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 Mémorial des Braspartiates dans la Grande guerre : 1918

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Patrice Ciréfice
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MessageSujet: Louis Henri Edouard Le Guillou   Ven 9 Aoû - 6:51

26. Louis Henri Edouard Le Guillou

Louis Henri Edouard LE GUILLOU, étudiant, né le 2 novembre 1894 à Brasparts, est fils de Mathurin Marie et de Clémence Le Roy. Son père, originaire de Quimperlé, était gendarme à cheval au bourg de Brasparts, où naquirent trois enfants.
Matricule 3793 au recrutement de Quimper, domicilié à Quimperlé où son père a été réaffecté, il est sursitaire lorsqu'éclate la guerre.

Il est incorporé au 7ème RA le 4 septembre 1914 et nommé brigadier le 14 novembre.  Sa formation achevée, nommé aspirant le 1er mars 1915, il passe au 5ème RAC le 5 mars 1915.
Les batteries du régiment ont été retirées du front le 2 mars et ont été regroupées sur la Veuve avant de s'installer en bivouac à proximité de Laval après une étape par des chemins affreux – boue glissante, ornières profondes. Entre le 12 et le 28 mars, le 5 prend ses positions dans la région du Balcon : après une série d'attaques, appuyées par les feux du 5, le 174ème RI parvient à s'emparer de la cote 196, dans la région de Mesnil-les-Hurlus, où il parvient à se maintenir malgré les bombardements ennemis. Les batteries du 5 sont également durement touchées et relevées le 28 pour séjourner à Courtisols en Champagne avant de rejoindre le secteur de Verdun le 28 avril.
Les batteries vont participer à l'arrêt du mouvement de l'ennemi dans la région de la Tranchée de Calonne avant d'être retirées du front le 13 mai et d'être transportées en Artois.
Les trois batteries vont accompagner de nombreuses attaques dans cette région des Ouvrages Blancs, y subissant de lourdes pertes.
Retirées le 5 juillet, le 5 va ensuite connaître une période de calme avant d'être transporté dans la région de Grivillers puis dans la région de Châlons-sur-Marne avant de participer à la grande offensive de Champagne en septembre et octobre dans la région de Souain.



Pendant six jours, l'activité de l'artillerie sera intense, exécutant des tirs de préparation d'attaque sur tranchées et boyaux, et pratiquant des brèches dans les réseaux de fil de fer de la tranchée des Vandales. L'offensive générale sera finalement interrompue et les troupes ramenées sur leurs positions initiales.
Retiré du front fin novembre, le 5 prend part à l'organisation de positions de seconde ligne dans la région de Somme-Tourbe (février 1916) puis à des opérations défensives sous Verdun, d'où il sera relevé le 20 mai et partira cantonner dans la région d'Anthenay jusqu'au 6 Juin puis dans la région d'Epernay.
Suivront ensuite l'offensive de la Somme en septembre avant une installation défensive aux environs de Nancy..
Promu sous-lieutenant d'active à titre temporaire le 16 novembre 1916, Louis Le Guillou est affecté au 29ème RA le même jour. Il rejoint son unité dans la Somme et prend part, sous le feu ennemi, aux tirs continus de jour et de nuit, pour satisfaire toutes les demandes de barrage et appuyer l'infanterie dans ses attaques.
Le régiment va subir jusqu'à sa relève, fin décembre, de violents bombardements auxquels résistent les sapes creusées par les hommes. Après six mois dans la Somme, le 29 va rester trois mois au repos dans la région de Toul et de Nancy.



Louis Le Guillou est réaffecté comme sous-lieutenant au 265ème Régiment d'Artillerie de Camp le 1er avril 1917, état-major du 3ème Groupe.
Il est engagé dans la bataille du Chemin des Dames et s'acquitte brillamment de sa double mission de préparation et d'accompagnement d'attaque. Installé sur des positions précaires, il est soumis à des bombardements violents qui lui causent de lourdes pertes. Le 5 mai, la batterie de Louis Le Guillou prend part à la préparation et à l'exécution de l'attaque sur la crête du Chemin des Dames et permet au 67ème RI d'atteindre ses objectifs. Blessé ce jour là par éclat d'obus à la cuisse gauche Louis Le Guillou est évacué.
Dès son rétablissement, il retrouve sa batterie et participe au passage de l'Yser et à l'attaque de Bixchoote en août. Le régiment va ensuite occuper le secteur de Nieuport entre le 20 novembre 1917 et le 13 février 1918. Période de calme mise à profit pour l'aménagement de positions de repli, en prévision d'attaques allemandes. Ce qui intervient le 21 mars 1918.
Transporté à Moreuil pour soutenir les troupes britanniques, le courage des artilleurs du 265 apportera au régiment une citation à l'ordre de l'armée :



« Sous l’habile et énergique direction du lieutenant-colonel de BOISSOUDY, a été, pour toutes les affaires auxquelles il a pris part, l’objet de citations nombreuses et des appréciations les plus élogieuses. Le 27 mars 1918, engagé dès son embarquement dans les combats très durs soutenus par sa division sur un front de plus de dix kilomètres, s’est dépensé sans compter. Continuant le feu jusqu’aux plus courtes distances de l’ennemi, a éprouvé du fait des fusils et des mitrailleuses, des pertes sensibles en personnel et en chevaux, se retirant toujours dans l’ordre le plus parfait, souvent après avoir tiré ses derniers obus. »
(Décision du général commandant en chef, du 21 mai 1918.)
Louis Le Guillou est lui promu sous-lieutenant de réserve à titre définitif le 24 juin 1918.

L’attaque allemande sur Compiègne se déclenche le 9 juin 1918. Mises en route le 10 juin,  par Meaux, Senlis, les batteries sont en position le 12, au matin, dans la région de Tricot, Menevillers, après une marche de 110 kilomètres. La contre-attaque du groupement  MANGIN sur Méry déconcerte le plan de l’ennemi, qui est contraint de s’arrêter.
L’organisation défensive du secteur est poursuivie minutieusement ; l’artillerie, ramenée en arrière de la ligne principale de résistance se prépare des positions éventuelles de repli.



Cependant, le régiment appuie avec succès plusieurs coups de main, tant dans le secteur de la 169e  division, à gauche, que dans celui de la 133e  division.
Après des reconnaissances rapides de positions offensives, le 265e  R.A.C., renforcé par l’artillerie de la division marocaine, est poussé en première ligne le 8 août et appuie, le 9 août, l’attaque de la 133e  division, sur le Frétoy et le Tronquoy. Les objectifs sont tous atteints dans les délais fixés par l’horaire.
Louis Le Guillou est tué à l'ennemi ce 9 août 1918 à la tranchée de Ravesnes sur le Ploron (Oise), tandis que l'ennemi est poursuivi jusqu’aux anciennes lignes de tranchées de 1914 et se replie finalement sur la ligne Hindenburg ...

Son acte de décès a été transcrit à Quimperlé le 18 avril 1919.
Louis Guillou repose dans la tombe n°469 de la nécropole nationale « Dompierre » dans l'Oise.

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Patrice Ciréfice
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MessageSujet: Louis Morvan   Dim 11 Aoû - 7:30

27. Louis Morvan

Louis MORVAN, cultivateur puis maçon, né le 21 avril 1885 à Brasparts, est fils de François et de Marie Jeanne Lachatre.
Matricule 2317 au recrutement de Quimper, il est incorporé au 106ème d'infanterie le 8 octobre 1906.



Envoyé dans la disponibilité le 25 septembre 1908, certificat de bonne conduite accordé, il passe dans la réserve le 1er octobre 1908.
Cultivateur au Cosquer il épouse Marie Jeanne Nédélec, de Loqueffret, le 27 octobre 1909 à Brasparts, et aura deux enfants, Louis et Anne Marie.
Il effectue une période d'exercices au 118ème RI du 28 août au 19 septembre 1911 avant d'être classé dans le service auxiliaire suivant avis de la commission de réforme de Quimper du 3 avril 1913.
Maintenu service auxiliaire le 29 octobre 1914, il est mobilisé le 15 avril 1915 ; classé service armé le 8 juillet 1915, il passe au 287ème Régiment d'Infanterie, 23ème Cie (commandée par le lieutenant Flament) qu'il rejoint le 15 à Chassemy dans l'Aisne.



C'est dans ce secteur qu'il apprend son rôle de poilu consistant à alterner les montées en ligne, les temps de repos, les travaux de défense de seconde ligne, tout en subissant régulièrement des tirs d'artillerie.... avant de rejoindre Fismes où le régiment relance l'instruction de ses hommes (novembre-décembre 1915). Ensuite, jusqu'en mars, il participe à des travaux de défense sur la Vesle.

*
**



Son parcours de la guerre est marqué par la bataille de Verdun (Mort-Homme d'avril à juin 1916, avec notamment l'attaque du 14 avril où les vagues d'assaut du bataillon de Louis Morvan seront stoppées par le feu intense des mitrailleuses allemandes), le contrôle du secteur de Tahure (juillet à fin octobre 1916) puis celui de Mamey (région de Saint Mihiel, janvier 1917), une nouvelle période d'instruction (février 1917), l'attaque sur Berry-au-Bac et la prise de la ferme de Mauchamp (16 avril 1917), la relève en juin et le regroupement du régiment au camp de Saint-Ouen où le 287 recevra une citation à l'ordre du Corps d'Armée,





puis de nouveau Verdun (août 1917), en particulier au Bois de Beaumont où il est blessé le 18 août 1917, intoxiqué par gaz. Sa compagnie perd ce jour là 3 tués et 67 blessés, évacués vers l'arrière .
Le régiment va, dès le 20, lancer ses vagues d'assaut contre les premières lignes allemandes, conquérir ses objectifs, faire plus de 320 prisonniers et prendre 12 mitrailleuses. Tous les îlots de résistance allemands sont détruits à la grenade ...Mais les pertes sont de nouveau très lourdes Une nouvelle attaque sera déclenchée le 24 août. Il sera relevé le 30 août après avoir perdu plusieurs centaines d'hommes.
Au cours de sa reconstitution, outre les renforts qu'il va recevoir, le 287 va récupérer régulièrement ses soldats qui avaient été évacués dont Louis Morvan, avant de prendre en compte le secteur de Mouilly dans la Meuse où il restera jusqu'au 13 octobre.



En 1918, après avoir servi dans le secteur de Lixières qui resta relativement calme, il se retrouve avec son régiment dans l'Oise, à l'image de ceux cités précedemment dans ce forum pour venir en appui des régiments britanniques dépassés par l'attaque allemande. La division fut regroupée le 25 mars et commença son mouvement (à pied) vers l'ouest depuis Liverdun jusqu'à Bar-le-Duc avant d'être embarqué à Saint-Eulien le 3 avril. Après une période en réserve de la division, le 287 gagne le secteur de Fouencamps mais subit un tir d'artillerie (avec obus toxiques) en cours de déplacement (25 blessés et intoxiqués).
La compagnie de Louis Morvan se positionne dans la parie nord de la Bretelle de Gentelles (24 avril) où elle subit un nouveau bombardement. Les pertes quotidiennes sont lourdes pour le régiment, mais la 23ème compagnie est relativement protégée. A partir du 3 mai, la situation se calme quelque peu. Le 17, la 23 est positionnée à Berteaucourt avec pour mission d'interdire toute percée ennemie. Mission que le régiment remplit parfaitement, tout en continuant à subir les tirs d'obus toxiques. Plusieurs renforts complètent les effectifs pour faire face à l'offensive allemande.
Le 10 juin 1918, le régiment est embarqué en camions vers Moutiers et Léglantiers en vue d'une attaque divisionnaire sur le village de Lataule.Le 287 est en première ligne avec le 154ème RI et s'élance par un chemin de terre qui mène de Méry à Wacquemoulin, appuyée par des chars d'assaut. Il atteint son premier objecif, Belloy, mais les vagues d'assaut sont « clouées au sol par le feu intense des mitrailleuses allemandes installées au N.E. du village et dans les maisons. Les pertes grandissent sans cesse... » L'arrivée des chars va débloquer la situation et Belloy tombera en milieu d'après-midi. Mais le manque de carburant dans les chars impose une nouvelle préparation d'artillerie avant de reprendre l'attaque vers Lataule vers 20 heures. Le régiment est ensuite relevé et chargé de tenir le secteur conquis tout en fournissant des relèves pour participer aux assauts contre les lignes allemandes. Le bataillon de Louis Morvan s'empare des ouvrages allemands près de Lataule le 10 août et passe les villages de Cuvilly, Sorel avant de s'élancer vers Couchy-les-Pots.



La marche en avant se poursuit toute la journée mais à la nuit, l'artillerie allemande devient très active : les premières lignes sont « violemment bombardées par obus de tous calibres, explosifs et toxiques. » Vers dix heures, les bataillons de tête reprennent leur marche, gênés par de violents barrages ennemis. « Les mitrailleuses allemandes balaient le plateau et causent aux unités des pertes sérieuses.... Elles interdisent tout mouvement sur les parties nues du terrain » ce qui nécessite une nouvelle préparation d'artillerie.
C'est au cours de cette journée du 11 août 1918 à Couchy les Pots, au bois des Loges, que Louis Morvan est tué à l'ennemi.
Ce n'est qu'à partir du 16 que la division reprendra l'offensive, malgré les tirs d'artillerie, progressant essentiellement chaque nuit. Le régiment sera mis en réserve le 8 septembre.
Louis Morvan repose dans la nécropole nationale Vignemont, dans l'Oise, carré B, tombe individuelle N°225.
Son acte de décès a été transcrit le 12 décembre 1918 à Brasparts.
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MessageSujet: François Louis Martin   Mer 14 Aoû - 6:54

28. François Louis Martin

François Louis MARTIN, né le 14 janvier 1899 à Tromarc'h en Brasparts, est fils de Pierre et de Catherine Le Roux, cultivateurs.
Son histoire sera très brève: matricule 3687 au bureau de recrutement de Quimper, déclaré apte au service armé, il est incorporé le 22 avril 1918 à Vannes comme soldat au 116ème Régiment d'Infanterie, et commence sa formation militaire.
Malheureusement, il est atteint d'une pleurésie purulente contractée en service et est hospitalisé à l'hôpital complémentaire de Vannes.
Il est déclaré « Mort pour la France » le 14 août 1918,
Son acte de décès a été transcrit à Brasparts.

