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 Vie de saint Edern

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Patrice Ciréfice
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MessageSujet: Vie de saint Edern   Jeu 22 Sep - 7:23

C'est le 2 octobre prochain à 15 heures que sera célébré le Pardon de saint Edern ... Cette cérémonie sera l'occasion d'un regroupement de notre Ensemble Paroissial “Sant Mikêl Menez Are” mais aussi pour certains de découvrir ou de re-découvrir le très beau patrimoine de Lannédern.
Une occasion peut-être aussi de mieux connaître le saint patron de Lannédern.
Qui était saint Edern ?
Le premier réflexe est de chercher sa vie dans nos grands classiques mais, surprise ! Dom Lobineau tout comme Albert le Grand n'en parlent pas dans leurs ouvrages pourtant si riches. Dom Lobineau y fait juste allusion en lui attribuant le nom d'un autre saint d'origine galloise ...

Le plus ancien écrit nous que l'on connaisse vient de Raoul de Kerlan, chargé en 1776, de dresser l'inventaire général des archives de la paroisse de Plouédern, qui y trouva le texte de l'ancienne vie du saint patron de la paroisse et l'enregistra en ces termes :
“Une copie en parchemin de l'ancienne vie de saint Edern, par laquelle il s'apprend que du temps d'Allain, surnommé Ré-bras, duc de Bretagne, Edern quitta son pays et vint aborder vers l'an 894 au canton du Juc'h, d'où il se rendit en une forest et lieu qu'on appelait Quistinit, à près de trois lieues de Quimper-Corentin, et y fist bastir un hermitage en un coin de forêt, y bâtit une petite chapelle, laquelle fut depuis érigée en église paroissiale, qui se nomme aujourd'hui Lannédern.”
Ce premier document concernant saint Edern est bien évidemment très incomplet ; en revanche, les paroissiens de Plouédern disposaient d'un cantique breton sur la vie de son saint patron, que le Révérend Père dom François Plaine recueillit à son tour.
Plus tard, Anatole Le Braz dans son ouvrage “Les saints bretons d'après la tradition populaire en Cornouaille” ou Louis Le Guennec dans ses “Vieux souvenirs bas-bretons” reprirent ce cantique soit intégralement soit en l'interprétant ...
Parmi les autres sources se trouvent bien évidemment l'abbé Abgrall et ses “notices sur les paroisses”, et l'ouvrage de Couffon et Le Bars sur “les Eglises et Chapelles du diocèse de Quimper et de Léon”.
Sans oublier Yann Diulen et les bénévoles de la bibliothèque de Lannédern qui ont organisé une randonnée sur les traces de saint Edern, permettant ainsi à tous les participants de découvrir entre autre le lit de saint Edern.
C'est à partir de ces documents que la vie du saint est ici retracée.

*
**

Edern est, avec Thélo et Herbot, l'un des trois grands saints de la montagne Cornouaillaise. Venu d'Irlande, comme tant d'autres fameux apôtres de l'Armorique, il avait pris terre au Ris, dans la baie de Douarnenez, accompagné de sa soeur Genoveffa ou Geneviève. Tous deux vécurent d'abord en ermites près du Juch, dans un frais et solitaire vallon.



Le cantique de Plouédern ne fait pas allusion à Genoveffa, mais donne une image très intéressante de Edern :

Selaouit oll, compagnonez,
Selaouit canan eur vuhez,
Buhez an Otrou sant Edern,
Ar patrom euz a Blouédern.

En enezenn hanvet Irland
E verker oa ganet or Zant.
Den gallouduz, den a c'hened
Evit ar c'horf hag ar spered.

Var he vadou, he iaouankiz
E rez abred fae a dispriz,
Vit clask rouantelez an ne
Ha silvidigez de ene.

“Ecoutez-tous, compagnons, écoutez chanter la vie, la vie de Monsieur saint Edern, patron de Plouédern.
Dans l'île appelée Irlande, à ce qu'il est écrit, naquit notre saint, homme puissant, homme de beauté, en son corps comme en son esprit.
De ses biens, dès sa jeunesse, il fit de bonne heure fi et mépris, pour chercher la royauté du ciel, et le salut de son âme.”

