 1906, il est versé dans la réserve le 25 septembre 1908. Il effectue deux périodes d'exercice en 1911 et 1913.
Il épouse Marie Picart le 24 novembre 1913 à Saint Rivoal.
Mobilisé le 3 août 1914 au régiment de Quimper, il est ensuite affecté comme soldat au 318me Régiment d'Infanterie qui participe à la défense de Paris puis à la retraite des 3ème et 4ème Armées, à la bataille de la Marne, avant se se battre sur l'Oise. Charles Broustal est grièvement blessé – plaies pénétrantes des cuisses, des jambes, et broiement des deux pieds – lors de la bataille de Quennevières.
Charles Broustal (Matricule 2450 au recrutement de Quimper) est mort pour la France le 15 juillet 1915 à l'ambulance 2/61 d'Offémont (Oise, 3km au sud de Tracy-le-Mont) des suites des blessures de guerre. Initialement enterré dans le cimetière provisoire de l'enceinte du château d'Offémont, il fut ensuite inhumé dans la nécropole nationale « Royallieu » de Compiègne, dans la tombe individuelle n°69, carré M. L'acte de décès a été transcrit le 24 juin 1916 à Saint-Rivoal. Son nom est inscrit sur le Monument aux Morts de Saint-Rivoal.

CARIOU Pierre, cultivateur, né le 16 mai 1878 à Saint-Rivoal, est fils de Pierre et de Marie Anne Chulou.
Initialement dispensé de service national, car soutien de famille, il est affecté le 14 septembre 1899 au 3ème Bataillon de Chasseurs à pied pour son service national.
Versé dans la disponibilité le 22 septembre 1900, il effectue deux périodes d'entraînement avec le 118ème Régiment d'Infanterie en 1908 et 1909.
Mobilisé le 15 août 1914, toujours au 118, il passe au 151ème Régiment d'Infanterie le 4 juin 1915 puis au 265ème Régiment d'Infanterie le 19 juin 1915. Ce régiment perd 400 hommes dans l'attaque de Quennevières et de la ferme d'Ecafaut. Après l'échec de l'offensive, il s'installe défensivement dans le même secteur de Tracy-le-Mont. Le 25 juillet 1915, Pierre Cariou (matricule 2679) est blessé mortellement dans une tranchée sur le plateau de Quennevières, dans la commune de Tracy-le-Mont (Oise) vers 1h30 du matin. “Par suite de la proximité des lignes ennemies, nous n'avons pas pu nous porter auprès de la personne décédée”, dira son acte de décès, transcrit à Brasparts le 28 décembre.
Pierre Cariou est inscrit au Monument aux Morts de Saint-Rivoal.

CLAUDE Louis, instituteur à Brasparts, est né le 28 mars 1880 à Châteauneuf du Faou, fils de Joseph et de Marie Louise Plantec. Il effectue son service national au 118ème Régiment d'Infanterie où il est incorporé le 14 septembre 1901. Caporal le 31 juillet 1902, il passe au 19ème Régiment d'Infanterie. Il est envoyé dans la disponibilité le 21 septembre 1902. Bien que dispensé, il accomplit une période d'exercices au 116ème régiment d'Infanterie de Vannes du 22 août au 18 septembre 1904 et est nommé sergent. Il est enseignant à Commana jusqu'à son mariage le 26 avril 1905 à Brasparts avec Marie Marguerite Pouliquen dont il a un fils, Louis Henri Yves, né en 1914 à Brasparts. Il enseigne ensuite à Botmeur puis Brasparts. En 1910, il effectue une nouvelle période d'exercices au 6ème Régiment d'Infanterie Coloniale du 1er au 17 septembre 1910. Il est mobilisé le 3 août 1914 et est nommé sergent-fourrier. Il participe avec le 118 au combat de Maissin, à la retraite puis à la bataille de la Marne, aux combats de la Somme. Sous-lieutenant de réserve le 26 mai 1915, affecté à la 9ème compagnie, commandée par le lieutenant Ollivier (3ème bataillon, chef de bataillon Hanquelle). Disparu lors des combats de Tahure (Marne) le 25 septembre 1915. Matricule 2649. Jugement transcrit à Brasparts le 24 mars 1921.

CLOAREC Yves , meunier, né le 1er octobre 1895 à Brasparts, domicilié à Loqueffret, matricule 2575, est fils de Louis et de Marie Anne Labous. Cheveux châtains clairs, yeux marrons, front haut, nez rectiligne, visage rond. Taille: 1,60m. Incorporé à partir du 16 décembre 1914 au 4ème Zouaves, il est tué à l'ennemi aux Eparges le 29 avril 1915. Le jugement déclaratif a été rendu par le tribunal de Châteaulin le 13 janvier 1921.

COZIC Jean Marie, cultivateur puis marin (1900), né le 21 février 1880 au bourg de Brasparts, est fils de Jean Louis et de Françoise Madec. Appelé dans la marine au titre de la « permanente » Jean Marie Cozic sert comme matelot de 2ème classe sur la frégate à voiles la Melpomène par suite de brevet du 14 mars 1902, puis matelot de 1ère classe sur le Sauvéguibon le 1er avril 1902. Placé en congé illimité le 22 novembre 1903, il se marie au Havre le 19 décembre 1911 avec Marie Charbé.
Inscrit maritime, il est mis à la disposition de la Guerre pendant les hostilités et affecté comme soldat au 3ème Régiment Colonial d'Infanterie qu'il rejoint le 28 décembre 1914. Après avoir reçu une formation de base, il part aux armées au début de l'été 1915 et rejoint son régiment en Champagne. Il fait partie des vagues d'assaut du 25 septembre qui vont combattre à Main-de- Massiges. C'est lors de l'une de ces attaques que tombe, face à l'ennemi, Jean Marie Cozic le 23 octobre 1915.
Le jugement déclaratif a été transcrit le 9 mars 1916 au Havre. Jean Marie Cozic est inhumé dans une tombe individuelle (N°4620) de la nécropole nationale “Pont-de-Marson”.

DILVIT Paul Marie, domestique, domicilié à Maner ar Park, né le 7 novembre 1888 au bourg de Brasparts, et fils de Yves et de Marguerite Broustal.
Affecté le 6 octobre 1909 au 62ème Régiment d'Infanterie de Lorient. Rendu à la vie civile en septembre 1911, il épouse Marie Françoise Riou le 21 avril 1912 à Brasparts et en a deux enfants, Yves Paul Marie (né en 1913) et Marie Jeanne (née en 1915).
Il rejoint le 62ème RI de Lorient à la mobilisation et participe aux combats de ce régiment à Sedan , Maissin, Tourteron, à la bataille de la Marne, au combat d'Hamel. Puis le régiment est « cantonné » dans les tranchées de la Somme jusqu'à l'été 1915.
Affecté comme caporal clairon au 4ème Régiment d'Infanterie le 16 mars 1915, il participe aux combats d'Argonne (Vauquois, Haute Chevauchée, Ravin des Maurissons). Il disparaît au combat lors de l'offensive sur la cote 263 le 13 juillet 1915.
Initialement porté disparu et présumé prisonnier, il sera finalement reconnu “Mort pour la France”. Le jugement déclaratif a été transcrit le 16 avril 1921 à Brasparts.

DIREUR Hervé Marie, cultivateur, né le 26 novembre 1892 à Tuchennoù, est fils de Jean Marie et de Marie Jeanne Marc. Ajourné en 1913, il est classé dans le service auxiliaire, puis déclaré soutien indispensable de famille le 3 septembre 1914. Le 2 novembre, la commission de réforme le reclasse “service armé” et il est affecté au 118ème Régiment d'Infanterie qu'il rejoint le 24 novembre et reçoit le baptême du feu lors des combats de La Boisselle (décembre 1914-juillet 1915). Blessé au combat lors de l'offensive de Champagne à Tahure le 25 septembre 1915, il disparait peu après et déclaré “tué au combat”. Matricule 527. Jugement déclaratif du tribunal de Châteaulin transcrit le 15 janvier 1921 à Brasparts.

