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 L'héritière de Tréziguidy

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Patrice Ciréfice
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Patrice Ciréfice

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MessageSujet: L'héritière de Tréziguidy   L'héritière de Tréziguidy Icon_minitimeMer 1 Mai - 16:47

L'héritière de Tréziguidy Louis_10

Louis Le Guennec, qui succéda à Frédéric Le Guyader à la tête de la bibliothèque de Quimper, a multiplié les écrits concernant le patrimoine du Finistère, décrivant châteaux, manoirs et chapelles, n'hésitant pas à dessiner ce qu'il contemplait et surtout à narrer les vieilles légendes entendues.
Au départ de notre poète braspartiate, Le Guennec lui rendit visite, visite qu'il rapporte dans ses carnets :

L'héritière de Tréziguidy Visite10

L'héritière de Tréziguidy Visite11

Bien évidemment, de temps à autre dans ses écrits, Louis Le Guennec faisait allusion à son prédécesseur, comme nous allons le découvrir dans cette belle légende de l'héritière de Tréziguidy.

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L'héritière de Tréziguidy Maner_10

Dans des temps très anciens, dit la légende, le château de Tréziguidy appartenait à un puissant marquis. Il n'avait qu'une fille, jolie comme un coeur, bonne comme le pain, et fiancée au marquis de la Roche, jeune homme accompli, en tout point digne d'elle. Mais la pauvre enfant, frappée d'un mal mystérieux qu'aucun médecin ne pouvait définir, devenait chaque jour plus languissante et plus pâle, et devant cette faiblesse sans cesse croissante, tous ceux qui aimaient la charmante héritière redoutaient d'avoir, bientôt peut-être, à suivre son convoi virginal jusqu'au sépulcre de ses aïeux, dans l'église de Pleyben.

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Or, il y avait, au même moment, deux marchands de fil qui étaient descendus des montagnes de Sizun pour trafiquer de leurs marchandises dans la vallée de l'Aulne. L'un se nommait Suliau, de Roudouderc'h, et l'autre Cadou, de Sizun.
Arrivés à Châteaulin, ils s'arrêtèrent étonnés devant le grand pont de pierres de taille sur lequel étaient bâties plusieurs maisons.
Quel beau pont, dit Suliau. Je n'ai jamais rien vu de pareil.
Il est bien grand, en effet, répondit Cadou. Je me suis même laissé dire qu'il est plus grand que la grâce de Dieu.
Tu veux plaisanter, mon camarade ! Tout chrétien en âge de raison sait que la grâce de Dieu est infinie. C'est presque un péché que de la comparer à quelque chose de cette terre.
Je t'ai répété ce que j'avais entendu. Veux-tu que nous le demandions à quelqu'un de la ville ? Excusez-nous, monsieur le bourgeois, est-il vrai que le pont de Châteaulin soit plus grand que la grâce de Dieu ?
C'est parfaitement vrai, mon ami, répondit le passant interpellé. Tout le monde sait cela.
Jamais je ne croirai à un pareil mensonge ! s'exclama Suliau. Je suis prêt à parier mon cheval et sa charge contre les tiens que tous les ponts du monde entier ne sont rien en comparaison de la grâce de Dieu !
Tope-là ! marché conclu, répliqua Cadou. Voici un juge qui vient vers nous. Interrogeons-le.

L'héritière de Tréziguidy Le_pon10

Le juge fit exactement la même réponse que le bourgeois. Suliau en demeura atterré.
Les Châteaulinois sont donc tellement fiers de leur pont qu'ils ont perdu l'esprit ! s'écria-t-il avec indignation. Ah ! j'aperçois un prêtre sur le quai. De lui, au moins, nous aurons la réponse qui sied à un ministre du Tout-Puissant.
Hélas le prêtre questionné fit la même déclaration que le bourgeois et le juge :
Assurément, la grâce de Dieu est grande, mais ce qu'il y a de sût, c'est que le pont de Châteaulin la surpasse encore en grandeur.
Tu as perdu ton pari, dit Cadou triomphant à son compagnon. Cela t'apprendra à ne point contredire ceux qui en savent plus long que toi. Allons, donne-moi ton cheval. Je n'ai pas de temps à perdre, puisque je dois vendre à présent double pacotille. Adieu et ne te fais pas trop de souci.
Suliau était tellement abasourdi qu'il se laissa dépouiller sans la moindre résistance. Quand il eut repris ses esprits, Cadou s'éloignait déjà sur le chemin de Port-Launay.
Me voilà ruiné, songeait tristement le pauvre homme. Et cela pour avoir soutenu une vérité que tout enfant apprend au catéchisme. Ah ! Je m'en souviendrai du pont et des habitants de Châteaulin ! Allons, il ne me reste plus qu'à reprendre sur mes jambes la route de la montagne, où ma femme me fera l'accueil que je devine.
Suliau s'achemina la tête basse vers son village natal.

