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 Frédéric Le Guyader, poète braspartiate

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Patrice Ciréfice
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MessageSujet: Frédéric Le Guyader, poète braspartiate   Sam 16 Mai - 12:19



Le 7 janvier 1846, peu après son installation comme notaire à Brasparts, Frédéric Pierre Jean Le Guyader, âgé de 29 ans, né le 10/09/1816 à Querrien, fils de Jean et de Magdeleine Juloux,présente, les deux domiciliés à Querrien et consentants, épouse Amélie Reine Josèphe Marie Guéguen, âgée de 28 ans, née le 01/02/1817 à Briec, sans profession, fille de Jean Marie Honoré , présent, et de Marie Anne Véronique Guermeur, présente.

"L'AN MIL HUIT CENT QUARANTE SEPT, le seize du mois de Mars à quatre heures du soir, par devant nous Pierre joseph Chénel, maire et officier de l'état civil de la commune de Brasparts, canton de Pleyben, arrondissement de Châteaulin, est comparu Monsieur Frédéric Pierre Jean Le Guyader âgé de trente ans, profession de notaire, domicilié à Brasparts, y demeurant au chef-lieu, Lequel nous a présenté un enfant du sexe masculin né le quatorze de ce mois de Mars, à neuf heures du soir, de lui déclarant et de dame Amélie Reine Josephe Guéguen son épouse âgée de trente ans, auquel enfant il a déclaré vouloir donner les prénoms de Frédéric Jean Marie.
Les dites présentation et déclaration faites en présence de yves jean françois Le Guyader, propriétaire, âgé de trente deux ans, domicilié à Guiscriff, département du Morbihan, et de yves Kguélen, propriétaire, âgé de vingt neuf ans, de ce bourg.
Et, après que lecture du présent acte de Naissance leur a été faite, ont les père et témoins signé avec nous."

Le couple aura 4 autres enfants: Charles Marie Honoré (1848-1851), Amélie Marie Antoinette (1850-1852), François Marie Grégoire (1852) et Marie Eugénie Françoise (1854-1923).

*********************

Après avoir passé son enfance à Brasparts, Frédéric Le Guyader est élève au collège des Jésuites de Quimper (futur Lycée La Tour d'Auvergne), puis étudiant en droit à Rennes où il fait représenter ses deux premières pièces de théâtre, "Le Roi s'ennuie" (1867) et "Le masque de la mort rouge" (1868) (inspiré d'Edouard Poe), sous le pseudonyme de Frédéric Fontenelle (sans doute inspiré par le nom du capitaine brigand de l'Ile Tristan, Guy-Eder de la Fontenelle). Il fait connaissance de Louis Tiercelin dont il devient l'ami et fonde avc lui, et quelques autres, le journal “La Jeunesse”, qui ne durera guère.



Lorsque la guerre franco-prussienne éclate en 1870, il part pour Paris et participe à la défense de la capitale assiégée. Louis Tiercelin le rejoint et il rencontre des poètes comme Leconte de Lisle, José Maria de Hérédia, Hippolythe Lucas, ... Les échanges qui s'ensuivent seront riches pour les jeunes bretons, et aboutiront à ce que Tiercelin appellera le “Parnasse breton contemporain”. Leurs interlocuteurs, quant à eux, découvriront la Bretagne...

Admirateur de Victor Hugo, passionné d'histoire, cultivé, respectueux du vers classique, Frédéric Le Guyader écrit des poèmes historiques. Le premier, “La reine Anne” est publié en 1888. Mais le succès ne vient pas...

Depuis la mort de son père, survenue en 1875 lors d'un voyage en Nouvelle Calédonie, il travaille pour l'administration des finances, aux Contributions Indirectes, et vit chichement de son revenu à Douarnenez, Morlaix, Saint Brieuc, Pontrieux.

Le Guyader a son heure de gloire dans la revue “l'Hermine” de son ami Tiercelin, à Rennes et à Paramé. Il est d'ailleurs de ceux qui firent revivre en 1891 l'ordre de l'Hermine du duc Jean IV, ce dont on s'émut jusqu'à Paris.