FAVENNEC Guillaume Marie, cultivateur, né le 29 avril 1880 à Lannédern, est fils de Jean Alain et de Jeanne Guillou, domiciliés à Brasparts. Ajourné en 1901, il est incorporé le 16 novembre 1902 au 124ème Régiment d'Infanterie. Il est envoyé en disponibilité le 19 septembre 1904, certificat de bonne conduite accordé. Il effectue deux périodes d'exercices au 118ème Régiment d'Infanterie du 13 mai au 9 juin 1907 et du 24 avril au 10 mai 1911. Il quitte Brasparts pour s'installer à Plonévez du Faou en 1911. Mobilisé le 1er août 1914 au régiment d'infanterie de Guingamp, il passe au 154ème d'Infanterie le 14 juillet 1915. Il tombe au champ d'honneur lors de l'offensive de Champagne.
Officiellement, selon le jugement déclaratif du tribunal de Châteaulin rendu le 16 août 1917 et transcrit à Lannédern, Guillaume Favennec (matricule 2810) est décédé le 25 septembre 1915 près de Saint Hilaire le Grand (Marne). Un léger doute subsiste néanmoins: inhumé par le 14ème territorial à Mourmelon-le-Grand, Guillaume Favennec a été cité et décoré de la Médaille Militaire à titre posthume (JO du 6 mai 1922): “Brave soldat. Est tombé glorieusement pour la France le 14 octobre 1915 près de Saint Hilaire le Grand”. Croix de Guerre avec étoile de bronze. Guillaume Favennec est inhumé dans la nécropole nationale de Mourmelon-le-Grand, dans la tombe individuelle n°477, et inscrit comme appartenant au 151ème d'Infanterie.

FAVENNEC Jean François, cultivateur, né à Porzclos le 31 juillet 1891, est fils de Pierre et de Marguerite Favennec.
Soldat au 71ème Régiment d'Infanterie de Saint Brieuc depuis son incorporation le 10 octobre 1912, il participe à la bataille de Charleroi (Arsimont, août 1914), à la bataille de Guise (Le Sourd, août 1914), à la bataille de la Marne (Damery Prunay, septembre 1914), aux batailles d'Artois (octobre-décembre 1914 puis janvier à juin 1915). Il est tué à l'ennemi le 16 juin 1916, lors de l'attaque de Saint-Nicolas, en participant à l'assaut des tranchées allemandes.
Jean François Favennec ( matricule 3499) recevra la Médaille Militaire à titre posthume, avec la citation suivante: “Bon soldat, courageux et dévoué. Tombé glorieusement au champ d'honneur le 16 juin 1915 à St Nicolas (Artois), en se portant vaillamment à l'assaut des positions ennemies fortement organisées.”
Le jugement déclaratif du tribunal de Châteaulin a été transcrit à Brasparts le 21 janvier 1927.

FAVENNEC Yves, né le 25 février 1884 au Favot, est fils de Yves et de Marie Catherine Martin, cultivateurs à Lannédern.
Initialement classé dans le service auxiliaire pour raisons de santé, il est classé service armé le 2 novembre 1914 et mobilisé le 24 novembre.
Affecté comme soldat au 118ème Régiment d'Infanterie de Quimper, il rejoint le front, dans le secteur de la Boisselle qu'occupe son unité depuis le mois de décembre. Les attaques et contre-attaques s'y succèdent depuis le 6 janvier: les pertes sont sévères de deux côtés.
Yves Favennec est blessé mortellement en juin et évacué vers l'ambulance régimentaire puis vers l'ambulance n°8 du 11ème Corps d'Armée d'Acheux .
Il meurt «  pour la France » le 12 juin 1915 à l'ambulance « des suites de blessures contractées en service ». Il est inhumé dans la nécropole nationale « La targette » de Neuville-Saint Vaast (Pas-de-Calais), tombe individuelle 6036, carré 25, rang 2. L'acte de décès a été transcrit le 13 septembre 1915 à Lannédern.

GOLIAS Jean Yves, cultivateur à Loqueffret, né à La Forêt le 19 avril 1886, est fils de Yves Barnabé et de Jeanne Françoise Lamare. Matricule 318, incorporé au 64ème Régiment d'Infanterie le 7 octobre 1907, il est versé dans la réserve le 25 septembre 1909.
Affecté à la mobilisation au 248ème Régiment d'Infanterie, régiment de réserve stationné à Guingamp, lequel gagne le front en train à partir du 9 août 1914 et débarque à Rethel (11 août). Le régiment se bat sur la Meuse puis se replie au nord du bois de Saint Aignan (26 août).
Jean Louis Golias est lui porté disparu le 30 août 1914 au combat de Tourteron. Fait prisonnier, il est emprisonné au camp de Kleinwittenberg et emporté par une épidémie de typhus exanthématique le 10 mars 1915. Son acte de décès a été transcrit à Loqueffret le 29 janvier 1922.

GOURTAY Jean Louis, né à Pleyben le 15 mars 1891, cultivateur à Kernévez, est fils de Yves et de Anne Derrien, cultivateurs à Lannédern. Classé dans le service auxiliaire par le conseil de révision, il est affecté au 6ème Régiment du Génie comme sapeur de 2ème classe. Il passe au 116ème Régiment d'Infanterie de Vannes le 5 novembre 1912. Classé dans le service armé le 23 octobre 1914, il est affecté comme soldat au 72ème Régiment d'Infanterie Il rejoint Morlaix (caserne Guichen) où stationne un service d'État Major du 72e 272e RI et 12e Territorial avant de gagner le front.. Il rejoint son unité le 28 janvier, participe aux combats de Mesnil-les-Hurlus où il tombe, mortellement blessé, le 23 février 1915. L'acte de décès a été transcrit à Lannédern le 16 décembre 1915. Son frère Laurent Joseph sera tué à l'ennemi le 6 août 1916.

GOURVEST Yves, cultivateur, né le 28 octobre 1882 à Brasparts et domicilié à Lopérec, est fils de Jacques et de Jeanne Marie Martin. Il effectue son service militaire dans le service auxiliaire, subdivision de Quimper. Classé service armé par la Commission de Réforme de Quimper le 4 novembre 1914, il est mobilisé le 29 novembre. Après une période de formation de soldat à Quimper, il rejoint son régiment, le 118ème d'infanterie, “aux armées”, dans la région d'Albert. En août, son régiment rejoint la Champagne et prend part à l'offensive du 25 septembre. Le 8 octobre 1915, Yves Gourvest tombe à l'ennemi lors d'une contre-attaque allemande. L'acte de décès de Yves Gourvest a été transcrit le 21 février 1916 à Lopérec.

GRALL Jean Louis, cultivateur, né au Favot le 18 juin 1895, est fils de Jean Louis et de Marie Anne Floch. « Cheveux châtains, yeux gris, front moyen, nez rectiligne, visage long. Taille: 1,63m ». Incorporé à compter du 15 octobre 1914, il rejoint le 93ème d'Infanterie le 4 janvier 1915 et reçoit son baptême du feu à Thieval où le régiment est positionné jusqu'en mars. Blessé à l'attaque de la ferme de Touvent en Artois le 7 juin et évacué, il passe au 65ème Régiment d'Infanterie le 11 juin 1915, lequel est transféré en Champagne. Jean Louis Grall se distingue dans les combats de l'Argonne, notamment au ravin des « Courtes Chausses ». Il est tué à l'ennemi à Mesnil les Hurlus (La Courtine) le 25 septembre 1915 lors de l'offensive de Champagne. Est cité par son régiment: « Brave soldat le 13 juillet 1915 aux Courtes Chausses; est mort glorieusement pour la France en accomplissant son service ».
Jean Louis Grall a été inhumé initialement dans le cimetière de Mesnil-les-Hurlus avant que son corps ne soit transféré à la nécropole de Minaucourt. Un monument en hommage aux 64è et 65è régiment d'infanterie y a été érigé en 1919.
Jean Louis Grall (matricule 2636) recevra la Médaille Militaire à titre posthume le 11 avril 1920 puis la Croix de Guerre avec étoile d'argent le 12 septembre 1920. Jugement déclaratif du tribunal de Châteaulin transcrit à Brasparts le 15 janvier 1921.