Deus e dud e kimiadas,
Dre vro adie e lavaraz,
Hag ken var vor da zont e Breiz
Evit prezeg eno ar feiz.

En eul lec'h var aod Kerne,
A dremdost da Zouarnenez
Anvet ar Juk brema c'hoaz,
Gant e lestrik e touaras.

Da glask eul lec'h euz a sioul,
Vit tec'hed pell diouz ar foul,
E loc'h en eur c'hoat a gemer
Eun diou pe deir leo diouz Kemper.

“ De ses parents il prit congé, à son pays il dit adieu, et, par mer, se rendit en Bretagne pour y prêcher la foi.
En un lieu de la grève de Cornouaille, tout proche de Douarnenez, appelé encore aujourd'hui le Juch, avec son esquif il accosta.
Il chercha un lieu paisible, pour être à l'écart de la foule, construisit sa hutte dans un bois deux ou trois lieues de Quimper.”

Hep douja da neb seurt amzer,
E viscamant a oa dister ;
E wele oa an douar ien,
Gant eur men a zindan e benn.

Gourizou reun a zougenne
Gant bara groz e tremene,
Ha gant louzou euz e jardin
Eb eva morse berad gwin.

Epad un darn vad eus an noz
Ar bedenn a oa e repoz ;
Outa e unan didruez,
Ouz e nesa leun drugarez.

“Ne craignant aucune intempérie, son vêtement était misérable ; son lit était la terre froide, et sur une pierre reposait sa tête.
Il portait des cilices de crin, ne vivait que de pain noir et des herbes de son jardin, sans jamais boire goutte de vin.
Pendant une bonne partie de la nuit, la prière était son repos ; il était pour lui-même sans pitié, et pour son prochain plein de merci.”

(à suivre)


Dernière édition par Patrice Ciréfice le Mar 4 Oct - 7:42, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Vie de saint Edern   Ven 23 Sep - 6:31

Eun den jentil o chasseal,
Araog e chas en aneval
Ha redas evel da c'houlenn
E loch ar sant cuz a diffenn.

Eur c'haro oa, a penn gwelas,
Dirak sant Edern e stouvas,
Evit outan en em erbedi
A goulenn digorr en e di.

Certain jour qu 'Edern priait, agenouillé à l'ombre de son rustique oratoire de branchages, un cerf traqué par la meute du seigneur de Névet vint, tout haletant et épuisé, se prosterner devant lui, implorant sa protection d'un regard suppliant. Du geste, Edern dispersa les chiens ; il marcha au-devant des chasseurs et sut si bien plaider près de leur maître la cause du pauvre animal, qu'il obtint pour lui la vie sauve. Le cerf ne fut pas ingrat. Il s'attacha à l'homme de Dieu, ne le quitta plus et lui rendit tous les services d'un animal domestique.

Na ma chomas ar c'haro-ze
Var dro Edern divar neuze.
Peuri a ree var an deiz
A dont bemnoz da lojeiz.

An aotrou a oa souezet
gant ar seurt burzud c'hoarvezet,
Ma rank Edern deza discuez
Galloud Doue, e vadelez.

An aotrou na ouie ket se
Anavoud res an den Doue ;
Neuze en pedas a galon
Ma c'houlennje deza pardon.



“Or ce cerf demeura près d'Edern à partir de ce moment ; il paissait aux environs tout le jour, et rentrait chaque soir au logis.
Le seigneur fut étonné de voir une telle merveille s'accomplir ; en sorte qu'Edern dut lui révéler la puissance de Dieu et sa bonté.
Le seigneur qui ignorait ces choses s'inclina devant l'homme de Dieu, et le pria du fond du coeur de demander pour lui Pardon.”

Doue a roas d'on ermit
Ar c'hoantegez da dec'het kuit,
Rag e galon n'oa ket digor
Dar meuleudi na dan enor.

Dre Gerne e redas calz bro
Ma cavas eur plasig distro,
Ha sevel eno eul lojenn,
Da bedi, d'ober pinijenn.