Il publie en 1896 un premier recueil de poèmes “L'Ère bretonne” puis, en 1901, “La Chanson du cidre”, qui le rend très populaire. Entre temps, il a participé, avec le marquis de l'Estourbeillon, Anatole Le Bras, Charles Le Goffic, François Jaffrennou, François Vallée, ... à la création de l'Union Régionaliste Bretonne (août 1898).

Retiré en Cornouaille, à Kerfeunteun, il obtient le poste de conservateur de la bibliothèque municipale de Quimper, où il trouve enfin un emploi “digne de lui”. Il publie 3 volumes du Catalogue de la dite bibliothèque et poursuit son oeuvre mais son choix de n'être édité qu'en Bretagne ne lui a vraisemblablement pas permis d'atteindre à une renommée plus vaste.... Il publie et fait jouer également quelques pièces de théâtre qui remportent quelques succès populaires.

En 1915, il apporte ses commentaires à la réédition de l'ouvrage de Olivier Perrin, "Breiz Izel", des commentaires où il laisse percevoir son émotion quant au départ des jeunes soldats vers la Guerre.

Membre de l'institut de Bretagne, Frédéric Le Guyader a collaboré à de nombreux journaux, L'Hermine, Le clocher breton, La dépêche de Brest, Le Nouvelliste du Morbihan, Les Argonautes, ...Il écrit plusieurs contes et nouvelles qu'il publie parfois sous forme de feuilleton.

Sur le plan familial, Le Guyader s'est marié avec Mathilde Cordier, et a entretenu des relations étroites avec sa soeur, Marie, et sa mère (1817-1893), installées à Bénodet . Fier mais aimable, accueillant et généreux, il vit en toute simplicité dans sa maison de Kerfeunteun.

Décédé le 13 novembre 1926, Frédéric Le Guyader est inhumé à Kerfeunteun.



*****************

L'oeuvre de Le Guyader reste très conformiste, malgré des débuts prometteurs: “ L'ère bretonne” fut couronnée par l'Académie Française et reste son maître ouvrage, mais c'est bien la truculence et la joie de vivre de “La chanson du cidre” qui lui ont assuré sa célébrité. Dans la préface de son livre, Le Guyader écrivait: “ La tristesse bretonne est une légende à détruire... Faire des choses bretonnes, ce n'est pas aussi banal qu'on pense. N'est pas breton qui veut.” Un critique disait de lui, qu'il avait fait "connaître, mieux que tout autre, une Bretagne lumineuse et gaie".

Sa “Chanson du cidre” est aussi riche en observations réalistes de la société montagnarde et paysanne. Quelques exemples:
- "Sans médire d'aucun district, d'aucun canton, / Là soyons francs, chez nous, au pays bas-breton, / On n'est pas bon chrétien, ni de moeurs accomplies, / Si l'on refuse, après messe, vêpre, ou complies, / D'aller faire à l'auberge une heure ou deux d'arrêt. / L'église nous conduit, tout droit, au cabaret."
- “Les bonnes gens de Brasparts sont des gens/Très attachés au sol, casaniers, point changeants,/Restant chez eux, s'aimant comme cousins cousines,/Et fréquentant très peu les paroisses voisines...”
- “Nous sommes/ de Braspart: ce sol-là, voyez-vous, c'est chameur/Quand on nait là-dessus, on y vit, on y meurt”...
- “Nous avons d’autres goûts et d’autres habitudes./ Nous vivons dans la brume et dans l’humidité./ Étonnez vous qu’on mange avec avidité”.
- “C’est de bœuf et de lard dont nous sommes nourris./ Les soupes que l’on trempe aux marmites béantes,/ Et qu’on bâfre dedans des écuelles géantes ;/ Les bouillis monstrueux, les boudins succulents,/ Le lard rose qu’on sert en quartiers opulents,/ Et qui laisse au menton deux longs sillons de graisse,/ L’andouille, dons l’odeur vous met en allégresse ;/ Les tripes, le rognons, les divins aloyaux,/ Voilà nos mets, à nous, gastronomes royaux !/ Or, quand le ventre agit, quand l’estomac travaille,/ Nous leur aidons, avec l’abondante buvaille,/ Pour faire, au fond du sac, descendre les morceaux,/ Du cidre à plein gosier, du cidre par ruisseaux”