GUILLERM Nicolas, cultivateur à Tronuel, né à Tromarc'h le 26 mai 1892, est fils de Yves et de Marie Anne Broustal.
Incorporé le 8 octobre 1913 au 71ème Régiment d'Infanterie, il participe à tous les combats de ce régiment ; bataille de Charleroi, bataille de Guise, bataille de la Marne, bataille d'Artois... Blessé au cours des combats, il est évacué.
Il est ensuite affecté au 155ème Régiment d'Infanterie (initialement stationné à Commercy) le 10 février 1915 et rejoint le 3ème bataillon, cantonné à Vienne-le-Château. Le régiment se trouve alors en Argonne depuis le mois de janvier et va s'illustrer à Vauquois, La Gruerie, Bagatelle ..
Le 20 juin 1915, l'ennemi bombarde violemment le secteur de Vienne-le-Château et lance une offensive violente sur la première ligne française; il est repoussé mais les pertes sont très sévères. Nicolas Guillerm disparait lors de ces combats et sera reconnu tué à l'ennemi le 20 juin 1915 dans le bois de la Gruerie (4 km ouest de Varennes, Marne).
La mort de Nicolas Guillerm fera l'objet d'un jugement déclaratif du tribunal de Châteaulin transcrit à Brasparts le 24 mai 1921.

GUILLOU Jean Louis , né le 4 décembre 1886 à Saint-Rivoal, est fils de René et de Marie Anne Yvinec. Incorporé au 162ème Régiment d'Infanterie le 8 octobre 1907, il passe au 118 le 15 mars 1908 avant d'être versé dans la réserve le 25 septembre 1909. Affecté au 48ème d'infanterie à Guingamp, il y effectue une période d'exercices du 10 au 26 juin 1914. Le 3 août 1914, il est rappelé à l'activité et affecté comme soldat au 248ème Régiment d'Infanterie, régiment issu du 48, qui est embarqué par train vers le front dès le 4 août. Le régiment se bat sur la Meuse, Metz, Jaulny, à la bataille de la Marne puis se porte en Champagne dans le secteur de la ferme des Wacques et du moulin de Souain.
Jean Louis Guillou (matricule 460 au recrutement de Quimper) est tué « à l'ennemi » le 18 septembre 1915, entre Souain et Perthes, quelques jours avant le déclenchement de la grande offensive voulue par Joffre.
Inhumé initialement dans le cimetière militaire de Souain, son corps a été ensuite transféré dans celui de «de la maison forestière » puis dans la nécropole nationale « Suippes Ville » dans une tombe individuelle, N°569. Son acte de décès, qui indique le 15 septembre comme date de sa mort, a été transcrit le 22 avril 1916 à Brasparts. Jean Louis Guillou est inscrit sur le Monument aux Morts de Saint-Rivoal.

GUIOMAR (GUYAUMARCH)Jean Louis , né le 13 avril 1891 à Kerabloc'h, domicilié à Baradoz ar c'has, est fils de Yves et de Marie Anne Famer.
Exempté en 1911, il est déclaré bon pour le service armé le 28 octobre 1914. Incorporé le 16 décembre, il est affecté au 64ème Régiment d'Infanterie, au sein duquel il reçoit une formation de soldat. Ses classes accomplies, il passe au 402ème Régiment d'Infanterie à la création de ce régiment, en avril 1915, au camp de La Valbonne. Le régiment monte au front le 2 septembre et rejoint les tranchées situées au nord de St Hilaire-le-Grand où il passe la nuit. Le 28, il se porte en avant et reçoit son baptême du feu sous un bombardement particulièrement violent, « sur un terrain désolé et couvert de cadavres... ». Au cours des combats, le régiment perd plus de 1 600 hommes en moins de 3 jours...Jean Louis Guiomar est blessé grièvement le 2 octobre. Évacué, il meurt le 5 octobre 1915 à Souains (Champagne) des suites des blessures reçues sur le champ de bataille.
Son acte de décès a été transcrit à Quimerch où ses parents s'étaient installés.

HASCOËT Jean Yves, cultivateur, né le 8 janvier 1894 à Dinéault, est fils de Étienne et de Marguerite Nicolas, cultivateurs, domiciliés à Brasparts.
Incorporé le 15 octobre 1914 comme soldat au 64ème Régiment d'Infanterie, il part au front le 15 décembre 1914, rejoignant son unité à Acheux le 16. Il participe aux attaques « à la baïonnette » contre les positions allemandes de La Boisselle. En juin, son régiment rejoint le front de Champagne et participe à la grande offensive déclenchée le 25 septembre. Jean Yves Hascoët (matricule 646) est tué à l'ennemi le 28 septembre 1915 à Mesnil les Hurlus (Champagne).
Le jugement déclaratif du tribunal de Châteaulin a été transcrit à Brasparts le 25 septembre 1917.
Frère de Jean Célestin, tué en 1914, et de Jean Marie, tué en 1916.

HERRY François Marie , cultivateur, est né le 25 mai 1892 à Saint-Rivoal, fils de Jérôme et de Marguerite Martin. Mobilisé le 2 août 1914, il est affecté comme soldat au 2ème Régiment d'Infanterie Coloniale et participe à tous les combats de ce régiment. Il est tué à l'ennemi le 14 juillet 1915 au Bois Baurain, dans le bataillon Stieglitz . François Héméry est inhumé dans la nécropole nationale « Saint-Thomas-en-Argonne » (Marne) dans une tombe collective n°4375. (Matricule 572. L'acte de décès a été transcrit le 12 septembre 1915 à Brasparts.) Il est inscrit au Monument aux Morts de Saint-Rivoal.

KERDEVEZ Germain François, Marin, est né le 7 juin 1888 au bourg de Brasparts, fils de Jean Louis et de Marie Anne Le Page.
Engagé volontaire le 10 juin 1904 pour les Équipages de la Flotte, il est mousse depuis le 15 juin 1903. Nommé matelot de 3ème classe le 7 juin 1906, de 2ème classe le 20 juin 1906 et de 1ère classe le 1er juillet 1909. Quartier maître électricien le 1er avril 1910, il rengage pour 3 ans le 9 août 1911 puis de nouveau pour 3 ans le 26 septembre 1914. Se marie entre-temps le 19 août 1912 à Brasparts avec Rose Françoise Sizun.
La même année, Germain Kerdévez est affecté sur le mouilleur de mines « Casabianca ». En juin 1915, La Casabianca participe avec l'HMS Euralyus au mouillage de mines devant le port turc de Smyrne (Izmir) que les Alliés tentent de bloquer en fermant le golfe par des champs de mines; au cours de l'opération, dans la nuit du 3 au 4 juin, l'explosion prématurée d'une de ses propres mines, au sud de l'île Longue, entre Mitylène et le golfe de Smyrne, entraîne l'explosion de toutes les autres et de l'arrière du bâtiment. Germain Kerdevez fait partie des 86 tués (soit les deux tiers de l'équipage) qui disparaitront lors du naufrage. Le jugement déclaratif a été transcrit à Clichy le 21 novembre 1917.