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Patrice Ciréfice
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MessageSujet: Re: L'héritière de Tréziguidy   L'héritière de Tréziguidy Icon_minitimeMer 8 Mai - 5:35

L'héritière de Tréziguidy Tresig10

Mais la distance était longue, et quand vint le crépuscule, il se trouvait en pleine lande, non loin d'une vieille chapelle délabrée. Faute de rencontrer une maison où demander l'hospitalité, il chercha dans cette chapelle un refuge contre les loups encore nombreux et redoutables à l'époque de notre récit. Avisant un vaste coffre qui avait servi pour la dîme, il s'y fourra en rabattant sur lui le couvercle et chercha dans le sommeil un apaisement à son chagrin.
Soudain, il se réveilla en entendant le couvercle du coffre craquer à trois reprises et une causerie s'engagea. Au bout de peu d'instants, il s'aperçut, non sans épouvante, que les interlocuteurs étaient trois démons qui avaient coutume de venir chaque année, à pareille date, s'entretenir de leurs affaires dans l'oratoire abandonné et que ces démons avaient adopté comme siège le bahut même qui lui servait de couchette.
- A Brest où je suis, disait l'un des diables, le travail donne admirablement. Les gars de la marine et les filles de Recouvrance sont pour moi des clients de tout repos. J'ai plus de besogne que je n'en peux faire, et je compte bien demander à Satan, notre maître, un ou deux auxiliaires de renfort. On n'est pas des bœufs, pas vrai ?
- Parbleu ! répondait un autre, à Brest tu as trouvé le filon ! Quant à moi, je ne me plains pas d'être chargé de Quimper. J'ai là quelques bons drilles, à Bourlibou et dans la Rue Neuve, et, la semaine dernière, j'ai réussi à rafler l'âme d'un gros prébendier qui songeait plus à garnir sa cave qu'à bien servir le Nazaréen.
- Vous êtes des veinards, disait le troisième, de travailler en ville. Si vous étiez à la campagne comme moi, vous verriez la différence. A Pleyben, les gens ne jurent que par leur Saint-Germain et surtout leur Sainte-Vierge. On ne trouve dans la paroisse qu'oratoires à elle dédiées : Guénily, Lannelec, Garsmaria, que sais-je encore ? C'est décourageant ! Pourtant je mijote un bon petit coup qui me consolera de bien des déboires ... Mais avant de vous en parler, laissez-moi jeter un coup d’œil dans le coffre sur lequel nous sommes assis. Je ne sais si je me trompe, mais ne trouvez-vous pas qu'il y a ici odeur de chrétien ?
- Tu rêves, vieux Bélial ! Allons, raconte-nous cela.
- Eh bien ! la fille du marquis de Tréziguidy touche à ses derniers moments. Personne ne connaît sa maladie. C'est tout simplement une chauve-souris vampire qui, chaque nuit, pendant qu'elle dort, descend par la cheminée et vient lui sucer son sang par le doigt du milieu de la main gauche, qu'elle laisse pendre hors du lit. Une jeune fille la veille en qui le marquis a toute confiance, mais dont je possède l'esprit. On croit qu'elle garde sa maîtresse, et la luronne s'esquive pour aller courir le guilledou et les festoù-noz des alentours. Pendant ce temps, le vampire a beau jeu. Bref l'héritière de Tréziguidy mourra bientôt. Son père et son fiancé l'adorent. Ils éprouveront à sa perte un tel chagrin que je compte bien les pousser au suicide. Résultat : deux âmes de conquises, et pas des âmes de manants, et peut-être trois, car la malade est tellement désespérée qu'elle est bien capable de partir sans sacrements. Après un tel succès, j'espère bien que notre maître ne m'oubliera pas dans sa prochaine promotion. A présent, laissez-moi regarder au fond de ce coffre. Pensez donc ! Si un chrétien était tapi là et qu'il ait surpris mon secret, tout serait perdu.
- Est-il radoteur ! Sois tranquille, nous sommes bien seuls dans ce nid à chouettes. Surtout n'oublions pas, les copains, qu'il y a danse cette nuit à l'auberge de Pont-Coblant ! Par les cornes de Belphégor, si nous n'arrivons point à faire en sorte qu'au lever du soleil il y ait trois ou quatre têtes de gars fendues et autant de filles mises à mal, nous ne sommes que des cornichons. En route !