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MessageSujet: François Marie Orlac'h   Jeu 15 Aoû - 5:49

29. François Marie Orlac'h

François Marie ORLAC'H, cultivateur à Rungaou, né le 3 septembre 1877 à Brasparts, est fils de Jean Marie et de Marguerite Kerautret.
Matricule 3294 au recrutement de Quimper, déclaré bon pour le service, il est incorporé au 104ème d'Infanterie à Argentan le 14 novembre 1898. Dispensé an application de l'article 21, car aîné de 8 enfants, il est envoyé dans la disponibilité le 20 septembre 1899, certificat de bonne conduite accordé.
Passé dans la réserve le 1er novembre 1903, il accomplit deux périodes d'exercice au 118ème d'Infanterie du 22 août au 18 septembre 1904 et du 19 août au 15 septembre 1907.
Domicilié au Havre en 1907, il est affecté au 86ème territorial d'Infanterie de Quimper où il effectue une période du 10 au 18 avril 1912.
Mobilisé le 3 août 1914, il rejoint le 86 et participe à la défense de Brest puis à celle du secteur est parisien avant de participer à la récupération des matériels abandonnés sur les champs de bataille puis de rejoindre la région rémoise où il restera jusqu'en novembre 1915.
Les années 1916 et 1917 sont deux année au cours desquelles il fait partie des bataillons qui apportent le ravitaillement en munitions, en vivres, en matériel, ..., des unités de première ligne, en particulier lors de la bataille de la Somme, en Champagne et dans l'Aisne.
A la dissolution de son bataillon, il passe au 201ème d'Infanterie le 10 juin 1917 et prend part à l'offensive des Flandres. Évacué, il est affecté au 118 le 22 octobre 1917 et après avoir rejoint le dépôt de Quimper est transféré au 84 où il est promu caporal..
Tandis qu'une partie du régiment stationne dans les Vosges avec le 118, son bataillon part pour l'Oise soutenir les troupes de première ligne. Une mission souvent ardue, car après l'attaque allemande du mois de mars, nombre d'unités se retrouvent sans munitions ni vivres. Le ravitaillement se passe alors dans des conditions extrêmement difficiles, et le plus souvent sous les tirs d'artillerie.
François Orlach est blessé grièvement le 15 août 1918 par obus ennemis dans le secteur de Jaulzy. Il est évacué vers l'ambulance.
“Les obus tombaient ça et là ... Au fond du chemin creux, les téléphonistes travaillaient près de cadavres déchiquetés. Le sol était jonché de débris d'arbres, de vêtements et de chair humaine. Les artilleurs ennemis avaient deviné juste ce matin, en tirant sur nos arrière-lignes...” (Témoignage de Edouard Coeurdevey).
François Orlach est déclaré “Mort pour la France” le 15 août 1918 à l'ambulance 8/6 à Hautefontaine (Oise) des suites de blessures de guerre.
Son acte de décès a été transcrit à Brasparts le 27 janvier 1920.

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MessageSujet: Jean François Yves Marie Kerdevez   Ven 16 Aoû - 6:35

30. Jean François Yves Marie Kerdevez

Jean François Yves Marie KERDEVEZ, cultivateur, né le 26 juin 1898 à Brasparts, est fils de Jérôme et de Anne Marie Le Ménez.

Matricule 3645, incorporé au 19ème Régiment d'Infanterie le 1er mars 1917, il y fait ses classes et apprend le métier de soldat..
Affecté au 129ème Régiment d'Infanterie le 15 décembre 1917, il part aux armées le 17 décembre 1917 et rejoint son unité au camp de Goncourt (Haute Marne) où la 69ème DI participe à l'instruction de la deuxième division américaine avant de rejoindre la Woëvre.



Le 11 janvier, le régiment fait mouvement pour rejoindre Toul et relever la division marocaine. Mouvement qui sera réalisé en camions pour deux bataillons et à pied pour les autres. Le 219 gagne son secteur le 18 janvier et positionne ses unités sur Noviant, Noviant, Flirey, Limey, bois Pouillot, bois Le Prêtre.
Jean François Kerdévez découvre à son tour la vie du poilu : montée en première ligne (avec harcèlement des mitrailleuses allemandes et rencontre avec des patrouilles ennemies), travaux de défense en seconde ligne, tout en subissant régulièrement des tirs d'artillerie avec obus toxiques. Mitrailleur, il fait face avec son unité à des attaques, repoussant notamment l'ennemi le 31 janvier et le 16 mars.
Le 23 mai, son bataillon effectue avec des groupes francs un coup de main sur les tranchées allemandes, réussissant à faire sauter les obus dans trois d'entre elles. Cette action sera récompensée d'une citation du général commandant le Corps d'Armée.
Le 31 mai, le régiment est relevé et fait mouvement vers Fontenoy.
Jean François Kerdévez fut-il évacué pour maladie et transporté en camion vers une ambulance ? Ou bien le régiment a-t-il du fournir une aide à d'autres unités ?
Sa fiche matriculaire indique qu'il est passé au 287ème Régiment d'Infanterie, 4ème Cie, le 2 juin 1918, régiment qu'il rejoint à Plachy dans la Somme avec un renfort de 132 hommes de troupe. Il fait partie de la 4ème compagnie de mitrailleuses commandée par le lieutenant Idier secondé par les lieutenants Planteau et du Maroussem.
Alerté dans la matinée du 10 juin, le régiment s'embarque à 17h en camions. Le bataillon de Jean François Kerdévez cantonne à Montiers.
Le 11, la division reçoit son ordre d'attaque avec pour objectif de s'emparer du village de Lataule.



Le 287 et le 154 sont les deux régiments placés en première ligne et gagnent leurs bases de départ. L'attaque sera appuyée ultérieurement par trois groupes de trois batteries de tanks et les chefs de bataillon sont chargés de leur indiquer les éventuels nids de résistance ....
Cette offensive a été décrite précédemment (cf. le récit concernant Louis Morvan, tué à l'ennemi lors de cette attaque vers Lataule).
Le IVème bataillon de Jean François Kerdévez est arrêté par un violent tir de barrage à 500m du chemin qui conduit de Belloy au bois du Val Laploye. A 13h15, les premiers chars sont mis à la disposition du IVème bataillon pour permettre la marche en avant vers Belloy. Le village est pris après deux heures de lutte opiniâtre. Mais tout le terrain, après les lisisères de Belloy, est battu par des mitrailleuses. A 15 heures, le bataillon parvient à progresser de 300 mètres. Les chars sont en feu ou en panne d'essence. Une nouvelle préparation d'artillerie commence.
Le IVème bataillon parvient à s'emparer du bois de Belloy et du bois Hubert dont il a atteint la lisière est. A 20H15, il débouche du bois Hubert et marche sur son nouvel objectif, la cote 132, mais se heurte à une très forte résistance ennemie.
Le lendemain, il est placé en soutien des deux autres bataillons et reste sur sa position avant d'être envoyé en réserve du Corps d'Armée à Wacquemoulin et occuper la ferme Bauchemont où il constitue un nouveau sous-secteur de résistance. Il est relevé par le Vème bataillon le 25 juin. La défense allemande résiste fortement, les pertes sont très lourdes, si lourdes qu'un renfort de près de 200 hommes est réparti dans les compagnies.La situation ne change guère et les combats se poursuivent dans le secteur de Lataule. Les relèves se poursuivent entre bataillons du régiment, les renforts en hommes continuent pour combler les pertes.
Le 10 août, une nouvelle offensive est lancée contre Lataule par les 154 et 155ème RI, le 287 étant en réserve, prêt à occuper les anciennes premières lignes allemandes, ce que réalise le IVème bataillon en milieu de matinée. Il progresse derrière les régiments de tête jusqu'au soir.
Dans la nuit, “l'artillerie allemande, très calme au cours de la journée, devient très active, les premières lignes et les arrières sont bombardées par obus de tous calibres, explosifs et toxiques.”
Jean François Kerdévez et un grand nombre de ses camarades sont intoxiqués par gaz (Ypérite) ce 10 août 1918.
Il est déclaré “Mort pour la France” le 16 août 1918 à l'hôpital d'évacuation 36 à Catenoy (Oise) des suites de ses blessures.



Cité à l'ordre du régiment: “Fusilier mitrailleur d'élite, s'est distingué particulièrement à l'attaque du 13 juin 1918 au cours de laquelle il a, par des tirs précis, infligé à l'ennemi des pertes sérieuses”.
Son acte de décès a été transcrit le 24 novembre 1921 à Brasparts.
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MessageSujet: Jean louis LE GALL   Ven 23 Aoû - 9:40

31. Jean Louis LE GALL

Jean Louis LE GALL, menuisier, né le 15 juin 1898 à Brasparts, est fils de Pierre Louis et de Jeanne Marie Collorec.
Matricule 3494 au bureau de recrutement de Quimper, et incorporé au 2ème Régiment d'Infanterie Coloniale le 16 avril 1917, il passe au Bataillon du 42ème Colonial le 15 décembre 1917. Ce régiment se trouve à cette époque à l'armée d'Orient et occupe depuis janvier un sous-secteur de Monastir, en alternance avec le 44ème Colonial.
Jean Louis Le Gall a-t-il rejoint son régiment à Monastir ? Je n'en ai aucune certitude. Sa fiche matriculaire indique simplement qu'il est affecté comme soldat au 22ème Régiment d'Infanterie territoriale le 10 juin 1918.



Le 22 se bat depuis le mois de mai dans la montagne de Reims, repoussant notamment le 18 juin une attaque allemande visant à s'emparer de Reims. Tous les assauts allemands furent brisés. Le Corps d'Armée Colonial sauva ainsi le nœud vital de communications de nos armées et empêcha l'ennemi de ravitailler ses troupes. Mais sa situation était devenue difficile, étant contraint de défendre un front d'une longueur de 30 kilomètres.
Jean Louis Le Gall ayant rejoint son unité connut une période “calme”, coupée de bombardements fréquents, de coups de main destinés à faire des prisonniers, entraînant la perte d'une dizaine d'hommes par semaine dans chaque régiment. Le 22 devait se recompléter régulièrement avec des renforts venus du dépôt.
Le 15 juillet, le front de Reims fut dévasté par une formidable préparation d'artillerie qui dura trois heures, détruisant les positions , PC, batteries et cantonnements, rompant toutes les communications entre les unités. L'attaque allemande se déclencha vers 5 heures du matin, avec pour objectif d'encercler Reims. La division coloniale dont faisait partie le 22 et commandée par le général Mordrelle parvint à arrêter l'ennemi et ressouder la ligne rompue initialement. L'héroïsme de nos troupes coloniales composées de métropolitains, d'africains et d'algériens, permit de stopper définitivement l'avance allemande.
Mais les conditions de vie qui suivirent furent très difficiles. Jean Louis Le Gall fut évacué malade le 18 août 1918.
Il mourut “pour la France” le 23 août 1918, à l'hôpital mixte de Vertus (Marne) des suites d'une maladie contractée en service (diarrhée dysenterie).
Son acte de décès a été transcrit le 28 mars 1919 à Brasparts.
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MessageSujet: Jean louis PICHON   Dim 1 Sep - 5:36

32. Jean Louis Pichon

Jean Louis PICHON, cultivateur, né le 20 août 1880 à Quillivien en Brasparts, est fils de Yves et de Marie Anne Le Dréau.
Matricule 2748, au recrutement de Quimper, il est ajourné pour faiblesse en 1901 et exempt en 1902 (coxalgie).

Le conseil de révision de Quimper le classe service armé le 9 décembre 1914. Il est incorporé le 25 février 1915 au 118ème Régiment d'Infanterie de Quimper.
Il part au front le 21 décembre 1915 et retrouve son régiment en Champagne, dans le secteur de Perthes, où se succèdent les montées en première ligne et les relèves avec le 19ème R.I
Le régiment est ensuite regroupé le 27 février à Nuisement sur Coole.



Le 9 mars, il reçoit l'ordre de se rendre à Somme-Vesle puis le 23 sur Varimont avant d'être embarqué en voitures le 25 et transporté à Louppy-le-Petit, puis le 29 à Verdun, cantonnant à la caserne Miribel.
Dans la nuit du 30 au 31, le 118 prend la relève du 8ème bataillon de chasseurs à Thiaumont sous un bombardement « intermittent » qui lui coûte la perte d'une trentaine d'hommes. Le lendemain, le bombardement reprend, lié à l'attaque allemande sur le fort de Vaux. Bombardement d'une grande intensité qui va se poursuivre quotidiennement. Les pertes sont de plus en plus lourdes : 36 (dont 3 tués) le 1er avril, 66 le 2 (dont 16 tués), 55 le 3 (dont 7 tués), 129 le 4 (dont 16 tués). Le 5, les allemands installe canon et mitrailleuses pour balayer les tranchées françaises.



