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 Les recteurs de Brasparts et la Révolution

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Patrice Ciréfice
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MessageSujet: Les recteurs de Brasparts et la Révolution   Jeu 6 Jan - 14:24

Lorsque s'ouvrent les Etats Généraux, la France doit faire face à l'une des plus graves crises économique politique et financière de son histoire. Pour faire face aux difficultés liées aux différences notables entre les Trois Ordres, les Etats Généraux se déclarent « Assemblée Nationale ». Les députés s'engagent alors dans une réforme effrénée des institutions. Le vote concernant la Constitution Civile du Clergé va provoquer une rupture dans l'unité du pays, et tout particulièrement en Bretagne.
Brasparts est alors à l'image de beaucoup de communes rurales : certes la lutte qui prévalait en Bretagne entre la noblesse et le tiers état reste latente, après les graves crises d'autrefois (guerres de la Ligue, révolte des bonnets rouges) ; mais la crise morale qui engage le choix des prêtres de prêter ou non serment à la constitution va bouleverser le paysage...
Le recteur est un enfant du pays, connu pour sa bonté et son paternalisme bienveillant ; parmi ses vicaires, seul René Le Lay, né à Cuzon le 1er novembre 1760, et ordonné prêtre en 1785, n'était pas originaire de la commune..
L'histoire de Brasparts sous la Révolution va être intimement liée à la crise religieuse, et les municipalités qui vont être mises en place successivement dans la commune en seront le reflet ...




1. La Constitution Civile du Clergé.

En exécution de la loi du 27 novembre 1790, un arrêté du directoire fixa le dimanche 16 janvier suivant pour la prestation du serment des curés, recteurs et autres prêtres fonctionnaires publics dans le département. Toutefois, les municipalités chargées de la réception du serment, furent autorisées à accorder un délai de quinze jours aux ecclésiastiques qui le solliciteraient, mais ceux, était-il-dit, qui, le serment prêté, y manqueraient, seraient cités au tribunal du district, et ceux qui, l'ayant refusé, s'immisceraient dans leurs anciennes fonctions, seraient poursuivis comme perturbateurs.

Bien peu d'ecclésiastiques profitèrent de la faculté qui leur était accordée; la presque totalité du clergé breton refusa péremptoirement le serment. Celui du diocèse de Quimper ne compta qu'un peu plus du douzième de ses membres dans les assermentés malgré les habiles écrits et la grande influence personnelle de deux savants prêtres de Quimper, MM. Ollitrault et Le Coz, qui appuyaient la constitution civile de toute l'autorité de leur talent, mais qui avaient trouvé des contradicteurs, non moins autorisés et plus éloquents encore, en MM. Bérardier, Royou et Coroller.

La mort de l'évêque de Cornouaille avait permis au Directoire de réaliser l'élection - si controversée – du premier évêque du Finistère, le 3 novembre 1790 : M. Expilly, recteur de Saint-Martin de Morlaix, et membre de l'Assemblée Nationale. Parmi les 440 électeurs, seuls 9 recteurs de paroisses étaient présents...Cette élection puis l'arrivée du nouvel évêque causa dans le département une agitation très vive, qu'une coïncidence vint accroître. Le directoire venait de publier un arrêté fixant au 13 mars les élections pour le remplacement des curés considérés comme démissionnaires par suite de leur refus de serment. Peu d'électeurs concoururent à ces élections qui se déroulèrent aux chefs-lieux des neuf districts du département; dans beaucoup de localités, ils firent autant défaut que les candidats.

Le 3 avril 1791, Jean Saouzanet, professeur de rhétorique au Séminaire de Quimper, né à Pont-Croix le 28 avril 1748, prêtre en 1774, qui avait prêté le serment le 23 janvier 1791, est élu curé de Brasparts mais refuse le poste.

A Brasparts, comme dans les communes rurales, les habitants étaient bien décidés à ne pas accepter les curés qu'on essayait de leur imposer. De fait, la population était unie au clergé par des liens de famille. Ainsi, Guillaume Le Bihan, né à Brasparts le 16 février 1745 au Squiriou, fils de Christophe et de Jeanne Colin, était recteur de la paroisse depuis 1782. Parmi ses vicaires, deux étaient également nés à Brasparts...
Les paysans vivaient donc en confiance, en familiarité, en relations journalières, avec leur recteur qui les avait baptisés, instruits, mariés, souvent assistés, toujours consolés...et également parlait leur langue, partageait leurs habitudes et était solidement attaché à sa terre natale...

De surcroit, l'administration municipale devait participer, assister à la cérémonie d'installation du curé élu...lequel devait prononcer au prône le fameux serment; la municipalité devait prendre acte du serment, en dresser procès-verbal avant de l'adresser au directoire du district. Ce n'est donc qu'avec le concours de l'autorité municipale que les curés élus pouvaient se mettre en possession de leurs fonctions...

