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 Les Perper, une famille braspartiate dans la tourmente

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Patrice Ciréfice
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MessageSujet: Les Perper, une famille braspartiate dans la tourmente    Jeu 23 Avr - 7:45

Un ouvrage à lire, une famille de Brasparts à découvrir (ou à redécouvrir, pour les plus anciens). Ce livre de  Marie-Noëlle Postic, Sur les traces perdues d’une famille juive en Bretagne, Coop Breizh, 2007, vient d'être réédité.


Voici l'article de présentation de Ouest-France du 9 juillet 2007 de Daniel MORVAN:
"Avant 1940, de nombreux médecins roumains pouvaient exercer en France grâce à un privilège exceptionnel datant du Second Empire. Fuyant les pogroms antisémites, ils s'installèrent le plus souvent en milieu rural pour compenser le manque de médecins. c'est ainsi que le docteur Ihil Perper, de la région d'Odessa, s'installe dans le Finistère. Marie-Noëlle Postic, chercheuse au CNRS, s'est attachée à cette famille, et a bien voulu en retracer l'itinéraire.
Ihil Perper a commencé par ouvrir un cabinet à Brasparts en 1935. À partir de 1940, tout bascule. les médecins juifs sont interdits d'exercice. Le médecin reçoit par dérogation l'autorisation de travailler dans des conditions précaires à Plounéour-Menez. Il bénéficie du soutien de la population qui facilite ses déplacements (les Juifs n'ont pas le droits de posséder une bicyclette. le 9 octobre 1942, la famille est arrêtée. l'un des deux gendarmes chargés de la sinistre besogne, est le père d'un jeune résistant qui aura vainement tenté de sauver les Perper en se lançant à leur rencontre à bicyclette, le même 9 octobre. le livre suit les étapes tragiques: le terrible hiver 1942 au camp de Drancy, puis l'arrivée au camp de Sobibor le jeudi 25 mars 1943. Marie-Noëlle Postic s'appuie intelligemment sur la littérature, qui permet de raconter ce qu'a pu vivre la famille Perper, à travers les témoignages de Robert Antelme, de Primo Levy;, d'Imre Kertesz, de Charlotte Delbo, ou encore les travaux de Jorge Semprun et de Pierre Pachet.
La dernière partie du livre est consacrée au mutisme qui, à la Libération, entoura le sort des 150 Juifs finistériens. Seuls échappent à l'amnésie orchestrée" les plus connus, le poète Max Jacob, le résistant martyr Albert Rotschild et l'ancien combattant Gourfinkel. " Les années qui suivent scelleront cet oubli en forme de déni en Bretagne, mais plus généralement en France et en Europe." Désormais, grâce à Marie-Noëlle Postic, une commune des Monts-d'Arrée se souvient de son médecin et de sa famille déportée."


Cet effort de mémoire a été pousuivi par Julien Simon, acteur et écrivain, et Marie Dault, vidéaste, qui, avec la participation de Marie Noëlle Postic, la cinémathèque de Bretagne, l'association Leur ar C'Horneg, nous ont offert une conférence-témoignages particulièrement poignante. Qu'ils en soient remerciés et félicités pour cette volonté “d'arracher à l'oubli la mémoire de cette famille”, de la “ramener dans l'humanité...”

Une salle comble, certes, mais certains n'ont pu se déplacer. Alors, voici quelques éléments, qui pourront les aider à connaître Ihil et Sonia Perper, leurs trois enfants, et leur donneront l'envie d'en savoir plus en lisant le livre de Marie Noëlle Postic.

*****

Ihil Perper, fils de Haim et Sara,  est né le 25 décembre 1908 à Akkerman (Ceteata Alba) en Bessarabie. Il arrive en France à l’âge de 19 ans et s’inscrit en Médecine à Nancy en 1929. C’est là qu’il soutient sa thèse de doctorat en  janvier 1935 comme son épouse Sonia Kaltniskaya qui est pharmacienne.


Sonia Perper nee Kalnitskaya (fille de Iser et Lubov) est née le 5 août 1912. Pharmacienne, elle a suivi ses études à Nancy.  



Rosine Perper, fille de Ihil et Sonia, est née à Bajramcea (Balansia) le 19 décembre 1932  


Odette Perper, dille de Ihil et Sonia, est née à Brest le 20 mai 1937.


Paul Perper, fils de Ihil et Sonia, est né à Plounéour Menez le 18 juin1942.  

La famille Perper fit partie du convoi 53 qui quitta le camp de Drancy, où elle était internée, le 25 mars 1943 pour le camp d'extermination de Sobibor. Tous périrent en chambre à gaz.