Jean Louis Pichon est blessé par éclat d'obus aux deux jambes, à la main droite et à l'oreille, et est fait prisonnier le 5 avril 1916.
Évacué vers l'arrière, soigné mais gravement atteint, il est rapatrié le 22 février 1917 et rentre au dépôt le 16 avril 1917.
Proposé pour la réforme le 19 septembre 1917, il est effectivement réformé le 27 janvier 1918 (décision notifiée le 28 février 1918) avec gratification.
Il décède le 1er septembre 1918 à Quimper.
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MessageSujet: Yves Quéré   Jeu 5 Sep - 7:09

33.Yves QUERE

Yves QUERE, né le 5 avril 1892 à Saint-Rivoal, est fils de Jacques et de Marie Louise Mével. Matricule 480 au recrutement de Quimper.
Engagé volontaire pour 5 ans à la mairie de Brest le 21 novembre 1910 au titre des équipages de la Flotte (matricule 97898), matelot de 2ème classe, fusilier breveté le 1er octobre 1913, Yves Quéré resta embarqué jusqu'à la fin de 1917. Je n'ai malheureusement pas retrouvé le navire sur lequel il remplit sa mission. Sa fiche matriculaire indique qu'il passe au Premier Bataillon des Fusiliers Marins le 13 décembre 1917.

Lorsque la guerre éclata, la Marine disposait d'un surplus de plusieurs milliers d'hommes qu'elle ne put utiliser à bord de ses bâtiments.Ce fut à l'époque la création de la brigade des fusiliers marins, forte de six mille hommes, sous le commandement de l'amiral Ronarc'h. Après la protection de Paris, la brigade fut engagée dans les Flandres, se distingua tout particulièrement à Dixmudepuis dans le secteur de Nieuport, avant sa dissolution en novembre 1915. La Marine réintégra ses hommes dans ses navires pour se défendre notamment contre les sous-marins ennemis.La Brigade avait perdu près de six mille hommes.
Un Bataillon de fusiliers marins prit sa relève et poursuivra ses combats dans les tranchées jusqu'à la fin de la guerre avec un effectif d'environ 850 hommes. Jusqu'au printemps 1917, la situation resta relativement stable. L'offensive britannique, déclenchée en juillet, permit une progression importante dans le secteur d'Ypres, s'emparant notamment de la presqu'île de Merckem. Les pertes furent lourdes, et des renforts furent envoyés pour recompléter le Bataillon.

La situation resta « calme » juqu'à l'offensive allemande du printemps 1918. Ludendorff déclencha l'attaque le 21 mars sur la partie du front tenue par les Anglais entre Arras et Saint-Quentin, bousculant son adversaire jusqu'à menacer Amiens.


(document de la Bibliothèque Nationale)

Le Bataillon de fusiliers marins participe aux combats à proximité du village de Hailles, à une quinzaine de kilomètres d'Amiens, au confluent de l'Avre et de la Luce, et se distingue une nouvelle fois, interdisant à l'ennemi toute progression au delà de ses positions.



Après la seconde bataille de la Marne (14-18 juillet), l'offensive alliée reprend à partir du mois d'août vers la ligne Hindenburg. Le Bataillon est intégré au sein de la 10ème Armée, commandée par le général Mangin, et occupe une partie du secteur de Laffaux, à l'Ouest du Chemin des Dames.
Ce village de Laffaux a été de nombreuses fois pris puis perdu au cours de la guerre. Le Bataillon se prépare à une nouvelle attaque pour s'en emparer. La défense allemande ne cesse de bombarder les troupes alliées pour les empêcher d'intervenir.
Yves Quéré est tué le 5 septembre 1918 au ravin de Montinette, sud-est de Margival ( Aisne), lieu où le bataillon bivouaquait avant de gagner la tranchée de départ.
Peu après, le 14 septembre, le Bataillon combat au moulin de Laffaux puis participe à l'offensive qui le conduira à Laon, début octobre, au pris de lourdes perte (les trois-quarts de ses officiers et la moitié de ses hommes)
Yves Quéré repose dans la nécropole nationale « Vauxaillon » dans l'Aisne, tombe individuelle N° 1090.

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MessageSujet: Re: Mémorial des Braspartiates dans la Grande guerre : 1918    Sam 28 Sep - 10:04

34. Yves Le Corre

Yves LE CORRE , cultivateur du bourg de Brasparts, né le 24 septembre 1895 à Plonévez du Faou, est fils de Yves et de Marguerite Collobert.

Son frère aîné, Louis, soldat au 118ème RI à la déclaration de guerre, était mort des suites de ses blessures le 15 décembre 1914. Son beau-frère, Jean Louis Martin, qui avait épousé sa sœur Marie en 1912, est tombé également face à l'ennemi à Souain le 5 mai 1915. Et son frère Guillaume est également sous les Drapeaux lorsqu'il passe devant le Conseil de Révision, lequel l'ajourne un an en 1915 pour faiblesse.

Matricule 2582 au recrutement de Quimper, il est incorporé au 62ème régiment d'Infanterie le 3 septembre 1916. Après avoir effectué ses classes à Lorient, il part aux armées le 18 février 1917. Il rejoint son régiment dans la région de Fismes. Les unités sont alors employées jusqu'au 18 mars à la construction d'un vaste hôpital d'évacuation à Saint-Gilles, au montage de baraques Adrian et à des travaux de terrassement pour l'établissement de lignes de chemin de fer à Courlandon.



Après avoir relevé le 355e RI dans le secteur de Bucy-le-Long, le régiment participe avec le 19 à une attaque sur le bois de Quincy et parvient à s'emparer de deux villages tenus par l'ennemi.
Fin avril, le 62 relève le régiment colonial du Maroc dans le secteur au sud d'Ailles. Le 5 mai, les trois bataillons du régiment attaquent le village d'Ailles avec le 19e RI et le 65e RI. Tout le régiment se porte à l'attaque d'un seul élan, progresse jusqu'à la tranchée d'Essen, capturant une centaine de prisonniers et plusieurs mitrailleuses. Mais l'offensive est arrêtée par des feux extrêmement violent de mitrailleuses. Le régiment subit des pertes très sévères (40 officiers et 900 hommes). Il est relevé par le 118e RI le 7 mai, ce qui n'empêchera pas deux de ses bataillons à remonter en 1ère ligne du 14 au 18 mai.



Le 62 est alors mis au repos dans la région de Montdidier, reçoit un renfort de 800 hommes, reprend son instruction et s'entraîne à la guerre de mouvement, avant de gagner le secteur de Fresnoy dans la région de Saint-Quentin où il restera du 27 juin au 11 août. Il se rend ensuite par étapes à Hargnicourt où il s'embarque le 25 pour Versailles, et cantonne dans la vallée de Chevreuse.



En septembre, le 62 monte en ligne dans le secteur de La Malmaison, où il exécute des travaux offensifs en vue d'une attaque prochaine, travaux rendus pénibles par suite du mauvais temps et du bombardement continuel. Relevé le 28 septembre, cantonné à Charentigny, il rejoint en octobre 1917, le secteur du Chemin des Dames, multipliant nombre de coups de main, dans des conditions climatiques difficiles, et sous un feu intensif de l'artillerie allemande.



Évacué le 28 octobre 1917, Yves Le Corre rejoint le dépôt du régiment puis part en renfort le 29 janvier 1918.
Le régiment reprend la route du Chemin des Dames. Le 27 mai, il subit de plein fouet l'attaque allemande. Le 28 mai, encerclé par l'ennemi, le drapeau du régiment tombe aux mains de l'ennemi. Il est héroïquement sauvé par deux soldats du 62. Aux trois-quarts décimé, le régiment doit être reconstitué. Il reprend le chemin du front le 14 juin. Il occupe le Vieil Armand avant de rejoindre son ancien secteur de Champagne et de participer à la dernière grande offensive.
Le 25 septembre, les trois bataillons du 62 sont sur leurs parallèles de départ, à l'ouest de la butte de Souain, attendant l'heure de l'attaque.
Les Allemands ont renforcé leurs positions et leur artillerie, se préparant à subir cette offensive. Le 62, encadré par le 19 et le 409, a reçu pour objectif la butte de Souain puis de bousculer l'ennemi dans ses arrières, en enlevant les tranchées s'échelonnant sur les pentes et à contre-pente des crêtes au nord de la Py, flanquée par le village de Somme-Py, couverte par la rivière et des réseaux de protection.
Le front s'embrase à 23h30 ce 25 septembre avec la préparation d'artillerie. Puis le 3ème bataillon du 62 se lance à l'assaut des avant-postes ennemis, dans un brouillard très épais, et enlève la ligne de crête, malgré les tirs de nombreuses mitrailleuses. Puis l'attaque reprend le 27 matin avec en tête le 2ème bataillon du 62 qui parvient à enlever les tranchées « de la ligne de grand combat ». Dans l'après-midi, des chars appuient l'offensive des 2ème et 3ème bataillons, lesquels se heurtent à une défense forte d'un grand nombre de mitrailleuses et de minen légers. A 16h, le 1er bataillon dépasse les bataillons de première ligne, et progresse sans arrêt sous le feu extrêmement violent de l'artillerie et des mitrailleuses, jusqu'à la route de Somme-Py-Tahure.
« A partir de cet endroit, il mène de très durs combats à la grenade dans les boyaux, enlevant un à un les groupes ennemis qui opposent une sérieuse résistance et arrive à une centaine de mètres au sud de la voie ferrée Somme-Py-Challerange. Dans la soirée, le commandant de ce bataillon rend compte qu'un fort groupe allemand, appuyé par de nombreuses mitrailleuses, qui tient le passage en dessous de la voie ferrée le gênera très sérieusement le lendemain dans sa marche en avant. Il forme alors le projet de l'enlever le 28 avant la pointe du jour ... »
Le 28 septembre, à 5h30, le coup de main réussit et le bataillon poursuit son avance. Les autres bataillons, dans le même temps, avancent sous un tir d'artillerie extrêmement violent qui dure plus d'une heure et occasionne des pertes très sévères.
C'est lors du coup de main que Yves Le Corre est tué à l'ennemi ce 28 septembre 1918 dans le secteur de Somme-Py (lieu inconnu).



Les combats vont durer 4 jours, causant la perte de plus de 500 soldats du 62, avant la relève par le 265ème RI Le régiment se regroupe sur ses lignes de départ, se reconstitue entre le 30 septembre et le 2 octobre avant de repartir au combat.
La mort de Yves Le Corre est déclaré par un avis ministériel du 14 novembre 1918.
Son acte de décès a été transcrit à Brasparts le 31 juillet 1919.
Yves Le Corre repose dans la tombe 257 de la Nécropole Nationale "SOMMEPY-TAHURE"
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MessageSujet: Jean François BARON   Lun 30 Sep - 10:26

35. Jean François BARON

Jean François BARON, cultivateur, né le 1er mai 1879 à Brasparts, est fils de Jean François et de Anne Goavec.
Matricule 3203 au bureau de recrutement de Quimper, déclaré bon pour le service, il est incorporé au 3ème régiment de Zouaves le 30 novembre 1900.



Il rejoint son unité à Constantine et participe à la campagne en Algérie du 29 novembre 1900 au 24 octobre 1903, campagne qui concerne le sud algérien et la conquête du Sahara. Campagne qui se terminera par la soumission de la confédération touarègue Kel Ahaggar en décembre 1902; Jean François Baron est classé Zouave de 1ère classe le 22 juin 1902.



Envoyé dans la disponibilité le 23 octobre 1903, certificat de bonne conduite accordé, il rentre au pays et passe dans la réserve le 1er novembre 1903.
Il effectue deux périodes d'exercices au 118ème d'Infanterie du 13 mai au 9 juin 1907 puis du 23 mars au 2 avril 1909.
Il accomplit une nouvelle période d'exercice au 86ème Territorial d'Infanterie du 3 au 11 juin 1914. Mobilisé le 3 août 1914, il rejoint son unité, le 86ème d'Infanterie de Quimper, et part aux armées le 25 août 1914.
Il participe à la défense de Brest puis du camp retranché de Paris avant de parcourir les champs de bataille de la Marne pour participer à la récupération des matériels abandonnés.



Passé au 151ème d'Infanterie le 1er mai 1915, lequel se trouve en Argonne depuis le mois de janvier (La Gruerie, Four de Paris), Jean François Baron va subir avec son régiment attaques et contre-attaques, bombardements d'obus toxiques, et participer à de nombreuses offensives, dont celle sur le secteur de Bagatelle pour reprendre la crête de Beaumanoir le 1er juillet. Les pertes seront très lourdes (près de 3000 tués ou disparus et près de 1500 blessés au niveau divisionnaire).
Le 151, après un temps de récupération et de reconstitution, participera à la bataille de Champagne (Aubérive, 24 septembre-décembre 1915), une opération qui permettra de s'emparer d'un front de 25 kilomètres sur une moyenne de 4 kilomètres de terrain en profondeur, de capturer 26 000 prisonniers ...