KERGUELEN Maxime Pierre François, étudiant ecclésiastique (séminariste à Saint Brieuc), né le 9 octobre 1891 à Châteauneuf du Faou, est fils de Jacques Nicolas et de Marie Rolland.
Incorporé au 19ème Régiment d'Infanterie comme soldat de 2ème classe le 10 octobre 1912, il est nommé caporal le 17 mars 1913 puis sergent le 18 novembre. Entré en campagne le 2 août 1914, il participe à tous les combats de son régiment – Maissin, Lenharée, Saint Hilaire-le-Grand, Thieval, Orvilliers, Champagne - et sera nommé adjudant le 11 février 1915.
Le 29 août 1915, le 19 a rejoint la Champagne et monte en ligne dans la région de Tahure avec sa division. Le 25 septembre, le régiment part à l'assaut des lignes allemandes. Pendant quatre jours, les tranchées du 19, à peine ébauchées, vont être soumises à un bombardement de plus en plus violent... Le 28 septembre, à Tahure, vers 15 heures, un obus tue le capitaine Lafaille, blesse mortellement le lieutenant Bourgeois et grièvement le sous-lieutenant Calvez. L'adjudant Kerguelen qui vient de panser le sous-lieutenant, est tué par un autre obus quelques minutes après.
« L'abbé Maxime Kerguélen n'a survécu que quelques minutes à ses blessures... Un confrère a pris soin de sa tombe, qui sera reconnaissable et permettra de retrouver les restes du vaillant adjudant qui fut en même temps un bon séminariste jusqu'à la dernière minute ».
Maxime Kerguélen a été cité à l'ordre du Corps d'Armée le 16 octobre 1915: «A fait preuve depuis le début de la campagne des plus grandes qualités militaires, passé caporal a obtenu tous ses grades grâce à sa bravoure et son entrain et à sa brillante conduite au feu. Tué glorieusement le 28 septembre 1915 alors qu'il pansait un officier grièvement blessé à Tahure. »  L'acte de décès a été transcrit à Brasparts le 8 décembre 1915.

KERGUELEN Pierre Marie, né au bourg de Brasparts le 3 juillet 1895, est fils de Yves et de Marie Cécile Corentine Collet.
Il s'engage à Brest le 28 août 1914 pour la durée de la guerre. Il est affecté au 26ème Bataillon de Chasseurs à pied qu'il rejoint le 30 août. Parti au front le 6 septembre, il est évacué blessé le 16, après avoir participé aux affaires de Joppécourt et Filières (20 août), Mery-le-Haut (22 août), et au prélude de la bataille de la Marne. Rentré au dépôt le 4 janvier 1915, il repart au front le 10 février.
Pierre Kerguélen est nommé caporal le 11 juillet 1915 après les difficiles combats des Eparges puis sergent le 4 septembre. Les chasseurs à pied vont tout particulièrement se distinguer au cours d'assauts furieux contre la ferme de Navarin, au nord de St Hilaire le Grand. Pierre Kerguélen (matricule 2663) est tué à l'ennemi le 26 septembre 1915 au cours de ces combats.
Le jugement déclaratif a été transcrit le 1er juin 1921 à Brasparts.

KERHOAS Mathieu, cultivateur, né le 2 décembre 1889 au Moustoir, est fils de Pierre Louis et de Marie Catherine Quéinnec. Matricule 3164 au recrutement de Quimper. Cheveux châtains, sourcils blonds, yeux gris, front court, nez et bouche moyens, menton rond, visage ovale. Taille: 1,57. Degré d'instruction générale: 2. Soldat au 62ème Régiment d'Infanterie au sein duquel il accomplit son service militaire du 5 octobre 1910 au 21 septembre 1912, à l'île de Groix. Rappelé à l'activité le 1er août 1914, il part au front le 3 août et participe à tous les combats du régiment d'Infanterie de Lorient: Messin, la Marne, la Somme, Thiepval, Mesnil-les-Hurlus... Il est tué à l'ennemi au combat de Champagne dans l'attaque de Tahure le 30 septembre 1915. Son acte de décès a été transcrit à Brasparts le 25 mars 1916.

LABOUS Jean Paul Marie , cultivateur, né au Cosquer le 3 septembre 1895, est fils de François Louis et de Marie Anne Mignon. Appelé sous les Drapeaux comme tous les jeunes de sa classe en décembre 1914, il est incorporé le 15 décembre au 71ème d'infanterie. Après avoir reçu une formation de base, Il est ensuite affecté le 16 mai 1915 comme soldat au 41ème Régiment d'Infanterie qu'il rejoint au front le 24 mai 1915. Il connait le baptême du feu le 16 juin 1915 près d'Arras. Le 5 septembre, les tranchées sont bombardées par du 77 et du 105 et quelques mines. L'explosion de ces mines provoque la mort d'un sergent et blessent grièvement 3 soldats, parmi lesquels Jean Paul Labous, lequel il est évacué vers l'hôpital militaire de Valmy où il décède le 8 septembre.
Son acte de décès a été transcrit le 9 février 1916 à Brasparts. Jean Paul Labous (Matricule 2667 au recrutement de Quimper) est inhumé dans la nécropole militaire de Sainte Ménéhoulde, dans la tombe individuelle 3526.

LABOUS Pierre Jean, cultivateur, né le 17 mai 1886 à Saint Rivoal, est fils de François et de Marie Anne Guillerm. Matricule 342 au recrutement de Quimper, il est incorporé au 18ème Bataillon d'Artillerie à pied le 7 septembre 1907 comme canonnier servant. Il est nommé brigadier le 25 septembre 1909. Envoyé en congé de disponibilité le 21 septembre 1909 avec son certificat de bonne conduite, il est nommé sergent le 15 mars 1910 après une période d'exercices avec le 10ème bataillon d'artillerie à pied. Il épouse Marie Françoise Broustal le 24 novembre 1912 à Saint Rivoal. Il est mobilisé le 2 août 1914 comme maréchal des logis-fourrier au 4ème Régiment d'Artillerie et participe avec son régiment aux opérations d'Alsace et aux combats dans les Vosges; affecté à la 46ème batterie du 45ème Régiment d'Artillerie Lourde, il est évacué en août 1915 vers l'arrière, et décède le 7 septembre 1915 à l'ambulance H/22 de Vitry-le-François suite à maladie(s) contractée(s) en service. L'acte de décès a été transcrit le 8 février 1916 à Brasparts.
Pierre Jean Labous est inscrit sur le Monument aux Morts de Saint-Rivoal. Il est inhumé dans la nécropole nationale « La targette » de Neuville-Saint-Vaast (Pas-de-Calais), tombe individuelle N° 5116, carré 21, rang 5. Près de 12 000 soldats français reposent dans cette nécropole...

MAZE Paul, cultivateur, est né le 13 juin 1889 à Poul ar Groas, fils de Jean Louis et de Marie Françoise Cariou. Incorporé le 5 octobre 1910 au 77ème Régiment d'Infanterie à Cholet, il est nommé caporal le 6 avril 1911, puis sergent le 4 octobre, avant d'être versé dans la disponibilité le 25 septembre 1912. Mobilisé le 2 août 1914 au 2ème Régiment d'Infanterie Coloniale, et nommé sous-lieutenant de réserve le 7 septembre, puis lieutenant de réserve le 12 juin 1915. Il est tué à l'ennemi le 14 juillet 1915 au Bois Baurain, dans le secteur de Servon. Il sera nommé lieutenant à titre posthume le 10 mai 1917. (Matricule 3077. Le jugement déclaratif du tribunal de Châteaulin a été transcrit à Pleyben où demeure sa mère le 13 avril 1921.)Le lieutenant Paul Mazé a été promu chevalier de la Légion d'Honneur, vraisemblablement à titre posthume, mais aucune archive n'a permis de le confirmer.

LE MENN François Marie, cultivateur à Bourgac'hoël, né le 2 novembre 1893 à Saint Eloi, fils de Hervé et de Françoise Hélène Guéguen, est le premier braspartiate mort en 1915. Célibataire, initialement ajourné par la commission de réforme, il est finalement incorporé le 27 novembre 1913 au 116ème Régiment d'Infanterie pour y effectuer son service national. Il participe aux combats de Maissin (22 août), Chaumont-Saint Quentin (28 août), à la retraite sous le feu de l'artillerie allemande, jusqu'à la Marne... Affecté à la 8ème Compagnie du 2ème Bataillon du 76ème Régiment d'Infanterie le 7 octobre 1914, il participe aux combats de Vauquoisau cours desquels il est grièvement blessé. Il est évacué vers le poste de secours régimentaire puis vers l'arrière. Il décède suite à ses blessures de guerre le 17 janvier 1915 à l'hôpital temporaire n°46, rue du Parc, à Vichy. Il est cité à l'ordre de son régiment:« Bon soldat, brave et dévoué, a été blessé mortellement à son poste de combat le 8 janvier 1915 près de Vauquois ». Il recevra la Croix de Guerre avec étoile de bronze à titre posthume. François Le Menn est inhumé dans l'un des deux carrés militaires du cimetière de Vichy.