2. La guerre du Directoire Départemental contre les prêtres insermentés.

Le 21 avril 1791, le directoire départemental prit un arrêté spécifiant:
- que les curés et vicaires s'éloigneraient provisoirement à quatre lieues du territoire des paroisses qu'ils avaient administrées; à défaut, par eux, de se conformer à cette prescription, la force publique devait les y contraindre;
- que les directoires des districts enverraient de suite dans les communes opposantes des commissaires civils chargés d'y installer les curés élus;
- enfin, que s'il survenait des troubles pour la conservation des ecclésiastiques remplacés, on les saisirait comme otages de la tranquillité publique.

Le 4 mai, devant l'opposition à cet arrêté, le directoire adressa aux districts une nouvelle circulaire indiquant que l'arrêté précédent était soumis à l'approbation de l'assemblée...
Un décret du 19 juin 1791 prescrit aux directoires de faire arrêter, comme perturbateurs de l'ordre et fauteurs des troubles religieux, les ecclésiastiques qui, depuis leur remplacement entièrement consommé, continueraient les mêmes fonctions après avoir refusé le serment.

Le 2 juillet, devant l'insuccès de la constitution civile, le département du Finistère publie un arrêté qui montre combien la résistance était forte: « Considérant que les mesures prescrites le 21 avril dernier ont éprouvé de la part des municipalités une résistance presque générale dans leur exécution et n'ont apporté par suite qu'un faible obstacle aux progrès des maux qu'elles étaient destinées à prévenir..., le directoire du département décrète:
1°. Tous les ecclésiastiques non conformistes, remplacés dans leurs fonctions, qui n'ont point obtempéré à l'arrêté du 21 avril, se rendront incessamment à Brest pour y demeurer en état d'arrestation jusqu'à nouvel ordre, et ceux qui refuseraient de se soumettre à cette disposition, y seront conduits par main mise et à leurs frais;
2°. les directoires de districts dénonceront à l'administration du département tous les ecclésiastiques quelconques qui, par la manifestation de leurs opinions religieuses, troubleraient la tranquillité publique;
3°. ils feront fermer dans les 24 heures de la notification du présent, les églises et chapelles, autres que les églises paroissiales et succursales conservées...
4°. il est interdit aux prêtres insoumis de célébrer les baptêmes, mariages et autres actes de l'état-civil, sous les peines édictées par la loi contre ceux qui usurperaient les fonctions publiques;
5°. enfin les pères et mères qui, au lieu de faire baptiser les enfants par les curés constitutionnels des paroisses, recourraient aux insoumis, seront déférés pour ce fait au tribunal de leur district. »

(à suivre)
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Patrice Ciréfice
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MessageSujet: Re: Les recteurs de Brasparts et la Révolution   Sam 8 Jan - 9:04

3. La première messe « constitutionnelle » à Brasparts.

Le 17 novembre 1791, la séance du directoire du département est « secouée » par une information venant du district de Châteaulin selon laquelle des « troubles seraient survenus à Brasparts, où le curé et le vicaire assermentés avaient été maltraités par une multitude furieuse. »