“Dieu inspira à l'ermite l'envie de se retirer ailleurs, car son coeur n'était ouvert ni à la louange ni à la gloire.
A travers la Cornouaille il courut beaucoup de pays, jusqu'à ce qu'il trouva un petit coin écarté, et là il éleva une hutte, pour prier et faire pénitence.”

(à suivre)
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MessageSujet: Re: Vie de saint Edern   Sam 24 Sep - 7:38

Lorsqu'Edern se résolut à changer d'horizon, c'est chevauchant son cerf et Genoveffa en croupe qu'il quitta le Juch. Il ne s'arrêta que sur les pentes du Rheun-du, au nord d'une bourgade que l'on nommait alors Brithiac et qui est aujourd'hui Briec. Ce fut sa seconde, mais non sa dernière, étape. Un paysan charitable de l'endroit lui ayant fait don d'une petite vache, le saint la menait paître le long des garennes, tout en méditant à son aise. Mais il comptait sans un méchant voisin, le seigneur de Quistinic, qui ne guettait que l'occasion de lui nuire.



Gouscoude teodou fall an dud
A glaskaz rei deza gwal-vrud
Gouzav a ree gant an dud criz,
Ha gouzav a ree oll dispriz.

“Cependant les mauvaises langues cherchèrent à compromettre sa réputation ; il se résignait à la méchanceté des gens, se résignait à tous leurs mépris.

Un matin qu'Edern, assis sur un rocher, où l'on montre depuis son empreinte, rêvait aux choses éternelles, la vache entra innocemment dans un champ et y tondit deux ou trois pieds carrés de seigle vert. Justement, ce champ appartenait au seigneur de Quistinic. Le païen, en allant à la chasse, s'aperçut du dommage. Furieux, il lança ses dogues sur l'infortunée délinquante, et la fit déchirer en pièces. Edern ne put voir sans indignation un châtiment aussi cruel. Il apostropha le mauvais gentilhomme, le menaça de la colère céleste, et, sous ses yeux, ressuscita la vache déchiquetée par les chiens. Il va sans dire qu'émerveillé d'un tel prodige, le seigneur se convertit à l'instant.

An aoutrou eus a Gistinit
A fachaz houz e vioc'hik ;
Ma laoskaz varnezi e chas ;
Ha chom al loen var ar plas.

Edern dont ; ha, var ar gounter,
Na lavaras nemet eur ar gêr,
Sevel ac'hano ha mont kuit
Euz a bark aotrou Kistinit.



Direiz zeblante oa al loen,
Ha ne esperne douar den ;
An ol a glemme et c'harter
Hag a lavare oa laer.

Mes an dud-se ne ouient ket
Burzudou Doue pa vez red ;
Lec'h e doa ar vioc'h peuret
Eo e save ar gwella ed..

“Sans règle était la bête, car elle n'épargnait aucune terre ; tous s'en plaignaient dans le quartier et disaient qu'elle était voleuse.
Mais ces gens-là ne savaient pas que Dieu fait des miracles quand il veut ; là où paissait la vache poussait le meilleur blé ...”

Dans la suite, Edern délogea de nouveau, son cerf lui servant encore de monture.

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MessageSujet: Re: Vie de saint Edern   Dim 25 Sep - 7:02


Sa soeur monta en croupe. Ils franchirent la rivière d'Aulne et parvinrent au pied des montagnes d'Arrée, sur la lande de Coat-ar-Roc'h (le bois de la roche), devant le paysage le plus pittoresquement tourmenté et modelé qui soit peut-être en Bretagne. L'endroit les charma : ils s'y fixèrent. Le saint bâtit son oratoire au-dessus de la lande. Genoveffa s'établit à une lieue au-delà, tout près de l'ancien oratoire de Gherfred, au revers d'une colline vêtue de fougères et d'ajoncs qui l'abritaient des vents de bise et de galerne.

Toujours docile et infatigable, le cerf charroya les matériaux de leurs « deux maisons de prières ». Puis ils se remirent à l'oeuvre, Edern évangélisant les hommes, sa soeur les femmes et les jeunes filles. Quelques années plus tard, deux nouvelles chrétientés étaient fondées et florissantes, et il fallut alors songer au partage des terres, jusques là restées en commun. Genoveffa, quelque peu exigeante et impérieuse, entendait réserver à elle et aux siens les meilleurs quartiers. Volontiers, elle n'eut laissé aux ouailles fraternelles que les garennes stériles de Coat-ar-Roc'h et les maigres champs d'alentour.