Mais ses poésies laissent parfois planer un malaise: mal-être de ses années d'enfance, où la misère des habitants des montagnes d'Arrée ne l'ont pas laissé indifférent ?
- “Saint Riwal et Botmeur, perdus dans la montagne,/ Sont les bourgs les plus tristes de Bretagne./ Quelques taudis, épars, autour d'un clocher gris,/Point d'arbres. Si ce n'est trois vieux ifs rabougris,/Qui se meurent, le long des murs du cimetière/”
- “Quant à Botmeur, il semble, avec ses toits de chaume,/ Un village lacustre, au bord d'un Lac-fantôme,/ Mais 'un lac désséché depuis des milliers d'ans./ ”)
- “Vous trouverez là, comme je les ai vus il y a trente ans, des villages préhistoriques, des familles préhistoriques. Vous approchez d'une chaumière: un homme, une femme, des enfants, composant une famille, non sans effroi, vous regardent passer. Vous leur parlez: tout rentre sous terre, je veux dire dans la chaumière...”
Ou bien terreurs de jeunesse au souvenir des landes désertes, des “champs noirs et lépreux”, des loups (“J'ai vu les Montagnes d'Arrée,/Où l'on rencontre autant de loups que de moutons”), des marais du Yeun (“Ce n'est plus qu'un marais funèbre...”) ?

La personnalité de Le Guyader reste complexe, à l'image de l'âme bretonne.



BIBLIOGRAPHIE:
Le Roi s'ennuie, drame en trois actes, en vers (Rennes, 1867)
Le masque de la mort rouge, drame en trois actes (Rennes, 1868)
La Reine Anne, poème (Paris, 1888)
La bataille de Carnac, poème (Morlaix, 1894)
Du Guesclin, poème (Rennes, 1896)
L'ère bretonne, poèmes (Paris, 1896)
La chanson du cidre, poésies (Rennes, 1901)
La Bible, d'Adam à Jésus, poèmes (Lorient, 1903)
La Comédie Française à Quimper en 1782, comédie en deux actes (Rennes, 1908)
Catalogue général de la Bibliothèque de Quimper (1909, 1911, 1912)
Princesses tragiques et grandes amoureuses, poèmes (Quimper, 1912)
Breiz Izel (Réédition des dessins de Olivier Perrin avec notice et préface de F. Le Guyader) (Quimper, 1918)
La fiancée de Corneille, “grande scène en vers” (1906, Quimper, 1924)
La Champmesle, un acte en vers (1907, Quimper, 1924)
Molière vainqueur, quatre actes en vers (Quimper, 1924)
La mort d'Etienne Marcel, drame en quatre actes en vers (1874-1919, Quimper, 1924)
Genséric punit une Impératrice, un acte en vers (1882, Quimper, 1924)



Sources:

Jean Bertot, “Etude sur Frédéric Le Guyader”, in “L'ère bretonne” de Frédéric Le Guyader, 1928
René Bleuzet, “Le cimetière de Bénodet”, sur le site internet de la commune de Bénodet
Jean des Cognets, “Préface” de “La chanson du cidre” (1903) (Laffite, 1982)
Collectif, “Histoire littéraire et culturelle de la Bretagne”, (Champion-Slatkine, 1987)
Philippe Durand, “Le livre d'or de la Bretagne” (Seghers, 1975)
Charles Le Goffic, “L'âme bretonne”, 3ème série (1911, Champion, 1977)
Camille Le Mercier d'Erm, “Les Bardes et Poètes Nationaux de la Bretagne Armoricaine” (1919, Kelenn, 1977)
Louis Tiercelin et J. Guy-Roparts, “Le Parnasse Breton Contemporain”, anthologie poétique (Rennes, 1889)
Registres de l'état-civil de la commune de Brasparts


Dernière édition par Patrice Ciréfice le Ven 14 Mai - 13:32, édité 5 fois (Raison : Correction)
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MessageSujet: Re: Frédéric Le Guyader, poète braspartiate   Dim 21 Fév - 8:55

Après la mort du poète, Mme Le Guyader poursuivit la défense et la publication de l'oeuvre de son mari. C'est ainsi qu'en 1929, elle publia à Quimper un recueil de poésies, "Choses royales et poèmes divers". Ce beau recueil, aujourd'hui quasi-introuvable, comprend un beau portrait du poète mais aussi quelques belles pièces, tout à fait sympathiques, comme celle que je vous livre ici...