Les sieurs Guillou (qui sera nommé plus tard curé constitutionnel de Pleyben, et mourut assassiné) et Chansy (Félix Charles Pierre Le Menn de Chansy, né à Gouézec le 13 novembre 1765, a été ordonné prêtre par Expilly, mourut vicaire de Crozon le 22 décembre 1810), curé et vicaire constitutionnels de Brasparts, ne pouvaient même se rendre sans danger du presbytère à l'église pour y dire la messe, témoin le rapport que les sieurs Le Prédour, Cariou et Lemevel rendaient au District de Châteaulin, le 6 Novembre 1791 (L. 136) :
« En vertu d'ordres à nous donnés hier par la Municipalité de Brasparts, nous nous rendîmes à la porte du bureau municipal, à laquelle nous avons frappé à différentes reprises pendant au moins une heure et demie, sans ouverture. Décidés à dresser procès-verbal d'absence des Officiers municipaux, avons vu paraître le sieur Le Goyat, maire, qui nous a ouvert.
Nous lui avons demandé le sujet de notre veniat, il nous a répondu qu'il allait nous donner des ordres à l'effet d'escorter le prêtre constitutionnel qui devait dire la messe du matin à sept heures, du presbytère à l'église, et de l'église au presbytère.
A peine le Maire s'est-il disposé à rédiger cet ordre, qu'il a vu avec nous la porte du bureau assiégée d'un attroupement de peuple émeuté qui ont crié d'une voix unanime qu'ils n'avaient qu'une vie à perdre et qu'ils la sacrifieraient à leur résolution de n'entendre la messe d'un prêtre constitutionnel tel que le sieur Chansy, vicaire nouvellement nommé à Brasparts. L'émeute s'est accrue en proportion de la multitude, et bientôt le Maire avec nous s'est vu enclavé au bureau. La population s'est saisie de la clef et nous a laissés enfermés sans quitter néanmoins la porte.
Dès ce moment, le péril est devenu évident, notre massacre le talonnait nécessairement de près et, pour éviter une catastrophe, nous nous sommes vus forcés de délibérer. Nous avons prié le Maire de consentir que le sieur Le Page, prêtre non conformiste, eut dit la messe au matin au bourg de Brasparts.
Pour le prévenir à cette fin, le sieur l'Haranchipy, l'un de nous, est sorti par l'une des fenêtres du bureau, s'est retiré vers le sieur Le Page et l'a accompagné à l'église. Sur l'apparition de ce dernier, le peuple s'est radouci, et pour un temps nous avons vu le calme succéder à l'orage. Nous avons profité de ce moment pour demander au Maire un certificat de notre présence au bureau et de notre offre de service, et il nous en a dispensé pour la messe du matin.
Sur quoi nous nous sommes retirés chez nous, sauf les sieurs Le Prédour et Haranchipy qui ont assisté à la première messe avec M. le Maire et la grande partie des Officiers municipaux. Les sieurs Le Bihan, ancien recteur, Favennec et Auffret, prêtres étrangers, ont ensuite messé et à l'issue de la messe du dernier, finie à dix heures, nous nous sommes derechef rendus au bureau municipal, à l'effet de prendre de nouveaux ordres pour la conduite du prêtre qui devait célébrer la grand'messe, et, en effet, il nous en donna.
A dix heures un quart, nous nous sommes retirés pour nous rendre au presbytère prendre le prêtre, lorsque, le long du cimetière et même dans le cimetière, nous avons aperçu plus de deux cents personnes, filles, femmes et hommes, qui ont commencé à nous huer, nous siffler et nous vomir mille injures et fini par faire pleuvoir sur nous une grêle de pierres.
Ces maltraitements, que nous n'avons pu repousser, n'étant pas munis d'armes, nous ont forcé de gagner nos domiciles respectifs, toujours poursuivis par l'effrénée populace. Elle a si constamment montré son acharnement, qu'elle nous a ce jour privés de la messe et de la liberté de quitter nos foyers. Nous devons vous assurer que nous sommes les seuls patriotes du bourg de Brasparts, à un ou deux autres près, de toute la paroisse. Et c'est pourquoi il a plu à la Municipalité de préférer à notre sûreté le plaisir de nous sacrifier à ses amis. Aussi, à dix heures et demie, le bureau municipal était fermé et tous les officiers absents, pour ne pas ordonner de nous porter main-forte ».

Le conseil, vivement impressionné par cette communication, sur le vu d'une délibération du district de Châteaulin datant du 16 novembre et d'un procès-verbal rédigé le 6 dudit mois par les citoyens Le Prédour, Cariou et Lemével, demeurant à Brasparts, décide d'y envoyer des commissaires pris hors de son sein pour concilier les esprits; désigne à cet effet MM. Fénigan et Golias, de Châteaulin; ordonne que ces commissaires se feront accompagner par cent hommes de la garde nationale de Quimper, cent hommes du 39è régiment d'infanterie de ligne et la brigade de gendarmerie de Châteaulin; enfin, leur enjoint de faire saisir les ecclésiastiques réfractaires désignés dans le rapport et de les faire conduire à Quimper.

Le lendemain, le conseil, apprenant que trente-cinq gardes nationaux de Châteaulin marchaient sur Brasparts et qu'on paraissait trouver cette force suffisante, contremanda le départ des gardes nationaux de Quimper et réduisit de cent à cinquante les soldats du 39ème de ligne devant faire partie de l'expédition.
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Patrice Ciréfice
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MessageSujet: Re: Les recteurs de Brasparts et la Révolution   Mer 12 Jan - 17:38

4. L'intervention des commissaires civils de Châteaulin.

Le 22 novembre, une nouvelle tempête s'éleva contre le clergé réfractaire au sujet du rapport des deux commissaires civils, MM. Golias et Fénigan, envoyés à Brasparts.

S'étant aperçus en arrivant dans cette localité que la situation n'était pas telle qu'on se l'était représentée, leurs instructions ne leur avaient plus semblé dès lors rigoureusement applicables.
En résumé, la force publique n'avait rencontré à Brasparts aucune résistance. Le curé constitutionnel avait, le dimanche 20 novembre, paisiblement célébré la grand-messe « en présence des commissaires du département et de deux ou trois individus que la curiosité semblait avoir attirés à cette cérémonie »; et la commune, assemblée le même jour, à l'occasion du renouvellement des officiers municipaux et notables, avait protesté de son entière soumission aux lois; elle s'était, de plus, engagée à payer les frais de l'expédition militaire.

Toutefois, on n'avait pu dissimuler aux commissaires combien les habitants de la commune étaient attachés à l'ex-curé non assermenté; aussi les informations prises à son sujet lui étaient-elles absolument favorables.