Bien que d'âme paisible et conciliante, Edern n'entendait pas laisser dépouiller ses fidèles. La discussion fut vive autant que longue. Finalement, la sainte transigea de la sorte : “ Confions à Dieu, lui proposa-t-elle, le soin de nous mettre d'accord. Ce soir, à nuit close, tu monteras sur ton cerf, et tu te mettras en route à ta guise pour ne t'arrêter qu'au chant du coq. Tout le territoire dont tu auras pu faire le tour sera ton lot. Je me contenterai du reste.”

En parlant ainsi, la rusée commère savait bien ce qu'elle disait : “ Le cerf est âgé, songeait-elle. Sur ses vielles jambes, il n'ira ni bien vite ni bien loin dans l'obscurité, à travers un pays rempli de brousses, de vallons, de fondrières, de roches, d'obstacles de toutes sortes. Quand le coq chantera, monture et cavalier pataugeront encore dans quelque marais, et, comparé à celui qui me demeurera, le lopin de mon frère sera bien mince.”

Bien qu'Edern ne fut pas dupe de ces petites manigances, il accepta par horreur des querelles. Au crépuscule, il appela le cerf, se hissa sur sa dure échine et en route ; la brave bête, consciente, semblait-il, de l'importante partie qui se jouait, prit sa course tout d'une haleine et fila à fond de train vers Brasparts. Elle allait aussi rapide que le vent, ses sabots touchant à peine le sol. Grisé par la vitesse, Edern, cramponné à ses ramures, l'encourageait de la voix. Ni montées, ni ravins, ni halliers ne ralentissaient son élan fantastique, visiblement soutenu par Dieu. Loin d'être ténébreuse, comme l'avait espéré Genoveffa, la voûte du ciel ruisselait d'étoiles, et une douce lumière d'argent baignant la nuit sereine.


Assise sur un tertre dominant, la soeur du saint, l'oeil et l'oreille aux aguets, s'apprêtait à jouir de sa déconvenue. Mais sa gaîté maligne se mua en dépit, puis en effroi, quand elle distingua dans le silence nocturne le galop du cerf qui, après avoir décrit un circuit immense, revenait sur elle en rapides foulées. Encore quelques minutes, et toute l'étendue des deux peuplades appartiendrait à son frère. Heureusement pour elle, Genoveffa était fille de ressource. Puisqu'il fallait, pour arrêter Edern, que le coq chantât, eh bien ! le coq allait chanter incontinent. Il y avait, à côté, une ferme. La sainte se précipita dans le poulailler, saisit sur son perchoir un coq engourdi de sommeil et lui fourra la tête sous le jet de la fontaine. Etourdi, stupéfait, voilà notre chanteclair qui s'ébroue, bat des ailes et lance comme en rêve un cocorico tout désorienté. Il était temps ; le cerf traversait déjà l'aire à battre ...

Depuis, deux paroisses se sont formées, l'une nommée Lannédern (Lann-Edern), l'autre Loqueffret, sous leur patronage respectif. Mais la limite de Lannédern s'avance fort près du bourg rival, et, à l'endroit où son éponyme s'arrêta au chant du coq, les habitants ont érigé un beau calvaire.




Entre lui et Genoveffa, cette histoire mit, jusqu'à leur mort, une pointe d'aigreur. La foudre ayant abattu le clocher de Lannédern, la sainte s'en réjouit hautement. “C'est bien fait, prononça-t-elle ; cela apprendra à nos voisins à être glorieux. Je leur prédis qu'ils ne réussiront jamais plus à dresser sur leur tour une flèche élancée comme la mienne.”

Ces paroles furent rapportées à Edern, qui riposta par une prédiction de même calibre : “Je déclare, dit-il, que dans le clocher de Loqueffret il n'y aura plus désormais que des cloches fendues, et qu'elles ne sonneront pas plus clair que les grelots d'un cheval de pillaouer.” Et en effet, c'est ce qui est arrivé. La tour de Lannédern reste basse et courtaude, et les cloches neuves de Loqueffret, dit-on, se fêlent dès le premier branle.