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greg29



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MessageSujet: habitation de Frédéric Le Guyader   Ven 30 Avr - 9:11

On peut même dire que Frédéric Le Guyader a habité dans une maison rue de la mairie, la maison a été la mairie de Brasparts pendant de très longues années, et où aujourd'hui habitent Monsieur Philippe Guillou et Josiane Motreff. On peut même y voir une plaque en son hommage.C'était un grand homme de la littérature Bretonne.
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Patrice Ciréfice
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MessageSujet: Re: Frédéric Le Guyader, poète braspartiate   Jeu 11 Fév - 17:33




Le sérail de Charlemagne

Charlemagne au grand pied voulait tout à sa taille,
Dans sa maison et dans sa Cour.
Il avait cent chevaux pour le champ de bataille
Et douze femmes pour l'amour.

Les moines condamnaient cette coutume infâme.
Lui, se moquant de leurs fureurs,
Leur disait: « Si les Rois ont assez d'une femme,
« Il en faut douze aux Empereurs! »

Peut-être espérait-il que sa race féconde
Lui fournirait assez d'enfants
Pour assurer l'Empire et gouverner le monde
Avec ses bâtards triomphants.

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MessageSujet: Re: Frédéric Le Guyader, poète braspartiate   Mar 16 Fév - 7:41



Le roi Robert excommunié

Comme s'il s'agissait d'un Roi que l'on enterre,
Les moines ont rempli leur office. Aujourd'hui,
Commence pour Robert l'épouvantable ennui
De vivre toujours seul, dans sa Cour solitaire.

Les cierges touts fumants encor gisent à terre.
Le Roi tremble, la Reine en pleurs, s'attache à lui.
A présent ils sont seuls, les serviteurs ont fui,
Le châtiment est dur, et la sentence austère.

Seule, Berthe, parmi l'universel effroi,
Réchauffe sur son cœur, le cœur du triste Roi.
Elle est toujours l'amante, et l'épouse fidèle.

Comme elle va l'aimer, le pauvre délaissé!
Mais le lâche, déjà vaincu, le front baissé,
Repousse son étreinte, et se détourne d'elle...


Fils d’Hugues Capet et d’Adélaïde de Poitou, Robert est associé au trône par son père dès 987. Ce dernier lui fait donner une éducation brillante par les grands lettrés de l’époque. Élève doué, le jeune prince profite des leçons et devient un homme très instruit, amateur de livres, de musique et de chant. Son goût pour les textes sacrés et la théologie, mais aussi la chasse aux hérésies qu’il est le premier à entreprendre, lui vaut son surnom de Robert le Pieux. Sa piété reconnue ne l’empêche pas cependant de répudier sa première épouse, Rosala, fille du roi d’Italie, pour épouser sa cousine, Berthe de Bourgogne. La vieillesse et la stérilité de Rosala ne sont pas seules en cause dans cette réputation, qui risque de déclencher la colère de l’Église. C’est avant tout un choix politique : Berthe est un parti intéressant qui apporte au roi des droits sur le duché. Frappé d’anathème par le pape Grégoire V, Robert le Pieux doit finalement se séparer de Berthe, vers 998 (ou 1001). Rosala étant morte en 1003, Robert se trouve une nouvelle femme - et de nouvelles alliances - en la personne de Constance de Provence, fille du comte de Toulouse.



Par ce mariage, le nord et le sud de la France se trouvaient réunis. Marqué par ses péripéties matrimoniales, le règne de Robert le fut aussi par l’énergie qu’il déploya contre les grands féodaux pillards, toujours prêts à s’opposer au pouvoir royal. Avec ténacité, il doit lutter également contre les princes allemands désireux d’étendre leur suprématie (spécialement en Bourgogne), afin de maintenir l’unité du domaine capétien. Après le décès de son fils aîné, Robert fait couronner son cadet, Henri, qui lui succédera à sa mort, le 20 juillet 1031.