En conséquence, les commissaires, ayant surtout égard aux bonnes dispositions actuelles des habitants de Brasparts, n'avaient pas cru devoir se mettre en mesure d'arrêter l'ancien curé, ni l'ex-vicaire, « entreprise, ajoutaient-ils, qui aurait été d'ailleurs, très hasardeuse et serait probablement restée sans résultat, tant ces derniers avaient employé de précautions dans leur retraite. »


Cette communication souleva « de longs murmures de désapprobation » et donna lieu à la décision suivante:
« Attendu que la quatrième disposition de l'arrêté du 17 de ce mois est restée sans exécution et que les troubles qui l'avaient motivée peuvent renaître incessamment par suite de la présence à Brasparts des ecclésiastiques qui les ont occasionnés... Ouï, le procureur-général syndic en ses conclusions laissées par écrit, arrête que les nommés Le Bihan et Le Page, ci-devant curé et vicaire de cette paroisse, seront saisis et emmenés à Quimper pour y demeurer en état d'arrestation, jusqu'à nouvel ordre; charge le directoire du département de faire opérer cette capture par la brigade de gendarmerie nationale résidant à Quimper, qui prendra à cet égard les mesures les plus accélérées. »

A l'ouverture de la séance du vendredi 25 novembre 1791, le maréchal des logis de la gendarmerie de Quimper rendit compte verbalement de sa mission à Brasparts. La brigade n'avait pu s'emparer de l'ex-curé Le Bihan, mais le sieur Le Page qui s'était de lui-même présenté aux hommes chargés de l'arrêter, se trouvait à la disposition du conseil.
« Nous, Le Page, Hamelin, Bertrian et autres gendarmes ayant été commandés, le 22 Novembre, de nous saisir de Le Bilian, ci-devant recteur, et du Page, ci-devant curé de la paroisse de Brasparts, nous avons arrivé vers midi et demi auprès du dit bourg où moi, Page, ai commandé trois gendarmes de rester à l'écart du chemin, et que s'ils entendaient un coup de pistolet de venir à notre secours, En arrivant au bourg, je me suis adressé à M. Cariou, homme de loi, qui m'a indiqué la maison du dit Page ; je l'ai prié de venir avec nous, mais m'a répondu que s'il le faisait, il serait assommé. Sans perdre de temps, moi et Bertrian nous sommes entrés dans la demeure du dit Page, et montés dans la chambre, nous avons trouvé le dit Page disant sont bréviaire. Je lui ai déclaré l'arrêt de sa personne, puis j'ai dit à Bertrian d'aller chercher les autres. Puis, je suis allé chez M. Goyat, maire de la commune, le priant de nous donner un guide pour nous conduire à la demeure du ci-devant Recteur, à quoi il a paru fort embarrassé. Je lui ai dit que s'il ne voulait pas le faire, j'allais rapporter un procès-verbal contre lui. Il a pour lors passé dans sa cuisine, où il a parlé en breton à sa femme et à d'autres, et en retournant dans la salle il m'a dit de lui faire un réquisitoire, ce que j'ai fait sur le champ. Il a ensuite fait chercher le tambour qui est venu, et à qui il a dit de venir avec nous ; celui-ci a répondu qu'il n'avait pas le temps. Pour lors, il nous a donné un petit garçon qui ne parle point français, qui a conduit trois gendarmes à la demeure soi-disant du ci-devant Recteur, qui est éloignée du bourg d'environ une lieue, où rendus, ils ont fait des perquisitions dans la maison et autres circonvoisines, et ne l'ayant pas trouvé, sont revenus à Brasparts, où est survenu le sieur Chenel, notaire à Brasparts, qui a tenu toutes sortes de propos incendiaires, comme : Si le dit prêtre Le Page voulait aller ou ne le voulait pas, il n'avait qu'à le dire. Avons observé qu'il était ivre. Deux gendarmes gardèrent le sieur Page jusqu'au lendemain, et nous revînmes à Châteaulin ».

M. l'abbé Le Page fut aussitôt introduit et présenta sa défense. De ses explications, il ressortit « qu'il n'était ni ancien vicaire de Brasparts, ni fonctionnaire public remplacé, et qu'il ne recevait aucun traitement de la nation »; qu'en conséquence il n'avait point eu à se prononcer sur la question du serment, et que, ce point réservé, il pouvait protester de son entière soumission aux lois. Il présente de surcroit une attestation du maire de Brasparts qui confirme ces propos, M. Le Page étant chapelain desservant de la chapellenie de Châteaunoir en Brasparts, dont il avait pris possession le 3 juillet 1775. Interrogé sur sa participation aux actes de violence dont le curé constitutionnel avait été l'objet, M. Le Page répondit de manière à ne laisser subsister aucun grief contre lui et à dissiper tous les doutes sur la droiture de ses intentions.

S'étant alors engagé à ne point quitter Quimper « tant que sa présence y serai jugée nécessaire », à cette condition il fut laissé libre. Quant à l'ex-recteur Le Bihan, quoique recherché activement par les brigades réunies de Châteaulin et de Quimper, il ne put être saisi.