Engagé en mars 1916 dans la bataille de Verdun (carrière d'Haudromont, bois Navé en mars, Mort-Homme en avril-mai), le 151 va de nouveau se distinguer et Jean François Baron sera cité à l'ordre du régiment en date du 6 juillet 1916: « Très bon soldat. S'est bien conduit pendant les attaques des 1er, 2 et 3 juillet 1916. »
Décoré de la Croix de Guerre le 6 juillet 1916, avec étoile de bronze, il participe ensuite à la Bataille de la Somme (sept-nov : Rancourt, bois de St Pierre Waast).
Malade, il est évacué le 28 novembre 1916.
Reparti aux armées le 27 janvier 1917 comme soldat au 264ème Régiment d'Infanterie, Jean François Baron va de nouveau alterner les périodes de combats (région de Noyon entre mars et juin, secteur de Saint Quentin de juillet à septembre, secteur de Chavignon du 29 octobre au 21 décembre puis du 7 janvier au 27 mai 1918), les périodes de repos (du 25 juin au 14 juillet à Guiscard, du 18 septembre au 24 octobre à Gonesse, du 21 décembre au 7 janvier à Ecuiry).
Engagé dans la bataille de l'Aisne le 27 mai, le 264 va résister à la poussée allemande dans la région de Vauxaillon, se replier au sud du Chemin des dames, subir de très lourdes pertes (près de 600 hommes), se regrouper vers Vivières après avoir été retiré du front, avant de s'installer en défense de la forêt de Villers-Cotterêts.
Relevé le 8, le régiment fait mouvement vers Nanteuil-le-Haudouin puis le 11 juin, est transporté par V.F. dans la région de Baccarat et mis au repos.
Du 18 juin au 4 septembre, il occupe un secteur vers la Chapelotte et Domèvre (avec une D.I. Américaine), puis est transporté de la région de Rambervillers, dans celle de Brienne-le-Château où il effectue période de repos et d'instruction.
Le 25 septembre , le 264 est regroupé à Suippes avant de se repositionner derrière nos premières lignes et de s'engager le 28 dans la bataille de Somme-Py pour exploiter le succès que doit remporter l'attaque lancée par la 22ème DI (118ème RI) sur la sonde ligne allemande de Somme-Py. Mais le 118 échoue dans son assaut et le 264 doit repousser deux violentes contre-attaques allemandes. Une section de chars d'assaut doit les soutenir mais tombe en panne.
“Avec un élan admirable, les 3 compagnies du 5ème bataillon, auquel appartient Jean François Baron, s'élancent par le terre-plein au travers des réseaux de fil de fer non détruits pour conquérir les trois lignes de tranchées en avant d'elles. Immédiatement prises sous un feu terrible de mitrailleuses tirant de front et d'écharpe des deux côtés, ces compagnies sont fauchées sur le plateau. Néanmoins, les plus ardents des non-atteints sautent dans une tranchée allemande (la tranchée du Pacha)” mais sont exterminés par les défenseurs allemands. Le 4ème bataillon prend la relève en première ligne, et relance l'attaque mais est à son tour repoussé.
C'est au cours de cette journée que Jean François Baron est tué à l'ennemi alors que son bataillon relève un bataillon du 137ème RI dans une tranchée conquise. Il recevra la Médaille Militaire à titre posthume le 19 février 1921: « Brave soldat. Fauché glorieusement pour la France le 30 septembre 1918 à Somme-Py en faisant son devoir. »
Les troupes françaises vont poursuivre leur offensive, les allemands vont se replier finalement et le 264 est relevé par un régiment américain le 2 octobre et mis au repos au sud de Sainte-Marie-à-Py...
L'acte de décès a été transcrit à Brasparts le 30 mai 1919.
Jean François Baron repose dans la tombe individuelle 139 de la Nécropole Nationale "SOMMEPY-TAHURE" .

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MessageSujet: Re: Mémorial des Braspartiates dans la Grande guerre : 1918    Mar 1 Oct - 11:10

36.Jean MAZE

Jean MAZE, né le 8 octobre 1884 à Port Launay, est fils de Jean Louis et de Marie Françoise Cariou.
Cultivateur, il est affecté au 118ème Régiment d'Infanterie le 10 octobre 1905. Il est envoyé dans la disponibilité le 28 septembre 1907, certificat de bonne conduite accordé.
Il effectue deux périodes de réserve au 118 du 12 mai au 13 juin 1911 et du 2 au 18 avril 1913. Domicilié à Brasparts à Langle à partir du 22 février 1910.
Mobilisé le 3 août 1914, il est affecté au 318ème d'Infanterie, régiment créé la veille à Quimper, constitué presque entièrement de réservistes bretons recrutés dans le Sud Finistère. Son encadrement était constitué d'une dizaine d'officiers et d'une vingtaine de sous-officiers prélevés sur le 118ème RI.
Jean Mazé part aux armées avec son régiment dès le 5 août, vers 21 heures, depuis la gare de Quimper, débarque à Paris dans la matinée du 7, et y restera deux semaines. Une période au cours de laquelle la troupe est « énergiquement et méthodiquement entraînée » et devient une unité de combat brillante.
Devant la poussée allemande, le 318 est embarqué le 25 août pour être dirigé sur Arras. Il va connaître durant un mois, sans trêve ni repos, attaques et contre-attaques, alertes et retraites, marches forcées ... Jean Mazé connaîtra le baptême du feu dès le 27 août dans l'attaque du village de Beugny. Le 318 est coupé en deux et ne se regroupera qu'après le 2 septembre pour participer à la bataille de la Marne. Vont se suivre de nouveau attaques et contre-attaques, replis, bombardements intensifs puis attaques vers l'avant. Les pertes sont considérables (près de 400 soldats mis hors de combat le 20 septembre) et se reconstitue avant de repartir à l'attaque sur Moulins-sous-Touvent. Le régiment s'installe en position défensive dans des tranchées tandis que deux de ses compagnies sont très éprouvées sous le feu des mitrailleuses ennemies...
Il recevra une période repos de quatre jours, le premier depuis les hostilités, le 31 décembre, avant de remonter en ligne le 4 janvier.



Une période de préparation d'attaque sous le feu continuel de l'artillerie allemande. Renforcé par d'autres unités, le régiment va tenir son secteur, alternant relève et périodes de repos, entraînements et montées en ligne.



C'est en juillet que commence le régime des permissions. Jean Mazé,  nommé caporal le 14 avril 1915, rentre chez lui pendant l'été pour trois jours ...



Les missions du régiment vont se poursuivre jusqu'à la veille de la bataille de la Somme. Il vient de gagner ses positions de combat lorsque l'ordre de dissolution lui parvient : le régiment est supprimé par mesure de réorganisation générale le 15 juin 1916. Le bataillon de Jean Mazé est transféré au 219ème Régiment d'Infanterie le même jour.
Leur chef de corps écrira quelques mois plus tard : « J'ai vu depuis mon départ du 318 bien des soldats de toutes les régions. Je n'en ai jamais rencontré de meilleurs que mes soldats bretons. »

*
**

Le bataillon de Jean Mazé, commandé par le commandant Vince, devient donc le 4ème bataillon du 219, rejoint son nouveau régiment avec lequel il participe à quatre journées d'instruction avant de remonter en ligne dans le secteur d'Harbonnières, d'où il doit partir à l'attaque des tranchées allemandes.
Pendant 8 jours va se réaliser une préparation d'artillerie destinée à détruire les défenses allemandes. L'intensité du bombardement ne cesse de croître, pour atteindre la pleine puissance dans la matinée du 1er juillet. A 9h30 , les poilus se lancent à l'assaut : la bataille de la Somme est lancée. Le bataillon Vince est en réserve régimentaire. La progression du 219, accompagnée par l'artillerie, lui permet d'atteindre ses objectifs avant de s'organiser dans les positions conquises.
Jean Mazé a été blessé par éclat d'obus à la main droite et évacué le 1er juillet 1916 vers l'arrière. A peine rétabli, il est affecté au 264ème le 6 juillet 1916, régiment qu'il rejoint dans le secteur d'Estrées, lequel va réaliser de nombreux travaux sous un bombardement incessant et violent. En septembre, il parvient à rejeter l'ennemi hors d'Estrées et recevra une citation à l'ordre du Corps d'Armée.
L'année 1917 sera marquée par la préparation de l'offensive de printemps dans le secteur d'Elincourt, des périodes de repos dans la région du Grand-Fresnoy, la prise de Noyon, la guerre de tranchées dans la région de Saint-Quentin, avant de rejoindre La Malmaison, en octobre : le 264 va y subir presque chaque jour des quantités d'obus asphyxiants ..



En mai 1918, le 64 se retrouve en ligne dans la forêt de Pinon, à la veille de l'attaque allemande. La consigne est formelle : tenir sur place. Le 264 va se battre héroïquement au moulin de Laffaux, devant Soissons, Margival. L'ennemi s'infiltre à travers des groupes de combat, favorisé par une forte brume. Les pertes sont très lourdes et toute la division est relevée le 1er juin, rejoint Villers-Cotterets avant d'être transportée à Baccarat pour reconstituer ses unités.



Jean Mazé sera cité le 25 mai 1918 à l'ordre du régiment: « Très bon gradé donnant à tous l'exemple du courage. A combattu brillamment dans un barrage devant l'ennemi supérieur en nombre. »



La 61ème DI est amenée en septembre en Champagne pour participer à l'offensive franco-américaine contre la ligne Hindenburg. Le 264 reçoit pour mission le 29 septembre de s'attaquer aux tranchées allemandes de Somme-Py abondamment garnies de mitrailleuses. Pendant trois jours, sous de véritables barrages d'obus et de balles, les 4ème et 5ème bataillon livrent assaut sur assaut, « avec une vaillance et une abnégation merveilleuses ». Les pertes sont une nouvelle fois très lourdes : le caporal Jean Mazé est tué à l'ennemi au boyau Baucher le 1er octobre 1918.
Il recevra la Médaille militaire à titre posthume le 29 janvier 1921: «  Caporal d'une bravoure réputée, est mort glorieusement pour la France le 1er octobre 1918 à Somme-Py en faisant vaillamment son devoir. Croix de Guerre avec étoile d'argent. »
Jean Mazé repose dans la Nécropole Nationale Sommepy-Tahure, dans la tombe individuelle n°431.

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MessageSujet: Louis Joachim Marie KERGUELEN   Lun 7 Oct - 7:19

37. Louis Joachim Marie KERGUELEN

Louis Joachim Marie KERGUELEN, boulanger, né le 22 août 1880 à Brasparts, est fils de François Louis et de Marie Françoise Le Menn.
Matricule 2793, il est engagé volontaire pour 5 ans à la mairie de Brest le 22 septembre 1898 pour les équipages de la Flotte. Matelot de 2ème classe le 1er juin 1899, quartier maître de 2ème classe le 1er avril 1900, de 1ère classe le 1er octobre 1901, il rengage pour trois ans le 7 novembre 1903. Inscrit maritime au Quartier de Brest le 22 septembre 1906, il épouse Marie Louise Tanguy à Châteaulin le 20 mai 1913 et s'y installe. Il aura trois enfants, tous nés à Châteaulin Jean François (1915), Marie Louise (1916-1922) et Maurice (1918).



Rappelé en activité à la déclaration de guerre, il est affecté comme deuxième maître électricien de la Marine à Dunkerque.
Louis Kerguélen meurt pour la France le 7 octobre 1918 à l'hôpital mixte n°32 bis de Rosendaël des suites de grippe infectieuse, et de pneumonie double contractée en service.



Son acte de décès a été transcrit à Châteaulin le 28 décembre 1918.
Il repose dans la nécropole nationale DUNKERQUE, dans la tombe individuelle n°698.
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MessageSujet: Yves Le Meur   Mar 15 Oct - 8:26

38. Yves Le MEUR

Yves LE MEUR, né le 31 janvier 1894 au Cloître Pleyben, est fils de Charles Yves et de Marie Jeanne Bothorel. Il passa son enfance au bourg de Brasparts. Après le décès de son père, en 1904, (sa mère est décédée en 1899), il est placé sous la tutelle de François Le Meur de Lannédern.
Matricule 701 au recrutement de Quimper, il est incorporé le 5 septembre 1914 au 71ème d'infanterie.



Parti aux armées le 28 janvier 1915, il rejoint son régiment qui vient de s'installer dans la région d'Arras, dans les sous-secteurs de Saint-Laurent et Maison Blanche. C'est là qu'il reçoit son baptême du feu, les tranchées subissant tirs et bombardements presque de façon incessante. Il participe bien évidemment aux travaux de sape, au nettoyage des tranchées endommagées par la pluie et la fonte des neiges. Blessé au cours d'une attaque, Yves Le Meur est évacué vers l'arrière, puis à son rétablissement, est affecté au 106ème Régiment d'Infanterie le 2 mai 1915.
Ce régiment a connu une terrible période aux Eparges puis dans la tranchée de Calonne avant de connaître une période d’accalmie de mai à septembre 1915, au cours de laquelle alterneront les montées en ligne, les périodes de repos dans les cantonnements de Dieue, Sommedieue et Rupt. Un seul bataillon, celui de Yves Le Meur, sera concerné en juin par une attaque qui n'aboutira pas mais coûtera la vie à une trentaine de soldats.
Après une série de marches de nuit qui le conduit dans la région de Châlons, le 106 va ensuite participer à l'offensive de Champagne. Les assauts vont permettre de gagner un peu de terrain, mais les pertes sont sérieuses, les troupes épuisées par 4 jour de bataille, les munitions fortement entamées. « La pluie tombe, ajoutant à la fatigue des hommes, rendant très difficiles sur un sol détrempé les déplacements de l'artillerie et les ravitaillements ». Le régiment s'installe alors défensivement sur le terrain conquis, avant d'être relevé le 1er octobre et de se reformer à Suippes, ayant perdu plus de 600 hommes (dont 132 tués)...
Il effectue ensuite une période de travaux en Champagne, séjourne deux mois au pied de la montagne de Reims (Verzy), partageant son temps entre travaux défensifs et instruction des bataillons reconstitués.



De janvier à mai 1916, il est chargé du secteur d'Aubérive, alternant avec le 132ème Ri montées en ligne et repos au camp Berthelot (de Châlons) . « Et ce fut un nouvel hiver à passer dans la tranchée, avec ses souffrances et ses fatigues, longues nuits de veille, l’œil et l'oreille aux aguets, journées se succédant monotones, travaux et corvées souvent pénibles ». Le secteur semble calme, mais subit des bombardements intermittents par obus et torpilles... Yves Le Meur est de nouveau blessé le 15 avril 1916 par éclats d'obus (plaie au cuir chevelu) et évacué le jour même.
Reparti au front le 24 juin 1916, il rejoint son régiment dans l'Enfer de Verdun. Après une période très difficile, le 106 est retiré du front en septembre et transporté sur la Somme par voie ferrée, gagnant ensuite le secteur du Bois Madame, près de Bouchavesnes, bois entièrement détruit où il travaille nuit et jour à l'aménagement d'un terrain d'attaque. Le 24 il subit une attaque allemande mais parvient à la repousser ...La contre-attaque qui suivit fut un terrible échec, ses vagues d'assaut hommes sont mis hors de combat, étant fauchées par les mitrailleuses et les barrages d'artillerie. Après une relève de 4 jours, le 106 prépare une nouvelle ligne d'attaque, travaux de nuit, « rendus très périlleux par le bombardement qui sévit sans trêve et très pénibles par la pluie glaciale qui ne cesse de tomber ».
Le 7 octobre, le bataillon de Yves Le Meur prend part au sud de la ferme du bois Labbé à deux attaques successives, mais qui toutes deux sont enrayées une nouvelle fois par les mitrailleuses et l'artillerie ennemies. Yves Le Meur est une nouvelle fois blessé par éclat d'obus à la tête et à la joue, et de nouveau évacué.