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MessageSujet: Re: Frédéric Le Guyader, poète braspartiate   Sam 20 Fév - 13:50

Le meilleur des Rois de France

Comptons-nous de bons Rois, parmi les Rois de France?
Beaucoup d'historiens n'en connaissaient aucun.
Voulez-vous mon avis? Moi, je n'en connais qu'un.

Or, les enfants dans leur adorable ignorance,
Très grands historiens, en citent jusqu'à trois!
Ils sont bien indulgents: c'est beaucoup, trois bons Rois!
Les voici: Dagobert, Saint Louis, Henri-Quatre.




Dagobert, un bon Roi? L'on pourrait en rabattre:
Saint Eloi, j'en suis sûr, n'en dirait pas autant,
N'oublions pas qu'un jour, ce saint, très mécontent,
Fit au Roi Dagobert certaine remontrance
Qui mérita d'être traduite en vers:

Car, en somme, avoir mis sa culotte à l'envers,
Ce n'est pas suffisant pour illustrer la France.
Quant au bon Saint Louis, le plus pieux des Rois,
Avec le trône il eut les vertus en partage,
Mais il eut le grand tort de mourir à Carthage,
Ayant fait moins de mal au Croissant qu'à la Croix.



Non, ce ne sont point là les Rois que mon cœur aime,
Ce n'est point Dagobert, ni Saint Louis lui-même,
Ce n'est pas Henri-Quatre avec sa poule au pot.
Non, de tous ces pasteurs malmenant leur troupeau
Dont le bâton depuis quinze siècles nous mène,
De tous ces Rois, semant le deuil, semant l'effroi,
Le moins mauvais de tous, c'est un tout petit Roi,
C'est Jean-Premier qui n'a régné qu'une semaine!



Laissant sa mère en pleurs, la France en désarroi,
Le pauvre enfant mourut comme il venait de naître.
Et si le petit Jean ne fut pas mauvais Roi,
C'est que le petit Jean n'eut pas le temps de l'être.

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MessageSujet: Re: Frédéric Le Guyader, poète braspartiate   Mer 24 Fév - 14:50



Le Roi René

Très bon enfant, malgré son air de bouledogue,
Coiffé d'un bonnet noir, le menton triple et ras,
Le Roi René, bonhomme obèse, lourd et gras,
Faisait l'effet d'un gros chanoine, rouge et rogue.

Émule de Villon, le rimailleur en vogue,
Il allait par les champs, un livre sous le bras.
Chantant les bois, les prés, les fleurs et l'hypocras;
Peintre aimable, d'ailleurs, et, de plus, astrologue.

Un jour qu'il s'amusait à peindre une perdrix,
Il apprit que Louis-Onze, de sa main croche
Venait de lui voler l'Anjou, joyau sans prix.

« Ah! Le traître! Dit-il, c'est tout ce qu'il m'a pris?
« M'a-t-il laissé du moins ma bourse dans ma poche?
Et, tranquille, acheva de peindre sa perdrix.
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MessageSujet: Re: Frédéric Le Guyader, poète braspartiate   Lun 14 Mar - 12:23

Charles VI

Jours funèbres! La France asservie à l'Anglais
Était pour les Lancastre un fief héréditaire,
Bedford trônait au Louvre, en maître du palais,
Henri-Six étant Roi de France et d'Angleterre.

Mais plus maîtres que lui, trois spectres acharnés,
Disputaient au vainqueur ce royaume en ruine.
Noirs vautours, voltigeant sur des os décharnés,
C'était la guerre, avec la peste et la famine.

Hélas! Le pauvre Roi, qui venait de mourir,
Avait vu tous ces maux, sans en savoir le compte.
Dieu, sans doute, eut pitié de le voir tant souffrir
Et l'avait rendu fol, pour lui cacher sa honte.

Or, comme Charles-Six descendait au tombeau,
Là-bas, dans un recoin de province oubliée,
Le lamentable fils de la vieille Isabeau,
Déshonorait encor la France humiliée.