MEVEL Yves, cultivateur, né le 13 mai 1885 à Bodenna en Saint-Rivoal, est fils de François et de Marie Louise Le Floch. Il effectue son service national au 118ème Régiment d'Infanterie où il est nommé clairon le 1er octobre 1907. Libéré du service actif le 25 septembre 1908, il est versé dans la réserve le 1er octobre.
Marié et père de deux enfants, Emma et Louise, Yves Mével effectue deux périodes d'exercice du 18 août au 19 septembre 1911 et du 2 au 18 avril 1913, toujours au 118ème RI.
Mobilisé, il rejoint son régiment le 3 août 1914, et participe donc aux combats de Maissin, de Chaumont-Saint Quentin et de Lenharrée, avant d'être blessé et évacué.
Le 12 octobre, il est affecté au 348ème Régiment d'Infanterie, et le rejoint dans le secteur de Reims.
Le 29 juillet 1915, Yves Mével se trouve dans la courtive des chasseurs lorsqu'elle s'effondre sous le poids de minenverfer (obus de mortiers de 76 lesquels tiraient une vingtaine de coups à la minute) et fait partie des cinq tués de sa compagnie (la 22ème).
Yves Mével est inhumé au cimetière du Nord à Reims (N°1010). L'acte de décès a été transcrit à Saint Rivoal le 16 septembre 1915. Son nom est inscrit sur le Monument aux Morts de Saint-Rivoal.

MIGNON Olivier, cultivateur, né à Lopérec le 13 juin 1894, est fils de Henry et de Marie Anne Quéré, cultivateurs à Saint Rivoal puis à Brasparts. Matricule 738 au recrutement de Quimper, il est incorporé le 5 septembre 1914 comme soldat au 48ème Régiment d'Infanterie. Après une période de formation, il rejoint le 29 novembre son régiment au front, en Artois. Il combat ensuite en Champagne. C'est lors de la montée en première ligne du 46 fin août début septembre à Vauquois que Olivier Mignon est grièvement blessé. Il est évacué sur le poste de secours du régiment puis par véhicule sur l'ambulance divisionnaire avant de rejoindre l'hôpital de Valmy à Sainte Ménéhoulde: il y décède le 10 septembre 1915 suite blessures de guerre
Il est cité à l'ordre du Régiment: « Jeune soldat d'un calme et d'un sang-froid exceptionnels au feu. Très grièvement blessé par un éclat d'obus. Mort des suites de ses blessures. »
L'acte de décès a été transcrit à Brasparts le 24 octobre 1915. Olivier Mignon est inhumé dans la nécropole nationale de Sainte Ménéhoulde, dans une tombe individuelle n°2188.
Les deux autres frères d'Olivier, Jacques et Henri ne survivront pas non plus à la guerre: Jacques tombera en 1916 et Henri en 1919.

MIGNON Yves, cultivateur, né le 23 décembre en 1869 à Brasparts, est fils de Paul et de Marie Jeanne Glévarec. Matricule 2009, domicilié à Brest, il est incorporé au 72ème d'infanterie le 13 novembre 1890. Envoyé dans la disponibilité le 26 septembre 1893, certificat de bonne conduite accordé. Il effectue une période d'exercices avec le 11ème d'infanterie du 30 septembre au 28 octobre 1895. Domicilié à Lambézellec, puis à Cléden Poher (1899) il est classé non disponible des Télégraphes de la 11ème Région comme facteur rural à Carhaix du 28 mars 1899 au 28 août 1904 puis à Plomodiern du 29 août 1904 au 3 juin 1913. Mobilisé le 16 avril 1915, il passe comme GVC (garde des voies de communication) au 86ème Régiment d'Infanterie Territoriale (régiment de Nantes) à Abbeville le 15 mai 1915. Yves Mignon décède accidentellement, en service commandé, à Quend (Somme) sur l'itinéraire d'Abbeville à Boulogne le 2 octobre 1915. Il est inhumé allée 002, tombe 077 du cimetière d'Abbeville.

NEDELEC Yves, cultivateur de Kerlaguen, né le 20 novembre 1888 au Moënnec, est fils de Jean Michel et de Barbe Le Roux. Il effectue son service militaire au 62ème Régiment d'Infanterie de Lorient (1909-1911) qu'il rejoint à la mobilisation. Parti au front, il est renvoyé par le médecin régimentaire devant la commission de réforme de Lorient qui décide de le renvoyer dans ses foyers, pour atrophie de l'œil droit, le 7 octobre 1914.
Hospitalisé, Yves Nédélec (Matricule 781 au recrutement de Quimper).décède à Morlaix le 1er juin 1915.

NORMAND Jean Louis, cultivateur du bourg, né le 1er août 1885 à Plonévez du Faou, est fils de Pierre Jean et de Marguerite Kervoëlen, cultivatrice à Brasparts. Initialement classé soutien de famille, il est incorporé au 118ème Régiment d'Infanterie le 9 octobre 1906 pour deux ans. Marié le 21 avril 1912 à Brasparts avec Marie Marguerite Le Coz, il est père d'un petit garçon, Jean Louis, né en 1913. Rappelé à l'activité par le décret de mobilisation du 1er août 1914, il participe aux premiers combats du 118 puis est affecté comme soldat au 3ème bataillon du 87ème Régiment d'Infanterie qu'il rejoint le 31 octobre 1914 au soir après avoir été débarqué avec 200 autres hommes de renfort à Sainte Ménéhoulde. Après avoir combattu dans les tranchées à proximité de Sainte Ménéhoulde, son régiment rejoint Mesnil les Hurlus, près de Suippes, où il est tué à l'ennemi le 4 mars 1915. Le jugement déclaratif du tribunal de Châteaulin du 5 février 1918 a été transcrit à Brasparts le 11 septembre 1918.

OMNES Jean Paul Laurent Marie, marin, né le 9 août 1893 à Kersébéliet, est fils de Pierre Marie et de Marie Catherine Gourlay, cultivateurs à Porsclos. Incorporé le 27 novembre 1913, il rejoint les Équipages de la Flotte. Après deux périodes de formation, il est embarqué le 15 février 1914 comme fusilier sur le « Léon Gambetta », chargé dès la déclaration de guerre de patrouiller avec 3 autres croiseurs à l'entrée de l'Adriatique pour conserver aux Alliés la liberté de manœuvre en Méditerranée. C’est sur son secteur de surveillance de 25 miles que le Gambetta est torpillé dans la nuit du 27 avril 1915 à 0 h 20, par le sous-marin allemand U. 5. Jean Paul Omnès disparaît avec nombre de ses camarades. Le jugement déclaratif a été transcrit à Brasparts le 28 juin 1916.

LE PAGE Yves, né le 22 avril 1879 au Cloître Pleyben, fils de Corentin et de Marie Anne Pichon, est cultivateur domicilié au bourg de Brasparts. Classé soutien de famille, il ne fera qu'une année de service au 124ème Régiment d'Infanterie du 14 novembre 1900 au 22 septembre 1901. Il demeure successivement à Pleyben (Grand Pont, 1910), Le Mans (1911), Versailles (1913), puis Brasparts. Mobilisé le 3 août 1914, soldat au 86ème Régiment d'Infanterie Territoriale de Quimper; fort de 4 bataillons, le régiment est initialement chargé de la défense de Brest jusqu'au 24 août; Yves Le Page connait alors une vie monotone, routinière, sans grand intérêt... Son régiment participe ensuite à la défense du camp de Paris avant d'être envoyé en mission “de ratissage” en Champagne. C'est là qu'Yves Le Page va contracter une bronchite aigüe. Évacué vers l'hôpital n°4 d'Épernay, il y décède le 13 mars 1915. Yves Le Page (Matricule 3209) est inhumé dans la nécropole nationale “La ferme de Suippes”, dans une tombe individuelle n°1620 (carré 39/45). L'acte de décès a été transcrit à Pleyben le 10 mai 1915. Yves Le Page est inscrit sur les monuments aux morts de Pleyben et de Brasparts.