Edern vécut donc à Lannédern qu'il ne quittât plus, excepté pour se rendre quelque fois à Brasparts.

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MessageSujet: Re: Vie de saint Edern   Lun 26 Sep - 6:39

“Là, il fit plus d'un miracle, si bien que sa réputation se répandit. Il n'y avait aucune peine ni maladie à laquelle il ne trouvât de remède.
Une fontaine était tout près du lieu où il éleva sa hutte ; Edern y fit bâtir une chapelle qu'il dédia à la Vierge Marie.
Maintenant elle se nomme Lannédern, on y prie saint Edern ; là il fit, durant sa vie, plus d'un miracle, et d'autres après.”

Eno e reaz meur a vurzud,
Ma redas anezan ar brud,
Noa seurt poan na seurt clenved
Na gave dezo ar remed.

Eur feunteun a oa e kichen
Al leac'h ma savas e lojenn ;
Edern a reas eno sevel
D'ar Verc'hez-vari eur chapel.

Brema eo anvet Lannedern,
Enni e peder sant Edern ;
Eno a reas, en he vuez,
Meur a viracl, ha goudevez.

C'est bien à Coat ar Roc'h que vécut Edern et la chapelle d'aujourd'hui, reconstruite au début du XVIème, est devenue habitation privée ; après avoir connu la chute de son clocher foudroyé et être tombée en ruines dans les années 1950, elle a été entièrement rénovée et l'on peut encore y voir la source jaillissant du rocher, lui-même enclavé dans l'ancienne chapelle.
“Aux mois d'hiver, rapporte Anatole Le Bras, la fontaine déborde et ruisselle dans la nef ... C'est une tradition répandue en Bretagne que le sol de la péninsule repose sur un océan souterrain. La source de Coat-ar-Roc'h communique avec cet océan. On y lança jadis un canard qui reparut à une semaine de là dans la rivière de Landévennec, au fond de la rade de Brest.”

Mais Edern ne dormait pas dans son oratoire ; il reposait à même la terre - E wele oa an douar yen,
Gant eur men a zindan e benn – dans un lieu aujourd'hui privé, autrefois nommé Gwarem Edern, où se touchent les communes de Lannédern, Le Cloître et Pleyben.
“La couchette un peu dure ... se composait d'une dalle de granit où la nuque et le dos du saint avaient laissé leur empreinte.”
Cette dalle a aujourd'hui disparu mais les pierres sont encore présente, quoique dérangées par quelque enfant, gardien de troupeau. Autrefois les pèlerins s'y allongeaient : “on disait que cela guérissait du mal de reins”.


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MessageSujet: Re: Vie de saint Edern   Mar 27 Sep - 6:27

Parmi les miracles attribués à saint Edern, on cite celui qui rendit la vue au duc de Bretagne, Alain Re-bras (le trop grand). Aussi l'invoque-t-on pour les maux d'yeux ...

Var ar gonter, an duk a Vreiz
Ha erruas gatan eun deiz
Tremen eharz an ermitaj
Ouz Edern e comzas eur paj.

Edern a oa gant e bedenn,
Ne respontas ket trum dan den,
Ah ar sant en doe ragtal
Eun taol digat an den brutal.




Edern, var scuer e vestr Jezuz
A oa den dous ha gouzavus,
A ne gemeras droug ebed
Laouen da veza disprizet.

Ker buan, var a zo skrivet,
Duk hag e dud coll ar gwelet,
Doue o falvout discuez scuer
O welet skei ha zervicher.

An duk hag e compagnonned
Da vro Leon o klask monet,
En em gavas nec'het maro,
Ne anavezent ket ar vro.

Sant Edern ober eur bedenn
Da c'houlenn dezo sklerijenn,
Rag Edern a greiz e galon
A c'houlenne dezo pardon.

An duk a voestas e savze
Eun iliz el lec'h ma vize
Dan eur ma welze sklerijenn
Da gaout sonj iviziken !

Evit gloar e zervicher
Doue a oe o c'hunduer,
Ma errujont e bro Leon
Hag eno o doe o fardon.