Rétabli, il repart aux armées le 5 novembre 1916, et retrouve son unité dans le secteur du Bois Madame.
Relevé le 18 décembre, le régiment est transporté en camions vers le Tardenois (sud de Soissons) qu'il rejoint le 30 décembre.
Le 106 va une nouvelle fois se reconstituer, puis travailler à l'organisation de la défense avancée de Paris (région de Crépy-en-Valois) avant de participer à l'offensive de l'Aisne attaque déclenchée le 16 avril.



Le bataillon de Yves Le Meur est de nouveau en première ligne. Progressant dans les positions ennemies, il est pris sous les feux croisés des mitrailleuses, dont plusieurs ont été dépassées. Yves Le Meur va faire preuve d'un grand courage et sera cité à l'ordre du régiment: « Fusilier mitrailleur d'un sang-froid à toute épreuve, s'est particulièrement distingué au cours des combats du 16 au 19 avril 1917, dans l'organisation d'une position soumise au bombardement ».
Les combats se poursuivent dans un terrain boisé, marécageux, bouleversé. Des rafales de neige forment devant nos soldats un rideau protecteur qui dissimile leur marche en avant et leur permet de s'emparer des positions ennemies.
Le 106 lance ensuite quatre journées d'attaque ininterrompues vers le Chemin des Dames, journées qui pour lui fut une victoire incontestable. Yves Le Meur est cité une seconde fois pour être monté « résolument à l'assaut des positions successives de l'ennemi sous de violents feux de mitrailleuses ».
Son régiment va ensuite alterner les périodes de repos, les remontées en ligne, mais aussi un passage en revue par le général Maistre, au cours duquel Yves Le Meur recevra la Croix de Guerre.
En juin, le 106 est transporté dans les Vosges et l'Alsace. Le bataillon de Yves Le Meur occupe le Südel, secteur relativement calme, mais où l'artillerie allemande intervient de manière assez régulière. Se passa alors l'été puis l'hiver, un hiver en montagne, « avec d'abondantes tombées de neige comblant tranchées et boyaux, faisant disparaître les chemins et les pistes, rendant difficiles les communications, avec les violentes bourrasques balayant les cimes »...



Le 22 janvier s'opéra la relève et le 106 rejoignit alors Saulxures, puis Villerxel, avant d'être embarqué le 24 mars à Lure et débarquer à Montdidier le 26 mars 1918.
Les Allemands ont déclenché une formidable attaque en direction de Amiens-Montdidier, dans le but de séparer nos armées de l'armée anglaise. Sous la violence du choc et les tirs d'obus toxiques, les Anglais cèdent, mais nos régiments parviennent à ralentir l'ennemi par une héroïque résistance, subissant de terribles pertes, puis à stopper l'offensive. Le 106 est durement éprouvé ; le bataillon de Yves Le Meur recevra une citation à l'ordre de l'Armée. Deux sections de mitrailleuses se sacrifieront pour assurer le repli des autres compagnies.
Retiré du front, le 106 est transporté en Lorraine le 9 avril où il effectue une période d'instruction pour ses nouveaux renforts, puis rejoint le secteur de Dombasle. Un secteur calme où nos soldats renforcèrent la défense de nos lignes, mais repoussèrent aussi une attaque allemande en juin.



Le 22 juillet, le régiment quitta ce secteur pour rejoindre Montdidier. Dès le 10 août, il se lance dans l'attaque des lignes allemandes, au nord d'Armancourt. Les combats ne vont guère cesser, nos troupes se lançant à la poursuite de l'ennemi après la prise de St-Mard le 27 août. L'artillerie allemande ne cesse de bombarder nos troupes avec des obus toxiques mais ne peuvent les empêcher de franchir le canal de la Somme Le 106 sera relevé le 9 septembre et sera une nouvelle fois cité.
Mis au repos dans les ruines des villages de Gruny, Cremery et Fresnay-les-Roye, au nord de Roye, il reconstitue ses unités, puis rejoint le secteur de Saint-Quentin le 9 octobre. Positionné à Homblières le 13, il se rapproche des lignes le 14, et reçoit l'ordre de franchir l'Oise, pour attaquer vigoureusement et pousser dans la direction de Guise.
Le 15, au point du jour, nos vagues d'assaut, constituées par les 2ème et 3ème bataillons, s'élançaient « avec un magnifique entrain et franchissaient environ 400 mètres. Mais, là, prises sous le feu de nombreuses mitrailleuses, elles devaient s'arrêter et toutes les tentatives obstinément répétées au cours de la journée ne purent réussir ».
C'est ce jour là que tomba Yves Le Meur, tué à l'ennemi le 15 octobre 1918 à Mont d'Aigny (Aisne).
La bataille ne sera remportée que le 26 octobre et vaudra au régiment sa quatrième citation à l'ordre de l'armée.
Yves Le Meur repose dans la nécropole nationale « Saint-Quentin », tombe individuelle 2947.
Son acte de décès a été transcrit à Lannédern le 27 juillet 1919.
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MessageSujet: Louis Emile Crouan   Ven 18 Oct - 14:26

39. Louis Emile CROUAN


Fils de Louis et de Claire Marie Balcon, Louis Emile CROUAN est né le 4 mars 1882 à Brasparts. Après un long moment passé à Brasparts où le père était notaire, la famille quitte le Finistère pour s'installer à Chantenay.

Matricule 1414 au recrutement de Nantes, étudiant puis engagé volontaire pour 3 ans à Brest le 4 avril 1900 au titre du 2ème Régiment d'Infanterie de Marine, il passe au 21ème régiment de l'arme le 1er octobre 1902. Son contrat achevé, il reçoit un certificat de bonne conduite.
Passé dans la réserve de l'armée active le 4 avril 1903, il est affecté successivement au 6ème RIC, au 1er RIC puis au Régiment d'Infanterie de Rennes.
Ayant accompli 3 ans de service effectif, Louis Emile Crouan est dispensé de périodes d'exercices . Clerc de notaire, il rejoint sa famille à Chantenay (1907) puis s'installe à Spy (province de Namur) (4 mai 1907), avant de revenir à Chantenay (9 février 1910), ...
Mobilisé le 3 août 1914, il est affecté au 74ème RI le 14 juin 1915 puis passe au 39ème RI (de Rouen) le 27 juillet 1915.
Le régiment s'est emparé le 9 juin du village fortifié de Neuville-Saint-Vaast après une conquête de haute lutte, maison par maison, principalement à la grenade. Il s'y installe défensivement jusqu'au 25 septembre, date à laquelle il est mis en soutien de l'attaque de la crête de Vimy, en avant de Neuville. Il relève le soir les unités de première ligne et livre une nouvelle fois de durs combats à la grenade. Louis Emile Crouan, nommé caporal le 15 septembre 1915, se distingue au cours de ces combats, en particulier le 2 octobre, lorsque son bataillon est chargé de s'emparer d'un carrefour de tranchées et de boyaux importants.
Le régiment restera dans ce secteur jusqu'au 10 juin 1916, rejetant une violente attaque allemande le 21 février. Il est alors transporté en camions près de Verdun où il est engagé dans la bataille. Il tient alors les positions dans la région de l'ouvrage de Thiaumont, entre le fort de Douaumont et Fleury. Les tranchées n'existent plus. Les « poilus » sont blottis au fond des trous d'obus et soumis à des bombardements incessants. Aucune communication ni ravitaillement n'est possible de jour.



Le bombardement va durer pendant cinq jours. Un pilonnage par obus de gros calibre (210 et 380) qui ne se ralentit qu'à la tombée de la nuit, et qui s'intensifie de jour en jour. Le 22 juin au soir, l'artillerie allemande expédie des émissions de gaz, en particulier au niveau de Fleury où se trouve le bataillon de Louis Emile Crouan. Son bataillon est coupé de toute communication, de tout ravitaillement. Le 23 au matin, nouveau bombardement qui dure jusqu'à 8 heures : la fumée des explosions et la poussière qu'elles soulèvent aveuglent les défenseurs lorsque survient l'attaque. Les soldats du 39 vont se battre héroïquement et parviennent à repousser l'ennemi. Ils seront relevés le 25 et retirés de Verdun. Mais les pertes ont été très lourdes : Louis Emile Crouan est signalé disparu le 23 juin 1916 à Fleury et sa famille en sera avertie par un avis ministériel du 30 juin 1916.
En fait, il a été capturé et transféré comme prisonnier de guerre au Laz de Germesheim, en Bavière.



Il sera par la suite transféré au camp de Hameln-sur-Weser, dans le Hanovre où il décédera le 18 octobre 1918 et où il sera inhumé.
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MessageSujet: François Yvinec   Lun 21 Oct - 17:09

40. François Yvinec

François YVINEC, cultivateur, né le 2 novembre 1898 à Kerambellec est fils de François et de Anne Julou.



Matricule 3799 au bureau de recrutement de Quimper, François Yvinec est incorporé au 87ème Régiment d'Infanterie (régiment de Saint-Quentin), dont le dépôt se trouvait à Quimper, le 1er mai 1917. C'est là qu'il reçoit sa formation de combattant.
Il est ensuite transféré au 26ème Régiment d'Infanterie le 27 mars 1918. Régiment qui se trouvait en première ligne à Verdun et qui subit de terribles bombardements à ypérite suivi d'une violente attaque le 17 mars, repoussée victorieusement.
Retiré du front avec l'ensemble de sa division, surnommée la Division de Fer, le 26 est mis en réserve, prêt à intervenir en cas de danger. A la fin mai, l'armée allemande attaque sur l'Aisne, déferlant jusqu'à la Marne. Le 26, avec sa division, est appelé à la rescousse : engagé le 10 juin pour enrayer cette attaque, il se sacrifie héroïquement ; deux compagnies résistent et contre-attaquent sans cesse, perdant une très grande partie de ses effectifs. Sacrifice qui va permettre au 26 de contre-attaquer victorieusement le lendemain. Foch, généralissime, va alors décider de relancer une offensive générale.
Le 26 va poursuivre ses opérations jusqu'en juillet …
François Yvinec part aux armées le 7 juillet 1918, avec des renforts qui vont permettre au 26 de se reconstituer. Il est affecté à la 2ème compagnie, et reçoit son baptême du feu le 20 août, dans la région de Nouvron-Vingré.



L'attaque est portée avec « une fougue irrésistible et dans un ordre admirable ». En deux heures et demi de combat, le régiment gagne 4 km de terrain, faisant 500 prisonniers, s'emparant de 10 canons, 13 minenwerfer 100 mitrailleuses …
En septembre, le 26 se bat sur l'Ailette, chassant l'ennemi de la Basse Forêt de Coucy, ennemi qui se réfugie derrière la ligne Hindenburg.
Il est ensuite engagé dans la foudroyante offensive des Flandres, et le 14 octobre, entre en Belgique. Le 20 octobre, le régiment traverse Thielt, et bouscule l'ennemi, poursuivant son action entre la Lys et l'Escaut. Il progresse sur un terrain touffu et meurtrier où l'ennemi tente de se défendre : François Yvinec est tué à l'ennemi le 21 octobre 1918 à Deynze, alors que le 26 déploie une tête de pont pour favoriser l'offensive des armées alliées vers la frontière hollandaise...
Son acte de décès a été transcrit à Brasparts le 4 février 1922.



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MessageSujet: Jean François PENNEGUES   Mer 23 Oct - 11:57

41. Jean François PENNEGUES

Jean François PENNEGUES, maçon, né le 13 novembre 1881 à Pleyben, est fils de Jean et de Catherine Motreff.  

Affecté comme soldat au 77ème Régiment d'Infanterie pour son service militaire  à compter du 16 novembre 1902, il est nommé clairon le 19 septembre 1904. Il est envoyé dans la disponibilité le 23 septembre 1905, certificat de bonne conduite accordé.
Marié à Marie Josèphe Dhervé, fille du boulanger, le 1er septembre 1908, il s'installe à Brasparts où il travaille comme maçon à Brasparts avant d'être employé en 1913 à Audierne chez Ledan, place du marché.
Mobilisé le 11 août 1914, il est affecté au 118ème Régiment d'Infanterie. Son régiment a déjà quitté Quimper pour rejoindre le front. Resté au dépôt, il est transféré au 148ème Régiment d'Infanterie le 23 octobre 1914 en renfort. Ce régiment, engagé fin septembre 1914 dans les combats de Berry-au-Bac avait subi de terribles pertes au cours de multiples engagements : la bataille reprenait tous les jours et des pertes meurtrières étaient enregistrées des deux côtés.