L'infernal trio s'envola dans un grand bruit d'ailes.

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MessageSujet: Re: L'héritière de Tréziguidy   L'héritière de Tréziguidy Icon_minitimeMar 14 Mai - 17:14

L'héritière de Tréziguidy Tresig12

Suliau put alors respirer librement. Il ne dormit guère et médita beaucoup. Le lendemain, il quitta la route de Sizun et s'achemina vers Tréziguidy, où il demanda aussitôt à voir le seigneur pour une communication d'extrême importance.
- J'ai appris, messire, lui dit-il, que mademoiselle votre fille est dans un triste état de santé. Me permettrez-vous de tenter sa guérison ?
- Certes oui, mon brave ! Mais espères-tu réussir là où tous les plus savants médecins de Cornouaille ont dû jeter leur langue aux chiens ? Enfin, tu as peut-être quelque secret. Si tu réussis à sauver ma fille, tu fixeras toi-même ta récompense !

L'héritière de Tréziguidy Tresig13

Dans une chambre tendue de riches tapisseries, l'héritière somnolait, belle et blanche comme un lis sur son lit aux fins draps brodés. Elle respirait faiblement.
Le cœur de Suliau se serra à cette touchante apparition. Près de la malade se tenait la servante infidèle, qu'il fixa d'un œil sévère.
- Avant tout, dit-il au marquis, chassez cette coquine, ou plutôt, faites la mettre dans quelque cachot. Elle en a lourd sur la conscience. Nous réglerons son compte une autre fois. Allons d'abord au plus pressé, en fermant cette cheminée par laquelle le mauvais air de la nuit entre ici. Ou je me trompe fort, ou cela suffira comme remède, moyennant la grâce de Dieu. Vous voyez, messire, que je n'abuse pas des drogues.
Veillée la nuit suivante par une femme sûre, la jeune fille se sentit un peu mieux à son réveil. Le lendemain, elle but avec appétit une tasse de lait et croqua une gimblette. Le surlendemain, elle réclama un œuf mollet, puis une aile de pigeonneau. A la fin de la semaine, elle dévorait un poulet de grain et ne refusait pas un doigt de vin d'Espagne. Les couleurs de l'églantine fleurissaient de jour en jour sur ses lèvres et ses joues. Au bout d'une quinzaine, elle put descendre dans le parc pour s'y promener à pas lents, appuyée au bras de son fiancé. Celui-ci et le marquis étaient littéralement fous de joie ; aussi l'excellent Suliau avait-il à subir de leur part de rudes embrassades ; l'on fit chercher à Suliau à Roudouderc'h sa femme et ses enfants afin qu'ils prissent aussi leur part de l'allégresse générale.
Deux mois après, la noce eut lieu dans la chapelle de Tréziguidy, parée comme une basilique. L'archidiacre du poher, oncle de la nouvelle épousée, vint en personne lui donner la bénédiction nuptiale.

Ce fut une fête mémorable digne d'être chantée par Frédéric Le Guyader, poète des franches lippées et des godailles gigantesques.

Quand toutes les barriques furent vidées et que Suliau, qui avait gaillardement fait sa partie dans cette liesse, parla de s'en aller, le marquis lui ferma la bouche :
- Partir, mon compère ! Mais ne sais-tu pas que je viens de te nommer mon receveur pour toutes mes terres entre l'Aulne et la Doufine, et que tu as désormais ton logement au château ? J'ai hâte que tu te mettes à la besogne, car la dot que je viens de verser à mon gendre a creusé un fameux trou dans ma cassette, et il convient de secouer un peu certains fermiers qui n'ont jamais, à les entendre, un écu vaillant quand il s'agit de payer leur “Saint-Michel”.
Suliau accepta avec gratitude et se mit vite au courant de son emploi.