Survient à l'assemblée du Département le sieur Fénigant, qui se justifie de sa modération dans l'accomplissement de sa mission à Brasparts, disant qu'il a constaté que la cause principale des troubles dans cette paroisse était due principalement à l'inconduite des deux prêtres assermentés. Le Département n'en proteste pas moins contre son peu d'énergie et maintient le blâme consigné dans le procès-verbal de la séance du 22 novembre.
De nouvelles élections fin novembre amène une nouvelle municipalité, avec à sa tête, Yves Kerdévez, autre modéré de la commune.
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MessageSujet: Re: Les recteurs de Brasparts et la Révolution   Dim 16 Jan - 8:19

5. L'arrestation de M. Le Bihan, recteur insermenté, et ses conséquences.

Cette expédition ne produisit que fort peu d'effet à Brasparts. Six ou sept mois après, le sieur Tallien, administrateur du département, pouvait constater que la Constitution et les Constitutionnels étaient loin d'être encore acceptés. Il écrivait au département, le 2 juillet 1792 (L. 89) :
« J'ai découvert à Brasparts, un pays perdu par l'aristocratie, perdu pour la religion, perdu pour les honnêtes gens, les autels déserts et dévastés, le culte négligé au point qu'on y trouve à peine un répondant au Curé. La Municipalité de Brasparts a voulu me mettre en arrestation à cause que je leur prêche l'obéissance à la loi ... ».

Ce même jour, l'abbé Le Lay s'embarquait à Bénodet pour l'Espagne... Il ne reviendra en Bretagne qu'au Concordat pour devenir recteur de Rosporden...

Il faut dire que le directoire avait arrêté à la fin juin que « tout ecclésiastique non assermenté, séculier ou régulier, sera tenu, sous huitaine, de prêter devant la municipalité du chef-lieu de sa résidence le serment civique décrété par l'acte constitutionnel... sous peine d'être considéré comme ennemi des lois de son pays et saisi par la force publique pour être conduit au Château de Brest; que tous les ecclésiastiques écroués au Château de Brest, pourront opter pour leur permanence dans cette maison ou pour leur sortie du royaume; ceux qui préfèreront s'expatrier en donneront avis au directoire du district de Brest, qui prendra les ordres du directoire du département pour les faire embarquer sur le premier bâtiment, faisant voile pour l'Espagne, le Portugal ou l'Italie... »

Le moment devait bientôt arriver où le vaillant recteur, M. Le Bihan, allait être arrêté, après avoir défié pendant longtemps toutes les poursuites.
Le 26 mars 1793 (L. 139), un procès-verbal de gendarmerie rapporte que plusieurs gendarmes du Faou, « sur avis leur donné par deux citoyens qu'il y avait des prêtres réfugiés dans Brasparts, se sont transportés jusqu'au village de Penhoat, y ont fait plusieurs perquisitions, et enfin, dans une grange, ont trouvé un particulier, couché dans un lit clos, qui a déclaré s'appeler Guillaume Le Bihan, ci-devant recteur de Brasparts. L'ayant fait se vêtir des hardes qui étaient auprès du dit lit, ils l'ont conduit chez Yves Omnès, officier municipal, dont la maison est distante de la grange de dix à douze pas. Le dit Officier municipal ayant à leur réquisition fait ouverture d'une armoire, y ont trouvé un rochet, une bourse pour servir à porter le Bon Dieu, et trois fusils. Voulant se saisir des dites armes, Jean Labousse, jeune homme qui se trouvait dans la dite maison, s'y est opposé, et a même arraché une bayonnette d'un des fusilliers qui accompagnaient les dits gendarmes ».

A la suite de cette perquisition, M. Le Bihan, Jean Labousse et Yves Omnès furent conduits sous escorte à Landerneau. Par cette arrestation de M. Le Bihan, l'Administration pouvait croire la paroisse de Brasparts privée de tout secours religieux, car les premiers prêtres constitutionnels imposés à cette population si chrétienne n'avaient pu tenir contre la réprobation générale ; aussi, pour ne pas exaspérer les esprits, voulut-on essayer encore de faire accepter un curé constitutionnel.

C'est Jacques Quéméneur, prêtre de Saint Rivoal, qui fut élu et se présenta, le 5 mai, pour prendre possession ; mais la Municipalité refusa de l'installer, et le 11 mai (L. 16), le sieur Fénigant écrivait aux Administrateurs du Département :
« 10 Mai 1793. Jacques Le Quemener, vicaire de Saint-Rivoal, a été élu curé de Brasparts, s'est présenté dimanche dernier pour prendre possession. Charles Caugan, de Kerlan, officier municipal, dit que le sort étant tombé sur Quemeneur, il ne pouvait être curé, et lui avait demandé avant de montrer son congé ».
On arrêta, le 11 mai 1793, neuf conseillers municipaux de Brasparts, qui avaient refusé d'installer le citoyen Quemener, élu leur curé :
« Considérant que leur but est d'écarter de leur territoire tout prêtre assermenté et qu'ils donnent asile à des prêtres insermentés, conclut qu'ils seront conduits à la maison d'arrêt de Quimper ».
Ces neuf conseillers étaient : Charles Caugant, Guillaume Piriou, Jean Le Borgne, Pierre Chullou, Jérôme Le Coant, Jérôme Le Guillou, Yves Chullou, Olivier Le Meur et Yves Le Goff.