PAUGAM Yves Marie, cultivateur, né à Kerluavel le 3 février 1893, est fils de Pierre Jean et de Marie Anne Riou. Initialement ajourné, il est classé service armé par la commission spéciale de réforme de Quimper le 12 septembre 1913 et incorporé au 19ème Régiment d'Infanterie le 28 novembre. Il participe aux combats de son régiment en Belgique (bataille de Maissin 21-23 août 1914) puis en France (bataille de la Marne, Chaumont-Saint-Quentin, Lenharée, St Hilaire le Grand). Il est nommé caporal au feu, après la bataille de Thiepval (Somme, 5-6 octobre 1914) lors de la « course à la mer ». Le front se stabilise: le fantassin devient terrassier... et s'installe dans la durée. Malade, Yves Marie Paugam (matricule 2198) est évacué et décède le 10 février 1915 à l'hôpital maritime de Brest de fièvre typhoïde contractée au front. Il est inhumé à Brest.

PICHON Jean, cultivateur puis commerçant, né le 10 juillet 1881 à Kerabras, est fils de Jean et de Marie Perrine Crenn.
Incorporé pour son service national au 118ème Régiment d'Infanterie le 14 novembre 1902, il est dispensé de service du fait que son frère est également sous les Drapeaux, et envoyé dans la disponibilité le 19 septembre 1903 avec son certificat de bonne conduite. Il se marie le 18 juin 1905 à Brasparts avec Marie Anne Le Baut. Passé dans la réserve, il accomplit deux périodes de réserve au 118ème régiment d'Infanterie (24 août-20 septembre 1908 et 24 avril-10 mai 1911).
Mobilisé le 11 août 1914, il est affecté au 48ème Régiment d'Infanterie, engagé dans la région de Sedan, puis en Belgique (Arsimont, 22 août). Affecté au 1er Régiment d'Infanterie Coloniale, il participe à la bataille de la Marne, avant de participer aux combats de Champagne. Passé au 7ème Régiment Mixte de Marche le 19 mai 1915, il se bat à Sedul Bahr, et est porté disparu après l'attaque du « quadrilatère » le 30 juin.
Le jugement déclaratif a été transcrit à Brasparts le 3 novembre 1920.

PRIGENT Jean Louis, né le 22 février 1888 au bourg de Brasparts, est fils de Pierre Marie et de Marie Louise Millour.
Initialement manœuvre, il signe un contrat comme engagé volontaire pour 5 ans à la mairie de Brest le 20 avril 1907 et est incorporé au 2ème Régiment d'Infanterie Coloniale.
Soldat de 1ère classe le 16 octobre 1908, il passe au 11ème Régiment d'Infanterie Coloniale et sert en Cochinchine (15 mars 1909-13 janvier 1910), au Cambodge (21 janvier 1910-3 août 1911). Rengagé pour 5 ans, il est nommé caporal le 1er avril 1912 puis caporal fourrier le 1er juillet. Il passe au 1er tirailleurs Annamite le 30 novembre 1912 et retourne en Cochinchine (30 novembre 1912-6 octobre 1914). Il est promu sergent le 1er octobre 1913.
Affecté à son retour de Cochinchine au dépôt des isolés à Marseille, il est nommé sergent major le 11 février 1915 et passe au 7ème Régiment d'Infanterie Coloniale Mixte de Marche. Son régiment, engagé dans la presqu'île de Gallipoli, sur le plateau de Kérévès-Déré, et sur l'éperon au nord de Krithia, clé de toute la presqu'île. Jean Louis Prigent est tué lors de l'attaque de Sedal Bahr le 8 mai 1915. Le jugement déclaratif de décès a été transcrit à Brest le 24 septembre 1921.

RANNOU Jean François, cultivateur à Coat Compès puis engagé volontaire, né le 2 mai 1889 à Saint Rivoal, est fils de René et de Marie Le Bras, domiciliés à Kerzabic. Il s'engage pour 5 ans le 21 octobre 1907 au titre des équipages de la flotte où il sert comme apprenti-marin distributeur (21 octobre 1907), puis matelot de 2ème classe (1 juillet 1908). Il sert en Indochine (1er mai-20 octobre 1909, à Saïgon (24 octobre- 28 novembre 1909), au maroc, sur le Surcouf (11 mars-2mai 1910), à Terre Neuve, toujours sur le Surcouf (2 mai-23 novembre 1910). Il sert ensuite sur le Charlemagne du 2 août au 20 octobre 1912. Versé dans la réserve de la marine le 21 octobre 1912, avec un certificat de bonne conduite, il rengage pour 3 ans le 18 novembre 1913 au titre du 2ème Régiment d'Infanterie Coloniale. Il participe aux combats de Rossignol où il est porté disparu. En fait blessé, il parvient à rejoindre les lignes françaises. Evacué, il revient au dépôt le 21 février 1915 puis retourne au front. Soldat de 1ère classe le 11 mai 1915, il est tué à l'ennemi dans un des abris de la tranchée allemande NO de Souain (Champagne) le 30 septembre 1915. Matricule 3050. Jugement transcrit à Brasparts le 25 avril 1921.

RIOU Yves, né le 23 avril 1865 à Kerabras, est fils de Yves Jean et de Marie Catherine Le Bihan. Engagé dans les équipages de la Flotte, Yves Riou se marie le 4 mai 1896 à Brasparts avec Marie Anne Mével dont il eut trois enfants: Marie Catherine (1899), Alexandre Yves Marie (1901), Anne Marie (1904-1907). Son épouse décèdera le 28 avril 1908. Marin à bord de la «Foudre », il effectue plusieurs campagnes dans l'escadre de la Méditerranée, (septembre 1896), participe au transport de troupes en Crète (septembre 1898). La « Foudre » est ensuite ramenée à Toulon et reconverti en transport de torpilleurs et navire atelier.
Après une mise en réserve (1902-1903), la « Foudre » transporte les sous-marins Protée et Esturgeon de Cherbourg à Saïgon (mars-mai 1904), puis participe à l'escorte de 6 torpilleurs de Toulon à Saïgon (août-octobre 1905). Yves Riou est nommé second maître mécanicien de la Marine et poursuit sa carrière à bord du croiseur contre-torpilleur Foudre.
Yves Riou est décédé à Brasparts le 8 avril 1915: maladie? permission suite à une maladie contractée en service? Quoiqu'il en soit, Yves Riou ne rejoindra pas ses camarades repartis aux Dardanelles et qui participeront à l'embarquement de milliers d'Arméniens en septembre 1915... Il est inscrit sur le monument aux morts de Brasparts.

RUELLAND François Louis, cultivateur, né le 8 mars 1878 à Brasparts, est fils de Yves et de Marie Le Baut.
Matricule 2652 au recrutement de Quimper. Ajourné en 1899 et 1900 (défaut de taille), il est classé dans le service auxiliaire en 1901.
Domicilié à Quimerch le 15 novembre 1902 puis à Aubervilliers le 11 août 1914. Il est reclassé service armé (bon absent) par la commission de réforme de Quimper le 4 novembre 1914.
Mobilisé le 29 mars 1915 au 151ème régiment d'infanterie, il y reçoit une formation de base de soldat avant de rejoindre son régiment aux armées en septembre 1915. Il est immédiatement affecté en unité et participe à l'offensive de Champagne dans la région de Saint-Hilaire-le-Grand. François Louis Ruelland, soldat à la 4ème compagnie, est officiellement porté disparu le 6 octobre 1915 à Auberive (Marne) ; son acte de décès est fixé à cette date qui correspond à celle inscrite dans le journal du régiment. L'acte est trancrit à Brasparts. le 7 janvier 1916.