*******************

Article du Télégramme du 2 avril 2009

“1935: Ihil Perper, 27 ans, son épouse Sonia, 23ans, et Rosine, leur fillette de trois ans, s'installent à Brasparts. Juifs, originaires de Bessarabie (actuelle Ukraine), ils ont fait leurs études à Nancy: de médecine pour lui, de pharmacie pour elle. Le Dr Perper a lu dans la presse spécialisée qu'on recherchait un médecin à Brasparts. En s'y établissant avec sa famille, il devient le premier praticien à exercer dans la commune des monts d'Arrée. La famille s'agrandit: Odette naît à Brest, en 1937, puis Paul, à Plounéour-Ménez, en 1942. 


Médecins étrangers interdits
Lorsque le benjamin voit le jour, tout a déjà basculé. Deux ans plus tôt, le gouvernement de Vichy a interdit aux médecins étrangers d'exercer en France. De dérogations en dérogations, le Dr Perper continue quand même à prodiguer ses soins dans une zone allant de Briec-de-l'Odet à Morlaix. Octobre1942: répondant dans l'heure à un ordre de la Kommandantur, deux gendarmes français de Pleyber-Christ s'emparent de la famille Perper, à Plounéour-Ménez. C'est ce qu'on appellera «la seconde rafle de Bretagne». Après une nuit d'incarcération à la gendarmerie de Morlaix, le couple et ses trois enfants sont dirigés sur Rennes puis Drancy, où ils restent six mois. 25 Mars1943: ils sont déportés au camp d'extermination de Sobibor, en Pologne, où ils sont «assassinés», pour reprendre le mot de Julien Simon. Une chape d'oubli tombe alors sur leur existence”.

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Commentaire
“ Le destin de cette famille a été retracé par Marie-Noëlle Postic dans un ouvrage sensible sur un sujet rarement traité pour le Finistère, département pour lequel on estime à 46 le nombre de déportés juifs suite à une arrestation”.

Présentation du livre par les éditions Coop Breizh
“Un travail de micro-histoire qu'il faut saluer à double titre : d'une part, et parce qu'il n'a concerné que (relativement) peu de victimes, le sujet n'est pas assez connu en Bretagne.
D'autre part, alors que tout ou presque a été écrit sur la persécution des juifs, reste encore désormais à faire revivre ces parcours isolés de familles fauchées par la barbarie.
Les Perper auraient pu être heureux dans ce Finistère où ils se réfugièrent dès 1935, lui comme médecin, elle donnant naissance là à deux enfants. Mais ils devront fuir à Pleyben, à Brasparts, avant d'être arrêtés par la gendarmerie à Plonéour-Ménez.
Des bribes qu'elle a pu récolter, l'auteur reconstitue le puzzle de leur vie, et l'implacable système qui via Drancy les conduira aux camps de la mort.
Un salutaire exercice de mémoire.”
Coop Breizh

Sources:

“ Le Memorial de la deportation des juifs de France”, Beate et Serge Klarsfeld, Paris 1978.

Photos extraites des Actes de Témoignage rédigés par Ber Kalnitsky, frère de Sonia, survivant de la Shoah, le 24 mai 1999.


Dernière édition par Patrice Ciréfice le Sam 21 Nov - 13:33, édité 3 fois
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MessageSujet: Leur ar C'Horneg n°18   Ven 18 Déc - 14:56

Pour tous ceux qui souhaiteraient approfondir ce tragique sujet, je ne peux que recommander l'excellent travail réalisé par la revue Leur ar C'Horneg d'avril 2007 et qui comprend, sous la plume de Joseph Pichon et de Yves Marhic:
- une présentation de la famille Perper,
- un entretien avec M. Jean Le Guillou traitant notamment l'arrivée de la famille Perper à Brasparts,
- un entretien avec Mme Anne Le Meur-Dantec se souvenant de cette famille,
- un exposé sur les origines de la famille Perper
- les fiches complètes rédigées par le frère de Sonia Perper

Ce même numéro traite également du drame du Nivot, de la mort tragique de Jean Cavaloc et du raid allemand sur Brasparts...
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MessageSujet: Re: Les Perper, une famille braspartiate dans la tourmente    Mar 9 Nov - 9:14

Comme il nous l'avait annoncé lors de la conférence-témoignage de l'an passé, Julien Simon revient à Brasparts dimanche 21 novembre, à 17h, pour nous présenter son projet théâtral qui conclut son enquête sur la famille Perper...