Cette mesure n'intimida pas la population, et le 12 Août 1793, en pleine Terreur, une pétition, signée des notables de la paroisse, était adressée au Département pour réclamer le libre exercice du culte en faveur de trois de leurs anciens prêtres non assermentés.
Voici les noms des signataires de cette pétition : Favennec, Michel, Le Baut, J. Kerdevez, Bideau, Chenel, Cozic, Le Normand, Mocaër, Le Coant, Omnès, Piriou, Labous, Le Guillou, Labbé, Cariou, Ridou, Le Paige, Lescure, Cogant, Poigt, Le Saux, Ménez, Le Meur, Conan, Le Dantec, Le Roux, Cessou, Le Mével et Yvenat.

Le District de Châteaulin, en adressant cette pétition au Département, y joignait la lettre de recommandation suivante (Voir le registre de Correspondance du District de Châteaulin) :
« Châteaulin, le 7 Septembre 1793. La commune de Brasparts n'a, depuis le commencement de la Révolution, cessé de donner les preuves les plus éclatantes de son incivisme. Travaillée en tous sens par une foule de prêtres réfractaires, elle a constamment favorisé et favorise encore leur retraite. Si l'on en croit le bruit public, elle recèle les nommés Le Page, Le Goff et Favennec. En 1791, la Municipalité voyait d'un œil tranquille insulter et lapider le Curé constitutionnel. Une force armée, envoyée par le Département, n'eut qu'un succès éphémère : dès qu'elle eut quitté le territoire de Brasparts, le Curé constitutionnel fut derechef harcelé et s'est vu forcé d'abandonner ce poste. Le 5 mai dernier, la Municipalité s'opposa à l'installation du nouveau Curé. Du nombre des opposants sont les pétitionnaires Guillaume Piriou et Charles Caugant. Le canton de Brasparts est le seul de tout le District qui ne s'est pas réuni pour délibérer sur l'acte constitutionnel. Parmi les signataires de la pétition, l'on remarque Yves Omnès, qui donna retraite à l'ancien Curé et fut conduit à Brest avec ce dernier. On remarquera surtout Michel, Procureur, qui a la confiance de tout Brasparts. Qui ne le soupçonnerait d'être l'auteur de cette pétition vraiment révolutionnaire ? ».

Sur une telle recommandation, la Commission administrative du Finistère prenait, le 14 Septembre 1793, l'arrêté qui suit (L. 130) :
« Vu la pétition de la commune de Brasparts, du 12 août 1793, tendant à rétablir dans leurs fonctions sacerdotales trois de leurs prêtres réfractaires ;
- Vu la lettre du District de Châteaulin renseignant sur l'incivisme de quelques-uns des signataires ;
- Considérant que ces signataires sont au moins très suspects ;
- Arrête:
de constituer en état d'arrestation provisoire Yves Le Golf, notable, Yves Omnès, officier municipal, Mathieu Le Coant, Charles Caugant, Guillaume Piriou, Guillaume Gallou, tous membres du Général ;
Que Jean-Louis Cozic demeurera sous la surveillance immédiate de la Commission administrative ; que Michel Le Baut, juge de paix, Le Paige, notaire, Favennec, secrétaire de la Municipalité, et Jean Le Page, notaire, se rendront à Châteaulin pour y demeurer sous la surveillance du District ».

Plusieurs autres personnes étaient également signalées comme suspectes : Jeanne-Marie Tourmel, jeune fille ménagère des prêtres réfractaires, que le procureur de la commune surnomme « la mouche des prêtres » ; Chenel, notaire, pour avoir fait baptiser chez lui son enfant, à la fin d'août, par Le Page, prêtre réfractaire ; Michel Le Page, officier municipal, pour avoir refusé de suivre ceux qui recherchaient les prêtres réfractaires...


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MessageSujet: Re: Les recteurs de Brasparts et la Révolution   Mer 26 Jan - 18:44

6. La mise en place de la municipalité « révolutionnaire ».

La municipalité de Brasparts est suspendue et le district de Châteaulin met en place une commune « provisoire » qui va de fait remplacer la précédente et se montrer plus respectueuse des décisions révolutionnaires.
C'est un marchand, notable de Brasparts, fils d'un ancien avocat à la cour et marié à une fille de notaire royal, qui va en prendre la direction: Jacques François Haranchipy.
Le procureur de la commune, Etienne Quantin, est aubergiste au bourg et révolutionnaire actif – mais sera rapidement éliminé du paysage braspartiate.