SALAÜN François, cultivateur à Rungaou, né le 7 mai 1895 à Plonévez du Faou, est fils de Jean et de Marguerite Favennec, domiciliés à Loqueffret.
Appelé sous les Drapeaux le 15 décembre 1914 comme soldat au 62ème Régiment d'Infanterie. Il passe successivement au 45ème d'Infanterie qu'il rejoint à Domart, au cours d'une période d'exercices le 1er février 1915; il est légèrement blessé par balle le 20 avril dans la région de Chauffour (Marne); il revient au dépôt du 62ème le 1er mai, avant d'être affecté au 137ème le 13 juin. Le 19 août, l'ensemble du régiment est regroupé au « Camp des Coloniaux », et est affecté au secteur de Mesnil-les-Hurlus. Le 25 septembre, il fait partie des troupes d'assaut qui se lancent à l'assaut de Tahure; le 2 octobre, il s'empare du sommet des Mamelles, et s'y maintient malgré les contre-attaques allemandes; c'est sous un feu terrible que François Salaün y est tué à l'ennemi le 8 octobre 1915. Le jugement déclaratif du tribunal de Châteaulin transcrit à Loqueffret le 25 juin 1923 fixe le lieu de décès à Tahure.
Matricule 2761. Inhumé dans la nécropole nationale « Suippes-Ville » (Marne), tombe individuelle n°1288.

TANGUY Yves Gabriel, cultivateur, né le 17 mars 1882 à Brasparts, est fils de Yves et de Marie Anne Pouliquen. Matricule 2904 au recrutement de Quimper, il est déclaré bon pour le service, et est incorporé au 102ème régiment d'infanterie le 16 novembre 1903. Cheveux et sourcils bruns, yeux bleus, front ordinaire, nez et bouche moyens, menton rond, visage ovale. Taille: 1,74m. Degré d'instruction générale: 3. Caporal le 26 septembre 1904. Envoyé dans la disponibilité le 18 septembre 1906, certificat de bonne conduite accordé. Passé dans la réserve le 1er octobre 1906, il rentre dans les chemins de fer et s'installe à Sablé le 9 janvier 1907. Il y effectue une période d'exercice du 14 au 27 octobre 1910. Classé non affecté des chemins de fer de l'Ouest comme homme d'équipe à Sablé du 6 juin 1907 au 9 novembre 1911. Mobilisé le 21 août 1914, et affecté au 118ème régiment d'infanterie, il participe à la bataille de la Marne, aux combats de Champagne. Le 17 décembre 1914, il est grièvement blessé lors de l'attaque sur La Boisselle et évacué vers l'arrière. Il décède le 12 janvier 1915 à l'hôpital temporaire N°9 d'Amiens, situé au Collège de la Providence, (16 rue Emile Zola) suite à ses blessures de guerre. Yves Tanguy est inhumé dans la nécropole nationale « Saint-Acheul » à Amiens, tombe individuelle n°770.


TROMEUR Yves, menuisier puis facteur, né le 15 février 1880 au bourg de Brasparts, est fils de Jean François et de Marie Anne Cevaër.
Ajourné en 1901 par le conseil de révision, il est déclaré bon pour le service l'année suivante et affecté au 113ème Régiment d'Infanterie. Nommé caporal le 11 septembre 1903, puis sergent le 14 mai 1904, il est envoyé en congé de disponibilité le 18 septembre 1904.
Facteur, il est classé « non affecté » en décembre 1905 et épouse Joséphine Marie Peltier à Sainte Luce (Loire Inférieure) le 23 avril 1906. En octobre 1914, il est mis à la disposition de l'autorité militaire et affecté au 65ème Régiment d'Infanterie de Nanteset rejoint son régiment dans la Somme, dans le secteur de La Boisselle puis en Artois où il participe à l'attaque de la ferme du Touvent; blessé, évacué, il passe au 168ème Régiment d'Infanterie le 25 avril 1915 qui se bat en Argonne. Le sergent Yves Tromeur (Matricule 2046 à Nantes) tombe le 25 septembre 1915 à Saint Thomas (Champagne) avec 72 de ses camarades de la 9ème compagnie, tué à l'ennemi dans cette attaque qui coûta au régiment la perte du tiers de ses effectifs dont 800 disparus.....
Son acte de décès a été transcrit à Basse Goulaine (Loire Inférieure) le 14 mai 1916.

VAILLANT Pierre, aide-cultivateur au Croissant du Moustoir puis à Botquest, né le 4 juillet 1877 à Pleyben, est fils de Mathieu et de Marie Jeanne Le Floch.
Ajourné en 1899, il est déclaré bon pour le service l'année suivante et incorporé au 118ème Régiment d'Infanterie. Il est envoyé en disponibilité le 14 septembre 1901, avec son certificat de bonne conduite. Il accomplit deux périodes d'exercice, toujours au 118, du 22 août au 18 septembre 1904, puis du 19 août au 15 septembre 1907. Il est affecté dans la Territoriale le 1er octobre 1911 et effectue une nouvelle période du 22 au 30 avril 1912 au sein du 86ème Régiment Territorial d'Infanterie
A la mobilisation, il est affecté comme soldat au 128ème Régiment d'Infanterie de Landerneau, qu'il rejoint le 11 novembre, alors qu'il est engagé dans la bataille de l'Argonne.Il se bat au Ravin des Cuisines, aux Eparges. Il disparaît au cours des combats de la tranchée de Calonne le 25 juin 1915.
Le jugement déclaratif du tribunal de Châteaulin a été transcrit à Brasparts le 29 juillet 1921.

YVINEC Mathieu, cultivateur, né le 5 janvier 1895 à Saint Rivoal, est fils de François et de Marie Anne Floch.
Incorporé avec les jeunes de sa classe le 17 décembre 1914 au sein du 71ème Régiment d'Infanterie qu'il rejoint au front le 24 avril 1915, dans le secteur de Wanquetin. Le 10 mai, il participe à sa première offensive dans la région de Chantecler et du château de Saint Nicolas.
Mathieu Yvinec est affecté au 293ème d'Infanterie « pour convenances personnelles » le 11 juillet 1915. Son nouveau régiment est stationné en Champagne depuis le début du mois, dans la région de Ville-sur-Tourbe et va participer à la grande offensive lancée le 25 septembre et destinée à soulager nos alliés russes. Le régiment perdra 960 hommes au cours des combats. Mathieu Yvinec ( Matricule 2789 ) est porté disparu face à l'ennemi le 26 septembre 1915 à Ville/Tourbe (Marne), il est rayé des contrôles le 26 novembre 1915.
Le jugement déclaratif du tribunal de Châteaulin du 14 décembre 1921 a été transcrit à Brasparts. Mathieu Yvinec est inscrit sur le monument aux morts de Saint Rivoal.




Dernière édition par Patrice Ciréfice le Sam 7 Mai - 10:07, édité 2 fois (Raison : Ajout de Jean François Le Borgne)
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MessageSujet: Re: Mémorial des Braspartiates dans la Grande Guerre: 1915   Sam 7 Mai - 10:09

A noter l'ajout d'un saint-rivoalien, Jean François Le Borgne, tombé le même jour que Jean François Favennec, et au même endroit ... Tous deux étaient du même bataillon au sein du 71ème d'Infanterie.
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MessageSujet: Je cherche les familles   Jeu 26 Juin - 14:46

Patrice Ciréfice a écrit:

Jean Paul Laurent Marie OMNES, marin, né le 9 août 1893 à Kersébéliet, est fils de Pierre Marie et de Marie Catherine Gourlay, cultivateurs à Porsclos. Incorporé le 27 novembre 1913, il rejoint les Équipages de la Flotte. Après deux périodes de formation, il est embarqué le 15 février 1914 comme fusilier sur le « Léon Gambetta »,  un croiseur-cuirassé de 12 400 t, 22 n, lancé en 1901, armé de 4 canons de 194 mm, 16 de 164 mm et 22 de 47 mm..