Lorsque  Jean François Pennéguès le rejoint, le 148 vient de perdre le 26 octobre une compagnie , ensevelie dans la cimenterie qu'elle occupait. La pluie ne cesse de tomber, noyant les tranchées et les boyaux de communication. La guerre des mines se poursuit, les allemands détruisent nombre de tranchées, causant de lourdes pertes quotidiennes. Retiré du front et mis au repos pendant quelques semaines, il remonte en première ligne entre l'Aisne et la Miette le 9 décembre. La situation se stabilise, mais la pluie continue de tomber : nos soldats stationnaient à découvert dans leurs tranchées ayant de l'eau jusqu'à mi-jambes, et ne pouvaient effectuer aucun mouvement par suite du feu des mitrailleuses ennemies... Puis vint le froid, un froid intense qui obligea à évacuer nombre d'hommes ayant les pieds gelés. Jean François Pennéguès résista, et se distingua lors de l'attaque ses bois « du Luxembourg » qui coûta la vie à 250 hommes.
Resté dans le secteur jusqu'en juin, le 148 est ensuite transporté à la ferme de Quennevières pour l'enlever aux allemands. Ce fut un nouveau combat meurtrier, au cours duquel ses compagnies furent balayées par les tirs de mitrailleuses. En une journée, il perdit près de 700 hommes.
Retiré du front, le régiment fut reconstitué. L'été et l'automne de 1915 furent relativement calmes. Le 12 octobre, le régiment embarqua à Epernay pour gagner Toulouse d'où il devait partir pour l'Orient.

La fiche matriculaire de Jean François Pennéguès indique qu'il « partit à l'Afrique Occidentale le 1er novembre 1915 ». Je n'ai trouvé aucun élément pouvant valider ce propos. En fait, le régiment embarqua à Toulon le 1er novembre à bord du « Savoie » et du « Duc d'Aoste » et débarqua à Salonique le 6.



La situation était alors catastrophique, les empires centraux ayant bousculé l'armée serbe, contrainte à la retraite. Ce fut à ce moment que la France et l'Angleterre décidèrent de venir soutenir la Serbie.
Le 148 s'installa alors sur un sol désertique, au pied de montagnes dénudées, avant d'être embarqué en chemin de fer  pour rejoindre le front et tenter de refouler une attaque bulgare. Cette période fut marquée par les combats sur la Cerna, Merzen, et la cote 208. La défense héroïque de nos soldats permit de bloquer la situation mais le régiment souffrit ensuite de la météo locale, subissant une tempête de neige avec vent violent lui interdisant de monter les tentes, et un froid glacial contre lequel nos troupes ne disposait d'aucun effet chaud. Devant le risque d'être encerclé par l'armée bulgare, le 148 s'engagea dans la retraite, « sur une piste ravinée d'ornières profondes remplies de boue et dans lesquelles on enfonçait jusqu'aux jarrets ». Après une marche épuisante, il parvint à établir un nouveau front dans la région de Kovanec. Les Bulgares stoppèrent à la frontière serbe, et nos troupes rejoignirent ensuite Salonique, où il s'installa le long du Vardar dans le but d'assurer la protection du port de Salonique.



Suivront ensuite deux années de guerres de tranchées au cours desquelles se succédèrent attaques et contre-attaques … Le régiment ne sera relevé que le 5 janvier 1918 et pendant trois mois réalisa des travaux d'organisation en deuxième et troisième lignes. Période relativement calme qui dura jusqu'au 6 juillet, date à laquelle l'armée britannique envoya des renforts pour relever nos unités.
Le 148 s'embarqua pour Verria, petite ville turque située sur la ligne Salonique-Monastir, où il participa avec sa division à un entraînement vigoureux, sous une très forte chaleur. Entraînement rendu nécessaire par les renforts reçus auxquels manquaient la cohésion.
L'ennemi, quant à lui, s'était retranché solidement sur leurs positions. Le général Franchet-d-Esperay décida de lancer une offensive générale, choisissant comme champ de bataille le massif de la Moglena. L'attaque du Sokol fut déclenchée le 15 septembre 1918 : le 148 devait participer à l'attaque d'une montagne haute de près de 2 000 mètres au-dessus de la plaine et dont les Bulgares tenaient les rebords.



La prise de Sokol fut obtenue au cours de la nuit après des pertes très, très lourdes. La Bulgarie peu après signa l'armistice. Nos troupes rejoignirent la région de Védéma où elles s'établirent en bivouac.
Jean François Pennégès fut évacué peu après et transporté à l'hôpital anglais de Hertekops (Grèce) des suites de maladie contractée en service (Influenza et broncho-pneumonie) dont il ne put être sauvé. Il fut déclaré « Mort pour la France » le 23 octobre 1918 .
Son acte de décès a été transcrit à Brasparts le 4 septembre 1919.
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MessageSujet: Yves Marie BOURLES   Jeu 24 Oct - 10:08

42. Yves Marie Bourlès

Yves Marie BOURLES, cultivateur, né le 8 février 1897 à Pennavern en Brasparts, est fils de Mathieu et de Julienne Bronnec.
Matricule 3616 au recrutement de Quimper, il est incorporé comme soldat au 5ème Régiment d'Infanterie le 20 février 1917. Ce régiment « parisien » a connu des périodes très difficiles l'année précédente, en particulier à Verdun et dans les Eparges, devant se reconstituer à plusieurs reprises. Après une période de repos, il participa à la grande offensive du 16 avril 1917, sur le front de Champagne ; en position sur le Chemin des Dames, il subit une violente contre-attaque allemande les 14 et 15 juillet mais parvient à repousser l'ennemi, lequel, épuisé, doit abandonner la plus grande partie du terrain conquis. Le régiment est relevé le 18 et mis au repos dans la région de Coincy jusqu'au 12 août, avant de remonter en ligne au Chemin des Dames, où il subira de nouveau bombardements intensifs et attaques nombreuses. Relevé le 30 août, il cantonne dans la région de Lassigny avant d'occuper différents secteurs dans la région de Saint-Quentin.



Yves Bourlès, après avoir reçu sa formation, part au front le 24 octobre 1917 dans le secteur de Maissemy où son unité restera jusqu'en janvier 1918, la relève étant assurée par les troupes anglaises. Embarqué vers le camp de Mailly, le 5 relance instruction et entraînement, puis va cantonner dans la région d’Épernay. Le 28 février, il occupe en Champagne le secteur de Suippes qu'il tiendra jusqu'au 13 juin. Ces deux périodes à Saint Quentin puis Suippes furent relativement calmes...
Le 16 juin, sa division est mise en alerte et transportée dans la région d'Amiens – le 5 stationnant à Rumigny -, prête à agir en cas d'offensive allemande. Le 13 juillet, le 5 est transporté au sud de Creil en camions, lorsque se déclenche l'offensive allemande en Champagne. La Xème Armée étant chargée d'une contre-offensive, le 5 reçoit pour mission de « nettoyer les objectifs atteints par le 167ème RI puis de le relever » dans la foulée.
Parties de Villers-Cotterets, les premières vagues d'assaut bousculent les avant-postes ennemis, mais le régiment est arrêté devant la vallée de la Savière par un puissant barrage d'artillerie et des feux croisés de mitrailleuses. Le 5 parvient cependant à s'emparer des tranchées de première ligne, puis à reprendre sa progression vers Billy-sur-Ourcq. Le 3ème Bataillon, dont fait partie Yves Bourlès, progresse lentement jusqu'aux abords d'Oulchy-la-Ville, subissant tirs d'infanterie et d'artillerie. C'est au cours de cette attaque que Yves Bourlès est évacué blessé le 21 juillet 1918 à Oulchy le Château (plaies talon gauche par balles).



Sitôt rétabli, il repart au front le 25 septembre 1918 ; le 5 est alors transporté par voie ferrée vers la Belgique, rejoignant l'armée anglo-franco-belge chargée de rompre le front ennemi. Le régiment, placé en avant-garde, s'empare des villages de Ardoye, Bergmolen, Eysseleinde, Pithe, « malgré tous les obstacles accumulés  (ponts détruits, abattis profonds, trous de mines, ... ) ». Le Bataillon de Yves Bourlès se comporte brillamment, chassant les arrière-gardes allemandes, parvient à passer la Lys sur des radeaux de fortune le 19 octobre au soir. L'ennemi surpris se ressaisit au lever du jour et contre-attaque furieusement pour rejeter nos troupes. Assauts repoussés qui démoralisent les assaillants. Le 21, il pilonne la tête de pont avec son artillerie et essaye de contenir le 5 par des tirs de mitrailleuses.
Yves Bourlès est blessé de nouveau ce 21 octobre 1918 (plaie pénétrante au thorax par balle) et évacué vers l'arrière.
Il est déclaré « Mort pour la France » le 24 octobre 1918, à l'HOE 16/2 , SP 108, Haringhe (Belgique), suite à ses blessures de guerre.
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MessageSujet: Grégoire YVENAT   Ven 25 Oct - 8:42

43. Grégoire YVENAT

Grégoire YVENAT, cultivateur, né le 14 juillet 1884 à Brasparts, est fils de Jean et de Marie Anne Blaise.
Matricule 2763 au recrutement de Quimper, il est affecté au 19ème bataillon de chasseurs à pied, caserné à Verdun, le 8 octobre 1905.
Dispensé (article 21, frère au service), il est envoyé dans la disponibilité le 18 septembre 1906, certificat de bonne conduite accordé.
Passé dans la réserve de l'armée d'active le 1er octobre 1908, il effectue deux périodes d'exercices au 118 de Quimper du 24 août au 20 septembre 1908, puis du 2 au 18 avril 1913.
Mobilisé le 4 août 1914, il rejoint le 118, et participe à la formation des jeunes recrues bretonnes avant d'être affecté au 87ème d'infanterie, dont le dépôt est installé également à Quimper le 24 décembre 1914. puis au 79ème le 5 juin 1915 et au 156 le 6 août. Ce dernier régiment a subi en juin 1915, dans l'offensive d'Artois, la perte de plus de 1 300 hommes, et doit se reconstituer. Grégoire Yvenat fait partie des renforts qui lui sont envoyés.
Après un retrait du front, le régiment s'emploie à restructurer ses unités, à les instruire et les souder, avant de s'engager dans la bataille de Champagne en septembre. Après une formidable et intensive préparation d'artillerie qui commença le 22, et écrasa tranchées de première ligne, abris, réseaux barbelés et défenseurs ennemis, ce fut malheureusement des pluies torrentielles qui s'abattirent sur le secteur. Mais Joffre décida de maintenir l'offensive qui fut déclenchée le 25 au matin.Le 158 fut d'abord placé en réserve, avec pour mission de rétablir les communications entre les différents régiments de la division. Puis ses bataillons renforcèrent successivement les régiments chargés de monter à l'assaut des lignes ennemies.



Le 27, le bataillon de Grégoire Yvenat franchit 5 lignes successives, de la route de Perthes à Maisons-de-Champagne. Mais l'attaque suivante sur l'ouvrage dit de la Défaite entraîna de nombreuses pertes. Grégoire Yvenat fut blessé à Beauséjour ce 27 septembre 1915 et évacué vers l'arrière.
Après un séjour à l'hôpital, et une fois rétabli, Grégoire Yvenat fut affecté au 158ème de Lyon le 25 août 1916, régiment avec lequel il fut engagé dans la bataille de la Somme le 4 septembre. Suivront ensuite une relève le 28 septembre, la reprise du secteur d'Ablaincourt le 11 octobre (sa compagnie réussira à prendre le Cimetière de ce village sous une pluie torrentielle), avant de connaître une période de repos, d'instruction et d'entraînement entre décembre 1916 et mai 1917, en Haute-Saône et en Alsace (camp de Villersexel).



Le 15-8 s'installe ensuite sur le Chemin-des-Dames où il subira de très nombreuses attaques toxiques. Il fut retiré du front le 25 août pour préparer l'attaque du Fort de Malmaison qui sera déclenchée le 23 octobre. Après le succès de cette attaque, le 158 passe ensuite l'hiver dans le Jura et les Vosges, dans des secteurs qui resteront calmes.
Puis survint l'attaque allemande du 21 mars 1918 et le 158 fut chargé d'intervenir pour stopper l'offensive lancée sur le Chemin-des-Dames. Il va s'y comporter héroïquement, subissant vagues d'assaut, bombardements toxiques et explosifs de tous calibres. Il sera relevé le 3 juin, après avoir réussi à contre-attaquer, et s'être battu 8 jours et 7 nuits … Il sera cité à l'Ordre de l'Armée.
Une nouvelle fois reconstitué, il contribue ensuite à l'arrêt d'une nouvelle offensive en Champagne le 15 juillet 1918 au cours de laquelle les Allemands utiliseront les obus toxiques. Grégoire Yvenat fera partie des nombreux soldats intoxiqués à Mesnil-les-Hurlus le 31 juillet.
De retour à son régiment, il participe à une nouvelle attaque en Champagne au cours de laquelle le régiment perce le front ennemi ; relevé après trois jours de combats (du 26 au 29 septembre), il est envoyé dès le 17 octobre vers le Nord. Après de longues marches rendues pénibles par le mauvais temps, il arrive le 21 octobre à la Ferme du Tremblat dans les environs de Rethel.
Le 24 octobre, il est en ligne, et dès le lendemain, à 9 heures, le bataillon de Grégoire Yvenat, appuyé par une compagnie de chars légers, se porte à l'attaque de la ligne Hunding. La progression est extrêmement difficile, les chars d'assaut dont rapidement hors de combat, les mitrailleuses ennemies fusillent littéralement les vagues d'assaut.



Grégoire Yvenat, disparu au combat devant Banogne (Ardennes) le 25 octobre 1918, est déclaré mort pour la France. Il fait partie des 500 hommes mis hors de combat lors de cette action.
Il est enterré au cimetière 14 à l'ouest de Le Than (suivant l'avis du ministère du 2 janvier 1919). Le jugement déclaratif du tribunal de Châteaulin du 13 juillet 1921 a été transcrit à Brasparts.