C'était le petit Roi de Bourges. Triste Roi!
Sans appui, sans argent, sans soldats, sans couronne,
Tout lui manquait, surtout le courage et la foi,
Pour sauver son pays et regagner son trône.

Ce lâche qui n'avait de cœur que pour l'amour,
Se préparait un nom parmi les Rois infâmes.
Roi fainéant, au sein d'un fantôme de cour,
A défaut de soldats, il s'entourait de femmes.

Tous sombrait, tout semblait fini, Roi sans remord,
Noblesse sans vertu, peuple sans espérance.
On eût dit au milieu de ce sommeil de mort
Le dernier battement du grand cœur de la France.

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MessageSujet: Re: Frédéric Le Guyader, poète braspartiate   Sam 16 Avr - 17:26

Louis XI



Quand ce diable de Roi, - qui tant craignait le diable,
Rendit l'âme, à la Cour céleste on l'appela.
Dieu le Père, Jésus, et sa mère étaient là,
Très sévères, devant le Roi très pitoyable.

- « Roi cruel, Roi méchant, dit le Père éternel,
« Tremble à ton tour: voici le dossier de tes crimes.
« Commençons par ton père: il fut de tes victimes,
« Tu l'as empoissonné. Réponds, Roi criminel.

- « Quand il mourut, j'étais bien loin dans la Bourgogne.
« Non, de cette mort là, je n'ai point de remords,
« Ce n'est pas du poison que le bonhomme est mort,
« Amour s'était chargé de faire la besogne.

« Et ton frère, il est  mort de ta main? - Tu l'as dit,
« Mais ce n'est pas bien sûr, fit le rusé compère,
«  Hélas! Charlot faisait comme avait fait son père,
«  Et, dès sa prime fleur, Cupidon le perdit.

- «  De bien d'autres forfaits tu souilles la couronne,
«  Tu mis des cardinaux dans des cages de fer!
- «  A! Ceux-là, cria-t-il, ce sont suppôts d'enfer:
«  C'est l'un d'eux qui m'a fait enfermer à Péronne!

- « Ça , reprit Dieu, tu n'es qu'un voleur de Duchés?
- « Oui, certes, je m'en vante, et j'en ai fait la France.
«  C'est ma gloire! Et, pardine, je garde l'espérance
«  Que ces vols-là sauront effacer mes péchés.

« Et puis, ne fus-je pas un bon brûleur de cierges?
«  J'étais dévot, et chanoine de Cléry.
«  Si je fus mauvais fils, et fort méchant mari,
«  J'étais féru d'amour pour madame la Vierge!

- «  C'est bien vrai, dit la Vierge, émue, il m'appelait
«  Sa petite maîtresse, et sa mie, et sa dame,
« Et c'est en mon honneur, il faut qu'on le proclame,
«  Qu'il ordonna cet Angélus qui tant me plaît.

- «  En effet, dit Jésus, la chose est méritoire.
«  Eh bien! Ma mère, grâce à vous, j'aurai pitié,
« Mais je ne puis pourtant pardonner qu'à moitié:
«  Gendarmes, conduisez ce drôle au purgatoire.

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MessageSujet: Re: Frédéric Le Guyader, poète braspartiate   Ven 22 Avr - 18:10

Diane de Poitiers



C'était une splendide et royale maîtresse,
Son impeccable corps charmant et vigoureux,
Avait la pureté des marbres de la Grèce,
Et les dieux d'autrefois l'auraient gardé pour eux.

Son nom rappelait bien Diane chasseresse;
Mais Diane dardait des traits moins dangereux
Que les traits enflammés de cette enchanteresse
Qui sut toucher les cœurs de deux Rois amoureux.

Sans doute un sang divin ruisselait dans ses veines.
Les morsures du temps sur elle semblaient vaines,
Sa beauté de déesse avait séduit le temps.

On eût dit à la voir triomphalement belle
Que les dieux désarmés éternisaient pour elle
Les grâces de l'amour et les fleurs du printemps.
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MessageSujet: Re: Frédéric Le Guyader, poète braspartiate   Lun 2 Mai - 7:10

Le vœu de Louis XIII



Ennemi pudibond de tout plaisir charnel,
Chaste, baissant les yeux sous un regard de femme,
Louis-Treize voulut par un vœu solennel,
Vouer la France et sa couronne à Notre-Dame.