Le Gambetta faisait partie d'une flotte de quatre croiseurs,  leVictor Hugo, le Jules Ferry, le Waldeck Rousseau et le Léon Gambetta, chargée de patrouiller à l'entrée de l'Adriatique pour conserver aux Alliés la liberté de manœuvre en Méditerranée. Leur ligne de surveillance courait  de Cap Dukato (Iles Ioniennes) à Santa Maria di Leuca, située à l'extrémité du talon de la péninsule italienne. Le Gambetta, était le plus près des côtes italiennes.

Cette mission de patrouille, située loin de son port d'attache, Malte, prêté par les Anglais, est une mission particulièrement pénible. Le romancier Paul Chack, membre du cuirassé-amiral Courbet, qui a vécu tout le blocus embarqué, donne son sentiment: “J'ai gardé le souvenir d'un ennui écrasant et d'une énervante lassitude. Nous attendions quelque chose qui jamais ne venait, qui jamais ne viendrait... Nous avions tous le sentiment de tourner une lourde meule pour moudre du vent.”

Imaginons nos marins participant au blocus depuis septembre 1914 ... Le rythme imposé est de patrouiller 7 à 8 semaines de rang puis de relâcher une dizaine de jours à Malte avant de reprendre la mer. Les réparations nécessaires sont parfois négligées si elles doivent trop durer... Quant à l'ennemi, il est par trop invisible: les sous-marins autrichiens, souvent de mauvaise qualité, restent dissimulés dans les flots, guettant leur proie...Quant à la flotte autrichienne, elle ne bouge pas de ses bases...

Pourtant, la mission est d'importance: permettre l'accès à la Méditerranée à la flotte autrichienne, bloquée dans son port, l'autoriserait à les prendre à revers les Alliés alors à l'offensive dans les Dardanelles. Alors, les marins veillent...Croiseurs et torpilleurs d’escadre assurent un strict blocus des ports autrichiens. Tâche surhumaine avec les opérations de patrouilles incessantes et les terribles corvées de charbonnage en pleine mer, à la merci de la première torpille.


Au début de mars, un plan de blocus est établi, précisant les points de ravitaillement et de rendez-vous pour la division d’Adriatique, ainsi que des routes de patrouille. Aux longs parcours nord-sud qui coûtent du charbon ,on substitue des routes en latitude à l’ouvert du canal d’Otrante. L’opération des Dardanelles a échoué et l’on prévoit qu’au lieu du rapide dénouement de la situation en Méditerranée, la guerre va être longue. Plus que jamais il faut aider l’armée serbe. Le canal d’Otrante grouille de sous-marins ennemis. Un entrefilet significatif d’un journal de mars 1915 nous apprend que « des difficultés s’élèvent pour le ravitaillement du Montenegro et de la Serbie par l’Adriatique. Les équipages des vapeurs refusent d’appareiller, par crainte des sous-marins, ou soudoyés par l’ennemi dont le service d’espionnage est des plus actifs ». Une ligne de croisière est établie entre le talon de la botte italienne (le cap Santa Maria di Leuca) et l’ile sainte-Maure à l’entrée nord du golfe de Patras. Quatre bâtiments font chacun un quart du trajet : Victor-Hugo, Jules-Ferry, Waldeck-Rousseau, Léon-Gambetta .

Le Gambetta,   commandé par le capitaine de vaisseau André, avec à son bord le contre-amiral Sénès, commandant de la 2e division légère de l'Armée navale, poursuit inlassablement sa mission, veillant à ne pas trop consommer de charbon, réduisant sa vitesse, oubliant la nuit le danger sous-marin... et exécutant fidèlement l'ordre de patrouiller sur le même itinéraire...
C’est sur son secteur de surveillance de 25 miles que le Gambetta est torpillé dans la nuit du 27 avril 1915 à 0 h 20, par l’U. 5, Commandant von Trapp à 14 miles du Cap Santa Maria di Leuca . La relève vient d'être effectuée tant parmi les marins que les officiers. Personne à bord ne se doute du piège qui est en place...


Un U5, sous-marin de type Holland, commandé par le lieutenant Georg Ritter von Trapp, était parti de Cattaro le 24 avril. L’équipage était composé du commandant, d'un deuxième officier et de 14 sous-officiers et marins. Il n'était pas équipé de radio, sa mission était de longer les côtes du Monténégro et de l'Albanie, à la recherche de navires à couler. Sa route a déjà croisé la route d'autres navires français, mais pour diverses raisons -qualité des bâtiments (torpilleurs) jugés trop dangereux, ou problèmes techniques- son capitaine a choisi l'attente.... jusqu'à cette  nuit d'avril...
Le bâtiment prend rapidement de la bande. Dans les entrailles du navire, c'est l'horreur et peu de marins au repos parviendront à s'en extraire...Paul Chack a  décrit ces minutes fatales dans son livre “Patrouilles tragiques dans la nuit.” Les marins et leurs officiers, conscients du drame, crient “Vive la France” par trois fois avant de suivre l'ordre de leur chef qui leur demande d'abandonner le croiseur. Le capitaine d'armes entonne le chant des Girondins, “Mourir pour la Patrie ...”.


Un seul canot peut être mis à l’eau. Il est prévu pour 58 hommes, mais 108 marins parviennent à y prendre place, et comme le temps est beau, ils font route aussitôt vers la côte italienne. Il est 2 h. Le canot atteindra miraculeusement le village de Santa Maria vers 8h du matin. L’alerte aussitôt donnée, de Tarente et de Brindisi, des torpilleurs se portent sur les lieux du drame. Des 500 hommes qui se trouvaient à l’eau à minuit, ils ne retrouvent que 29 survivants épuisés.

108 survivants gagnèrent la côte dans un canot, 29 survivants furent repêchés sur les lieux du naufrage par la marine italienne. On ne retrouve aucun officier . Le Capitaine de Vaisseau André, commandant le Léon-Gambetta et l’Amiral Senes sont parmi les 684 morts  ainsi que que 143 finistériens parmi lesquels:
le maître torpilleur  Jean Louis  MARTIN, 1874, de Brennilis
le second maître torpilleur  Pierre Jean  PERSON , 1884, de Pleyben
le quartier maître électricien  Marcel Jean Yves  CEVAËR, 1893, de Lopérec  
le matelot de 1re classe breveté infirmier  Yves  LE MOAL,1889, de Pleyben
le matelot de 3e classe  Jean Paul Laurent  OMNES, 1893, de Brasparts

Le Léon Gambetta ne possédait pas de gilets de sauvetage, lesquels ne seront adoptés par la Marine que plus tard, au moment de la guerre sous-marine à outrance...

Le jugement déclaratif a été transcrit à Brasparts le 28 juin 1916.

Note: beaucoup de Braspartiates connaissent le capitaine von Trapp, sans le savoir ... Qui ne souvient du film « La mélodie du bonheur », de Robert Wise? Christopher Plummer tient le rôle du capitaine...


Bonjour à vous

Rédactrice bénévole à l'association "aux marins", je cherche des informations biographiques sur les marins morts ou disparus dans le torpillage du Léon-Gambetta, particulièrement, bien sûr, Jean Paul Laurent Omnès, enfant de Brasparts et figure du monument aux morts.
L'association rédige des biographies, qui sont mises en ligne sur www.auxmarins.net,
et expose les photos qui lui sont adressées à cette fin au cénotaphe de la pointe saint-matthieu à Plougonvelin.
Une cérémonie d'hommage aura d'ailleurs lieu le 16 mai 2015, à la fois pour les marins du Léon-Gambetta et les marins du Bouvet.

Si vous avez des informations concernant la vie de ces marins avant la guerre, des photos, contactez-moi par l'intermédiaire de ce site, ou à assauxmarins@orange.fr

Merci beaucoup
Denise Bourven
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