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MessageSujet: Jean Louis Kerbrat   Ven 1 Nov - 19:10

44. Jean Louis KERBRAT

Jean Louis KERBRAT, cultivateur à Tréoffret, né le 30 octobre 1888 au Lingué en Saint Rivoal, est fils de Jean Marie et de Marie Yvonne Autret.
Incorporé au 62ème Régiment d'Infanterie de Lorient le 6 octobre 1909, il est envoyé en congé le 24 septembre 1911.
Mobilisé le 3 août 1914, il rejoint le 62 et part aux armées le 24 août 1914. Il reçoit son baptême du feu lors de la bataille de la Marne au cours de laquelle il est blessé à la gorge à la Fère Champenoise et doit être évacué le 8 septembre.



Reparti au front le 11 novembre 1914, il rentre dans la guerre des tranchées dans le secteur d'Avelly-Authuille. En septembre, il participe à l'offensive de Champagne dans le secteur de Tahure. Le 62 a traversé Tahure, et les soldats construisent des abris et des tranchées « sous un bombardement  infernal ».  Les obus tombent sans discontinuer, bouleversent les tranchées. Le 62 doit ensuite faire face à une attaque allemande qu'il réussit à repousser. Après une nuit relativement calme, les tirs et bombardements reprennent. Blessé une nouvelle fois, Jean Louis Kerbrat est évacué le 7 octobre 1915.



Reparti aux armées le 23 janvier 1916, toujours dans le secteur de Tahure, il vit une période très difficile : le mauvais temps est présent, les tranchées sont emplies de neige avant qu'une tempête de pluie ne les noie. Jean Louis Kerbrat, qui n'a pas vraiment récupéré de ses blessures, est de nouveau évacué le 11 février.
Rentré au dépôt le 27 mars, il y reste et participe à l'accueil et la formation des nouvelles recrues, tandis que son régiment participe à la bataille de Verdun.
Passé au 34ème d'Infanterie le 7 juillet 1916  - le régiment se trouve alors au bois de la Gruerie -, il est transféré au 123 le 8 août 1916. Ce régiment a subi de terribles pertes à Verdun et se reconstitue pendant son séjour en Argonne (Le Four de Paris), avant de rejoindre successivement le secteur de Berny-en-Santerre dans la Somme, le Chemin des Dames, l'Alsace et la Champagne au cours de l'année 1917. Jean Louis Kerbrat est affecté à la 9ème compagnie.

*
**

Au déclenchement de la grande offensive allemande du 21 mars 1918, le 123 est engagé dans la bataille de Noyon (22-19 mars). «  Intervenant dans la bataille dans la soirée du 25 mars 1918, a soutenu de jour et de nuit, jusqu’au 30 mars, une lutte héroïque pour empêcher toute infiltration, tout débordement d’un ennemi supérieur en nombre, dont la progression fut ainsi arrêtée, malgré ses puissantes attaques renouvelées sans cesse. Le 30 avril 1918, chargé de la défense d’un point important du front, a soutenu avec la plus belle énergie une violente attaque allemande à gros effectifs, menée en partie par des troupes spéciales d’assaut, précédée par un bombardement d’une extrême intensité par obus toxiques et appuyée par une puissante artillerie a, par une brillante contre-attaque, repoussé l’ennemi, lui faisant subir de lourdes pertes dans un combat corps à corps de plusieurs heures, capturant des prisonniers, 8 mitrailleuses, et maintenant intégralement ses positions."



Le 30 mai, le régiment est alerté dans ses cantonnements et embarqué le 30 à Rethondes en camions pour être le 31 à Coeuvres. La situation était bien critique. L’ennemi avait pris Soissons et occupait une ligne générale Vauxbuin – Chaudun. Le 123ème R.I. est jeté dans la bataille, dés son débarquement, pour contre-attaquer en direction de Soissons en liaison avec la division marocaine à gauche et le 57ème à droite. Le régiment débarque trop loin de sa zone d’action et arrive trop tard pour participer à l’attaque. La fatigue des hommes est extrême quand le 123ème R.I. arrive sur ses positions (Saconin – Vaux). Pendant quatre jours, le 123ème R.I. va lutter pied à pied, arrêtant l’ennemi à chaque ravin, parfois sans cartouches, toujours sans vivres, jusqu’aux carrières de Laversine, où il est relevé dans la nuit du 5 au 6 juin.



Jean Louis Kerbrat est par deux fois fois blessé le 31 mai 1918 à Savy et Breuil. Évacué de nouveau vers l'arrière pour être soigné, il revient à son régiment en Argonne. Relevé par un régiment italien, le 123 est ensuite transporté dans la Somme où il relève un régiment canadien, et lance sa marche en avant dès le 26 août : une marche victorieuse qui commence depuis Chilly en direction de Saint-Quentin. Les combats sont très durs, mais les pertes relativement légères au cours du mois de septembre. Relevé dans la nuit du 16 au 17 septembre, il se porte par étapes à Rouvroy-en-Santerre où il est ensuite embarqué pour rejoindre la région de Mortefontaine, près de Soissons.



Le 15 octobre, relancé dans l'offensive, il trouve alors devant lui le barrage de la Serre, dont les rives nord sont très solidement tenues par l’ennemi. Durant la nuit grâce à l’admirable ténacité des pionniers du régiment et du génie divisionnaire, qui réparent la passerelle sous un feu extrêmement violent d’artillerie et de mitrailleuses, le 123 parvient à traverser la Serre.
Dans la journée du 17, un bataillon réussit à passer par infiltration, des élément avancés s’étant jetés à travers les marais où ils combattent plusieurs heures dans l’eau jusqu’à la ceinture.
Tout le régiment est passé le 18 et la marche en avant se poursuit sur le Fort Mayot, dépassé le soir, et Kenansart.
Le 19, la marche en avant continue et, poussant au-delà de Fay-le-Noyer, le 123ème R.I. se heurte à la cote 120, au sud de Ferrière, très solidement organisée, et repousse une contre-attaque partie de Ferrière. Les combats seront très violents pendant cinq jours, et aboutissent à une contre-attaque ennemie qui plonge le régiment dans une situation critique : le régiment tient bon dans une lutte héroïque allant jusqu’au corps à corps ; les pertes sont lourdes. Mais le 123 finit par épuiser l'adversaire qui décroche définitivement, et reprend sa marche en avant.
Jean Louis Kerbrat, grièvement blessé le 25 octobre 1918 est évacué de nouveau, transporté à  l'hôpital de campagne A65 (situé dans l'ancien quartier de cavalerie) de Pontoise où il décède le 1er novembre 1918 des suites de ses blessures.
L'avis de décès du 14 novembre 1918 sera transmis successivement au Ministère puis à la Mairie de Brasparts en mai 1919.
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MessageSujet: Jean Louis Mazé   Sam 2 Nov - 7:59

45. Jean Louis MAZE

Jean Louis MAZE, né le 22 mai 1878 à Pleyben est fils de Jean Louis et de Catherine Kerlogot, cultivateurs domiciliés au Manoir du Parc en Brasparts.
Cheveux et sourcils bruns, yeux bruns, front haut, nez et bouche moyens, menton rond, visage ovale. Taille: 1,57m. Degré d'instruction générale: 3.
Matricule 2682 au recrutement de Quimper, il est incorporé au 3ème Dragons le 16 septembre 1899 puis est affecté à la 5ème Cie de remonte le 20 octobre 1900. Envoyé dans la disponibilité le 20 septembre 1902, certificat de bonne conduite accordé, il passe dans la réserve le 1er septembre 1902.
Dispensé en 1906, il effectue une période d'exercices avec le 11ème escadron du train des équipages militaires du 14 au 30 avril 1909, puis au 11ème escadron du train du 30 janvier au 7 février 1913. Mobilisé le 7 août 1914 comme conducteur, il rejoint son escadron comme conducteur. Malheureusement, sa compagnie n'étant pas connue, il est impossible de reconstituer son parcours dans la Guerre.
Jean Louis Mazé passe au 17ème escadron du train le 27 juin 1917, et embarque pour Salonique. Là encore, sa compagnie étant ignorée, il n'est guère possible de retrouver son parcours. Il était vraisemblablement conducteur à l'état-major du général Franchet d 'Esperey. Il fut évacué le 16 octobre 1918 à l'hôpital de Uskub en Serbie (appelée aujourd'hui Skopje, en Macédoine) et décéda le 2 novembre 1918 des suites de maladie contractée en service à l'ambulance 8/3.
Son décès a été validé par avis officiel du Ministère de la Guerre en date du 7 décembre 1918.  
Le jugement déclaratif du tribunal de Châteaulin du 25 janvier 1921 a été transcrit à Brasparts.

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MessageSujet: Mathieu Yves Marie BERNARD   Sam 16 Nov - 8:20

46. Mathieu Yves Marie BERNARD

Mathieu Yves Marie BERNARD, cultivateur, né le 25 décembre 1886 à Langle en Brasparts, est fils de Mathieu et de Jeanne Marie Mével.

Matricule 467 au recrutement de Quimper, il est ajourné en 1907 (article 18), et affecté le 8 octobre 1908 au 35ème régiment d'artillerie de Vannes. Il est envoyé dans la disponibilité le 25 septembre 1910, certificat de bonne conduite accordé.
En 1912, le 12 février, il s'installe comme aide-cultivateur au village de Kermaria en Plonévez du Faou.

Mobilisé le 3 août 1914, il est affecté au 51ème régiment d'artillerie de Nantes. Il part aux armées le 2 février 1915 et participe aux combats de l'Artois et à l'offensive de Champagne (septembre), mais aussi à la bataille de Verdun en juin 1916. Intoxiqué à la suite d'un bombardement près de Douaumont, il est évacué du front, et passe au 62ème d'artillerie le 31 juillet 1916. Il participe à la bataille de la Somme (juillet-août 1916) et à l'offensive du Chemin des Dames en avril 1917.
Nommé brigadier le 20 mai 1917, il est affecté comme maître pointeur au 63ème Régiment d'Artillerie le 1er octobre 1917. Régiment qui venait d'être créé pour participer à la défense anti-aérienne. Son armement était composé de canons de 75 et de 105 montés sur plate-formes, et le régiment disposait de projecteurs, de ballons et de mitrailleuses.



Parmi ses objectifs, le régiment était chargé d'interdire l'accès des secteurs aux avions de reconnaissance, de protéger les points sensibles visés par les escadrilles au cours de leurs raids de bombardement. Nombre de soldats blessés au cours des combats basculèrent ainsi de l'infanterie ou la cavalerie vers ce régiment. Pour les préparer et les diriger, des artilleurs furent mutés de leurs anciens régiments : ce fut le cas de Mathieu Bernard. Chaque section, chaque batterie fut mise au service des différents secteurs. Au total, dans l'année 1918, près de 400 avions furent abattus, tandis que les artilleurs devaient affronter les bombardements à explosifs, à gaz et des bombes d'avions.
Après l'armistice, Mathieu Bernard participa au déblaiement d'obus dans son secteur situé dans la Meuse. Au cours de cette mission, il fut blessé le 16 novembre 1918 par suite de l'éclatement d'un obus.
Évacué le même jour, il décède à l'ambulance 9/2 à Maujouy (Meuse) le même jour.
Son acte de décès a été transcrit le 20 novembre 1919 à Plonévez du Faou .
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MessageSujet: Jacques Marie Riou   Jeu 5 Déc - 19:12

47. Jacques Marie Riou

Jacques Marie RIOU, né le 20 février 1893 à Tuchennou, est fils de Jean François Louis et de Marie Catherine Ruelland, cultivateurs. Engagé volontaire à Pleyben le 24 octobre 1913, au titre du 119ème Régiment d'Infanterie, il participe avec son régiment à la bataille de Maissin (22 août 1914) où il est porté disparu. En fait blessé, il est fait prisonnier et envoyé en captivité en Allemagne. Interné au camp de Caseel Kiederziedbron, il y contracte la grippe espagnole et décède le 3 décembre 1918.



http://pages14-18.mesdiscussions.net/pages1418/photos-14-18/divers/photos-prisonniers-friedrichsfeld-sujet_586_1.htm

Le camp de Cassel était un camp principal de prisonniers, appelé “le camp de la mort”, situé dans la région de Hesse-Nassau, au sud de la ville de Hanovre, sur la Weser ou la Fulda, duquel dépendait celui de Göttingen, ainsi que 2.500 détachements de travail, 276 fermes, 148 fabriques et 14 mines (charbon, manganèse, argiles, sels de potasse). Il pouvait détenir environ 19.000 prisonniers, lesquels y subissent, en 1915 deux épidémies de typhus exanthématique, particulièrement meurtrières.
Outre les PG (français, russes, anglais, belges, serbes), il y avait des civils. En fait ce camp était composé de plusieurs mini-camps: Bürgerschule, Niederzwehren, Philosophienweg.  
Cette geôle comportait deux pénitenciers situés à Fulda et Cassel-Wehlheiden
Ce camp a reçu la visite des délégués Espagnols le 26 août 1916: à cette date, il y a 2.342 prisonniers dont 1.138 français, une autre visite début mars 1917 (5, 6 et 9 ?): à cette date, il y a 20.427 prisonniers militaires et civils, dont 9.153 militaires français détenus à l'intérieur du camp, et 18.200 prisonniers répartis dans des détachements de travail  (informations recueillies sur le forum de la guerre de 14).
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MessageSujet: Charles Henri Marie LE BELCH   Jeu 5 Déc - 19:18

48. Charles Henri Marie LE BELCH

Charles Henri Marie LE BELCH , cultivateur, né le 13 septembre 1895 à Botquest, est fils de Guillaume et de Marie Françoise Le Goff. Domicilié à Lannédern.
Incorporé le 15 décembre 1914 au sein du 71ème Régiment d'Infanterie, il passe au 259ème d'Infanterie qu'il rejoint au front le 21 mars 1915 au bois des chevaliers en Lorraine.