Il prit donc à témoin de son austérité
La Vierge immaculée, assise sur son trône,
Et comme un pur hommage à sa virginité,
Il offrit des deux mains, son sceptre et sa couronne.

Dans sa témérité, cet acte fut loyal.
Pur comme Saint Louis, de rigide mémoire,
Louis-Treize, fidèle à son serment loyal,
Légua sa chasteté, comme exemple, à l'Histoire.

Mais, lui mort, le contrat ne dura pas longtemps,
L'ère d'amour s'ouvrit, et le règne des femmes,
Et la Cour de Louis fut durant cent trente ans,
Un sérail tout peuplé pour des amours infâmes.

Et sur son trône d'or, témoin silencieux,
La Vierge qui reçut ce vœu plein d'espérance,
Triste, pleurait dans l'ombre en détournant les yeux,
De cette longue honte infligée à la France.
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MessageSujet: Re: Frédéric Le Guyader, poète braspartiate   Jeu 19 Mai - 8:12

Le sommeil de Louis XIV enfant



Cette nuit là, pendant que l'Enfant-Roi dormait
Dans la candeur de ses dix ans, grave et sereine
Pendant qu'à son chevet veillait l'illustre Reine,
Pendant que Mazarin tremblait, Paris s'armait.

On en avait assez du cardinal-ministre!
Assez d'Italiens! Hier, c'était Concini.
Aujourd'hui, pire encore, c'est le mazarini!
A bas le ladre! A bas le pleutre! A bas le cuistre!

Et les canons de bronze, et les cloches d'airain,
Roulaient sur la cité leurs grandes voix funèbres:
Cent mille hommes couraient, hagards dans les ténèbres,
Cent mille voix criaient: « A bas le Mazarin! »

C'en était fait du Roi, de la Reine, du prêtre.
Qui pourrait attendrir ces tigres déchaînés?
Du sang! Il faut du sang à tous ces forcenés!
Et tant pis si le Roi tombe à côté du traître!

Par les chambres, par les salons lambrissés d'or,
Ils vont tout assoiffés de sang, ces bêtes fauves.
Ils sondent le palais, ils fouillent les alcôves...
Oh! Dieu! Vont-ils tuer ce pauvre enfant qui dort?

Qu'il est beau! Qu'il dort bien! Que sa joue est vermeille.
C'est le petit Roi... Chut! Et voilà ces bandits
Qui s'en vont doucement, chapeau bas, interdits,
Devant ce bel enfant de dix ans qui sommeille.
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MessageSujet: Re: Frédéric Le Guyader, poète braspartiate   Jeu 16 Juin - 6:11

Le passage du Rhin



Quel charmant souvenir, ce passage du Rhin!
Quelle page d'histoire à jamais mémorable!
Le cadre est merveilleux, la peinture adorable,
Digne de ce beau Roi superbe et souverain.

Despréaux, ce jour-là, grave à même l'airain.
Mais disons-le tout bas, l'histoire inexorable
Nous apprend qu'en entier son poème admirable,
Doit se lire comme un Chapitre du Lutrin.

Le Tholus formidable était une cabane
Pour le péage, avec un poste de douane!
On passa sans payer. Voilà tout le tableau.

Despréaux en a fait une grande victoire.
Page d'histoire? Non. C'est une belle histoire
Qui fait beaucoup d'honneur à l'esprit de Boileau.
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MessageSujet: Re: Frédéric Le Guyader, poète braspartiate   Sam 2 Juil - 16:15

Les fiancées de Louis XV

1.
Une fiancée de trois ans (1721)

Fiancée à trois ans?... L'histoire est authentique.

L'alliance Espagnole était, en politique
La thèse de Louis-Quatorze. Le Régent
Saisit l'occasion en homme intelligent.
Il fit choix d'une Infante, Infante non nubile,
Pour fiancée à son neveu. C'était habile.
Le trône allait rester sans héritier longtemps.
Douze ans, au moins. Douze ans, c'est long. Pendant ce temps,
Louis-Quinze pouvait mourir, tout comme un autre.
Le Régent calculait fort bien, le bon apôtre:
Car, Louis-Quinze mort, qui régnait. Le Régent.
Ce petit mariage était donc très urgent.