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MessageSujet: Re: L'héritière de Tréziguidy   L'héritière de Tréziguidy Icon_minitimeMer 22 Mai - 5:53

Certain soir, il rentrait chez lui, monté sur un solide cheval, en songeant qu'il y avait ce jour-là un an que Cadou et lui s'étaient arrêtés pour admirer le pont de Châteaulin. Mais au tournant du chemin, il aperçut devant lui un pauvre hère dépenaillé qui se traînait en clopinant et dans lequel il reconnut, non sans stupeur, son ancien camarade.
- C'est toi, Cadou ! J'en crois à peine mes yeux. Tu ne parais guère bien riche ni bien portant. Ma pacotille ne t'a donc pas porté chance ?
- A, dampred non ! s'exclama l'autre. Figure-toi que je suis tombé, le soir même de notre séparation, au milieu d'une bande de voleurs. Ils m'ont dépouillé et battu si grièvement que j'ai dû passer plusieurs mois à l'hôpital. Cela va mieux, mais je boîterai toujours. Et toi, que t'est-il arrivé ? Tu as l'air d'un gentilhomme avec ton beau cheval et un manteau de droguet. Aurais-tu découvert un trésor ?
- C'est toute une histoire, dit Suliau en riant. Viens souper avec moi à Tréziguidy, où j'habite à présent comme receveur du marquis, et je te la raconterai en vidant une bonne bouteille.

Le Léonard, sans rancune, prit Cadou en croupe et le conduisit au château. Le récit qu'il lui fit à table excita la jalousie de l'ex-marchand qui, après l'avoir félicité d'un ton où perçait son âme envieuse, réfléchit quelque temps, puis s'écria :
- Suliau, il faut que tu me rendes le service de me conduire ce soir même à la chapelle où tu as entendu les trois démons. Puisqu'ils y reviennent chaque année à pareille date, j'aurai sans doute, en me fourrant dans le coffre, la chance d'entendre comme toi quelque secret profitable. Si tu refuses, je croirai que tu le fais par vengeance et je t'en voudrais jusqu'à mon dernier jour.

Suliau essaya vainement de détourner l'autre de ce dangereux projet. Il dut le mener à la chapelle hantée. Blotti au fond du coffre, Cadou entendit bientôt les trois diables arriver et s'installer sur sa cachette.
- Eh bien, Belial, questionna l'un d'eux, pourquoi nous fais-tu cette mine rembrunie ?
- Parce que vous n'êtes que deux gâte-métier ! Grâce à vous, l'année passé, j'ai raté l'affaire de la demoiselle de Trésiguidy, que j'avais eu la sottise de vous raconter. Vous m'avez empêché de regarder dans ce maudit coffre. Un chrétien y était bel et bien tapi et il a tiré parti de mon histoire. Qui sait s'il n'est pas encore revenu aujourd'hui ! Allons, place que je m'en assure.
Il rabattit le lourd couvercle et il aperçut Cadou, plus mort que vif, qu'il souleva en l'empoignant par les cheveux.
- Hein ! que vous disais-je ? Ah ! C'est comme cela, mon gaillard, que tu t'embusques pour nous épier ! Sois tranquille, tu vas savoir de quel bois nous chauffons les indiscrets et les curieux !
- Pardon ! Pitié ! râla Cadou, blême de terreur. Ce n'est pas moi, c'est mon camarade Suliau ...
- Ah ! ceci est très drôle, prononça l'un des démons. Je reconnais l'oiseau. C'est Cadou, à qui nous avons eu affaire l'an dernier devant le pont de Châteaulin. Te souviens-tu, vilain teigneux, du bourgeois, du juge et du prêtre qui t'ont tous trois répondu que ce pont était plus grand que la grâce de Dieu ? C'était nous trois, déguisés comme nous savons l'être quand cela nous plaît. Nous t'avons rendu service en te faisant gagner la pacotille de ton compagnon. Mais tout se paie, mon ami, et bien que ton âme ne vaille pas cher, nous l'acceptons, puisque tu as eu la bêtise de venir nous l'apporter toi-même.

Et empoignant l'infortuné qui par un bras, qui par une jambe, qui par la tignasse, les esprits mauvais s'envolèrent en ricanant. Où l'emportèrent-ils ? On s'en doute; Le certain, c'est qu'il n'a jamais reparu à Tréziguidy ni ailleurs.

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(Photos de Jean-Yves Kerhoas)
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