Toute l'année se passera dans les tranchées de Lorraine, alternant les montées en ligne et les périodes de repos. Au front se succéderont sans cesse embuscades, patrouilles, coups de main, attaques locales, tirs d'artillerie … A partir de juin, dans le secteur de Saint-Mihiel, la période sera plus calme...

En février 1916, le régiment monte au front de Verdun où se prépare l'offensive allemande. Le régiment est soumis à la violence des tirs d'artillerie, subissant tirs d'obus toxiques et d'obus de gros calibre. Mais les travaux de protection permettent de limiter les pertes en hommes. Le 6 mars se déclenche l'attaque ennemie : le régiment, installé dans le bois des Corbeaux subit un pilonnage de tout calibre : le bois est complètement haché et disparaît presque. Le nombre des blessés et tués est considérable. Les combats vont se poursuivre sur deux jours et Charles Le Belch fait partie des soldats évacués … Le régiment relevé a perdu un millier d'hommes et se réorganise en un bataillon unique avant d'être enlevé du front.



Rétabli, Charles Le Belch rejoint le 283ème Régiment d'Infanterie au front le 15 avril 1916 dans la vallée de la Marne. Le régiment s'installe ensuite dans le secteur de Cernay, multipliant les coups de main contre l'ennemi.En août, il rejoint de nouveau Verdun, y subissant là encore une nouvelle offensive : « dans des trous d'obus remplis de boue liquide et visqueuse, stoïquement il fallut d'abord supporter le pilonnage de l'artillerie ennemie, arrêter les vagues d'assaut allemandes qui, plusieurs fois, vinrent se heurter à nos positions ». Puis le 283 prend l'offensive gagnant du terrain dans le bois de Vaux-Chapitre, y faisant 300 prisonniers avant de résister aux contre-attaques allemandes. Charles Belch est cité à l'ordre de la brigade le 10 octobre 1916:
“Du 8 au 15 septembre, a assuré comme coureur la transmission des ordres et des renseignements en parcourant sans cesse avec le plus grand courage un terrain presque impraticable et continuellement battu par des feux d'artillerie et d'infanterie”.



Puis le régiment occupe les secteurs de Fey-en-Haye puis de Liey en Lorraine jusqu'en juin 1917 avant de participer à l'offensive du Chemin des Dames. Charles Belch est de nouveau cité, à l'ordre de la 67ème DI cette fois, le 9 novembre 1917:
“Observateur du plus grand sang-froid et du plus grand courage, au cours de l'attaque du 23 octobre 1917, et pendant quatre jours a assuré le service d'observation dans un poste très périlleux sous le feu le plus meurtrier qui a mis hors de combat la plupart des observateurs.”.
Il est décoré de la Croix de Guerre.
Fin octobre, le 283 occupe le secteur de la Malmaison avant d'être engagé dans les combats de l'Oise en mars 1918. Il va parvenir à organiser le terrain en secteur défensif brisant l'attaque ennemie mais perdant près d'un millier d'hommes. Fin mai, il est engagé dans la bataille de l'Aisne après une marche de nuit de près de 30 kilomètres et réussit à mettre en place une solide position d'arrêt au nord de Attichy. Le 10 juin, nouvelle marche pénible dans la région de Compiègne pour faire face à une nouvelle offensive : le 283 bouscule l'ennemi, le refoule et l'arrête définitivement dans son secteur avant de revenir à Attichy pour attaquer les positions allemandes et rompre leur ligne. Le 283 va multiplier à son tour les attaques pour reprendre nombre de villages, l'ennemi étant engagé dans la retraite.Le régiment sera cité à l'ordre de l'Armée :
« … s'est distingué de la manière la plus brillante, malgré le feu, la grippe, l'ypérite, sur les positions de Lataule, aux contre-attaques de Béthancourt, de Mélicocq, à l'assaut d'Antoval, à la prise de Ribécourt, sur les bords du Matz et de la Divette, s'est partout dépensé sans compter ... »



Malheureusement, Charles Belch contracte une grippe compliquée de pneumonie, est évacué le 29 novembre 1918 et décède à l'hôpital complémentaire (hôpital de la Fraternité) de Roubaix le 4 décembre 1918 à 3 heures du matin.
Son acte de décès a été transcrit à Lannédern.
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MessageSujet: Jean François BROUSTAL   Lun 16 Déc - 11:17

49. Jean François BROUSTAL

Jean François BROUSTAL, cultivateur à Quillivien né le 5 mars 1896 à Brasparts, est fils de François et de Marie Yvonne Broustal.
Matricule 3712, il est incorporé comme soldat au 21ème régiment d'Infanterie Coloniale le 17 avril 1916.
Il part aux armées le 5 décembre 1916 et rejoint son régiment franco-sénégalais dans la région d'Andechy sur l'Avre, en cours de préparation d'une offensive future entre Somme et Oise.



L'hiver est particulièrement rude, mais le 21 poursuit chaque nuit ses travaux de protection malgré le froid, les émissions de gaz, les opérations de mines ...Le terrain est gelé, mais l'ouvrage avance tout de même, les tranchées sont  prêtes pour la nouvelle attaque franco-anglaise. C'est en mars que notre Armée découvre le repli des troupes allemandes vers la ligne Hindenburg. Le 16 commence la marche vers Saint Quentin. Jean François Broustal va connaître le baptême du feu au cours de cette progression vers Amicourt, subissant tirs de mitrailleuses et bombardements d'artillerie. Une progression difficile en raison du terrain, couvert et marécageux, qui complique le ravitaillement. « Le 19, le vent souffle en tempête, la neige tombe ». Mais l'Oise est atteinte le 20 …

Retiré du front le 21 récupère dans la région de Pont-Saint-Maxence avant d'être rattaché avec sa Division à la VIème armée du général Mangin en vue de participer à la bataille de l'Aisne. Jean François Broustal fait partie de la compagnie de mitrailleuses du 3ème Bataillon commandée par le capitaine Le Quéré. L'offensive déclenchée échoue et une seconde se prépare pour le mois de mai. Mais le régiment subit un bombardement d'obus toxiques et de nombreux soldats sont intoxiqués dont le capitaine Le Quéré. Il faudra plusieurs jours pour que Jean François Broustal et ses camarades récupèrent de cette attaque.
Le régiment va ensuite participer à l'offensive qui commence le 5 mai, sur le plateau de Vauxaillon. Il va parvenir à conserver le terrain conquis au cours de cinq journées de combats, malgré les orages qui transforment le dit terrain en boue, les bombardements continus d'artillerie lourde, et les contre-attaques successives.



Relevé le 11 mai, le régiment rejoint Lure et connaît un mois de repos complet avant d'entrer en Alsace en juin dans la région d'Altkirch. Fin juillet, regroupé à Belfort avec sa Division, le 21 rejoint le Chemin des Dames, et est associé au 119ème RI pour lancer l'assaut sur le plateau d'Ailles. Les vagues d'assaut se brisent sur les lignes de défense allemandes mais finissent par conquérir une tranchée ennemie et à la conserver malgré les contre-attaques. Jean François Broustal est cité à l'ordre de son régiment le 23 novembre 1917: “Fusilier mitrailleur courageux et plein d'allant, a confirmé ses belles qualités pendant les combats sur la Somme et en particulier sur le Chemin des Dames”. Il recevra la Croix de Guerre avec étoile de bronze et sera nommé soldat de 1ère classe le 1er janvier 1918.

Le régiment sera ensuite affecté pendant trois mois dans le secteur d'Hurtebise où ne cessent de se produire attaques et contre-attaques mais aussi de nombreux bombardements à l'ypérite. « Beaucoup d'officiers et d'hommes, souffrant de brûlures assez graves, sont soignés sur place ». Le 23 octobre, les allemands se replient sur l'Ailette à la suite de la bataille de la Malmaison. Le régiment est épuisé et retiré du front pour rejoindre la région d’Épernay. Cette période va lui permettre de retrouver son allant.
Engagé ensuite dans les travaux de protection du secteur de Reims, le 21 va souffrir dans le froid intensif de l'hiver, la neige tombant abondamment, le sol étant totalement gelé.

L'offensive allemande de mars 1918 va se heurter aux défenseurs du fort de la Pompelle, et en particulier à l'efficacité de nos compagnies de mitrailleuses qui interdisent toute infiltration ennemie. Deux nouvelles offensives seront déclenchées en juin sur le fort mais échoueront également. « Le véritable mur de feu créé par nos barrages d'artillerie et de mitrailleuses a empêché l'envoi de renforts et le débouché des gros éléments d'attaque ».



Puis le 21 va participer à l'offensive Mangin fin juillet, bousculant l'ennemi, lequel commence sa retraite. Le secteur de Reims est progressivement libéré mais les tirs toxiques ne cessent pas. Les troupes doivent conserver leurs masques à gaz pour se protéger de l'ypérite et de l'arsine. Le 3 octobre, le 21 s'empare du pont de Cambrai, des défenses de Bétheny puis des tranchées allemandes évacuées, et poursuit sa marche vers la Suippe. Le 6, il est arrêté par une nouvelle ligne de défense allemande sur la rivière et subit trois nouvelles contre-attaques repoussées. C'est au cours de l'une d'elles que Jean François Broustal est blessé.  
Évacué, il meurt  pour la France le 16 décembre 1918 à l'ambulance 9/18 de Reims suite de blessures de guerre.
Son acte de décès a été transcrit le 30 janvier 1920 à Brasparts.
Jean François Broustal, inhumé  dans le cimetière ouest de Reims (tombe individuelle 448), est inscrit sur le Monument aux Morts de Saint-Rivoal.
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MessageSujet: Re: Mémorial des Braspartiates dans la Grande guerre : 1918    Ven 20 Déc - 5:10

50. François Louis Péron

François Louis PERON, boulanger, né à Brennilis le 29 avril 1888, est fils de Guillaume et de Anne Péron, domiciliés à La Feuillée. Matricule 3072 au recrutement de Quimper, il est incorporé au 118ème RI de Quimper le 8 octobre 1909.

Classé dans le service auxiliaire sur avis de la commission spéciale de Quimper dans sa séance du 9 mars 1910 (pour varices volumineuses), il est envoyé dans la disponibilité le 24 septembre 1911, certificat de bonne conduite accordé. Il s'installe comme garçon boulanger à Saint-Marc le 15 septembre 1912 puis au bourg de Brasparts le 4 septembre 1913.
Classé service armé par la commission de réforme de Quimper le 28 octobre 1914, il rejoint le 118 le 26 novembre où il reçoit la formation de soldat.
Passé au 37ème d'infanterie le 5 juin 1915, il rejoint son nouveau régiment dans la région de Neuville-Saint-Vaast, qui vient de perdre 29 officiers et 1 049 hommes en 18 jours de combat. A peine reconstitué, le 37 se prépare à une nouvelle offensive. François Louis Péron participe ainsi aux travaux d'aménagement en vue de l'attaque déclenchée le 16 juin. Attaque qui est rapidement arrêtée par les réseaux de fil de fer profonds et par le feu des mitrailleuses qui couvrent le terrain. Un baptême du feu terrible pour l'ensemble des hommes venus en renforcement du régiment …



Après trois assauts, et la perte de près de 700 hommes, l'attaque est suspendue, le 34 est relevé et rejoint Givenchy-le-Noble pour se reconstituer une nouvelle fois avant de réoccuper les tranchées de Neuville-Saint-Vaast.
De juillet à la fin août, le 37 est envoyé en Lorraine, d'où est originaire la majorité de ses soldats, pour se reposer avant de participer à l'offensive de Champagne.  Il participe alors aux derniers préparatifs de l'attaque et reçoit pour objectif Vouziers, tenue par les troupes allemandes.Mais l'ennemi réalise un bombardement d'artillerie à base d'obus asphyxiant et lacrymogènes la veille du déclenchement de l'assaut. Le 24, après une préparation de notre artillerie, « les hommes ont mis baïonnette au canon, et, résolus, les yeux fixés sur leurs officiers qui, la montre à la main, doivent donner le signal du départ, ils sont prêts à franchir le parapet et à s'élancer à l'attaque. » Une attaque où l'on voit des vagues humaines s'avancer, alignées comme à la manœuvre, et progressant vers ses objectifs. Après s'être emparé du Ravin des Cuisines, le 37 fut stoppé au niveau de la butte de Mesnil formidablement défendue et est contraint d'organiser la défense des zones conquises. Il tiendra le Ravin des Cuisines jusqu'en décembre avant de rejoindre de nouveau la Lorraine puis de remonter en première ligne dans le secteur de Champenoux. Il y restera jusqu'au 10 mars 1916.



Le 12 mars, le régiment débarque à Revigny avant de rejoindre le secteur de Verdun avec sa division. Il occupe alors le secteur de Béthincourt à partir du 30 mars : les Allemands n'ont pas renoncé à l'espoir de s'emparer de Verdun et multiplient les attaques  de toutes parts. Le 37 va, à l'image de notre armée, opposer une résistance héroïque, pendant douze jours. La compagnie de François Louis Péron, la 6ème compagnie, va réussir à repousser une attaque violente avant de quitter Béthincourt sur ordre du commandement. François Louis Péron est porté disparu depuis le 7 avril 1916 à Béthincourt et présumé prisonnier.



Il sera en fait interné au camp de Gefangenen Schneïdemulh. Il y décédera le 20 décembre 1918.
« Le lazaret de prisonniers de guerre de Schneidemülhl a déclaré que François Louis Péron, domicilié en dernier lieu à Brasparts, soldat au 37ème Régiment d'Infanterie, 7ème Cie, né à Brennilis le 29 avril 1888, âgé de 30 ans, de religion catholique, marié à Louise Guern, fils de Guillaume et de Péron Anne, est décédé à Schneidemülhl au lazaret des prisonniers de guerre (section Slateratstrasse) le 20 décembre 1918 des suites de maladie..."

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Mémorial des Braspartiates dans la Grande guerre : 1918
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