Les deux notaires sont rapidement élargis, rentrent à Brasparts non sans s'être engagés à montrer leur bonne foi « citoyenne ». Le 6 octobre, les deux hommes lancent une action visant les prêtres réfractaires...

« Nous jean le page et jacques jean Le paige notaires et citoyens du bourg de brasparts, requérons à la municipalité, douze hommes armés pour se trouver prêt à partir avec nous à six heures du soir demain sept du courant pour nous pretter main forte dans une expédition que nous avons à faire, invitant la municipalité à nous seconder dans nos opérations et luy demandant à tout ce que devant. Ce jour six xbre l'an 2 de la République française une et indivisible.»

La municipalité décide alors de faire appel à Châteaulin :

« Du sixième jour de frimaire l'an second de la république française une et indivisible Séance du conseil municipal provisoire tenue les citoyens michel le page et yves suignard officiers municipaux
présent le citoyen quantin procureur de la commune
vu le réquisitoire ci dessus et oui le procureur de la commune
Le conseil a arrêté qu'il serait écrit sur le champ au directoire du district de Châteaulin pour qu'il soit par lui envoyé des forces ... dans cette commune pour aire l'entreprise annoncée dans le réquisitoire des dits citoyens le page et le paige, afin d'être à la réquisition de la ditte commune et recevoir du conseil les ordres qui leur seront transmis... »


Les administrateurs du district envoient aussitôt un détachement qui est placé sous les ordres des deux notaires. Le registre de délibération de la commune conserve le récit de cette action:

« Le septième jour de frimaire l'an second de la république française une et indivisible séance du conseil municipal provisoire de Brasparts tenue par les citoyens le prédour, michel le page et yves suignard, officiers municipaux
présent le citoyen quantin procureur de la commune
Le conseil à l'arrivée de la force armée envoyée par le directoire du district de Châteaulin en vertu de notre arrêté que sur le champ les citoyens le page et le paige sont mandés au bureau, pour indiquer quelles sont les opérations à faire pour tracer à cette troupe la besoigne quelle a à faire; et avant la cloture de la séance les citoyens le paige et le page ayant entré au bureau lecture leur faite de notre présent arrêté ont déclaré qu'il leur était parvenu que le pretre bourles demeurait au mépris des lois sur cette commune et notamment au lieu du quinquis et que c'était pour le appréhender qu'ils avaient fait leur réquisitoire et d'autre part; invitant en conséquence le Conseil municipal d'arrêter que cette troupe soit à leur réquisition, offrant de marcher à leur tête... »
« Le conseil après avoir vu les opérations à faire et oui derechef le procureur de la commune a arrêté que la troupe en question partira sous les ordres du citoyen Lageat Commandant, à l'heure qui leur sera indiqué par les dits le paige et le page, qui sera à neuf heures ce soir d'après la déclaration verballe qu'ils viennent de faire au Bureau pour se rendre aux dits lieus de Kerfanq creis et quinquis et exécuter les ordres qui leur seront par eux indiqués, afin d'appréhender les dits prêtres réfractaires; arrête au surplus d'après le Réquisitoire du citoyen fenigan de ce jour que le logement de l'étape sera fourni à ce détachement, arrête encore qu'on adjoindra au même détachement un renfort de treize hommes de cette commune et que le procureur de la commune d'après ses offres et pour le maintien du bon ordre se mettra également en route à la tête de cette troupe; fait le dit jour et an au Bureau municipal environ les sept heures du soir sous le seings des dits officiers municipaux, procureur de la commune et du soussigné secrétaire greffier (Chenel) »

« En l'endroit le citoyen pierre Gouffée Brigadier de la Gendarmerie Nationale de la Résidence de Ville sur aulne a réclamé une paire de pistolets déposés en cette municipalité appartenant à kerret, ayant perdu un de ses pistolets dans la mission où il a opéré en vertu de l'arrêté ci-dessus ayant au surplus déposé le pistolet tel qu'il lui restait et a signé ce jour dix huitième de frimaire ditan »
« Le Conseil égard au dit Réquisitoire et oui le procureur de la commune et celui-ci consentant a arrêté que les pistolets ... soient délivrés audit citoyen Gouffée... »

« Du dix huitième frimaire l'an deux de la République française une et indivisible Séance du Conseil Municipal provisoire de Brasparts tenue par les soussignés officiers municipaux
présent le citoyen quantin procureur de la commune
Se sont présentés les citoyens logeat lieutenant de la première compagnie de la Garde nationale de ville sur aulne, jean louis Evrard, jean marie jouber sergents, le bretton, dieulangar, le clerc, Gourmelon, L'honoré, Le Guillou, robin, blais, riulein, et Gaillebourg, fusiliers, lesquels invitent le Conseil de régler le prix de leur étape et ont signé ceux des sus nommés qui savent signer »