Le duc de Saint-Simon s'était mis en campagne
Près de Sa Majesté Philippe-Cinq d'Espagne.
Ce ne fut pas sans mal qu'on établit l'accord.
Mais, pour livrer l'enfant, ce fut bien pis encor.
Pensez, quel coup soudain pour la mère interdite:
Lui ravir, à trois ans, cette pauvre petite!
Les Rois ont, paraît-il, le cœur fait comme nous.
Car, le jour du départ, les augustes Époux,
Quand on les sépara de la petite fille,
Pleuraient, comme auraient fait nos mères de famille,
Puis très bourgeoisement s'étaient évanouis.

Cependant à la Cour du petit roi Louis,
Quand on apprit que l'Ambassade triomphante
Amenait à Paris l'illustrissime Infante,
On apprêta partout le luxe des grands jours.
Autour de ce berceau d'enfantines amours,
On voulut célébrer, par des fêtes splendides,
Cette chaste union de petits rois candides.
Grande joie en province, à la Cour, dans Paris.
D'avance, tous les cœurs étaient comme attendris
Devant ces fronts d'enfants tout brillants d'espérance.
Quelqu'un boudait pourtant... C'était le Roi de France.

Sa Majesté Louis Quinzième du nom,
Majesté de douze ans, avait presque dit non.
Se moquait-on? Quoi, lui, mari d'une poupée?
Lui, grand garçon, portant la perruque et l'épée?
Merci, non! Merci, non! Car le royal morveux,
Tout comme son aïeul, disait déjà: Je veux!
Douze ans, soit! Quand on est petit-fils d'Henri-Quatre,
On sent bouillir sa veine et son petit cœur battre!
Il fallut sermonner le jeune potentat,
Et lui signifier que la Raison d’État
Exigeait que le Roi de France eût pour compagne
Une fille sortant de la Maison d'Espagne.

Le Roi, donc, se soumit. Puis arriva le jour
Où, très pompeusement, devant toute la Cour,
Le duc de Saint-Simon, fier de son ambassade,
Vint présenter l'Infante au petit Roi maussade.

Le Roi, sans l'avoir vue, avait presque dit oui.
Mais qu'allait-il lui dire, en voyant devant lui
Cette enfant toute frêle, et toute minuscule,
Ce poupon de trois ans superbe et ridicule,
Dans son corset à pointe et son panier bouffant
Qui la rapetissait encor, la pauvre enfant?
Qu'allait dire le Roi? L'heure était solennelle.
Mais le Roi, sérieux et grave en face d'Elle,
Vêtu de soie et d'or, royalement gentil,
Fut tout à son devoir... « Madame, lui dit-il,
En s'inclinant avec l'exquise politesse
Du temps d 'alors, « je suis heureux que votre Altesse
« Ait fait ce long voyage en si bonne santé. »

Ce fut tout. Croyez bien qu'il ne fut pas tenté
D'offrir un gros baiser d'enfant à la petite.
Il lui tourna le dos, et l'oublia de suite.

Quant à l'Infante, elle eut un très royal joujou.
Ce fut une Poupée énorme, d'un prix fou,
Inouï... - C'est écrit tout au long dans les livres,
Elle ne coûta pas moins de vingt mille livres!

Eh bien! Quatre ans après, quand on vit que le Roi
Faisait toujours la moue et battait toujours froid,
On mit très proprement l'Infante et la Poupée
En carosse, et sans bruit, pour clore l'équipée,
On renvoya le tout en Espagne, au papa.
Belle ambassade pour le sot qui l'attrapa!
Le duc de Saint-Simon nulle part ne s'en vante...

Or, quand Philippe-Cinq vit débarquer l'Infante,
Il se fâcha tout rouge, et, certes, il eut raison.
On bafouait sa Fille, on raillait sa Maison.
Il s'en vengea. Sur qui? .. Sur qui n'y songeait guère:

La France eut à payer la Poupée... et la guerre.
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