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 Le costume des Femmes de Brasparts (1790-1930)

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Patrice Ciréfice
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MessageSujet: Le costume des Femmes de Brasparts (1790-1930)   Ven 10 Fév - 6:58

En guise d'introduction ...

« Un fait indéniable, c'est qu'il existe une étroite ressemblance, dans chaque paroisse de notre pays, entre les coiffes et les monuments. Entre eux, l'harmonie est parfaite et l'identité des caractères s'impose, au premier examen.
Ainsi, dans le Finistère, les coiffes sont, habituellement, à jour, ainsi que les clochers.
Regardez plutôt la coiffe de Châteaulin, dont les ailes retombent, le long des tempes, un peu au-dessous des oreilles, se redressent, ensuite, en s'évasant largement, et remontent brusquement, enfin, sur le sommet de la tête, où elles viennent s'attacher.
Ne dirait-on pas que cette jolie coiffe promène, avec elle, deux morceaux de ciel, encerclés dans un cadre de mousseline, et ne dirait-on pas, aussi, en levant les yeux vers le svelte clocher qui surplombe les derniers vestiges du manoir d'Alain le Grand et laisse jaillir de son corset de pierre deux longs jets de lumière, que c'est la même dentelière qui a façonné, de ses doigts délicats, et la coiffe et le clocher ...
... Toutes les coiffes de Cornouaille se ressemblent. Toutes, entre elles, ont un air de famille, et cet air de famille existe, également, avec les clochers à jour qui symbolisent tout ce côté de la Basse Bretagne.
Au surplus, les coiffes ne sont pas seulement des coiffes à jour, là où il existe des clochers à jour ; les coiffes, d'une façon plus précise, ont le style de leur pays ... » (Eugène Herpin, in « L'Hermine », Rennes, 1901)

A l'origine, les coiffes étaient vraisemblablement les mêmes dans tout le pays Rouzig. Ces coiffes aujourd'hui partagées en trois modes ont évolué en une cinquantaine d'années (1860-1910) pour atteindre leurs caractères spécifiques.
Voici la plus ancienne coiffe connue de Brasparts (dessin de 1830) :




Le costume des femmes de Brasparts

vu par le baron de la Pylaie

vers 1845


"Les femmes ont des coiffes d'une blancheur éclatante, dont les larges pattes sont relevées de chaque côté en anse de panier; mais elles les détachent et les laissent retomber ou pendantes lorsqu'elles vont entrer dans l'église.
Ces pattes, ainsi déployées, descendent à peu près jusqu'au coude.

Leur habillement est toujours, comme chez les hommes, d'une couleur très foncée, noire ou bleue.

Elles ont un justaucorps par-dessus lequel elles ont pour ceinture un ruban de laine verte, ou plus souvent de couleur écarlate, dont les deux bouts, en dehors du noeud, pendent par devant.

Au lieu de fichu, leurs épaules sont recouvertes comme les jours ordinaires, par la collerette, qui est cette espèce de palatine faite en mousseline ou percale; mais elle est plus fine en même temps que plus ample et posée avec plus de recherche.

Leur robe, ample par le bas, serre la taille au moyen de petits plis rapprochés et qui sont tous contigus.

Un tablier violet ou bleu, ordinairement à carreaux, ne se met que les jours de grande toilette.

Leurs bas sont de laine teinte en bleu, ou blanche, assez souvent noirs: ils sont tenus par des jarretières en laine également, mais dont la couleur, toujours arbitraire, n'offre alors aucun caractère local.

Elles ont des souliers fort découverts, qui sont attachés par deux grandes boucles de cuivre.

Elles portent par-dessus leur coiffe, surtout quand le temps est brumeux ou pluvieux, une capote blanche, ou plus souvent un peu jaunâtre, qui est carrée en dessus par derrière, et à laquelle sont attachées des pattes qui descendent sur les épaules. Elle se trouve fendue de chaque côté sur celles-ci, afin que le derrière puisse tomber à plat sur le dos, et que les deux pattes latérales reviennent en avant pour couvrir les côtés de la poitrine. Cette capote est toujours bordée d'un liseré en couleur; elle est faite en flanelle mince ou ségovie, et s'appelle la coiffe de dessus, var horré, en breton armoricain. Ce costume, dans son ensemble, ne manque pas d'une certaine grâce..."

(...)
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Patrice Ciréfice
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MessageSujet: Re: Le costume des Femmes de Brasparts (1790-1930)   Sam 11 Fév - 19:50

L'évolution de la coiffe « de Châteaulin » par Jos Le Doaré :



A l'origine, les coiffes étaient vraisemblablement les mêmes dans tout le pays Rouzig. Ces coiffes aujourd'hui partagées en trois modes ont évolué en une cinquantaine d'années (1860-1910) pour atteindre leurs caractères spécifiques.
Les barbes ou mentonnières, primitivement baissées sur la poitrine, ont été relevées et épinglées sur le sommet de la tête, laissant pendre de chaque côté deux gracieuses volutes ou boucles qui descendent jusqu'aux épaules.
Ces coiffes, confectionnées en toile de ménage, tissées sans doute par la paysanne elle-même, comme plus tard, devenues plus légères et plus fines, elles seront encore brodées par les jeunes filles du pays, que ces coiffes, disions-nous, se composaient de deux parties :
D'une part, sur le devant, le voile,d'autre part, en arrière, le capuce ou camail, formant sac, se resserrant par un froncis.
Le voile, devenu la visagière (ar visachenn), formait d'abord un demi-cercle autour de la tête (ar kelc'h).
Le cercle de la visagière était une large bande lisse et se prolongeait de chaque côté en deux pans, encadrant la face et retombant sur la poitrine à moins qu'au contraire elles ne fussent relevées par mesure de coquetterie ou plutôt de commodité. Ces ailerons portent en breton le nom de « chinkelloù ».