Eno e teuas ar gwelet
D'an duk a de gompagnonned,
Er pas ma savas Plouedern
Hag ar patrom eo sant Edern.

“A ce que l'on dit, le duc de Bretagne se trouva un beau jour passer auprès de l'ermitage. Son page s'adressa à Edern.
Edern était en prières et ne répondit pas immédiatement à l'homme, lequel était brutal et frappa la saint.
Edern, suivant l'exemple de son maître Jésus, était un homme doux et humble, et n'en conçut aucun ressentiment, joyeux d'être ainsi maltraité.
Aussitot cependant, selon ce qui est écrit, le duc et ses gens furent rendus aveugles, car Dieu était fort courroucé de voir frapper son serviteur.
Le duc et ses compagnons, en cherchant à gagner le pays du Léon, se trouvèrent mortellement gênés, ne pouvant se diriger dans le pays.
(Ils prièrent) saint Edern de faire une prière pour demander que la lumière leur fût rendue ; alors Edern, de tout son coeur, demanda pour eux Pardon.
Le duc fit voeu de bâtir une église dans le lieu où il se trouverait au moment où il retrouverait la vue, afin d'en garder le souvenir éternellement.
Pour la gloire de son serviteur, Dieu se fit leur guide, en sorte qu'ils arrivèrent au pays du Léon, et là, ils obtinrent leur Pardon.
Là retrouvèrent la vue le duc et ses compagnons, dans le lieu où s'éleva Plouédern avec Edern comme saint patron.”

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MessageSujet: Re: Vie de saint Edern   Jeu 29 Sep - 7:06

E gwengolo, an deiz kenta,
Eo ema ar gouel ganta ;
An deiz eo ma z'eas da repoz
Gant Jezuz en he Varadoz.

Ha ni hirio, Plouiz-Edern,
Pedomp a unan sant Edern ;
En em eberdomp a galon
Ouz an hini zo hor patron.

“C'est en septembre, le premier jour du mois, que l'on célèbre sa fête ; c'est ce jour-là qu'il alla reposer avec Jésus dans son Paradis.
Et nous aujourd'hui, gens de Plouédern, prions tous saint Edern, notre saint patron ...”

La tombe, couverte d'une dalle de granit à son effigie, est vénérée dans l'église de Lannédern.




On le retrouve, chevauchant son vaillant cerf, contre le fût de la croix du cimetière, dans une niche de bois contiguë au maître-autel et parmi les sculptures du porche.


Il a peut-être aussi sa statue équestre (si l'on peut dire) à Kerdévot en Ergué-Gabéric (mais tous les historiens ne sont pas d'accord et les locaux le considèrent comme étant saint Thélo).


Enfin, l'église de Lannédern conserve le précieux reliquaire de son saint patron ...



Vous aurez noté, au passage, que le Pardon de Lannédern est aujourd'hui fixé début octobre, contraintes de calendrier obligent ...
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MessageSujet: Re: Vie de saint Edern   Lun 10 Mar - 9:15

Bonjour et merci pour ce texte fort interressant.
Etes vous au courant que saint edern aurait eu une chaise , une ecuelle et a un benitier.
Mais ces pierres se trouveraient peut etre dans la commune de Briec ou Edern près de quimper.
Il aurait aussi un lit las bas a briec ??

mes sources sont issue d'une these soutenu par andré cornec sur la microtoponymie du canton de Briec.
je vous joins le texte en image :


En avez vous peut etre entendu parler ?

pour ma part je me suis rendu dans la parcelle citer dans le texte et je n'ai pas pu retouver ces pierres , elles sont peut etre a lannedern ? car a mon avis il n'y a pas 2 lits de st edern ?

merci a vous.
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MessageSujet: Re: Vie de saint Edern   Lun 10 Mar - 20:24

Bonsoir,
non, je ne connaissais pas tous ces détails ... Mais "gwele Edern" existe aussi à Lannédern, et les fidèles qui parcouraient le Tro Breiz s'y arrêtaient régulièrement. Il existait également à Brasparts une "gwarenn Edern" et une fontaine saint Edern ...
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MessageSujet: Re: Vie de saint Edern   

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Vie de saint Edern
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