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MessageSujet: un film sur le médecin de Brasparts   Dim 2 Nov - 10:07



(article du Télégramme)
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MessageSujet: Re: Les Perper, une famille braspartiate dans la tourmente    Dim 25 Oct - 13:53





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MessageSujet: Re: Les Perper, une famille braspartiate dans la tourmente    Sam 21 Nov - 13:32

Récits faits à Châteaulin le 25 février 2007 par M. Jean Le Guillou

Il manquait un médecin à Brasparts depuis des années dans les Monts d'Arrée, et mon père, Jean-François Le Guillou, (directeur d'école), en 1934, écrivit à plusieurs reprises à la préfecture du Finistère, pour dresser le tableau sanitaire préoccupant de la commune, et leur disant qu'il possédait une maison neuve inhabitée (au 6, place des Halles à Brasparts). Il l'aurait volontiers louée, plus particulièrement à un médecin. Mon père a demandé avec insistance au Préfet que l’État fasse le nécessaire pour qu'un médecin puisse venir s'y installer. Son obstination a semble-t-il payé.
Début 1935, le docteur Perper, sa femme et sa fille ont débarqué au bourg. Le docteur venait d'obtenir son diplôme à la Faculté de médecine de Nancy. Il était à la recherche d'un lieu pour exercer et, réfugié, n'était aucunement rebuté par l'inconnu. Ayant appris les besoins exprimés par notre commune des Monts d'Arrée, il a tout de suite sauté sur l'occasion qui s'offrait à lui sans vraiment savoir où il allait se retrouver.
Mes parents donnèrent leur préférence au docteur Ihil Perper qui avait une petite fille de 6 ans ; mon âge. Elle s'appelait Rose.



Mon père est allé avec sa voiture chercher le docteur à Landerneau. Il était seul. Sa femme, Odette Caïnitchi, et Rose sont venues plus tard le rejoindre à Brasparts. Sa femme Odette avait commencé des études de pharmacie, mais ne les avait pas achevées.
Mon père a pris en main cette famille pour faciliter ses débuts dans notre commune. A son arrivée chez nous, Ihil Perper ne disposait pas des moyens nécessaires à l'ouverture d'un cabinet. Mon père, dans hésitation, lui a prêté de quoi se lancer ...



L'accent roumain du docteur provoquait une certaine suspicion de sa clientèle à Brasparts et à Pleyben. Ils s'installèrent, comme convenu, dans la maison louée par mes parents (cf. bail chez maître Tréanton).
Mon père présenta le bail prenant effet le 1er janvier 1935, louant cette maison, 6 place des Halles, pour une durée de 9 ans ...





En premier lieu, le docteur avait besoin d'une voiture, indispensable pour les visites à domicile. Aidé par mon père, il s'est rendu à Châteaulin peu de temps après son arrivée, pour faire l'acquisition d'une Peugeot.
Mes parents avaient cautionné (disons verbalement, comme cela se faisait autrefois) pour l'acquisition d'une voiture noire, Peugeot 201 qu'il acheta à l'auto garage brestois de Châteaulin et d'une chambre à coucher chez Mme Marcelle Riou-Philippe, marchand de meubles à Châteaulin (bonne connaissance de mes parents). Tous ces prêts et dépenses ont été réglées en trois ans.



Par la suite il possédera une nouvelle Peugeot 202 ...



La salle d'attente était un couloir étroit, où on pouvait presque entendre les consultations du médecin. C'est sûrement l'une des raisons pour laquelle les Perper déménagèrent en 1938 chez le commandant de marine marchande Jean Cariou, au 28 rue de la mairie à Brasparts. Ils entretenaient de bonnes relations avec cette famille. La maison était neuve, 5 pièces, cabinet de toilette, grand jardin où Odette Caïnitchi se reposait souvent sur une chaise longue.
Les qualités professionnelles du docteur étaient reconnues.



J'accompagnais parfois le docteur Perper et Rose pour les consultations à Brasparts et Pleyben. Quel plaisir de jouer à l'arrière de la Peugeot !

Au départ, mon père ne savait pas exactement ce qu'était un juif roumain. Ma mère avait même demandé au docteur quelle était sa religion ? Mais vous allez à la messe, alors ? Ma brave mère confondait aussi la religion orthodoxe. Cette anecdote est parfaitement exacte, rapportée par ma sœur Félicia, pédiatre allergologue, docteur en médecine, faculté de Paris (84 ans) …



En 1941, sous les ordres des allemands en occupation, la préfecture de Quimper interdit au docteur d'exercer la médecine, simplement parce qu'il était juif. Tous les membres de la famille furent contraints de porter l'étoile jaune sur leurs vêtements. La famille Perper se réfugia dans un manoir de Plounéour Ménez. Malgré tout, le docteur continua à exercer illégalement, notamment pour des résistants de Plounéour Ménez.
Le capitaine de gendarmerie de Morlaix, Sallou, vichyste, les fit arrêter. Ils furent transférés à Rennes puis à Drancy, où ils restèrent quelques mois. Puis le docteur Perper, sa femme et leurs trois enfants furent transférés à Sobibor à Auschwitz dans des wagons à bestiaux. Le « voyage » dura 4 jours, dans des conditions inhumaines.
A leur arrivée, ils furent séparés, dévêtus, tondus et gazés. Leurs corps brûlés. Quel parcours affreux pour cette famille juive et tant d'autres !
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