Aujourd'hui, ce qui différencie le plus les paroisses, c'est surtout ce chef d'oeuvre de la parure féminine : la coiffe.
La façon dont est placé le cercleou la forme qui lui est donnée caractérise déjà un territoire. Ainsi, tandis qu'à Pleyben ou Brasparts, cette partie de la coiffe épouse étroitement la tête, formant simplement une pointe au sommet, dans la région de Châteaulin proprement dite, il y a trois pointes (trikorn), une au sommet et les autres sur les côtés.



Et puis, une autre distinction se fait avec les troñs ou ailles de la coiffe : à Châteaulin, les ailes sont carrées ; à Pleyben, les ailes sont rondes et légèrement redressées ; à Brasparts, les ailes sont rondes mais plus relevées ; à Lothey, elles sont tombantes ...

(...)
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Patrice Ciréfice
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MessageSujet: Re: Le costume des Femmes de Brasparts (1790-1930)   Lun 13 Fév - 13:37

Voici quelques photos pour compléter cette étude de l'évolution de la coiffe de Brasparts :










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Patrice Ciréfice
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MessageSujet: Re: Le costume des Femmes de Brasparts (1790-1930)   Jeu 16 Fév - 20:04

Les autres parties du costume :


La Robe :

Elle est rigoureusement noire : c'est là un signe de distinction pour les femmes du pays Rouzig qui méprisaient quelque peu les femmes de Châteauneuf-du-Faou qui portaient alors des robes de couleur et plus encore celles de Brennilis dont la robe était faite de couleurs rayées.
Un autre signe de distinction était le velours. A Brasparts, la bande de velours qui entourait le bas de la robe et les manches étaient généralement moins larges qu'à Pleyben ou Châteaulin : plus on était riche, plus on portait de velours.
Ce n'est qu'à partir des années 20 que la robe toute entière devint de velours noir.



Le croisé :

Les femmes de Brasparts portaient un croisé qui couvait la poitrine et dont les extrêmités supérieures étaient rattachées à la hauteur des épaules. Ce croisé était, dans toute sa partie supérieure, en velours noir. Il pouvait être remplacé, les jours de fête, par un velours vert foncé, et recouvert, pour les cérémonies, d'un parterre de fleurs artificielles.
Sur le bas du croisé venait s'épingler la piécette du tablier qui, les jours de cérémonie, pouvait être recouverte d'une dentelle noire.




Le tablier :

C'était là la seule pièce qui pouvait apporter des fantaisies de couleur. A Brasparts, il était plus souvent bleu ou vert, et garni de dentelles les jours de fête.







Les jupons :

Le jupon était la robe du dessous. La robe était une chose précieuse dont il convenait de prendre le plus grand soin. Il n'était donc pas rare de voir des paysannes portant leurs beaux atours relever les bords de la robe pour s'asseoir sur un banc ou sur une chaise, ou encore les jours de pluie pour éviter qu'elle ne soit salie par la pluie.
Pour les mariages et les cérémonies, la paysanne portait couremment plusieurs jupes, les unes au-dessus des autres. Ainsi, vers 1890, une mariée Braspartiate portait :
une jupe de drap bleu avec de petits plis ;
une jupe de drap blanc ;
une jupe de coton blanc ;
une robe de drap noir pour couvrir le tout.


Le baron de la Pylaie note également :

« Au lieu du fichu des villes, les femmes portent ici une espèce de mouchoir, ordinairement de batiste, dont elles s'entourent la bas du cou comme avec une palatine, et qui se relève dans sa partie moyenne par un pli ascendant, pour former une sorte de collerette; celle-ci est disposée de manière qu'elle se tienne en arrière à une certaine distance du cou, tandis que le bord inférieur se rabat sur le haut du dos et les épaules.
Cette disposition de la collerette est du reste une mode particulière, par laquelle il est facile de reconnaître les femmes de Braspars de celles des autres paroisses.
Le fichu, qui pourrait être à mon avis un caractère spécial pour la mise des femmes de Saint-Pol-de-Léon, ne servait à une noce, près de Braspars, qu'à distinguer la nouvelle mariée des autres femmes invitées à la fête. »

Jos Le Doaré précise :
« Le col prend naissance sur le devant en haut du croisé, et retombe sur le dos du corsage en dégageant le cou.



Le costume féminin dispose de son vocabulaire propre :

KOEFF coiffe
KOLLIER GOUZOUG collerette
KORF-BROZ corsage
TAPELET piecette de tablier
TAVANJER tablier
BROZ jupe
BROZ-DINDAN jupon
CROISED croisé
GWADEGENN bourrelet attaché au bas de la camisole pour tenir la jupe
KOEFF MEZER cape de deuil
MENTELET grand manteau de deuil
DISTRONSED AR KOEFF coiffe baissée en signe de deuil

(...)
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