« Le Conseil règlant le prix de l'étape ci dessus, oui le procureur de la commune a règlé le prix de l'étape à quarante sols chaque place... comme le Conseil n'a pas de fonds entrte mains ni à sa disposition, elle a invité le citoyen jean le page notaire à faire l'avance de la somme de quatre vingt livres à quoi portent l'étape réclamée par les citoyens ci dessus formant le détachement de ville sur aulne, d'après laquelle invitation le citoyen le page appellé au bureau et après lui avoir fait part de l'avance qu'il s 'agit de faire pour la solde de ce détachement a, déclaré que pour rendre service à la commune, il se prêtait à faire cette avance. En conséquance il a en notre présence compté et numéré aux citoyens jacques nicolas l'agent Commandant le dit détachement laditte somme de quatre vingt livres, au dessus de quoi le conseil crédite d'autant ledit le page sur cette commune ... »

« le dit jour et an que devant avant signatures le citoyen lageat Commandant le détachement dont est le moins ayant représenté qu'à l'aide de son détachement il avait capturé guillaume bourlès jean sizun et anne Bourlès femme de mathieu laurent comme ayant paru suspects, il a demandé ce que la municipalité aurait à prononcer sur leur sort, sur quoi oui le procureur de la commune on a fait mander les trois personnes désignées ... et le conseil municipal ne voulant en rien prendre sur son compte de prononcer sur ce fait de les .... a arrêté et arrête qu'ils seront conduits avec les effets trouvés chez la ditte Bourlès et dans la Grange lui appartenant en la ville sur aulne pour être par le directoire du district décidé à leur ce qu'il appartiendra et sur l'ordre donné par le conseil municipal au citoyen le clerc chirurgien de constater l'état de la ditte Bourlès qui a déclaré ne pouvoir faire la Route de Chateaulin a pied, le dit le clerc a déclaré qu'effectivement elle avait été incommoditée et qu'un cheval lui était nécessaire, le Conseil a arrêté qu'il lui en serait fourni un gratis, lequel le clerc ayant répété quarante sols pour les opérations qui lui ont été prescrites, yves pichon un des membres lui en a fait la donne, arrête que sur les premiers deniers de la commune il sera remboursé de la ditte somme de quarante sols; fait et arrêté le même jour et an que devant. » (signé: Cariou, Le Predour, michel page, officiers municipaux, yves pichon, yves suignard, chenel, secrétaire greffier.)


Une nouvelle fois, c'est Jean Marie Le Golias qui va intervenir au profit des braspartiates incarcérés. Tous seront renvoyés chez eux sont grandes conséquences, contrairement à d'autres cas où certains qui avaient aidé les prêtres insermentés terminèrent sur l'échafaud.


En guise de conclusion.

Arrêté par les gendarmes du Faou, à Penhoat, en Brasparts, Guillaume Le Bihan fut conduit à Landerneau, puis au château de Brest. En brumaire, on le retrouve en détention à Quimper. Libéré (ou évadé ?), il revient à Brasparts où il se cache de nouveau. En germinal an VII, on saisit dans une de ses retraites à Brasparts, quelques correspondances à son adresse, des effets lui appartenant, mais le prêtre avait pu s'esquiver.
Nommé curé de Châteauneuf au Concordat, il donna sa démission, le 28 juillet 1813, et mourut à Châteauneuf le 16 décembre 1816.

Jacques Quemeneur mourra tragiquement avec le « citoyen » Le Predour, tués tous deux par une bande de chouans qui participaient à l'attaque de la poudrerie du Pont-de-Buis. Le Prédour s'était installé comme instituteur à Briec où exerçait également son épouse.

Après le 10 août, les prêtres réfractaires seront assimilés aux émigrés et jugés sommairement comme eux. Le 21 octobre 1793, une nouvelle loi votée par l'Assemblée ordonne (article 12) que « les ecclésiastiques qui ont prêté le serment prescrit par les lois des 24 juillet et 27 novembre 1790, ainsi que celui de la liberté et de l'égalité, dans le temps déterminé, dénoncés pour cause d'incivisme, seront embarqués sans délai et transportés à la côte de l'ouest de l'Afrique, depuis le 23° degré Sus jusqu'au 28° (Sénégal) »

Plus tard, une circulaire du Comité de Salut Public du 6 messidor an II (24 juin 1794) ordonnera : « Il faut que tous les signes de la féodalité soient enlevés de manière qu'ils ne paraisse pas seulement qu'ils aient jamais existé; il faut que l'empreinte et la nuance de la pierre n'en puissent rappeler la mémoire »: c'est de là que datent la dévastation des églises, la mutilation ou la destruction des monuments qui couvraient le sol de la Bretagne...

C'est à ce moment que furent martelés les écus des familles nobles de Brasparts et que disparurent nombre de statues comme celles de saint Jaoua et de saint Tujan, qui se trouvaient de part et d'autre du porche de l'église paroissiale.


Dernière édition par Patrice Ciréfice le Jeu 27 Jan - 5:20, édité 1 fois (Raison : Annulation d'un paragraphe erronné)
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